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    <title>Silences</title>
    <link>https://revues.mshparisnord.fr/silences</link>
    <description>Silence(s) publie des travaux de recherche sur le silence et sur l’ensemble des faits et notions de creux dans les sciences humaines et sociales.</description>
    <language>fr</language>
    <item>
      <title>Le silence de la philosophie (2026)</title>
      <link>https://revues.mshparisnord.fr/silences/index.php?id=815</link>
      <description>Numéro dirigé par Vincent Debiais (Centre de recherches historiques, EHESS-CNRS), Deborah Puccio-Den (CESPRA, EHESS-CNRS) et Alberto Andronico (Université de Catane) Scroll for English La philosophie naît et se développe dans le langage, mais elle est constamment traversée par ce qui excède, interrompt ou suspend le dire. Le silence n’est pas seulement une limite négative du discours philosophique : il en constitue une condition interne, une réserve de sens, un lieu de tension où la pensée rencontre ce qui ne peut être pleinement thématisé. La tradition phénoménologique offre un cadre conceptuel et méthodologique particulièrement fécond pour interroger le silence non comme une simple absence, mais comme une dimension essentielle de l’expérience humaine. À partir de Edmund Husserl, la phénoménologie a montré que toute manifestation se donne dans un horizon d’implicite et de latence : ce qui apparaît se détache toujours sur le fond d’un non-dit. Le silence n’est donc pas un vide de sens, mais une modalité positive de la signification, un retrait ou une suspension constitutive du sens lui-même, qui rend possible l’expression. Dans cette perspective, Martin Heidegger a souligné que le « se taire » (Schweigen) appartient aux structures existentielles du dire : le silence peut ouvrir un espace d’écoute et de dévoilement plus originaire que le discours articulé. Une telle approche invite à repenser, en dialogue avec l’anthropologie et les sciences sociales, les pratiques rituelles, </description>
      <pubDate>jeu., 05 mars 2026 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Je ne veux pas mourir dans le silence, alors j’ai décidé de parler</title>
      <link>https://revues.mshparisnord.fr/silences/index.php?id=713</link>
      <description>Le 10 février 2023, Janargul Jumatay, journaliste d’origine kazakhe, est arrêtée au domicile de sa sœur dans le village de Biyangu, situé dans les montagnes près d’Ürümchi, la capitale de la Région autonome ouïghoure du Xinjiang, appelée aussi « Région ouïghoure » ou « Turkestan oriental » par les membres de la diaspora. Elle a témoigné par téléphone le 29 décembre 2022 dans une longue interview avec le défenseur des droits humains Serikjan Bilash de l’organisation Ata Jurt basée à Almaty, et la conversation a été rendue publique avec son consentement sur YouTube. Durant cette discussion, elle expose en détail les conditions de vie extrêmement difficiles qu’elle subit après avoir été détenue dans un camp de rééducation pendant près de deux ans. Afin de faciliter la lecture de cet entretien, mené en kazakh, quelques coupes et réagencements de textes ont été faits, des titres et intertitres tirés des paroles de Janargul Jumatay ont été proposés, et quelques informations supplémentaires ont été incluses. Toutes les modifications sont clairement indiquées. On February 10, 2023, Janargul Jumatay, a journalist of Kazakh origin, was arrested at her sister’s home in the village of Biyangu, located in the mountains near Ürümqi, the capital of the Xinjiang Uyghur Autonomous Region, also known as the “Uyghur Region” or “East Turkestan” by members of the diaspora. She gave testimony by phone on December 29, 2022, in a long interview with human rights defender Serikjan Bilash of the Almaty-based organization Ata Jurt, and the conversation was made public with her consent on YouTube. During the conversation, she describes in detail the extremely difficult living conditions she endured after being detained in a re-education camp for nearly two years. To make this interview, conducted in Kazakh, easier to read, some text rearrangements have been made, titles and subheadings taken from Janargul Jumatay’s words have been added, and some additional information has been included. All changes are clearly indicated. </description>
      <pubDate>ven., 30 janv. 2026 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Faire disparaître, faire taire</title>
      <link>https://revues.mshparisnord.fr/silences/index.php?id=787</link>
      <description>Cet article revient sur le « plan d’extermination » lancé par le clan corleonese de Cosa Nostra en le situant entre deux événements marquants : le massacre des familles rivales des Corleonesi, le 30 novembre 1982, reconstruit à travers un document judiciaire, et le meurtre et dissolution dans l’acide d’un enfant, le fils d’un « repenti » de la mafia, le 11 janvier 1996, rapporté par l’un de ses bourreaux. Un nouveau « régime de la disparition » est mis en place par les Corleonesi à partir du moment où il ne s’agit plus seulement de tuer massivement leurs « ennemis », mais aussi de dissoudre et faire disparaître toute trace de leur existence. La scène du crime se modifie dans ces nouvelles formes de lupara bianca (comme on appelle en sicilien le meurtre avec disparition du cadavre) où ce qui est mis en scène n’est plus le corps meurtri, mais sa disparition. Effectuées avec diligence, les « tâches » de liquéfaction des cadavres font accomplir à leurs exécuteurs une véritable descente aux Enfers, métaphore culturellement incarnée de l’horreur absolue pour ces « chrétiens » que sont les mafieux. Elles n’en visent pas moins un objectif politique de soumission par la terreur, suscitée précisément par la visibilisation paradoxale d’un hors-champ où il n’y a (plus) rien à voir.  This article revisits the “extermination plan” launched by the Corleonese clan of the Cosa Nostra, placing it between two significant events: the massacre of rival families of the Corleonesi on November 30, 1982, reconstructed through a judicial document, and the murder and dissolution in acid of a child, the son of a repentant mafia member, on January 11, 1996, reported by one of his executioners. A new “regime of disappearance” is established, as it is no longer just a matter of killing one's “enemies” on a massive scale, but also of dissolving all traces of their existence. The crime scene changed in these new forms of lupara bianca (as murder with body’s disappearance is called in Sicily) in which what was staged was no longer the murdered body, but its dissolution. Carried out with diligence, these “tasks” of liquefying the body lead their executors to a complete descent into Hell, a culturally embodied metaphor of absolute horror for these “Christians” who are the mafia members. Nevertheless, they aim to achieve a political objective of submission through terror, precisely by creating the paradoxical visibility of an off-screen space where there is (no longer) anything to see. </description>
      <pubDate>mer., 03 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Richard Rechtman, Les Vivantes. Phnom Penh, 1975</title>
      <link>https://revues.mshparisnord.fr/silences/index.php?id=791</link>
      <description>Les Vivantes, obra publicada por primera vez en 2013 y reeditada en 2025, narra, en voz femenina, la suerte de una mujer presa en los campos de deportación de los Jemeres Rojos. En un logrado equilibrio entre intimismo, descripción y narración, el autor da cuenta de las vivencias de la protagonista, de sus sensaciones corporales, de su intimidad y de su estado psicológico mientras describe el horror de los trabajos forzados, la violencia, el terror o la muerte de los campos. Una de las primeras cosas que interpelan al lector al enfrentarse a la lectura de Les Vivantes es la elección del recurso literario empleado para desplegar la gran riqueza de cuestiones que aborda el libro. A medio camino entre un monólogo dialogado entre la narradora y un personaje misterioso -nunca explícitamente identificado- y el lector, sorprenden el cuasi lirismo del tono y la delicadeza del tratamiento empleados por el autor, que contrastan ciertamente con la dureza del contenido. El lector familiarizado con la obra de Richard Retchman, encuentra en Les vivantes ecos que le remiten a La Vie ordinaire des génocidaires o a L’Empire du traumatisme: los límites del cuerpo, la disociación entre este y la psique o el lento proceso que conduce al desposeimiento de uno mismo. Así, cuerpo, memoria, olvido, desdoblamiento están presentes en esta obra que, sin ser una novela, presenta tintes ficcionales.  Adentrándonos en la lectura, el texto da cuenta de las vivencias de un personaje femenino que sufre en su</description>
      <pubDate>mer., 03 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Un seul pied vous manque, et tout est dépeuplé</title>
      <link>https://revues.mshparisnord.fr/silences/index.php?id=794</link>
      <description>En 1490, Hans Memling peint une Ascension du Christ sur le panneau latéral droit d’un triptyque aujourd’hui conservé au Louvre, représentant la Résurrection au centre, et le martyre de saint Sébastien sur le panneau latéral gauche. Cette image déploie trois opérateurs visuels que sont les pieds du Christ qui dépassent la bordure alors qu’il est en cours d’élévation, ses empreintes-relique sur le mont des Oliviers et, enfin, la plante du pied de l’apôtre agenouillé dos au spectateur, au premier plan de l’image. De cette manière, le dispositif iconographique de la triple figuration du pied, très régulier dans les images d’Ascension à partir du XVe siècle, propose au spectateur une puissante pensée figurative à propos de l’absence, de la trace et de la permanence.  In 1490, Hans Memling painted the Ascension of Christ on the right-hand side panel of a triptych now in the Louvre depicting the Resurrection in the centre, and the Martyrdom of Saint Sebastian on the left-hand side panel. This image uses three visual operators : Christ’s feet protruding from the border as he is being elevated, his footprints-relics on the Mount of Olives and, finally, the sole of the foot of the kneeling apostle with his back to the viewer, in the foreground of the image.In this way, the iconographic device of the triple figuration of the foot, very regular in Ascension images from the 15th century onwards, offers the viewer a powerful figurative thought about absence, trace and permanence. </description>
      <pubDate>mer., 03 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Je t’aime comme je te « ghoste »</title>
      <link>https://revues.mshparisnord.fr/silences/index.php?id=798</link>
      <description>Cet article entend explorer le thème de la disparition en parcourant les analogies et les différences entre le fantôme, tel qu’il a pu être abordé par la philosophie et la littérature, et le phénomène contemporain du ghosting en tant que disparition soudaine dans le contexte des relations amoureuses à l’ère numérique. À cette fin, le texte s’appuie sur les théories de Jacques Derrida concernant les spectres et la technique, celle-ci étant conçue comme possibilité transcendantale de répétition luttant contre la disparition. La technique, de l’écriture aux technologies numériques, génère des fantômes, des revenants, qui résistent à l’oubli. Le ghosting, rupture silencieuse visant à l’évitement de toute inscription et à l’effacement de toute trace, semble donc diverger radicalement du fantôme. De plus, le ghosting semble porter les signes d’une difficulté psychique contemporaine à symboliser la perte et à traverser le deuil. This article explores the theme of disappearance by examining the similarities and differences between ghosts, as discussed in philosophy and literature, and the contemporary phenomenon of “ghosting”, defined as the sudden disappearance of a romantic partner in the digital era. To this end, the text draws on Jacques Derrida’s theories concerning specters and technology, the latter being conceived as a transcendental possibility of repetition that fights against disappearance. Technology, from writing to digital technologies, generates ghosts, revenants, who resist oblivion. Ghosting, a silent breakup aimed at avoiding any trace and erasing all evidence, therefore seems to diverge radically from the ghost. Moreover, ghosting seems to bear the signs of a contemporary psychological difficulty in symbolizing loss and going through mourning. </description>
      <pubDate>mer., 03 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Ce que produit l’absence</title>
      <link>https://revues.mshparisnord.fr/silences/index.php?id=747</link>
      <description>Cet article explore l'utilisation d'une méthodologie négative (Navaro, 2020) dans le cadre de deux recherches ethnographiques menées dans des contextes socio-politiques distincts : d'une part, les conséquences des violences liées au crime organisé et à l’entreprise bananière dans le nord-est du Guatemala et, d'autre part, les décès survenus dans le cadre d'interventions policières en Belgique et leurs suites pour les familles. En croisant ces deux recherches, chacune à un stade très différent, il s’agit de montrer la portée heuristique d’une méthodologie qui prend les absences comme un objet d'analyse en soi, répertoriant leurs différentes manifestations et analysant leurs relations avec les diverses formes de présence. L’absence devient alors un moyen d'explorer les dynamiques entre ce qui est dit et ce qui est tu, ce qui est montré et ce qui est caché, et de comprendre ce que ces relations produisent ensemble. La première partie de l’article revient sur quelques-uns des résultats issus de ma recherche dans le nord-est du Guatemala où la sphère publique, marquée par la censure et la répression, se construit dans un jeu de visibilité et d’opacité, de présence et d’absence. La deuxième partie présente quelques pistes ouvertes par la méthodologie négative au sein de ma recherche en Belgique où l’absence de la personne décédée, partie centrale de la procédure judiciaire, a des répercussions en cascade tant sur les proches de la personne disparue et sur les acteurs étatiques que sur le déroulement de la procédure et son issue. L’article se termine en ouvrant une série de questions épistémologiques et éthiques soulevées par l’écriture des recherches menées en s’appuyant sur la méthodologie négative. This article explores the use of a negative methodology (Navaro, 2020) in two ethnographic studies carried out in distinct socio-political contexts: on the one hand, the consequences of violence linked to organized crime and the banana business in northeastern Guatemala, and on the other hand, deaths during police interventions in Belgium and their aftermath for families. By combining these two lines of research, each at a very different stage, I aim to demonstrate the heuristic scope of a methodology that takes absence as an object of analysis, listing their different manifestations and studying their relationships with the various forms of presence. Absence then becomes a means to explore the dynamics between what is said and what is unsaid, what is shown and what is hidden, and to understand what these relationships produce. The first part of the article reviews some of the results of my research in northeastern Guatemala, where the public sphere, tainted by censorship and repression, is built in a game of visibility and opacity, presence and absence. The second part presents some of the avenues opened by the negative methodology used in my research in Belgium, where the absence of the deceased, a central part of the judicial process, has cascading repercussions on the relatives of the missing person and on state actors, as well as on the course of the proceedings and their outcome. The article concludes by opening a series of epistemological and ethical questions raised by the writing of research using negative methodology. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Un livreur disparaît</title>
      <link>https://revues.mshparisnord.fr/silences/index.php?id=768</link>
      <description>Cet article, dont le titre est un clin d’œil cinéphile (Une Femme disparaît, 1938) retrace la disparition d’Abdoulaye, un livreur à vélo d’origine nigérienne, en plein de cœur de Paris un jour d’avril 2025. Dans l’attente de sa régularisation administrative, Abdoulaye utilise illégalement le compte d’un tiers pour livrer ses repas et doit recourir à des mécanismes d’auto-invisibilisation pour se protéger. Son colocataire Moussa entreprend une enquête pour le retrouver, affrontant tour à tour le silence des témoins, le déni de leur « patron », l’indifférence des autorités et l’ignorance des urgentistes. La disparition d’Abdoulaye présente de nombreux points communs avec celle de Miss Froy dans le film d’Hitchcock : dans les deux cas, ce sont des figures transitoires en marge de la légalité, dont la disparition peut être interprétée comme l’aboutissement de leur logique clandestine. Dans chacune des situations, l’enquêteur, socialement déconsidéré, fait face à des euphémisations, à des dénégations et à des disqualifications qui illustrent des mécanismes de silenciation et d’invisibilisation similaires. Cet article, qui retrace les étapes d’une investigation survenue au cours de notre travail de thèse en anthropologie, est donc une enquête (de substitut à l’investigation policière) dans l’enquête (de terrain). Mais il est lui-même construit comme une enquête (ethnographique) sur l’enquête et ce qu’elle révèle. Il explore successivement ce que la disparition fait au sujet lui-même, à son entourage et à son tissu social, et enfin indirectement aux sciences sociales. Sur le plan individuel, la disparition d’Abdoulaye met à l’épreuve son identité tout en conférant à son existence sociale une nouvelle forme de visibilité. Dans une vie où l’invisibilité est la norme, la disparition est une expérience exceptionnelle qui sort de la marge et rend paradoxalement visible. Être recherché par ses pairs, susciter l’inquiétude de sa communauté, manquer à son tissu social, c’est être (activement) disparu, et non avoir (passivement) disparu. Sur le plan social, cette disparition en pleine rue, rendue possible par une véritable cécité collective, agit comme un révélateur de compétences informelles nécessaires à la recherche active du disparu. Cet article s’intéresse également au rôle crucial joué par ces dispositions non conventionnelles dans la survie des communautés marginalisées. La disparition d’Abdoulaye est ainsi appréhendée au travers de la manière dont les structures sociales invisibles peuvent être mobilisées dans des contextes de précarité ou de vulnérabilité. En interrogeant l’effacement et l’oubli (forcé ? involontaire ?), la trace et l’absence (consciente ? subie ?), la disparition permet donc de réactualiser le triptyque « voir, nommer et penser » au cœur des sciences sociales. En effet, elle rend perceptibles des formes de violence invisible, désigne le silence comme un envers du langage et permet de thématise le souvenir comme construction sociale. Enfin, le récit ethnographique permet à la disparition elle-même d’échapper à l’oubli, autre forme de la disparition, en remplaçant la génération de silence par la production d’un écrit. La disparition interroge donc la forme passive de l’absence comme effacement, marginalisation ou exclusion en lui substituant un être activement disparu, forme de présence paradoxale dont la description ethnographique et située est à même d’enrichir l’anthropologie de l’absence. This article, titled with a playful nod to cinema (The Lady Vanishes, 1938), tells the story of Abdoulaye, a Nigerien-born bicycle courier who vanishes in the heart of Paris one day in April 2025. While awaiting administrative regularisation, Abdoulaye uses a third party’s account to deliver meals, relying on self-invisibility tactics for protection. His roommate Moussa sets out to find him, encountering the silence of witnesses, their “boss’s” denial, indifference from the authorities, and the obliviousness of emergency services. Abdoulaye’s disappearance mirrors Miss Froy’s in Hitchcock’s film: both are transient figures on the legal fringes, and their disappearance marks the peak of their clandestine existence. In each case, their socially discredited investigators face avoidance, denial and dismissals that reflect similar mechanisms of silencing and erasure. This article follows the steps of an investigation that came up while working on our dissertation in anthropology, making it a (police-like) inquiry within a (fieldwork) inquiry. But it is also built like an (ethnographic) exploration about the process of investigating and what it reveals. It investigates what disappearance does to people, to those around them, and indirectly, to social sciences. On an individual level, Abdoulaye’s disappearance challenges his identity while granting him new social visibility. In a life where being invisible is the norm, disappearing is an extraordinary event that paradoxically makes one visible. Being searched for by one’s peers, causing concern within one’s community, being missed in one’s social circles means being actively missing, not just passively gone. On a social level, his vanishing in broad daylight, enabled by collective blindness, sheds light on the informal skills needed for an active search. This article also highlights the key role these unconventional abilities play in the survival of marginalised communities. Abdoulaye’s disappearance is examined by looking at how hidden social structures can be mobilised in difficult or vulnerable situations. By questioning erasure and oblivion (are they forced? accidental?), traces and absence (are they intentional? endured?), disappearance prompts a re-examination of “seeing, naming, and thinking” at the heart of social sciences. It makes invisible forms of violence noticeable, frames silence as the flip side of language and explores memory as a social construction. Finally, the ethnographic narrative prevents disappearance itself from being forgotten - yet another form of disappearance - by replacing silence with words. Disappearance challenges the passive forms of absence (erasure, marginalisation, or exclusion), by designating an actively disappeared being, a paradoxical presence whose detailed ethnographic description enhances the anthropology of absence. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
      <guid isPermaLink="true">https://revues.mshparisnord.fr/silences/index.php?id=768</guid>
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      <title>Disparaître au monde et lecture des traces</title>
      <link>https://revues.mshparisnord.fr/silences/index.php?id=726</link>
      <description>Dans cette introduction, les éditeurs reprennent les grandes lignes de l’appel à contribution lancé à l’hiver 2024 par Silence(s) : revue interdisciplinaire, consacré aux « régimes de la disparition ». En tentant de se défaire de l’évidence d’un manque et des obstacles à la recherche qu’il entrainerait nécessairement, ce numéro pense la disparition comme un régime d’action, comme un moyen de produire des phénomènes sociaux qui remettent en ordre le monde duquel on vient de retirer un individu, un objet ou une idée. Il ne s’agit pour autant de mettre le voile sur les catastrophes humaines, les drames et les douleurs qui se jouent dans la disparition, mais plutôt d’examiner par l’enquête philosophique, anthropologique, historique et esthétique, les modalités du disparaître et faire disparaître d’une part, et leurs conséquences manifestes ou discrètes d’autre part. À l’image du silence, la disparition n’est pas seulement l’inverse ou le négatif d’un autre phénomène ; elle dispose de caractères propres, d’une positivité qui redistribue les cartes de la présence et de l’absence. In this introduction, the editors give the outlines of the call for contributions launched in winter 2024 by Silence(s): revue interdisciplinaire, devoted to the “regimes of disappearance”. In an attempt to move beyond the obviousness of a lack and the obstacles to research that it would necessarily entail, this issue considers disappearance as a regime of action, as a means of producing social phenomena that reorder the world from which an individual, an object, or an idea has been removed. However, this does not mean glossing over the human catastrophes, tragedies, and pain produced by disappearance, but rather examining, through philosophical, anthropological, historical, and aesthetic inquiry, the modalities of disappearing and creating disappearance on the one hand, and their obvious or subtle consequences on the other. Like silence, disappearance is not simply the opposite or negative of another phenomenon; it has its own characteristics, a positivity that redistributes the cards of presence and absence. En esta introducción, los editores resumen las líneas generales de la convocatoria de contribuciones lanzada en invierno de 2024 por Silence(s): revue interdisciplinaire, dedicada a los “regímenes de la desaparición”. Al intentar desprenderse de la evidencia de una carencia y de los obstáculos que ello supondría necesariamente para la investigación, este número concibe la desaparición como un régimen de acción, como un medio para producir fenómenos sociales que reordenan el mundo del que se acaba de retirar un individuo, un objeto o una idea. No se trata, sin embargo, de ocultar las catástrofes humanas, los dramas y los dolores que se producen con la desaparición, sino más bien de examinar, mediante la investigación filosófica, antropológica, histórica y estética, las modalidades del desaparecer y hacer desaparecer, por un lado, y sus consecuencias manifiestas o discretas, por otro. Al igual que el silencio, la desaparición no es solo lo contrario o lo negativo de otro fenómeno, sino que tiene características propias, una positividad que redistribuye las cartas de la presencia y la ausencia. </description>
      <pubDate>dim., 30 nov. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
      <guid isPermaLink="true">https://revues.mshparisnord.fr/silences/index.php?id=726</guid>
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      <title>Le gardien et le vide</title>
      <link>https://revues.mshparisnord.fr/silences/index.php?id=734</link>
      <description>Avec ce court article, Alberto Andronico livre une réflexion très personnelle sur le silence à partir de sa lecture du célèbre fragment de Franz Kafka « Devant la Loi ». Les éditeurs de la revue ont voulu conserver, pour ce texte, la « voix » de l’auteur, son implication sensible dans l’écriture. De la même façon, les notes de bas de page renvoient aux éditions italiennes des ouvrages de sa bibliothèque, comme un instantané du chercheur au travail. Les traductions sont siennes et le choix a été fait de ne pas transformer l’intégralité de l’article à partir des éditions françaises de référence.  Devant la Loi  Avant toute parole, il y a un seuil. Un vide. Un silence. Kafka nous y conduit dans le célèbre Vor dem Gesetz, l’une des plus grandes énigmes de toute l’histoire de la littérature (et de la pensée) occidentale, placé par Max Brod dans l’avant-dernier chapitre du Procès et déjà publié, comme on le sait, par Kafka lui-même comme récit autonome en 19151. Et maintenant, je me mets à la place de l’homme de la campagne – cette place où nous avons peut-être toujours été et où nous sommes toujours – et j’essaie de développer quelques associations libres2.  Sous le texte, rien Je veux ajouter juste quelques mots, comme pour esquisser trois épigraphes. La première est un passage que je me répète toujours comme un mantra chaque fois qu’il m’arrive de rencontrer un texte de Kafka. Le voici : La popularité de Kafka, la complaisance envers ce qui déplaît qui le réduit à un bureau d’in</description>
      <pubDate>dim., 30 nov. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
      <guid isPermaLink="true">https://revues.mshparisnord.fr/silences/index.php?id=734</guid>
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