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Éditorial

Anne Sèdes, Paul Goutmann et Diane Schuh
décembre 2025

Index   

1Impulsée en 2010 et éditée par l’AFIM, la Revue Francophone Informatique et Musique fut une des premières revues hébergée à la MSH Paris Nord dans la pépinière qui deviendra Pépinord. Prenant une nouvelle direction éditoriale, ce numéro 11 précède les transformations à venir, dans la perspective d’une édition ouverte1.

2Ce numéro de la RFIM s’appuie à nouveau sur une sélection d’interventions issues des Journées d’Informatique Musicale. Nourri par la dynamique de la jeune recherche, il rassemble des textes augmentés ou des conférences données lors de l’édition 2025 tenue à Lyon et dont les thématiques principales étaient la frugalité, l’intelligence artificielle et les systèmes embarqués.

3Ce numéro propose un panorama des questionnements qui ont traversé les JIM 2025, en se focalisant sur trois axes que nous avons vu émerger au fil des propositions : la frugalité, la pérennité et la création. Au fil des textes, ces trois notions peuvent être envisagées aussi bien séparément que dans leurs interactions.

4Un enjeu transversal s’impose rapidement : celui de nos usages numériques dans un contexte de crises multiples (climatique, énergétique et sociale). Quels outils développer et transmettre ? Comment concevoir des dispositifs durables, soutenables et prenant en compte les contraintes matérielles et environnementales contemporaines ? Ces interrogations font écho aux réflexions actuelles sur la frugalité et la sobriété numérique qui traversent aujourd'hui l'ensemble du champ du numérique2.

5Plusieurs contributions interrogent ainsi la frugalité sous des angles complémentaires. L’article de Constance Douwes propose une analyse quantitative du coût environnemental des modèles de génération musicale par intelligence artificielle, et appelle à penser une « IA frugale » pour la création sonore, articulant outils d’évaluation de l’impact et choix de conception. À l’échelle matérielle, Popoff et al.3 explorent le potentiel des FPGA4 pour l’audio temps réel : en combinant hautes performances et faible consommation énergétique, ces architectures ouvrent la voie à des systèmes dédiés, sobres et accessibles, notamment à travers le projet SyFaLa. Dans une perspective de transmission et de diffusion, Letz et Ribeau s’intéressent aux Progressive Web Apps et au langage Faust, montrant comment des solutions légères, ouvertes, et indépendantes des écosystèmes propriétaires, peuvent favoriser l’accès à la création sonore tout en limitant l’empreinte technologique.

6Une autre thématique, apparue de manière transversale à la lecture des articles, est celle de la pérennité. Loin d’une approche strictement patrimoniale, il s’agit ici de penser la continuité opératoire des œuvres, des outils et des pratiques5. Fouillou et al. présentent Antony, une infrastructure ouverte et collaborative visant à lutter contre l’obsolescence technologique par la documentation sémantique et le partage des savoirs autour des œuvres avec électronique. Dans le même esprit, Guillot retrace la genèse de Partiels, successeur d’AudioSculpt, en mettant en lumière les choix architecturaux et l’ouverture du code comme leviers essentiels pour assurer la durabilité des logiciels de création et d’analyse sonore.

7Enfin, plusieurs contributions replacent ces enjeux techniques et environnementaux au cœur de la création. Baudouin, Sueur et Couprie proposent une rencontre entre écoacoustique et électroacoustique, à travers des outils de visualisation des paysages sonores, qu’il s’agisse d’environnements naturels menacés ou de matériaux compositionnels. Cette approche sensible et critique interroge notre manière d’écouter un monde en transformation. Le numéro se clôt par un entretien avec José Miguel Fernandez et Núria Giménez-Comas, qui reviennent sur leurs pratiques de composition et sur les stratégies mises en œuvre pour créer dans et avec les contraintes oscillant entre exigences artistiques et réalités technologiques, entre exigences artistiques et réalités techniques.

8Nous vous souhaitons une belle lecture.

Notes   

1 La nouvelle maquette est déjà visible dans le pdf de chaque article et dans les actes de ce premier numéro.

2 A. Baillot & A.-L. Ligozat, « Introduction. Sobriété numérique », Humanités numériques [en ligne], 9 | 2024. Voir également les recommandations de l'AFNOR sur l'IA frugale.

3 Cet article a été coécrit avec Tanguy Risset à partir de la conférence invitée qu’il a donnée lors des JIM 2025.

4 Les Field-Programmable Gate Arrays sont des circuits programmables embarqués constitués d’une grille de cellules reconfigurables reliées entre elles et utilisées pour implémenter aussi bien des fonctions logiques que, plus généralement, n’importe quel circuit séquentiel.

5 Comment garantir que les créations et les dispositifs techniques restent jouables, modifiables et transmissibles malgré l'évolution constante des environnements technologiques ?

Citation   

Anne Sèdes, Paul Goutmann et Diane Schuh, «Éditorial», Revue Francophone d'Informatique et Musique [En ligne], Numéros, n° 11 - Frugalité, pérennité et création, mis à  jour le : 09/01/2026, URL : https://revues.mshparisnord.fr:443/rfim/index.php?id=1062.

Auteur   

Quelques mots à propos de :  Anne Sèdes

CICM / MUSIDANSE / Université Paris 8

Quelques mots à propos de :  Paul Goutmann

CICM / MUSIDANSE / Université Paris 8

Quelques mots à propos de :  Diane Schuh

EUR ArTeC ; CICM / MUSIDANSE / Université Paris 8 ; UMR STMS 9912 (CNRS-IRCAM-Sorbonne Université)