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Entretien avec Raumi Joaquim de SOUZA, responsable du Setor de Cultura du Mouvement des Sans-Terre (MST), État de Bahia

Alexis MARTIG
octobre 2013

Index   

Notes de la rédaction

La traduction du texte du portugais du Brésil vers le français est d'Alexis Martig qui a recueilli les propos de Raumi Joaquim de SOUZA.

Texte intégral   

Version française

1Raumi Joaquim de SOUZA, responsable du Setor de Cultura du Mouvement des Sans-Terre (MST) de l’État de Bahia et professeur de musique, est originaire de l’assentamento1  São Sebastião de Utinga situé dans la région de la Chapada Diamantina, Nordeste du Brésil. Le texte ci-dessous est composé d’extraits d’entretiens recueillis lors de recherches de terrain en 2008 et 2009, dans cet assentamento auprès du groupe de musique dont Raumi Souza est le meneur : Estrela da Juventude.

2Nous sommes arrivés ici, je ne me rappelle plus de l’année exactement mais si je ne me trompe pas, c’était en 1988. Je crois que c’était en 1988 quand nous avons essayé d’occuper cette aire, à cette époque il n’y avait pas beaucoup de mouvements sociaux organisés et on ne parlait pas encore de réforme agraire. Donc, on a occupé ou plutôt on a campé sur le site du compagnon Asterio, et il y a une époque où une bouteille de gaz a explosé et a brûlé une grande partie des baraques et après cela les gens ont commencé à abandonner et il n’est resté que ma famille vivant sur son terrain… En 1995, quand le MST est arrivé par ici nous sommes entrés et nous avons « occupé ».

3J’avais trois ans quand on a occupé la première fois, je me rappelle de la scène du feu là, le feu brûlant les baraques… Le premier jour de l’occupation avec le MST a été marquant, les militants étaient venus de la région sud de l’État pour faire le « travail de base », se réunir avec les gens et essayer d’inciter à lutter… et le moment de l’occupation fut le moment qui a beaucoup marqué : tout le monde à l’aube descendant des camions en chantant des chansons, en chantant l’hymne du mouvement avec le petit drapeau rouge. On est arrivé sur la terre en file indienne chantant les chansons, énonçant des mots d’ordre et le drapeau brandi, et on a tout de suite commencé à monter les baraques, je me rappelle, à ce moment-là j’avais 8 ans mais je me rappelle…

4Je me rappelle que depuis petit j’ai toujours aimé la musique, j’ai toujours trouvé cool de chanter et des fois par exemple, quand j’étais enfant, je ne comprenais rien à la musique mais je me disais comme ça « ho, y a ces chanteurs-là, ils chantent des morceaux d’autres chanteurs mais ils n’en produisent pas ». J’avais cette volonté de chanter et de créer aussi, créer de la musique, et j’ai toujours rêvé de ça et après à 13 ans j’ai commencé. Il y a un camarade qui a commencé à m’enseigner et j’ai commencé à vouloir apprendre parce que j’écoutais tout un tas de musique mais qui ne m’intéressait pas, comme ces musiques qui ne racontent pas grand-chose… J’ai commencé à jouer de la guitare et après, j’ai commencé à me rendre compte que si on fait une musique qui raconte quelque chose, c’est-à-dire qui est tournée vers le social, ça attire l’attention des gens. En tout cas, pendant que j’étudiais, j’ai commencé à écrire ce genre de musique, à faire de la poésie aussi et je récitais à l’école dans la salle de cours et dans l’amphithéâtre, les gens aimaient bien. C’était une critique en fait. Et là, j’ai commencé. J’allais toujours jouer dans l’amphithéâtre du collège, les gens aimaient bien les musiques, les poésies et quand j’allais dans l’amphithéâtre et que je montais sur la scène tout le monde s’animait et ça a continué comme ça pendant les évènements du mouvement et maintenant, on anime toutes les rencontres du MST [Bahia] pour le Setor de Cultura2.

5C’est bon de répéter avec les jeunes parce que, tu vois, leur bonheur de pouvoir jouer, d’avoir quelque chose à faire, de produire de la musique aussi, parce qu’en fait la musique arrive par les médias, et c’est comme si la musique n’était pas quelque chose qu’on pourrait produire. Comme ça on peut jouer, répéter, chanter dans les évènements, chanter des chansons qui sont les nôtres, que le peuple aime, sentir qu’on est capable de faire des choses, ça c’est cool. Et aussi, le fait que ce soient des instruments recyclables qui n’ont pas coûté aussi cher que si on les avait acheté, et ça rend aussi bien : on joue avec des instruments recyclables qui ont le même son que les autres instruments, et on peut produire de la musique avec des choses simples aussi…

6Je pense que jouer de la musique c’est bien parce que tu arrives à jouer et chanter et à montrer une idée, montrer un sentiment que tu as. Tu démontres dans une musique ton idéologie, ce que tu veux, ou vois, du monde et ça c’est cool. C’est comme les chansons que j’écris, j’essaye toujours de mettre quelque chose pour que les personnes comme ça, en l’écoutant, arrivent à comprendre un truc, qu’ils puissent percevoir ce que je veux dire, comprendre que je veux parler d’une chose réelle.

7Comme celle-ci : « Sou sem-terra/ sou pobre/ sou negrão/ sou revolução » [je suis sans-terre/ je suis pauvre/ je suis noir/ je suis la révolution], cette musique en fait elle est bien symptomatique : « je suis sans-terre », être sans-terre c’est un problème social, tant pour la personne qui est sans-terre que pour la bourgeoisie, être pauvre aussi c’est un autre problème… putain, je suis pauvre, tu n’as pas les conditions de vivre et d’avoir ce que les personnes ont, les biens matériels… être noir des fois, on dirait que c’est un problème aussi. Donc devant tout ça nous devons faire la révolution pour changer ça : au lieu d’être sans-terre en finir avec les sans-terre – en fait c’est faire la réforme agraire – au lieu d’être pauvre en finir avec l’inégalité sociale, et en finir avec l’inégalité raciale aussi. Et la révolution en finirait avec tout ça, elle pourrait arrêter tout ça… et alors cette musique cherche à montrer ça, y a une partie où je dis « Sou socialista, sem-terra, sou agricultor/vítima do racismo, sou negro, sou trabalhador/sou afro-brasileiro, tenho coragem e rebeldia/ pra derrotar essa nobreza selvagem, essa burguesia »        [« Je suis socialiste, sans-terre, je suis agriculteur/victime du racisme, je suis noir, je suis travailleur/je suis afro-brésilien, j’ai du courage et de la révolte pour mettre en déroute cette noblesse sauvage, cette bourgeoisie »] et dans une autre partie je dis que nous voulons l’égalité raciale…

8La chanson du drapeau rouge, elle cherche à montrer ce qu’est le drapeau, ce que représente le drapeau du MST : « Essa é a bandeira da fraternidade/da liberdade e da harmonia/bandeira da luz e da esperança/plano de mudança da utopia » [« Ce drapeau est celui de la fraternité/ de la liberté et de l’harmonie/ c’est le drapeau de la lumière et de l’espoir/plan de changement de l’utopie »] donc plusieurs mots qui sont synonymes comme ça du drapeau et que le drapeau veut représenter. Notre drapeau représente la vie, le sang immortel de l’innovation, la persévérance, le drapeau de l’organisation… des mots comme ça pour dire ce qu’est le drapeau du MST. Donc ce drapeau représente ce qu’on veut et c’est tout ça la démocratie, ce drapeau c’est la démocratie de la citoyenneté et de l’égalité plusieurs mots comme ça, c’est… qu’on veut l’égalité, la démocratie souveraine et ce drapeau vient porter cette idée et notre lutte aussi donc les choses ont beaucoup à voir entre elles.

9Quand j’écoute une musique qui ne contient pas d’idées, en fait tu écoutes les paroles mais les paroles ne disent rien qui te permette d’observer le monde à travers elle, rien qui te fasse comprendre quelque chose du monde, ça raconte des bêtises… peut-être que si on faisait écouter un son sans paroles ça le ferait mieux [rires]. Et ces musiques, en les écoutant, tu arrives à penser quelque chose, tu arrives à faire passer une idée à transmettre, tu sens une émotion plus grande qui donne envie de lutter aussi. Les autres musiques sont plus des musiques pour oublier des choses, oublier des problèmes en fait, oublier que les problèmes existent, qu’il existe de l’inégalité, que le monde est inégal, ça rend tout ça moins important. Il y a une musique qui dit « Allons boire pour oublier les problèmes, allons boire », et on boit. En écoutant cette musique, on a envie de boire, on danse aussi, on se divertit mais on n’observe pas la réalité comme elle est… c’est comme les telenovelas, quand on y assiste on se divertit aussi mais par exemple le soir quand on devrait penser à autre chose, ou organiser autre chose, on assiste à un truc qui nous divertit, c’est du divertissement mais ça ne permet pas d’organiser les choses, de voir d’autres choses, ça n’amène rien de social…

10Ce n’est pas critique, ça ne provoque pas les personnes. Ça fait que les personnes ne pensent pas à la vérité. Et ce type de musique, le mec ou la personne qui écoute elle peut penser, cette musique Sou revolução permet d’interpréter quelque chose, ou l’autre, Bandeira vermelha, qui contient beaucoup de mots à penser… et ça arrive aussi avec beaucoup d’autres chansons. On écoute les paroles d’une chanson, on peut se divertir aussi mais pas sortir de la réalité ce n’est que du divertissement. Comme cette musique Sou revolução, je l’ai faite en essayant d’inclure la lutte sociale du Mouvement et aussi la question raciale et donc c’est une musique qui lutte tant pour la question raciale que pour la réforme agraire, elle comprend ces deux choses, c’est une musique qui parle de la lutte et qui comprend non seulement la lutte pour la terre, mais aussi d’autres questions… et c’est un rythme afro aussi…

11Le rôle de l’art est de réveiller l’esprit critique, réveiller un sentiment critique chez les personnes. Donc le rôle de l’art n’est pas d’apporter quelque chose de tout prêt mais plutôt quelque chose à travers quoi la personne puisse voir d’autres choses et réussisse à voir le monde de différentes manières, et aussi à travers de l’art faire qu’il soit possible de changer le monde…

12Avant les gens plus âgés faisaient des fêtes avec des accordéons, des tambours, un zabumba3 et un triangle et chantaient et on avait besoin juste du son d’un microphone et tout le monde dansait et aujourd’hui, si on fait une fête comme un anniversaire dans un assentamento par exemple, il faut un groupe ou alors une chaîne hifi, ou sinon ça n’attire pas l’attention comme avant, c’est la globalisation. On ne peut pas fuir de la globalisation, maintenant ce que nous devons faire, c’est prendre cette globalisation et la transformer en quelque chose qui serve à nous favoriser…

Version portugais du Brésil

13Raumi Joaquim de SOUZA, responsavel do Setor de Cultura do Movimento Sem Terra (MST) do Estado da Bahia e professor de música, é originario do assentamento São Sebastião de Utinga situado na região da Chapada Diamantina, Nordeste do Brasil. O texto abaixo é composto de partes de entrevista recolhidas durante pesquisa de campo em 2008 e 2009, nesse assentamento junto com o grupo de musica cujo Raumi Souza é lider : Estrela da Juventude.

14Nos chegamos aqui, o ano não me lembro exatamente, mas se não me engano foi 1988. Eu acho que foi 1988 quando tentamos ocupar essa área, como naquele tempo não tinha muitos movimentos sociais organizados e não se falava muito em reforma agraria. Então a gente ocupou, ou seja nos acampamos no sitio do companheiro Asterio, ai teve um tempo que um bujão de gás explodiu queimou uma grande parte dos barracos e depois disso as pessoas foram desistindo só ficou minha família, ai fiquemos no terreno dele morando ai…Em 1995 quando o MST chegou por aqui nos entramos e ocupamos.

15Eu tinha 3 anos quando a gente ocupou a primeira vez, lembro da cena do fogo lá o fogo queimando os barracos... o primeiro dia de ocupação com o MST foi marcante, os militantes vieram da região sul do estado né, e fizeram o “trabalho de base”, fazer as reuniões com o pessoal tentando incentivar à lutar e o momento de ocupação foi o momento que marcou muito : todo mundo de madrugada descendo dos caminhões cantando músicas, cantando o hino do Movimento e a pequena bandeira vermelha. A gente chegou na terra em fileira né, cantando músicas falando palavras de ordem a bandeira estendida a madrugada ai já começou a fazer os barracos esse tempo eu lembro eu tinha 8 anos de idade mas eu lembro…

16Eu lembro que desde pequeno eu sempre gostei de música, sempre achei legal cantar e as vezes tipo, era criança, não entendia nada de música mas eu ficava pensando assim “ho tem esses cantores aí os caras cantam umas músicas de outros cantores mas não produz, né”. Eu tinha essa vontade de cantar e de criar música e sempre sonhava com isso e depois eu com 13 anos de idade eu comecei. Tem um camarada que começou à me ensinar. Aí comecei à ter também interesse de aprender porque ouvia uma porção de música mas tipo que não me interessava, tipo, essas músicas que não dizem muita coisa né…Comecei tocar violão aí, depois comecei perceber que se você faz uma música que diz uma coisa, ou seja, que é voltada pra o social, chama atenção das pessoas. De qualquer forma né, como estudava comecei a escrever esse tipo de música, fazer poesia também né, e declamava na escola né, na sala de aula também no auditório e aí as pessoas gostavam. Era uma crítica assim, aí então eu comecei tipo no auditório do colégio, eu sempre ia tocar, o pessoal gostava das músicas das poesias. Aí quando eu ia no auditório, que subia no palco o pessoal ia gostando... e aí foi seguindo desse jeito nos eventos do Movimento né, e agora, a gente anima todos os encontros do MST na parte do Setor de Cultura

17É bom ensaiar com os meninos porque você vê a felicidade deles de poder tocar, de estar tocando, de ter uma coisa pra fazer assim, de estar produzindo música também porque na verdade a música vem pela mídia, a gente chega, recebe tudo aquilo e parece que a música não é uma coisa que a gente pode produzir assim né? A gente pode estar tocando, ensaiando, estar cantando nos eventos, cantar músicas que são nossas que o povo gosta. Você sentir também que você é capaz de fazer as coisas né, isso é legal, e também você com o grupo, com instrumento reciclável, você vê que não gastou tanto talvez pra fazer os instrumentos como séria se você fosse comprar os instrumentos… e deu pra fazer legal e a gente esta tocando instrumento reciclável que tem o mesmo som que outros instrumentos né, e dá pra produzir músicas com as coisa simples também.

18Eu acho que tocar é bom porque, se consegue também tocar e cantar e mostrar uma ideia, mostrar um sentimento que você tem né, tipo você demostra numa música sua ideologia, o que que você quer ou vê do mundo né, e isso é legal. Tipo as músicas que eu escrevo, sempre tento colocar alguma coisa assim que as pessoas ouvindo consigam entender uma coisa né, consigam perceber o que eu quero dizer, perceber que eu quero falar de uma coisa real né.

19Tipo aquela : “Sou sem-terra/sou pobre/sou negrão/sou revolução”, essa música na verdade ela é bem sintomática, “Sou sem-terra”… ser sem-terra é um problema social, tanto um problema pra pessoa que é sem-terra quanto um problema pra a burguesia, também ser pobre é outro problema “pô, sou pobre”, você não tem condições de viver, de ter o que as pessoas tem, os bens materiais, ser negão as vezes parece ser problema também ser negão, ser negro. Então diante de tudo isso temos que fazer revolução né, pra mudar essas coisas, em vez de ser sem-terra acabar com os sem-terra, na verdade né, fazer reforma agraria, em vez de ser pobre acabar com a desigualdade social e acabar com a desigualdade racial também né. E a revolução acaba com tudo isso, acabaria com tudo isso né, e então nessa música tento mostrar mais isso né, tipo tem uma parte dela que eu cito, essa “Sou socialista, sem-terra sou agricultor/vítima do racismo, sou negro,

20sou trabalhador/sou afro-brasileiro, tenho coragem e rebeldia/pra derrotar esse nobreza selvagem, essa burguesia” então outra parte eu cito que queremos igualdade racial…

21Aquela da bandeira vermelha, ela tenta mostrar o que é a bandeira né, o que representa a bandeira do MST “Essa é a bandeira da fraternidade/da liberdade e da harmonia/bandeira da luz e da esperança/plano de mudança da utopia” então várias palavras que são sinônimos assim da bandeira né, que o que a bandeira quer representar né, nossa bandeira representa a vida o sangue imortal da inovação a perseverança uma flor, bandeira da organização, umas palavras assim pra dizer o que é a bandeira do MST.

22A gente entra no MST então vem trazendo essa bandeira, então essa bandeira representa o que a gente quer e é tudo isso, é democracia essa bandeira, é democracia da cidadania e da igualdade várias palavras assim é que a gente quer igualdade, democracia soberania é, e essa bandeira vem trazendo essa ideia né, então a nossa luta também vem trazendo essa ideia então tem tudo à ver.

23Quando ouço uma música que não traz ideias assim, na verdade, você ouve a letra mas a letra não diz nada que você possa observar o mundo através dela né, que você possa entender alguma coisa do mundo, fala besteira né, que talvez colocaria um som sem letra que séria melhor né [risos]. E essas músicas, você ouvindo, você consegue pensar alguma coisa, consegue trazer uma ideia transmitindo, sente uma emoção maior de você ter vontade de lutar também né, as outras músicas são mais músicas pra você esquecer das coisas, esquecer dos problemas na verdade, esquecer que existe problema, que existe desigualdade, que o mundo é desigual né, vem como se estava amortecendo essas coisas, tem música que fala “Vamos beber pra esquecer os problemas, vamos beber” aí, você bebe, você ouvindo essa música você tem vontade de beber, você dança também, se diverte mas você não observa a realidade como ela é né, tipo como as novelas também essa coisa que você assiste a ela, você gosta de se divertir mas por exemplo, a noite que você deveria estar pensando em outra coisa ou planejando outra coisa, você está assistindo uma coisa aquilo que faz você se divertir faz você e é entretenimento né, mas não faz você ver, você planejar as coisas, você enxergar outras coisas não é, não traz nada de social assim mas…

24Não é critico, não provoca as pessoas, faz com que as pessoas não pensam na verdade, e tipo essa música, o cara ouvindo, a pessoa ouvindo, dá pra pensar né essa música Sou revolução dá pra interpretar uma coisa né, ou a música Bandeira vermelha que traz um monte de palavra que da pra pensar e isso se passa com outras musicas então você ouve a letra da música dá pra você se divertir também, mas você não sai da realidade né, é só entretenimento…

25Tipo essa música Sou revolução, eu fiz ela tentando incluir a luta social do movimento e também a questão racial né, aí é uma música que luta tanto pela questão racial quanto pela reforma agraria, envolve essas duas coisas, é uma música que fala sobre a luta e que envolve não só sobre a luta pela terra, mas envolve também outras questões né, e é um ritmo afro também.

26O papel da arte é despertar a criticidade como eu falei né, despertar um sentimento crítico nas pessoas então, o papel da arte não é trazer tudo pronto mas levar algo que a pessoa possa através daquilo ver outras coisas e conseguir enxergar o mundo de várias formas e também através da arte fazer algo com que possam mudar o mundo, né?

27Antigamente o pessoal mais velho fazia festas com sanfonas e como que se chama mesmo ? um tambor, um zabumba, e um triângulo e cantar, e você precisa do som de um microfone e tudo mundo dançava… hoje se fazer uma festa assim, é só mesmo pra animar, mas tipo uma festa como aniversário num assentamento por exemplo, tem que ter uma banda né, ou então um som elétrico ou senão não chama tanto atenção quanto antigamente, é a globalização… que não tem como fugir dela né? agora o que nos temos que fazer é pegar essa globalização, transformar ela em algo que sirva pra nos favorecer.

Notes   

1  Nom donné aux communautés de la réforme agraire, une fois les terres redistribuées par l’État.

2  Littéralement « Secteur de la Culture ». Le MST est organisé en secteurs au niveau national, comme au niveau des États, parmi lesquels les secteurs : du genre, des droits humains, des relations internationales, des projets, de la santé, de l’éducation…

3  Tambour caractéristique de la région du Nordeste porté en bandoulière et frappé par deux baguettes.

Citation   

Alexis MARTIG, «Entretien avec Raumi Joaquim de SOUZA, responsable du Setor de Cultura du Mouvement des Sans-Terre (MST), État de Bahia», Cultures-Kairós [En ligne], paru dans Les usages du politique et leurs enjeux dans les pratiques artistiques et expressions esthétiques, mis à  jour le : 10/10/2013, URL : https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=663.

Auteur   

Quelques mots à propos de :  Alexis MARTIG

Alexis MARTIG (Université de Laval)