Quelques sons dans un océan de silence

« Une autre histoire », podcast féministe imaginé par l’agence Louie Media et l’Association Mnémosyne.

Abstracts

Le podcast « Une autre histoire » lancé en septembre 2019 entend lutter contre l’occultation des femmes dans l’histoire en présentant des itinéraires individuels d’actrices majeures mais oubliées, dont le récit, fortement contextualisé, permet de comprendre l’histoire d’un mouvement artistique ou créatif à la manière d’un exemple privilégié. L’article expose les ambitions du podcast, les conditions de sa mise en place par un partenariat entre l’agence Louie Media et l’Association Mnémosyne, et les étapes de sa réalisation. La collaboration entre historiennes universitaires et professionnelles du son est décisive : dans la sélection du personnage, dans la scénarisation du propos et dans la mise au jour des anecdotes signifiantes qui seront à même à la fois d’exprimer un fait complexe historiquement attesté et de faire comprendre à un large auditoire les raisons, les contraintes et les effets d’une action ou d’une production culturelle.

The podcast "Une autre histoire" launched in September 2019 aims to fight against the occultation of women in history by presenting individual itineraries of major but forgotten actresses, whose narrative, highly contextualised, allows the story of an artistic or creative movement to be understood as a prime example. The article outlines the ambitions of the podcast, the conditions of its implementation through a partnership between the Louie Media agency and the Association Mnémosyne, and the stages of its realisation. The collaboration between university scholars and sound professionals has been decisive: in the selection of the character, in the scriptwriting of the subject matter and in the choice of significant anecdotes that will be able to both express a complex fact that has been historically attested and that make understandable for a large audience the reasons, the constraints and the effects of an action or a cultural production.

Index

Mots-clés

Podcast, histoire des femmes et du genre, médias, histoire publique, Mnémosyne (Association), Louie Media (agence), Guy, Alice, cinéma

Keywords

Podcast, women history and gender history, media, public history, Mnémosyne Association, Louie Media Agency, Guy, Alice, cinema

Outline

Text

« Il subsiste, en ce qui concerne le passé, un océan de silence, lié au partage inégal des traces, de la mémoire et, plus encore, de l’Histoire »

Michelle Perrot, Les Femmes ou les silences de l’histoire, Paris, Flammarion, 1998, p. I

« Une autre histoire » est un podcast, c’est-à-dire un contenu audio numérique disponible gratuitement en ligne, produit par l’agence Louie Media1, fondée en 2017 par Charlotte Pudlowski et spécialisée dans la création de podcasts narratifs (« Transfert », « Entre », « Plan Culinaire » ou encore « Emotions »). La société de production a développé ce projet en partenariat avec Mnémosyne2, une association créée en 2000 par Françoise Thébaud pour œuvrer au développement de l’histoire des femmes et du genre dans la recherche et l’enseignement.

Sur le site qui lui est consacré3, « Une autre histoire » est présenté comme devant « redonner aux femmes la place qu’on leur a ôtée », autre manière de signifier une double volonté de savoir et de faire savoir, très proche dans sa démarche de celle exposée par Michelle Perrot dans l’introduction à son ouvrage Les Femmes ou les silences de l’histoire :

Au cœur de tout récit historique, il y a la volonté de savoir. En ce qui concerne les femmes, elle a longtemps manqué. Ecrire l’histoire des femmes suppose qu’on les prenne au sérieux, qu’on accorde au rapport des sexes un poids, même relatif, dans les événements ou dans l’évolution des sociétés.4

Les lignes qui suivent présentent la manière dont ce projet collaboratif est né et s’est concrétisé, sous la forme d’un retour personnel d’expérience qui peut-être nourrira la réflexion collective nécessaire sur le tournant numérique de l’écriture de l’histoire, attirant en particulier l’attention sur les potentialités créatives du son et de la dématérialisation dans le cadre de la mise en récit des savoirs historiques et de leur « audibilité » au sein d’un plus grand public.

Ambitions. « Et si l’on racontait l’Histoire avec des personnages exclusivement féminins ? »

Telle a été l’une des premières questions posées par Gabrielle Ramain, Charlotte Pudlowski et Melissa Bonoua, toutes trois productrices à Louie Media, lors de leur prise de contact avec l’association Mnémosyne, en janvier 2019. La réaction initiale des historiennes invitait à repositionner les enjeux des phénomènes d’occultation et d’invisibilisation (les actrices féminines tenues à l’écart, cantonnées dans l’ombre ou rejetées aux marges du récit historique, plus ou moins volontairement), de les expliquer précisément et de retracer à grands traits l’histoire de l’histoire des femmes et du genre depuis les années 1970. Puis s’est engagée une collaboration autour d’un projet ainsi redéfini : produire un ensemble de récits sonores (faits de paroles, de bruits et de musique) à destination du grand public, permettant de mettre en valeur des figures féminines importantes mais méconnues. Il est décidé que le cadre du podcast serait celui de la France d’un long XXe siècle, allant des années 1890 à l’orée des années 2000 et qu’il serait limité, dans un premier temps, au champ artistique.

D’emblée, le projet est posé comme engagé, ou militant : il s’agit de démontrer de facto que des exemples féminins peuvent servir (et peut-être même dans certains cas, suffire) à écrire une histoire culturelle générale de la France au XXe siècle. L’enjeu, âprement discuté, se déplace donc sur le choix des figures retenues : des femmes dont l’itinéraire biographique permette de présenter les évolutions générales, collectives, touchant un domaine de la création ; de retracer plus largement les évolutions majeures de la condition féminine à son époque mais au-delà également les mutations de la société dans son ensemble. Résolument, l’approche retenue est celle d’une histoire sociale prenant le contre-pied des logiques de singularisation et d’héroïsation qui, dans ces domaines tout particulièrement, font un principe de l’irréductibilité de la création (du génie…) à des déterminations socio-économiques, politiques et culturelles. Il faut choisir des femmes exemplaires parce que représentatives – d’un milieu, d’un groupe, d’un air du temps – et retenir de leurs choix, de leurs productions et de leurs convictions ce qu’ils expriment d’une tendance repérable chez d’autres – homologues masculins, mais aussi voisines européennes. L’itinéraire de Gerda Taro, par exemple, permet de traiter à la fois de la féminisation du métier de photographe dans l’entre-deux-guerres et du travail des photographes de guerre ; celui de Sophie Taeuber, de la formation des femmes aux métiers d’art et du fonctionnement des mouvements d’avant-garde comme Dada.

Dans les faits, il a été difficile d’échapper complètement à la démarche singularisatrice qui présente l’avantage de la simplicité pour qui veut plaider en faveur de la réévaluation de la place d’une femme dans l’histoire de son époque… Néanmoins, cette démarche a toujours été subordonnée à une volonté de replacer les pratiques et les représentations dans un contexte déterminé : aussi la démonstration ne porte-t-elle pas sur l’excellence artistique (celle-ci est à la fois présupposée et jugée accessoire), mais sur la représentativité et l’exemplarité. Il ne s’agit pas (explicitement ou directement, du moins) de bouleverser les hiérarchies de valeur et d’affirmer qu’une telle est meilleure (cinéaste, photographe, plasticienne, comédienne, romancière…) que tels autres, mais d’ouvrir la gamme des exemples mobilisables pour traiter d’une histoire générale (en l’occurrence, et successivement dans le programme des « saisons », la naissance du cinéma, le mouvement Dada, la photographie engagée, la littérature postcoloniale). Autrement dit, il s’agit de décentrer, non la ligne du récit, mais l’angle de l’illustration – ou de l’incarnation.

Le titre du podcast, dans cette perspective, n’est pas parfaitement adéquat et peut prêter à confusion. Il ne propose pas, en réalité une « autre » histoire ; l’alternative, qui existe réellement, porte non sur les phénomènes évoqués, mais sur les figures choisies pour administrer la preuve… Le but étant, à long terme, de contribuer à une plus grande mixité du récit historique en ayant offert des exemples féminins à même de contrebalancer l’omniprésence de l’autre genre, le podcast étant envisagé comme un moment non-mixte d’une marche vers l’égalité. À ce titre, il s’inscrit parfaitement dans la politique menée par l’association Mnémosyne qui encourage et promeut les recherches sur les femmes comme une étape nécessaire et un préalable à la réécriture collective d’une histoire mixte, notamment dans les manuels scolaires5.

Inspirations. « Et si l’on inventait la synthèse sonore des Culottées et de Gabriële ? »

Outre ces principes assez forts, ont été dégagées lors des premières réunions début 2019 les lignes éditoriales que pourrait prendre le podcast, que toutes souhaitaient doublement novateur et original sur le fond comme sur la forme. Les références partagées alors sont très nombreuses et elles témoignent, me semble-t-il, de la très grande porosité des supports induite par la dématérialisation de la diffusion des contenus, qu’il s’agisse de textes, d’images ou de sons. L’inspiration vient tous azimuts : de la bande dessinée, en particulier des Culottées de Pénélope Bagieu, planches biographiques publiées d’abord sur un blog personnel hébergé par lemonde.fr avant d’être réunies en deux albums, puis en coffret et publié par Gallimard ; du récit familial des sœurs Berest, Gabriële, basé sur des faits réels (la vie de leur grand-mère Gabriële Picabia) vus par des jeunes femmes du XXIe siècle qui ne cachent ni leur indignation ni leur admiration pour un destin « incroyable » ; on évoque aussi le Madeleine Project6, extraordinaire enquête de Clara Beaudoux sur une femme ayant vécu dans son appartement, racontée sous forme de tweets en 5 saisons entre 2015 et 2017 puis publiée en poche, et même exposée au musée. On parle de séries (The Affair), de films (The Duchess), de vlogs et de chaînes Youtube (Virago), ou encore de webradios (Autant en emporte l’histoire) et on constate combien dans ce domaine il règne une effervescence forte.

Pour en rester à l’histoire et aux contenus sonores, on ne compte plus en effet les créations récentes visant, d’une manière ou d’une autre, à diffuser les savoirs historiques à un large public maîtrisant les outils numériques. Les formats sont extrêmement divers, à commencer par le traditionnel entretien entre un intervieweur et un.e interviewé.e (Passion Médiévistes7, par exemple, qui depuis 2017 propose un podcast mensuel construit autour d’une interview d'un.e jeune médiéviste, en master ou en thèse, qui présente son sujet de recherche sur le Moyen Âge) ; la non moins traditionnelle table ronde qui rassemble plusieurs spécialistes d’une question historique (l’émission – podcastable – la Fabrique de l’histoire8 disparue en 2019 après 20 ans d’existence en est le modèle achevé) ou encore le débat polyphonique, enregistré en public ou en studio, sur l’actualité de l’édition et de la recherche (Paroles d’histoire9, podcast créé en 2018, en est un bon exemple) ; d’autre part, se multiplient des contenus ayant fait l’objet d’un montage (documentaires comme LSD10, fictions radiophoniques comme Autant en emporte l’histoire11).

L’identité d’ « Une autre histoire » est pensée en fonction de ces modèles et contre-modèles, comme un hybride : podcast ayant une base scientifique très solide – le protocole de sa réalisation met un.e historien.ne spécialiste en première position – doublée d’un travail créatif fort : l’écriture, la sonorisation et la lecture doivent être soignées.

URL : http://aca.st/938c1c (1’47’’)

Extrait n°1, L’enfance d’Alice Guy (Une Autre Histoire, saison 1, épisode 1).

Les équipes de Louie Media recherchent l’immersion de l’auditrice ou de l’auditeur dans l’histoire qui lui est racontée : cela passe par une langue simple, des anachronismes langagiers assumés, des références contemporaines et une dose de romanesque, facilitant l’identification. Ces choix éditoriaux bousculent délibérément les normes du récit historique traditionnel sévèrement jugé par ces créatrices de podcast comme le trop souvent plat, hermétique et ennuyeux.

Méthodologies collectives. « Comment rendre le fait, fun ? »

Le travail, collaboratif, s’organise selon une chaîne assez spécifique dans laquelle interviennent successivement une historienne, une scénariste, une chargée de production, une ingénieure du son, deux comédiennes, un compositeur et une monteuse. Ce noyau dur est entouré de structures plus larges, celle de l’association d’historien.nes d’une part, et celle du studio de création sonore d’autre part, qui sont les viviers pour la constitution des équipes qui changent à chaque saison.

Le premier travail des historien.nes a consisté à établir une liste de figures pouvant faire l’objet d’une « saison », étant entendu qu’il y aurait un premier cycle, chronologique, de saisons articulées chacune autour d’une figure féminine. Les critères à faire prévaloir sont ainsi résumés dans le compte rendu de la réunion du 22 janvier 2019 : « Une femme du XXe siècle, 1900-2000 ; peu connue ; qui permette de raconter une époque et/ou une femme ayant marqué son époque ; si possible, une femme racisée, étrangère, prolétaire, marginalisée ; dont l’itinéraire biographique soit riche d’événements permettant un peu de dramatisation narrative (rebondissements, contre-emploi, tournants) ; Avec des ressources diverses disponibles12. » Les quinze membres du Conseil d’administration de Mnémosyne ont joué le jeu et ont proposé, chacune, une liste de 10 à 15 noms. Il a été décidé de garder toutes ces suggestions et d’essayer de s’accorder sur la première figure : le consensus s’est rapidement fait autour d’Alice Guy, pour plusieurs raisons : chronologiques d’abord (elle est partie prenant de la naissance du cinéma dans les années 1890, décennie à laquelle il était prévu de commencer), mais aussi historiques (une importance historique proportionnelle à son oubli contemporain) et également liées à la culture professionnelle commune du groupe de journalistes et productrices, issues d’études en arts visuels et audiovisuels, pour qui le monde du cinéma et de la télévision est assez familier, mais son histoire méconnue. Pour les saisons suivantes, les noms de la plasticienne Sophie Taeuber, membre de Dada Zurich et architecte de l’Aubette à Strasbourg, et de la photographe Gerda Taro, reporter de guerre morte en Espagne en 1937, quoique moins familiers à l’équipe de production, semblent pouvoir être retenus.

Mnémosyne se charge également de la recherche, dans ses réseaux, d’historiennes susceptibles d’être intéressées par le projet. Sur Alice Guy, sont contactées Geneviève Sellier, Delphine Chedaleux et Brigitte Rollet, qui se charge de l’expertise scientifique sur cette saison. Pour la deuxième saison consacrée à Sophie Taeuber, c’est l’autrice de ces lignes qui s’est essayée au travail de documentaliste. Il s’agit en effet de produire une importante synthèse documentaire, compilation d’informations historiques précises sur plusieurs plans : biographiques, sur le domaine considéré, et sur la période en général. La compilation imbrique ces niveaux, sans toutefois entrer dans la composition d’une trame ni dans l’écriture. Le tout étant une « matière » transmise à la scénariste qui pourra faire appel à nouveau à l’experte ponctuellement dans le cours de la scénarisation. Les recherches documentaires croisent, à chaque fois, l’historiographie générale fondée sur des travaux existants (consacrés aux premières décennies du cinéma ou au développement des avant-gardes picturales) et la documentation disponible sur la figure considérée : monographies et biographies si elles existent, mais aussi et surtout des sources, les autobiographies ou les essais signés par cette actrice, ses productions (films, peintures, photographies), ainsi que les témoignages sur elle, écrits ou oraux, parfois filmés. Dans la perspective de rendre visible le travail scientifique à l’origine du podcast, il est convenu de publier une bibliographie précise, comprenant les sources et les ouvrages de référence utilisés, en appui à chaque épisode du podcast13.

La deuxième étape s’attache d’abord à l’écriture d’un séquencier – plan détaillé définissant le nombre (variable selon les saisons) d’épisodes et la structuration de la vie de la figure considérée en lien avec l’histoire générale – puis d’un scénario par épisode. Pour « La naissance du cinéma à travers la figure d’Alice Guy » en 2019, ont été dégagés six moments, qui constituent autant d’épisodes articulés aux étapes du développement du 7e art :

  • Épisode 1/6 : Comment Alice Guy est devenue la première réalisatrice de l’histoire

  • Épisode 2/6 : Comment le cinéma est devenu une industrie

  • Épisode 3/6 : Comment le cinéma est devenu parlant

  • Épisode 4/6 : Comment le cinéma français s’est exporté en Amérique

  • Épisode 5/6 : Comment Alice Guy a vu naître Hollywood

  • Épisode 6/6 : Comment Alice Guy a été effacée de l’histoire du cinéma

Vient ensuite l’écriture des épisodes, avec une quadruple difficulté inhérente : gérer les niveaux de discours (une trame collective, une incarnation individuelle), les ordres du discours (entre anecdotes signifiantes et mise au point contextuelle générale), les points de vue (celui du « personnage » principal et de ceux qu’elle croisent, adjuvants et opposants en particulier) et enfin le tempo (durée et rythme de l’énonciation).

Yasmine Benkiran, la scénariste de la première saison, a travaillé pour le cinéma et s’est immergée dans l’histoire d’Alice Guy pour écrire les six épisodes constituant le podcast. Son passage préféré ? Le dernier épisode, extrêmement réflexif, s’interroge sur les raisons de l’oubli d’Alice Guy par les historiens du cinéma, Georges Sadoul en tête. Il propose un faisceau d’explications permettant à la fois de réfléchir à la construction de la postérité et aux contingences de la mémoire, ainsi que de penser le travail de l’historien à partir d’un désir de savoir, avec un regard porté sur une époque et orienté par des questionnements spécifiques. Rendre visibles les invisibles ne se fait jamais par hasard.

URL : http://aca.st/f27df6 (12’01’’)

Extrait n°2, La postérité d’Alice Guy (Une Autre Histoire, saison 1, épisode 6).

Dans un troisième et dernier temps de cette création collective vient la réalisation : le texte, dit « du fil rouge », lu par une comédienne (Aude Gogny-Goubert pour Alice Guy) est enregistré, monté avec d’autres extraits sonores, notamment des déclarations à la première personne qui font entendre la voix de Dominique Jaquet. La mise en son intègre également des bruitages, et des musiques dont celle qui rythme chaque épisode et d’autres ad hoc.

URL : http://aca.st/d01ee0

Extrait n°3, L’arrivée à Ellis Island (Une Autre Histoire, saison 1, épisode 4).

Mis en ligne par épisode, semaine après semaine, sur les plates-formes de podcast, en écoute et téléchargement gratuits, le podcast suit ensuite une vie qui échappe très largement à celles qui l’ont créé. Difficile de savoir qui, et combien de personnes l’écoutent et l’apprécient. Quelques classements14, quelques avis d’auditrices15 peuvent être consultés, sans toutefois permettre d’apprécier la réussite de l’ambition première du projet : proposer à un public cible – des jeunes de 15 à 30 ans – une immersion dans l’itinéraire biographique d’une figure féminine pouvant susciter une identification ou à tout le moins une confiance en des possibles : en somme, être une source d’empowerment.

Transmission. Goût de l’histoire et/ou goût pour les histoires ?

Tout l’enjeu de cette expérimentation tentée par Mnémosyne et Louie Media tient en effet à notre capacité à transmettre sans fausser, et à instruire sans ennuyer. Cela implique sans nul doute de rompre avec les modes d’énonciation connus et maîtrisés à l’université, ceux de l’exposé magistral et du débat entre pairs et experts ; de s’effacer derrière un « personnage » rendu vivant, incarné et donc en partie métamorphosé ; et donc de perdre, en partie, le contrôle du discours.

La suggestion de plusieurs collègues historien.ne.s après l’écoute d’« Une autre histoire » a d’ailleurs été d’ajouter un épisode « bonus », révélant les coulisses du podcast et notamment des questions d’historiographie, de sources, et d’épistémologie ; en somme, de proposer une « reprise » (en main) in fine… Certes, cela nous permettrait d’avoir le dernier mot. Mais est-ce utile, et même souhaitable ?

1 URL : https://louiemedia.com/qui-sommes-nous (consulté le 20 juin 2020)

2 URL : https://www.mnemosyne.asso.fr/mnemosyne/ (consulté le 20 juin 2020)

3 URL : https://louiemedia.com/une-autre-histoire (consulté le 20 juin 2020)

4 Michelle Perrot, Les Femmes ou les silences de l’histoire, Paris, Flammarion, 1998, p. V.

5 La Place des femmes dans l’histoire, manuel d’histoire mixte, Paris, Belin / Mnémosyne, 2010. URL : https://www.belin-education.com/

6 URL : http://madeleineproject.fr/ (consulté le 20 juin 2020)

7 URL : https://passionmedievistes.fr/ (consulté le 20 juin 2020)

8 URL : https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire (consulté le 20 juin 2020)

9 URL : https://parolesdhistoire.fr/ (consulté le 20 juin 2020)

10 URL : https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire (consulté le 20 juin 2020)

11 URL : https://www.franceinter.fr/emissions/autant-en-emporte-l-histoire (consulté le 20 juin 2020)

12 Compte rendu de la réunion Mnémosyne Louie Media du 22 janvier 2019 rédigé par Gabrielle Ramain et envoyé par courriel le 23 janvier 2019.

13 Voir par exemple ici : URL : https://louiemedia.com/une-autre-histoire/references (consulté le 20 juin 2020)

14 URL : https://chartable.com/charts/itunes/fr-all-podcasts-podcasts (consulté le 20 juin 2020)

15 URL : https://chartable.com/podcasts/une-autre-histoire/reviews (consulté le 20 juin 2020)

Notes

1 URL : https://louiemedia.com/qui-sommes-nous (consulté le 20 juin 2020)

2 URL : https://www.mnemosyne.asso.fr/mnemosyne/ (consulté le 20 juin 2020)

3 URL : https://louiemedia.com/une-autre-histoire (consulté le 20 juin 2020)

4 Michelle Perrot, Les Femmes ou les silences de l’histoire, Paris, Flammarion, 1998, p. V.

5 La Place des femmes dans l’histoire, manuel d’histoire mixte, Paris, Belin / Mnémosyne, 2010. URL : https://www.belin-education.com/la-place-des-femmes-dans-lhistoire (consulté le 20 juin 2020)

6 URL : http://madeleineproject.fr/ (consulté le 20 juin 2020)

7 URL : https://passionmedievistes.fr/ (consulté le 20 juin 2020)

8 URL : https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire (consulté le 20 juin 2020)

9 URL : https://parolesdhistoire.fr/ (consulté le 20 juin 2020)

10 URL : https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire (consulté le 20 juin 2020)

11 URL : https://www.franceinter.fr/emissions/autant-en-emporte-l-histoire (consulté le 20 juin 2020)

12 Compte rendu de la réunion Mnémosyne Louie Media du 22 janvier 2019 rédigé par Gabrielle Ramain et envoyé par courriel le 23 janvier 2019.

13 Voir par exemple ici : URL : https://louiemedia.com/une-autre-histoire/references (consulté le 20 juin 2020)

14 URL : https://chartable.com/charts/itunes/fr-all-podcasts-podcasts (consulté le 20 juin 2020)

15 URL : https://chartable.com/podcasts/une-autre-histoire/reviews (consulté le 20 juin 2020)

References

Electronic reference

Julie Verlaine, « Quelques sons dans un océan de silence », Revue d’histoire culturelle [Online],  | 2020, Online since 26 septembre 2020, connection on 15 avril 2021. URL : http://revues.mshparisnord.fr/rhc/index.php?id=193

Author

Julie Verlaine

Julie Verlaine est maîtresse de conférences en histoire culturelle contemporaine à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, rattachée au Centre d’histoire sociale des mondes contemporains (UMR 8058) et membre junior de l’Institut universitaire de France depuis 2017. Ses recherches portent sur les rapports entre arts et sociétés à l’époque contemporaine, avec une attention particulière pour le marché de l’art (thèse sur Les Galeries d’art à Paris rééditée en 2019 ; ouvrage Daniel Templon, une histoire d’art contemporain, Flammarion, 2016), l’histoire des collections publiques et privées (Femmes collectionneuses d’art et mécènes, Hazan, 2014), et la question des rapports artistiques de genre – assignations, frontières et transgressions du masculin et du féminin. Le processus de patrimonialisation, dans ses dimensions sociales, économiques et culturelles, l’intéresse également, tout comme les questions de philanthropie et de mécénat au musée. Elle préside l’Association Mnémosyne pour le développement de l’histoire des femmes et du genre et codirige la revue Sociétés & Représentations. Voir https://histoire-sociale.univ-paris1.fr/spip.php?article210