Un exemple de loisirs masculins : la vie des tavernes en Bavière dans la première moitié du XIXe siècle

An example of masculine leisure: the tavern life in Bavaria in the first half of the 19th century

Abstracts

Passer des heures attablé dans une taverne constitue l’un des usages principaux du temps libre pour l’artisan bavarois Franz Caspar Krieger. Grâce à la rédaction de son journal personnel, tenu à partir de 1821 et jusqu’au début de 1872, il fournit un récit assez précis de ses loisirs, qui renseigne aussi bien sur les moments passés à la taverne ou la fréquence de ses visites que sur les critères de choix des divers établissements fréquentés. Ce témoignage donne à voir une évolution sensible. La période des années 1820-1830 se caractérise par une vie tavernière exubérante et joyeuse, dans laquelle le buveur joue un rôle essentiel, auteur, en particulier, de diverses prestations musicales. Cet aspect festif disparaît progressivement dans les décennies suivantes, pour faire place à une vie de taverne plus réglée et commercialisée. La dimension de loisirs associée aux débits de boisson, n’en reste pas moins, selon le témoignage de F. C. Krieger, valable.

Spending hours at a tavern was one of the main uses of free time for the Bavarian craftsman Franz Caspar Krieger. His diary, which he kept from 1821 to the beginning of 1872, provides a fairly accurate account of his leisure time, including information about the time he spent at the tavern, the frequency of his visits, and the criteria he used to choose the various establishments he frequented. This testimony shows a significant evolution. The period of the 1820s/30s is characterized by an exuberant and joyful tavern life, in which the drinker plays an essential role, author, in particular, of various musical performances. This festive aspect gradually disappears in the following decades, to give way to a more regulated and commercialized tavern life. The dimension of leisure associated with the drinking establishments, remains nevertheless, according to the testimony of F. C. Krieger, valid.

Index

Mots-clés

loisirs, tavernes, sociabilité, XIXe siècle, Bavière

Keywords

Leisure, Ale houses, Sociability, 19th century, Bavaria

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Pendant l’année 1825, le passementier Franz Caspar (F. C.) Krieger (1795–1872), habitant de la ville bavaroise de Landshut, passe trente-deux soirées dans le foyer familial, le reste dans les tavernes et autres débits de boissons de la ville. Certes, le rythme élevé de ses fréquentations tavernières diminue au fur et à mesure que son âge progresse mais, encore en 1865, son journal évoque seulement cinq jours en juin et dix en décembre, qui ne voient pas son auteur de près de 70 ans franchir le seuil d’un de ces établissements1.

Il s’agit, en la personne de cet hôte assidu des débits de boissons de la ville et de ses environs, d’un maître passementier et propriétaire d’une maison où il vit avec sa famille et qui lui sert aussi de lieu de travail. Elle se trouve au centre de Landshut, ville d’environ 10 000 habitants, située à 70 kilomètres au nord-est de Munich. Ville universitaire avant 1826, puis siège du gouvernement régional de la Basse-Bavière à partir de 1839, elle est peu touchée par l’industrialisation.

C’est dans ce cadre que F. C. Krieger rédige tous les jours, à partir du 1er juin 1821, et jusqu’en février 1872, un journal, le Tagebuch, une sorte de chronique de sa vie quotidienne, où la religion, la famille et les promenades, ainsi que les voyages et les événements notables au sein de la société locale, occupent une place importante. Il lui arrive aussi, dans ces milliers de pages, de dévoiler certains aspects de son for intérieur. Or, il n’omet jamais de noter, à côté d’observations quotidiennes sur les conditions météorologiques, le nom de la taverne où il a bu une bière ce jour-là. Être empêché de se rendre un soir dans un des lieux habituels de sa vie constitue longtemps un véritable malheur pour lui : « Ah, que nous sommes pauvres ! » se plaint-il ainsi quand un temps glacial lui interdit cette sortie à l’hiver 18302. Encore durant les dernières années de sa vie, quand les maladies le frappent, la première sortie mène cet homme religieux d’abord à l’église, et aussitôt après dans une taverne. Le geste de s’y attabler devient alors un symbole de guérison. Il justifie d’ailleurs l’arrêt de la rédaction quotidienne du Tagebuch en février 1872 par le fait que son âge avancé et son mauvais état de santé lui interdisent dorénavant de s’attabler dans un de ces établissements, ce qui rendrait aussi inutile l’écriture de son témoignage3.

Les pages de son journal attestent donc le rôle primordial que revêt la taverne dans la vie de cet artisan. Elles montrent la fréquence et les temps de ses visites tavernières, tout comme elles présentent un tableau des sociabilités, activités et conversations du diariste à ces occasions. Comment expliquer alors tout l’attrait que les débits de boissons exercent sur cet homme et le poussent, jour après jour, à quitter le soir son foyer pour s’attabler dans l’ambiance enfumée de la taverne et pour profiter d’une sociabilité autour de la bière, à l’instar de la grande majorité des hommes de la Vieille Bavière4 pour qui la fréquentation quasi quotidienne de ces hauts-lieux de sociabilité masculine constitue un élément essentiel de leur vie5 ? Serait-ce ce simplement « être ensemble » sans aucun but, un état de bonheur au-delà du travail et de la famille6, qui, selon Johan Huizinga, justifierait cette fidélité à la taverne7 ? Des travaux d’historiens8 ont montré récemment toute l’importance sociale que revêt la visite d’un de ces débits de boissons pour l’habitant à la fois d’un village et d’une ville. Ici circulent les informations, grâce au tavernier lui-même, un homme en général bien renseigné, et à la presse mise à la disposition des hôtes dans son établissement – F. C. Krieger évoque à plusieurs reprises pendant les années 1820 la consultation de divers journaux à la taverne9. Ici s’échangent les nouvelles d’ordre économique, parfois vitales pour la vie professionnelle des hôtes. C’est dans ces mêmes lieux que se discutent les questions d’actualité, aussi bien d’ordre « national » que local, transformant les tavernes en forum politique.

Cet endroit constitue un lieu de contrôle social qui exige de l’hôte la maîtrise de certains codes, comme les apparences vestimentaires10, les manières de saluer, de se comporter, en évitant aussi bien l’ivresse11 que la violence, et le fait d’accepter la place qui vous est attribuée au sein de la société urbaine12. La réputation d’un homme et l’honneur de sa famille peuvent aussi bien se faire que se défaire dans le cadre de la vie tavernière13.

Ces aspects sont néanmoins loin d’être suffisants pour expliquer la fidélité montrée par F. C. Krieger à l’encontre des tavernes. Certes, il faut les prendre en considération, mais la régularité de ses visites se fonde sur une autre dimension, celle des loisirs que lui offre la vie des débits de boissons sous toutes ses formes. Celle-ci devient surtout visible dans les années 1820 et 1830, quand la vie des tavernes garde encore le caractère exubérant et festif transmis par l’Ancien Régime, source d’un grand plaisir chez l’auteur du Tagebuch.

Est-il alors justifié de parler de « loisirs » dans le contexte de l’époque et de la société ? Certes, Landshut reste à l’écart d’une industrialisation encore balbutiante, et le temps de travail du maître passementier se révèle assez poreux – il lui arrive d’interrompre son ouvrage, notamment les après-midis du lundi, pour faire une promenade, suivie d’un séjour dans une taverne. Mais c’est oublier le fait qu’il est obligé, pour des raisons financières, d’exercer l’activité de scribe de la loterie royale entre 1827 et 1843, un emploi subalterne qui lui impose des horaires de travail fixes, ce qui le contraint aussi à calculer son temps de travail de passementier, et de le soumettre aux normes de la productivité. De cette manière se dégage alors un temps libre, véritablement ressenti en tant que temps de loisir, dans les heures vespérales de la fréquentation tavernière14.

Cette contribution se focalise donc sur cette dimension festive de la vie tavernière du diariste pendant les années 1820-1830, avant d’évoquer brièvement les raisons de son recul et de la transformation de l’hôte en simple consommateur, ce qui modifie aussi la nature des loisirs taverniers.

Le diariste et les tavernes

Landshut possède un paysage tavernier d’une grande richesse au point que le capitaine Auguste Cabrié, prisonnier français à cet endroit de septembre 1870 jusqu’en mars 1871 et témoin attentif de cette société urbaine, parle d’une « foule » de brasseries, tavernes, tavernes à jardins, auberges…15. La ville en concentre plus d’une cinquantaine, qui se trouvent souvent dans de vastes bâtiments avec plusieurs salles, alors que d’autres sont dotées d’un jardin. Cinq tavernes à vin, ainsi que quatre à cinq « cafetiers16 » complètent cette panoplie du paysage tavernier intra-muros17.

Dans les faubourgs et les environs proches se situent les caves à bière des nombreuses brasseries de Landshut, à qui la législation accorde entre début mai et fin septembre le droit d’écouler leur boisson sur place pour une consommation immédiate à des hôtes attablés à l’ombre de marronniers. Certains brasseurs aménagent alors ces endroits en y faisant construire de véritables petits palais consacrés aux jeux et aux danses, ouverts lors de la belle saison. Dans les environs de la ville se trouvent des tavernes villageoises, dont certaines sont rattachées à un château, manoir ou moulin. Dotées d’un jardin, elles constituent un but apprécié par les habitants de Landshut pour leurs promenades en famille le dimanche.

Auguste Cabrié décrit le caractère surchauffé et enfumé des salles des tavernes, tout en soulignant leur propreté. Les hôtes sont assis sur des bancs autour de grandes tables en sapin, parfois vermoulues, où les nappes font toujours défaut. Des batteries de cuisine, des plateaux en étain ainsi que les pots de bière en grès, avec un couvercle d’étain où est gravé le nom de leur propriétaire, composent une certaine décoration, alors que la présence d’une guitare, d’un piano, voire d’un tambour trahit la dimension musicale de la vie des tavernes. Les murs sont blanchis, les peintures soigneusement entretenues. Des vignes vierges et du lierre confèrent même à certaines tavernes un « aspect cossu et riant ». Quant aux jardins de ces établissements, ils sont équipés de tonnelles, pistes de jeu de quilles, balançoires…18. F. C. Krieger évoque aussi des « exercices gymnastiques » faits par deux de ses convives dans le jardin de la brasserie Moser, ce qui laisse supposer des installations spéciales pour ces activités19.

Le public varie selon la nature de ces établissements. Pendant les soirées se déroulant dans les tavernes de la ville, il est purement masculin. Les femmes ne s’y aventurent que lors de foires, de mariages et de fêtes, qui constituent des occasions de danse20. Les caves à bière et tavernes des environs possèdent en revanche un aspect bien plus familial. Auguste Cabrié et ses camarades de captivité sont ainsi tout étonnés de rencontrer dans les jardins de ces établissements des femmes attablées sous les arbres, au milieu de leurs enfants, tout en tricotant et buvant de la bière21.

La sociabilité autour de la bière dans les caves à bière et tavernes des environs se caractérise aussi par un brassage social qu’on rencontre moins dans celles de la ville. Au sein de tout le témoignage de F. C. Krieger de la vie tavernière, on ne trouve aucune allusion à une éventuelle présence de journaliers, domestiques et autres représentants des couches populaires. Des stratégies de ségrégation sociale existent : caserner les gens simples dans les halls d’entrée22, installer des cloisons amovibles23 pour partager les diverses catégories sociales, ou mettre à la disposition d’une clientèle plus huppée des salles spéciales – la même clientèle qui cherche aussi à se distinguer par une consommation ostentatoire, comme boire du vin de grande qualité, fumer de bons cigares, disposer de chopes à bière richement décorées, faire des jeux d’un montant élevé…24. C’est donc dans ce paysage tavernier qu’évolue F. C. Krieger depuis son installation dans la ville en 1818 jusqu’à un an avant sa mort, survenue le 31 décembre 1872.

Les soirées des jours de la semaine constituent le temps principal de sa fréquentation tavernière. Les dimanches et jours de fête représentent ensuite une occasion de s’attabler dans un débit de boissons même plusieurs fois pendant la journée – dès les heures matinales avant la messe, puis après cet office religieux, de nouveau l’après-midi dans les environs de la ville comme but d’une promenade, et finalement dans la soirée. Si le temps tavernier conclut en général la journée de travail elle-même, il constitue aussi le complément aux promenades, aux soirées théâtrales, et surtout au temps religieux. Après avoir assisté à un office religieux, le chemin mène le diariste la plupart du temps vers une taverne.

D’habitude, il y va en compagnie de son meilleur ami de l’époque qui vient le chercher, et vice versa, pour aller boire une bière. Dans l’ensemble, il sort bien plus pendant les beaux jours qu’en hiver, ce qui s’explique surtout par la fréquentation des caves à bière, ouvertes uniquement pendant les mois printaniers et estivaux, saisons dont il attend les débuts avec impatience : « Une joie générale grâce à l’ouverture des caves à bière »25, ou « 1er mai. Très belle journée. Ouverture générale des caves à bière. Ah, quelle belle époque !26 » Les attractions et les formes de sociabilité que proposent ces « caves », pèsent certainement dans les jugements exaltés de F. C. Krieger : des feux d’artifice, de la musique, des illuminations…, auxquelles il faut ajouter la beauté de certains sites aux yeux du diariste, comme celle de la cave à bière de la brasserie Dräxlmayer27.

En hiver, il préfère les tavernes situées dans un rayon de dix minutes à pied autour de son domicile. Le choix d’une d’elles se justifie ensuite par l’aménagement de ces établissements comme la « petite salle cossue »28 du tavernier Kitzinger, qui donne aux convives le sentiment de se trouver comme chez eux. F. C. Krieger, comme d’autres convives, marque même l’espace de ces localités de son empreinte en déposant sa propre chope à bière, avec son nom gravé sur le couvercle29.

Le choix d’une taverne se fonde souvent sur la qualité de la bière. Si la « bonne vieille bière » lui fait préférer une taverne, la mauvaise qualité en revanche peut constituer une raison de quitter collectivement un établissement où le breuvage « possède un goût d’eau », et de ne pas y retourner dans la suite30, alors que la brasserie Dräxlmayer propose « une bière divinement bonne »31.

Les rapports avec le tavernier, personnage central de la vie de ces établissements, représentent un autre critère. Ils peuvent prendre une telle importance que le nom du tenancier efface même le nom de la taverne dans la pensée du diariste. Pendant des années, il se rend ainsi chez « Seitz dans la Neustadt » sans préciser une seule fois de quelle taverne il s’agit. Le tavernier devient un personnage de familiarité, voire de confiance, au point que le diariste rapporte dans le Tagebuch la perte de la femme32 ou l’état de la santé du tavernier, observé avec inquiétude. Le fait que le tavernier prenne place à sa table, joue aux cartes avec lui, fasse partie de sa sociabilité, rend encore plus attractif un lieu précis. Durant de longues années, le tavernier Ignaz Hilz jouit ainsi de ses faveurs grâce à une communion de pensée conservatrice et à de longues discussions33. F. C. Krieger arrête toute fréquentation de cette taverne après le décès de cet homme. Des conflits avec ce personnage central, en revanche, peuvent le transformer en pôle de répulsion : « C’est très probablement la dernière fois que nous avons bu notre bière au Freischütz », écrit le diariste après une dispute de son cercle avec le propriétaire de cet établissement34.

Un point décisif pour le choix d’une taverne est et reste cependant la sociabilité, à la base de tous les amusements que peut connaître le diariste dans ce milieu. La présence du cercle de ses amis lui fait préférer, pendant un certain temps, pour ses sorties vespérales une taverne comme la brasserie Bärmer où, comme il l’écrit, « nous buvons tous les jours notre bière depuis deux ans »35. Pendant les premières années de la rédaction du Tagebuch, il jouit d’une forte sociabilité dont ses amis proches constituent le noyau, autour duquel se développe un cercle plus fluctuant de gens plus ou moins proches. Ce cadre permet l’échange de pensées, de perceptions, de sensations, le tout dans le plaisir du dialogue36. La sociabilité vécue dans une ambiance exubérante des tavernes constitue même pour F. C. Krieger une « société ». Il arrive à Krieger et ses amis de louer une salle spécifique dans l’une des tavernes, pour développer une forme de sociabilité informelle qui rappelle alors celle du cercle, étudié par Maurice Agulhon pour la France : une association formée d’hommes pour la pratique d’une activité désintéressée, voire pour vivre en commun la non-activité ou le loisir. Il s’agit d’un groupe d’amis et d’habitués, qu’unissent une certaine aisance et la possibilité de disposer assez librement de leur temps37.

Dès 1827, cette sociabilité se transforme pour le diariste en sociabilité formelle, quand il participe activement à la fondation de l’Association des bourgeois, et fait partie d’autres associations, purement ludiques. La première de ces associations, entièrement intégrée dans la vie tavernière, revêt un double caractère : ses réunions s’inscrivent d’abord dans la lignée générale de ce rassemblement de « bourgeois », à savoir garantir une sécurité sociale aux artisans de la ville, mais, selon les statuts, elles doivent surtout assurer aux membres un cadre « pour se réjouir de l’amour, la concorde et la gaieté, et pour se reposer des travaux de la journée38 » – délassements et divertissements constituent donc les leitmotive de l’association.

Buveur et acteur sur la scène tavernière

Par rapport à d’autres occasions de sociabilité, la taverne possède un profil spécifique en matière de communication orale. Lieu chauffé et à l’abri des intempéries, elle permet de longues discussions, non seulement au sein d’un cercle d’amis ou d’habitués, mais aussi avec d’autres convives39. Les conversations profitent du « charme de la bière »40, médium central de la sociabilité des tavernes bavaroises, et responsable d’un sentiment de bien-être propice à l’échange oral dont la nature dépend de la composition de la société attablée – elle est différente en présence de femmes, dépend ensuite de la condition sociale, du rang au sein de la hiérarchie urbaine et du niveau culturel des convives, du degré d’intimité qui existe entre eux, de l’ambiance générale…

La qualité de la conversation constitue pour le diariste un des critères principaux du succès d’une soirée passée à la taverne : « … et il y avait une très bonne discussion entre nous trois »41. Il relève rarement des conflits parmi ses convives, source d’un grand chagrin chez lui, à l’instar d’une dispute qui « a complètement gâché la joie de la soirée »42.

L’humour, sous différentes formes, est en revanche une garantie d’une soirée remarquable, ce qu’il note souvent sous la formule stéréotype : « X. nous faisait beaucoup rire »43. Il peut s’agir de moqueries de l’arrogance, de la stupidité, voire de l’ivresse de certains convives44. De même, la lecture faite à voix haute à table d’une lettre humoristique provoque l’hilarité de la société45. C’est grâce à leur humour que certains du cercle de F. C. Krieger occupent une place centrale dans la vie de la taverne, comme cet ami du diariste, auteur d’histoires et de chansons drôles : « … et nous avons ri jusqu’à satiété avec M. Plöderl »46. Sous forme de déclamations moqueuses ou de « chansons mordantes » contre des notables de la ville, cet humour peut même prendre une légère tonalité contestataire47.

Des questions professionnelles, la politique locale, la vie de la cité en général, allant des dernières rumeurs jusqu’aux récits de la représentation théâtrale à laquelle le convive vient d’assister, constituent des sujets fréquents. F. C. Krieger n’omet jamais, après avoir assisté à une pièce, qu’il s’agisse d’une représentation de troupes ambulantes jouant dans une des tavernes de la ville avant 1841 ou ensuite dans le nouveau théâtre, de rejoindre aussitôt son cercle habituel pour parler du jeu des acteurs ou de la beauté d’une comédienne48. Et les conversations tournent évidemment autour du temps qu’il fait – « tout le monde se lamente du mauvais temps… »49.

Les faits divers entrent également dans les conversations50, que ce soient les duels des étudiants à l’époque de l’université ou de cet élève de cette même institution, qui, habillé en noir, le visage blanchi, cherche à effrayer les habitants la nuit en frappant à leur porte51. Les rumeurs qui circulent font partie des conversations, transformant de cette manière la taverne en une sorte de caisse de résonance52. Si quelques-unes, comme celle de l’assassinat d’un notable dans la ville, se révèlent fausses, d’autres, telle celle du transfert de l’université de Landshut à Munich, s’avèrent justifiées53. Des bruits sur le choléra qui s’approcherait dangereusement de la ville en 1831, comme sur les Prussiens pendant la guerre de 1866, ou encore sur des morts lors des émeutes contre Lola Montès à Munich54, font partie des conversations à la table de F. C. Krieger. Celles-ci peuvent constituer une occasion de parler, de façon plus intime, de problèmes familiaux, à l’instar des problèmes du diariste avec son épouse à la fin des années 1820. Il ne le précise pas dans le Tagebuch, mais il est difficile d’imaginer que le diariste n’ait pas cherché à trouver le soutien moral de ses amis pendant la grande crise de sa vie conjugale.

Les discussions au sein de cette sociabilité masculine des tavernes tournent aussi autour des femmes, comme le déplore le procès-verbal de la visite pastorale de la paroisse Saint-Martin de Landshut en 182255. Il s’agit évidemment d’un sujet qu’évite la plume du diariste, à deux exceptions près – une dispute concernant les femmes de deux convives, ainsi que la jalousie d’un des convives, provoquée par des remarques faites par les autres qui semblent apprécier la beauté de sa fiancée56. Font-ils aussi entrer, en chuchotant, des secrets de la sexualité elle-même dans leurs conversations ? Rien ne le prouve dans le Tagebuch, mais selon les doléances du même procès-verbal de la visitation de 1822, de tels sujets ne seraient pas exclus des discussions tavernières.

Un des thèmes principaux de la conversation tavernière concerne les voyages. À chaque retour d’un déplacement, entrepris aussi bien pour des raisons personnelles, touristiques que professionnelles, le premier chemin mène F. C. Krieger, comme ses convives habituels, dans une taverne pour faire le récit de leur périple57. « Nous avions beaucoup à bavarder » écrit-il quand son ami Cajetan Ertl rentre de Munich, tout comme Benno Negele et Joseph Attenkofer ont « évidemment plein de choses à nous raconter » au sujet d’un voyage à Straubing58. Et que dire du récit fait par ce dernier d’un voyage en train de Munich à Augsbourg, expérience inconnue pour tous les autres, qu’il relate avec tous les détails à des convives dont il accroît encore la curiosité et l’envie d’en profiter bientôt59 !

Périodiquement, le cercle tavernier de F. C. Krieger a droit à des récits de pays plus « exotiques », souvent l’affaire de gens de passage, comme d’un compagnon passementier et sujet ottoman de Bucarest60. Des témoignages d’ancien habitants de Landshut, vivant ou ayant vécu en Algérie, Grèce, Norvège61, voire au Brésil, « occasion d’une grande discussion »62, suscitent la curiosité des convives et animent les conversations, tout comme les rapports faits sur la vie en France, dont un comporte une description des Trois Glorieuses63.

Un des plaisirs pour F. C. Krieger consiste aussi à se retrouver et à échanger dans le cadre d’une sociabilité tavernière des gens originaires, comme lui-même, de la région de Passau et de Vilshofen : « Nous étions énormément joyeux et nous sommes restés ensemble jusqu’après minuit » écrit-il après une telle soirée passée en compagnie d’anciens et d’actuels habitants de cette région danubienne. Les souvenirs évoqués comme les nouvelles transmises du pays de ses origines réjouissent alors le diariste et lui procurent une soirée délicieuse64.

La culture orale s’exprime également par des lectures effectuées à voix haute : F. C. Krieger lit lui-même aux autres convives un discours parlementaire contre le projet d’une banque, trouvé dans la presse disponible dans la taverne65, ou encore le pamphlet contre un professeur de l’université de Landshut, Jakob Salat, connu pour ses opinions libérales, suscitant à sa suite une vive discussion66. Il écoute à son tour la lecture faite à voix haute, par son ami Cajetan Ertl, d’un tableau humoristique de la foire de la saint Jacques à Munich, dont l’histoire couvre 24 pages67.

La même culture orale se manifeste sous forme de charades et de poèmes. Les premières, ces énigmes obligeant le joueur à deviner un mot défini, sont à la mode, au point que la feuille hebdomadaire, de la ville, le Landshuter Wochenblatt, en publie régulièrement pendant les années 1820. Lors d’une soirée, cette activité occupe alors pleinement le diariste et les membres de son cercle, tout en les faisant « rire énormément »68 – un exemple qui se reproduit encore plusieurs fois avant 1832.

Déclamer des poèmes fait également partie de la culture tavernière pendant les premières années de la rédaction du Tagebuch, à l’instar d’un compagnon qui récite plusieurs poèmes devant toute la salle69. Réciter des vers peut se faire aussi en l’honneur du roi, dont le cercle de F. C. Krieger célèbre la fête, assis sous son effigie décorée d’une couronne de lauriers, alors qu’un des convives déclame le poème « Le Lied de la Cloche » de Friedrich Schiller70.

Le diariste lui-même participe un soir aux déclamations en récitant deux poèmes de poètes réputés, « Le Malheur des femmes » de Christian Fürchtegott Gellert71, et une poésie de Carl Theodor Müller, portant sur un compagnon barbier bossu à Landshut72. Se produire ainsi devant une salle remplie de buveurs, avec le risque de ne pas maîtriser entièrement l’ensemble des vers et de s’exposer aux railleries des autres, demande un certain courage, mais il permet en même temps d’exhiber ses connaissances culturelles devant ce public, qualité nécessaire pour la défense de son rang au sein de la société urbaine.

La taverne est aussi le lieu de spectacles, au moins jusqu’en 1841 et l’ouverture d’un théâtre à Landshut. Auparavant, des troupes ambulantes se produisent dans des salles de tavernes remplies d’un public qui, assis sur des bancs, ne reste pas passif. Tout en bavardant, se promenant entre les rangs, buvant des chopes, F. C. Krieger répète des répliques et établit une interaction avec les acteurs73. Au sein du groupe des compagnons habituels de F. C. Krieger, le peintre artiste Joseph Schönauer met également en scène, au grand plaisir de ses amis, des apparitions de fantômes ou des danses de sorcières à l’aide de sa lanterne magique74.

Un des ingrédients indispensables à la réussite d’une soirée tavernière pour F. C. Krieger est la musique. Ses amis et lui pratiquent le chant à quatre voix, tout comme un membre de son cercle, doté d’une belle voix, peut leur présenter des chansons75. L’ambiance d’une douce nuit de mai dans le cadre du jardin d’un manoir peut les inciter à « chanter plusieurs belles chansons, étant donné que c’était une nuit magique sans vent »76. Cette ambiance musicale est même susceptible de prendre des allures de quasi-compétition entre diverses tables : quand la première entame une strophe d’une chanson, la seconde enchaîne ensuite sur une autre strophe, puis c’est le tour de la troisième, avant de recommencer77.

Certains convives apportent leurs propres instruments ou empruntent ceux qu’ils trouvent dans les tavernes. L’ami de Krieger, Cajetan Ertl, chante ainsi, accompagné d’une guitare et d’une flûte78, tout comme Ignaz Plöderl, qui leur fredonne « plusieurs chansons drôles »79. À plusieurs occasions, le diariste lui-même sort une flûte de sa poche pour, par exemple, accompagner le chant d’enfants lors de la fête du tavernier80, jouer avec des étudiants81 ou encore faire une « petite musique » avec deux flûtes, une guitare et un violon82. Il lui arrive même de jouer pour faire danser des convives déguisés à l’occasion du carnaval83. C’est toujours avec un très grand plaisir que le diariste évoque ces soirées remplies de musique, auxquelles il participe activement. Le cercle, dont F. C. Krieger fait partie, fait aussi venir des musiciens qui jouent alors uniquement pour leur société, comme ce musicien de Bohème, accompagné de « deux jolies chanteuses » qui leur préparent une « soirée particulièrement réjouissante »84.

La vie des tavernes se définit également par un certain nombre de jeux, en commençant par le plus important pour F. C. Krieger, les cartes, dont il faut distinguer deux sortes. Le diariste goûte d’abord le jeu pratiqué à des fins humoristiques, source d’une grande sociabilité incluant d’autres convives présents, qui regardent et commentent, dans une ambiance dominée par le rire85. Il apprécie ensuite le jeu de cartes aux enjeux plus forts, engageant des ressources financières, à l’instar du tarot. L’impondérabilité du jeu, associée à un savoir-jouer personnel, provoque en lui une sorte d’excitation, voire d’addiction, malgré le caractère immoral qu’il véhicule – il note les gains et pertes toujours en français, langue choisie dans le Tagebuch pour coder certaines transgressions d’interdits86.

Chez les « cafetiers », il pratique des parties de billard, jouées avec douze ou quinze billes de différentes couleurs version « rum », sur d’immenses tables installées dans les salles de ces établissements87. Ce jeu, qui exige à la fois concentration et dextérité de la part des joueurs, se trouve également à la source d’une autre forme de sociabilité – nombreux sont les spectateurs qui entourent la table du billard, pour commenter le jeu, donner des conseils et railler les mauvais coups88. F. C. Krieger joue pour la dernière fois au billard en juin 1828 – conséquence de l’obésité dont il commence à souffrir à cette époque ?

Depuis le début du XIXe siècle, certains taverniers, qui disposent d’assez d’espace, aménagent aussi des pistes en bois destinées aux jeux de quilles, dont le diariste est également un adepte. Comme pour le billard, il pratique ce jeu pour l’argent, mais les gains et pertes restent limités. Une partie de quilles peut se dérouler entre quelques joueurs de manière privée mais des taverniers organisent des tournois, qui s’étendent parfois sur plusieurs semaines, au grand dam des autorités considérant que ces tournois sont des occasions de manquer le travail et sont source d’immoralité89. Ces tournois, mais aussi le jeu privé de quilles que F. C. Krieger pratique jusqu’à l’âge de 38 ans, se déroulent surtout dans des tavernes de campagne et des caves à bière. Attirant de nombreux spectateurs, y compris des femmes, ils donnent lieu à une importante sociabilité.

Une autre activité demandant une grande dextérité est le tir, pratiqué à l’intérieur des tavernes avec des fusils à air comprimé. La plupart du temps, il est organisé sous forme de tournois, qui voient les participants tirer sur des cibles peintes, avec des scènes de leur vie tavernière90, ou des cerfs défilant en courant, grâce à une installation mécanique, devant les tireurs91. Le diariste lui-même participe à plusieurs tournois, la dernière fois en janvier 1832, moment où il gagne une « jolie tasse à café, avec la soucoupe »92.

Les activités tavernières peuvent aussi se caractériser par une grande cruauté quand il s’agit de frapper avec un fléau, les yeux bandés, un coq attaché93, dans l’objectif de le tuer. F. C. Krieger y participe à plusieurs reprises, tout comme il y fait parfois participer des enfants dans une version adoucie : le coq est alors enfermé dans une niche pour ne pas être frappé directement94. Le diariste évoque cette pratique « ludique » pour la dernière fois en 184095. Expression d’une nouvelle sensibilité envers les animaux ou effets d’une législation locale ? Difficile à déterminer.

La fin d’une vie tavernière traditionnelle

Les loisirs dans la vie tavernière dépeinte par F. C. Krieger aux débuts de la rédaction du Tagebuch, s’inscrivent encore dans des ambiances festive et exubérante, que Martin Scheutz a décrites pour les tavernes autrichiennes à l’époque moderne et au commencement du XIXe siècle96. Les acteurs sont alors les convives eux-mêmes, qui chantent, font de la musique, pratiquent la lecture à voix haute, se livrent à des jeux de diverses natures, déclament des poèmes, montrent des spectacles de lanterne magique, le tout dans une ambiance joyeuse, voire festive.

Or, à partir des années 1830, les mêmes convives se transforment en simples consommateurs, au détriment de la spontanéité, l’exubérance et la festivité de la vie tavernière précédente. La mode des charades recule et disparaît, au même titre que la poésie, qui connaît le même sort en France à la fin des années 181097. Le Tagebuch ne fait plus mention de lectures à voix haute. De même, suivant l’exemple des membres de son cercle tavernier habituel, le diariste ne joue plus de son instrument devant le public de la taverne.

Ce n’est sans doute pas l’écriture d’un homme d’un âge plus avancé qui est responsable de la disparition des tableaux d’une telle vie tavernière dans le Tagebuch. Certes, F. C. Krieger ne participe plus à ces activités : s’il joue, parfois, de la flûte dans l’ambiance tavernière, les concerts qu’ils continuent de signaler sont dorénavant assurés par des buveurs plus jeunes, parfois des fils de ses amis. Ces descriptions s’éclipsent cependant au cours de la seconde moitié des années 1830. Le mélomane qu’il est n’aurait pourtant jamais oublié de les évoquer dans ses récits quotidiens. Il faut considérer ce silence comme un témoignage de la disparition d’une ambiance musicale et festive dans les tavernes de la ville de Landshut.

Plusieurs raisons expliquent cette modification de la vie tavernière. La vie associative d’abord, qui se développe progressivement, réduit les performances musicales à un cadre plus privé. Le gouvernement de Basse-Bavière interdit même en 1853 toute forme de prestation musicale sans autorisation de la police98. Les taverniers eux-mêmes font de plus en plus souvent appel à des musiciens professionnels de Bohême, du Tyrol, procédant ainsi à une commercialisation des loisirs au point de les rendre payants99.

Il n’est pas exclu ensuite qu’une nouvelle discipline de soi ait contribué à modeler le buveur, selon l’exemple alsacien analysé par Jean-Pierre Hirsch100. Les loisirs taverniers connaissent alors le processus qu’on retrouve, par exemple, dans les théâtres, comme d’ailleurs dans celui de Landshut, qui conduit le spectateur à être dorénavant soumis à un strict règlement101. Ce processus s’inscrit dans la tendance plus générale à l’œuvre depuis le milieu du siècle d’une régulation des activités du temps libre102.

Finalement, est-ce un hasard si l’éclipse du buveur en tant qu’animateur de la vie des tavernes correspond à l’évolution autoritaire de la vie politique dans la Bavière de Louis Ier, monarque choqué par la révolution de Juillet 1830 à Paris et par ses conséquences pour la vie politique de son pays ? Ces dernières s’expriment sous la forme de troubles causés par les étudiants de Munich, pétris d’idées révolutionnaires, en décembre 1830, ainsi que du succès populaire des fêtes de Hambach et Gaibach en mai 1832 avec leurs appels à davantage de liberté. Le gouvernement de Louis Ier réagit à ces manifestations en réintroduisant la censure et en pratiquant une politique plus répressive qui ne s’arrête qu’en 1847103. Il est ainsi possible de considérer que la fin de l’ère libérale a aussi des conséquences pour la vie des tavernes. Même si la fidélité à la monarchie des Wittelsbach est incontestable chez les habitants de Landshut104, la tonalité critique exprimée envers les autorités et les notables de la ville dans les lectures de pamphlets, les déclamations de poèmes ou les chansons ne rencontre plus la même tolérance qu’à l’époque libérale qui caractérisait l’histoire politique de la Bavière d’avant 1830. Ce fait, associé à une surveillance plus stricte à la fois des taverniers et de leurs clients, condamne le buveur à un certain silence et à une certaine passivité. La taverne constitue un lieu trop névralgique pour la formation d’une opinion générale dans cette aire culturelle du sud de la Bavière, qui ignore la vie des salons des régions protestantes du nord de l’espace germanique105, et d’autres régions en Europe. Il faut par conséquent surveiller, contrôler et réguler la vie de ces établissements – et sous cet aspect, les tavernes de Landshut ne se distinguent pas des débits de boisson, que ce soit en Bavière ou dans d’autres régions en Allemagne et en Europe. En somme, si Auguste Cabrié est frappé en 1870 par la tranquillité qui règne autour des tables des convives, il ne fait que constater le résultat d’une évolution des loisirs taverniers, entamée quelques décennies plus tôt106. Le détachement, tout relatif, que F. C. Krieger montre par rapport à la vie tavernière à partir des années 1840, s’explique aussi, à côté de son âge avancé, par cette mutation des loisirs taverniers.

Les tavernes et caves à vin continuent cependant à exercer un grand attrait sur lui, et sur toute une population, avant tout masculine, en général. Le diariste apprécie le programme proposé par les taverniers : concerts donnés par des orchestres militaires et des sociétés musicales, bals, représentations d’artistes étrangers, cirques équestres, pièces de marionnettes, comiques, physiciens, ainsi que les feux d’artifice et les illuminations. Ce programme lui procure un changement bienvenu dans une certaine monotonie et les soucis de la vie quotidienne. La sociabilité autour de la bière, le plaisir d’échanger, l’entretien de liens d’amitié, la pratique de certains jeux, puis la consommation des attractions proposées par les taverniers font toujours de la taverne un lieu central des loisirs du monde masculin des villes et campagnes.

En définitive, est-il justifié de parler des tavernes comme d’un lieu de loisirs à l’époque de F. C. Krieger ? On peut prendre les définitions données par Joffre Dumazedier pour qualifier le loisir : le développement, le délassement et le divertissement107. La taverne représente en effet un lieu de développement – les nouvelles glanées grâce à la lecture de la presse, aux informations données par le tavernier, aux échanges et discussions avec les autres convives. Elles sont ensuite un lieu de détente, où l’on peut jouir de la sociabilité de ses amis ou connaissances, dans une ambiance plutôt joyeuse due à l’effet légèrement enivrant de la bière. Il s’agit enfin d’un lieu de divertissements où les plaisirs de sociabilité se joignent à ceux du jeu, du chant, de la musique en général, voire de la danse.

La vie tavernière de F. C. Krieger ne représente-t-elle d’ailleurs pas un modèle qu’on retrouve aussi bien dans les ale houses et autres pubs du monde britannique que dans les cabarets français, et en général dans les débits de boissons d’ailleurs au XIXe siècle ? N’est-ce pas cette forme de loisirs que le Tagebuch détaille, qui explique l’attrait exercé sur un public surtout masculin, à la recherche de changement, de la chaleur d’une ambiance d’un cercle d’amis, par rapport à la dureté des conditions de vie, voire à l’ennui de la vie quotidienne ? N’oublions toutefois pas, dans ce contexte, que les femmes restent la plupart du temps devant les portes de ces univers de loisirs masculins. Des conceptions morales, établies par les hommes, leur interdisent l’accès et organisent, ce faisant, leur exclusion.

1 Franz Caspar Krieger, Tagebuch (dorénavant TB), année 1825 ; juin et décembre 1865. Les 51 cahiers du journal du maître artisan, un pour chaque

2 TB, 1er février 1830.

3 TB, 8 février 1872. Le même justifie cependant, en juin 1821, le début de la rédaction de son journal par des intérêts historiques !

4 Les territoires (en dehors du Palatinat) de l’ancien électorat sous l’Ancien Régime.

5 Marita Krauss, Herrschaftspraxis in Bayern und Preußen im 19. Jahrhundert: ein historischer Vergleich, Francfort-sur-le-Main, Campus, 1997, p. 359.

6 Werner K. Blessing, « Biergeselligkeit und Bierkrawall im bayerischen 19. Jahrhundert », dans Haus der Bayerischen Geschichte, Bier in Bayern

7 Ibid.

8 Marita Krauss, op. cit. ; Hans Heiss, « Zentralraum Wirtshaus. Gaststätten im vormodernen Tirol, 1600-1850 », Geschichte und Region/Storia e regione

9 À titre d’exemple : TB, 4 juillet 1821.

10 Le clergé critique même le luxe vestimentaire déployé dans les tavernes. Marita Krauss, op. cit., p. 368.

11 Un terme tout relatif. Selon Andreas Glas (« Abkehr vom Saurausch”, Süddeutsche Zeitung, 15 août 2016), il faut une bonne dizaine de litres de

12 Ce que constate Jean-Pierre Hirsch (op. cit., p. 14) pour les bistrots alsaciens du XIXe siècle.

13 Marita Krauss,op. cit., p. 358.

14 Pour une définition, voir Heinz-Günter Vester, Zeitalter der Freizeit. Eine soziologische Bestandsaufnahme, Darmstadt, Wissenschaftliche

15 Arch. Munic. Landshut, Auguste Cabrié, Journal de captivité, feuille 31.

16 Il s’agit de tavernes qui possèdent aussi le droit de vendre du café et de proposer le jeu de billard. Des « cafés » de style moderne n’arrivent

17 Ibid., p. 72-73. En 1835, il y a plus de 60 débits de boissons dans cette ville de 8 343 habitants, ce qui correspond à une densité d’un débit pour

18 Nous nous appuyons donc sur le témoignage d’Auguste Cabrié, op. cit., feuilles 9, 16, 25, 31, 32, 39, 260, 308.

19 TB, 29 avril 1827.

20 Ce qu’écrit Werner K. Blessing au sujet de la présence féminine dans les tavernes des villages en Bavière est aussi valable pour celles de la ville

21 Auguste Cabrié, op. cit., f. 31.

22 Martin Scheutz, op. cit., p. 170.

23 Tagblatt für Landshut und Umgebung, 13 juin 1848.

24 Hans Heiss, op. cit., p. 26.

25 TB, 1er mai 1839.

26 TB, 1er mai 1850.

27 TB, 6 septembre 1869.

28 TB, 25 août 1844.

29 TB, 5 mars 1822.

30 TB, 26 juillet 1830.

31 TB, 4 octobre 1821.

32 TB, 27 novembre 1828.

33 TB, 6 janvier 1832.

34 TB, 30 novembre 1824.

35 TB, 2 janvier 1827.

36 Anne Vincent-Buffault (Une histoire de l’amitié, Paris, Bayard, 2010, p. 131) souligne l’importance de ces échanges comme forme d’amitié.

37 Maurice Agulhon, Le Cercle dans la France bourgeoise, 1810-1848. Étude d’une mutation de sociabilité, Paris, Armand Colin, 1977, p. 17-19.

38 Arch. Munic. Landshut, B3 F 454/2. Stiftungsurkunde.

39 Antje Fuchs, Zwischen Kommerz, Kommunikation und Kontrolle. Zur Wirtshauskultur in Saarbrücken und St. Johann im 18. Jahrhundert, thèse de doctorat

40 Werner K. Blessing, op. cit., p. 94.

41 TB, 17 décembre 1828.

42 TB, 15 octobre 1831.

43 À titre d’exemple : TB, 22 janvier 1823.

44 Des exemples : TB, 18 janvier 1827 ; 18 septembre 1849 ; 23 mars 1832.

45 TB, 17 janvier 1826.

46 TB, 26 juillet 1839.

47 TB, 16 et 25 mai 1830.

48 À titre d’exemple : TB, 31 août 1821.

49 TB, 11 mai 1844.

50 Qui prennent certainement un caractère plus régional à partir de 1848 quand la presse locale parle des audiences de la cour d’assises à Straubing.

51 TB, 22 décembre 1825.

52 Étudié, pour la France, par François Ploux, De bouche à oreille : naissance et propagation des rumeurs dans la France du XIXe siècle, Paris, Aubier

53 TB, 13 juillet 1821 ; 1er mars 1826.

54 TB, 22 septembre 1831 ; 2 août 1866 ; 12 février 1848.

55 Archives de l’Ordinariat archiépiscopal de Munich. PFB 184, Landshut, St. Martin, Visitationsbericht, 1822. Antje Fuchs constate des discussions

56 TB, 31 juillet 1823 ; 14 juillet 1823.

57 Comme après son voyage à Salzbourg. TB, 15 juin 1832.

58 TB, 14 juin 1825 ; 20 septembre 1825.

59 TB, 1er août 1845.

60 TB, 29 janvier 1825.

61 TB, 2 décembre 1832 ; 10 janvier 1840 ; 5 août 1857.

62 TB, 6 septembre 1836.

63 TB, 8 janvier 1832.

64 TB, 17 janvier 1831.

65 TB, 11 avril 1822.

66 TB, 5 août 1823.

67 TB, 14 juillet 1828. Il s’agit de C.L. Müller, Die Jakobi-Dult zu München, Seitenstück zum Oktoberfest auf der Theresienwiese, Munich, k.b.

68 TB, 10 décembre 1822.

69 TB, 16 octobre 1822.

70 TB, 12 octobre 1821.

71 « Das Unglück der Weiber », in C.F. Gellerts sämmtliche Schriften, Reutlingen, Joh. Georg Fleischhauer, 1774, p. 127-129.

72 TB, 5 décembre 1828. Dans le second poème, il s’agit de « Der König von Egypten, und der krumme Badergesell in L*** », un poème d’une longueur de

73 Robert Beck, « Sortir au théâtre selon le journal de Franz Caspar Krieger, maître passementier bavarois (1821-1872) », dans Pascale Goetschel, Jean

74 TB, 9 juillet 1825 ; 26 juillet 1825.

75 TB, 25 janvier 1827.

76 TB, 7 mai 1823.

77 TB, 26 novembre 1821.

78 TB, 24 février 1829.

79 TB, 1er juillet 1839.

80 TB, 4 novembre 1821.

81 TB 26 juin 1821.

82 TB, 12 décembre 1822.

83 TB, 31 janvier 1831.

84 TB, 18 novembre 1823.

85 TB, 3 décembre 1821.

86 Deux hypothèses, pour expliquer cette connaissance de F. C. Krieger de la langue française, peuvent être avancées : soit parce qu’il est compagnon

87 Auguste Cabrié, op. cit., f. 112. Il semble s’agir de la version « pool » du billard, joué avec 11 ou 15 billes.

88 TB, 7 avril 1822.

89 Landshuter Wochenblatt, 29 juin 1834.

90 TB, 24 décembre 1821.

91 TB, 21 février 1822.

92 TB, 22 janvier 1832.

93 « Hahnenschlagen ». Voir Theo Herzog, op. cit., p. 95.

94 Exemples :28 octobre 1821 ; 25 juillet 1835.

95 TB, 28 août 1840.

96 Martin Scheutz, op. cit.

97 Corinne Legoy, L’Enthousiasme désenchanté. Éloge du pouvoir sous la Restauration, Paris, Société des études robespierristes, 2010, p. 217-222.

98 Arch. Munic. Landshut. Kgl. Regierung von Niederbayern, “Wirthshaus =Ordnung für Niederbayern”, 12 janvier 1853.

99 TB, 15 août 1848.

100 Jean-Pierre Hirsch, op. cit., p. 96.

101 Robert Beck, « Sortir au théâtre… », op. cit., p. 222.

102 Ce que nous avons cherché à démontrer à travers l’exemple de l’évolution de la vie dominicale en France et dans les pays allemands : Robert Beck

103 Andreas Kraus, Geschichte Bayerns von den Anfängen bis zur Gegenwart, Munich, C.H. Beck, 1983, p. 475-481. La libéralisation de 1847 s’explique

104 La ville est connue comme un bastion de la monarchie bavaroise. Theo Herzog, op. cit., p. 179.

105 Marita Krauss, op. cit., p. 359.

106 Auguste Cabrié, op. cit., f. 31.

107 Joffre Dumazedier, Vers une civilisation du loisir ?, Paris, Éditions du Seuil, 1962.

Notes

1 Franz Caspar Krieger, Tagebuch (dorénavant TB), année 1825 ; juin et décembre 1865. Les 51 cahiers du journal du maître artisan, un pour chaque année, se trouvent aux archives municipales de Landshut.

2 TB, 1er février 1830.

3 TB, 8 février 1872. Le même justifie cependant, en juin 1821, le début de la rédaction de son journal par des intérêts historiques !

4 Les territoires (en dehors du Palatinat) de l’ancien électorat sous l’Ancien Régime.

5 Marita Krauss, Herrschaftspraxis in Bayern und Preußen im 19. Jahrhundert: ein historischer Vergleich, Francfort-sur-le-Main, Campus, 1997, p. 359.

6 Werner K. Blessing, « Biergeselligkeit und Bierkrawall im bayerischen 19. Jahrhundert », dans Haus der Bayerischen Geschichte, Bier in Bayern, Augsbourg, 2016, p. 95.

7 Ibid.

8 Marita Krauss, op. cit. ; Hans Heiss, « Zentralraum Wirtshaus. Gaststätten im vormodernen Tirol, 1600-1850 », Geschichte und Region/Storia e regione, 10, 2001/2, p. 11-37 ; Jean-Pierre Hirsch, Vie de bistrots en Alsace. Lieux de loisirs et de sociabilité, 1844-1914, Paris, L’Harmattan, 2010 ; Martin Scheutz, « Injurien, Rebellion und doch auch das feuchtfröhliche Vorzimmer der Macht. Wirtshäuser als Orte der Kommunikation in der Frühen Neuzeit », dans Irmgard Becker (dir.), Die Stadt als Kommunikationsraum. Reden, Schreiben und Schauen in Großstädten des Mittelalters und der Neuzeit, Ostfildern, Thorbecke, 2011, p. 159-190.

9 À titre d’exemple : TB, 4 juillet 1821.

10 Le clergé critique même le luxe vestimentaire déployé dans les tavernes. Marita Krauss, op. cit., p. 368.

11 Un terme tout relatif. Selon Andreas Glas (« Abkehr vom Saurausch”, Süddeutsche Zeitung, 15 août 2016), il faut une bonne dizaine de litres de bière pour atteindre ce stade considéré comme une vraie ivresse au milieu du XIXe siècle.

12 Ce que constate Jean-Pierre Hirsch (op. cit., p. 14) pour les bistrots alsaciens du XIXe siècle.

13 Marita Krauss, op. cit., p. 358.

14 Pour une définition, voir Heinz-Günter Vester, Zeitalter der Freizeit. Eine soziologische Bestandsaufnahme, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchhandlung, 1987, p. 8-10 ; Alain Corbin, « L’avènement des loisirs », dans Alain Corbin (dir.), L’Avènement des loisirs, 1850-1960, Paris, Aubier, 1995, p. 9-10.

15 Arch. Munic. Landshut, Auguste Cabrié, Journal de captivité, feuille 31.

16 Il s’agit de tavernes qui possèdent aussi le droit de vendre du café et de proposer le jeu de billard. Des « cafés » de style moderne n’arrivent dans la ville qu’après l’époque de F. C. Krieger. Theo Herzog, Landshut im XIX. Jahrhundert, Landshut, Residenzverlag, 1994 (1ère éd. 1969), p. 350.

17 Ibid., p. 72-73. En 1835, il y a plus de 60 débits de boissons dans cette ville de 8 343 habitants, ce qui correspond à une densité d’un débit pour moins de 140 habitants. Hans-Peter Bauer, Landshuter Straßennamen, Landshut, Schriften des Stadtarchivs, 2002, p. 27.

18 Nous nous appuyons donc sur le témoignage d’Auguste Cabrié, op. cit., feuilles 9, 16, 25, 31, 32, 39, 260, 308.

19 TB, 29 avril 1827.

20 Ce qu’écrit Werner K. Blessing au sujet de la présence féminine dans les tavernes des villages en Bavière est aussi valable pour celles de la ville de Landshut. Werner K. Blessing, op. cit., p. 95.

21 Auguste Cabrié, op. cit., f. 31.

22 Martin Scheutz, op. cit., p. 170.

23 Tagblatt für Landshut und Umgebung, 13 juin 1848.

24 Hans Heiss, op. cit., p. 26.

25 TB, 1er mai 1839.

26 TB, 1er mai 1850.

27 TB, 6 septembre 1869.

28 TB, 25 août 1844.

29 TB, 5 mars 1822.

30 TB, 26 juillet 1830.

31 TB, 4 octobre 1821.

32 TB, 27 novembre 1828.

33 TB, 6 janvier 1832.

34 TB, 30 novembre 1824.

35 TB, 2 janvier 1827.

36 Anne Vincent-Buffault (Une histoire de l’amitié, Paris, Bayard, 2010, p. 131) souligne l’importance de ces échanges comme forme d’amitié.

37 Maurice Agulhon, Le Cercle dans la France bourgeoise, 1810-1848. Étude d’une mutation de sociabilité, Paris, Armand Colin, 1977, p. 17-19.

38 Arch. Munic. Landshut, B3 F 454/2. Stiftungsurkunde.

39 Antje Fuchs, Zwischen Kommerz, Kommunikation und Kontrolle. Zur Wirtshauskultur in Saarbrücken und St. Johann im 18. Jahrhundert, thèse de doctorat, Université de la Sarre, Sarrebruck, 2012, p. 272.

40 Werner K. Blessing, op. cit., p. 94.

41 TB, 17 décembre 1828.

42 TB, 15 octobre 1831.

43 À titre d’exemple : TB, 22 janvier 1823.

44 Des exemples : TB, 18 janvier 1827 ; 18 septembre 1849 ; 23 mars 1832.

45 TB, 17 janvier 1826.

46 TB, 26 juillet 1839.

47 TB, 16 et 25 mai 1830.

48 À titre d’exemple : TB, 31 août 1821.

49 TB, 11 mai 1844.

50 Qui prennent certainement un caractère plus régional à partir de 1848 quand la presse locale parle des audiences de la cour d’assises à Straubing.

51 TB, 22 décembre 1825.

52 Étudié, pour la France, par François Ploux, De bouche à oreille : naissance et propagation des rumeurs dans la France du XIXe siècle, Paris, Aubier, 2003.

53 TB, 13 juillet 1821 ; 1er mars 1826.

54 TB, 22 septembre 1831 ; 2 août 1866 ; 12 février 1848.

55 Archives de l’Ordinariat archiépiscopal de Munich. PFB 184, Landshut, St. Martin, Visitationsbericht, 1822. Antje Fuchs constate des discussions autour des femmes dans les tavernes de Sarrebruck à la fin de l’Ancien Régime, op. cit., p. 276.

56 TB, 31 juillet 1823 ; 14 juillet 1823.

57 Comme après son voyage à Salzbourg. TB, 15 juin 1832.

58 TB, 14 juin 1825 ; 20 septembre 1825.

59 TB, 1er août 1845.

60 TB, 29 janvier 1825.

61 TB, 2 décembre 1832 ; 10 janvier 1840 ; 5 août 1857.

62 TB, 6 septembre 1836.

63 TB, 8 janvier 1832.

64 TB, 17 janvier 1831.

65 TB, 11 avril 1822.

66 TB, 5 août 1823.

67 TB, 14 juillet 1828. Il s’agit de C.L. Müller, Die Jakobi-Dult zu München, Seitenstück zum Oktoberfest auf der Theresienwiese, Munich, k.b. Hof-Musikalien-und Musik-Instrumenten-Handlung von Falter u. Sohn, s.d.

68 TB, 10 décembre 1822.

69 TB, 16 octobre 1822.

70 TB, 12 octobre 1821.

71 « Das Unglück der Weiber », in C.F. Gellerts sämmtliche Schriften, Reutlingen, Joh. Georg Fleischhauer, 1774, p. 127-129.

72 TB, 5 décembre 1828. Dans le second poème, il s’agit de « Der König von Egypten, und der krumme Badergesell in L*** », un poème d’une longueur de 24 strophes, à huit lignes chacune. Carl-Theodor Müller, Gedichte, Aufsätze und Lieder im Geiste Marc. Sturms, Stuttgart, 1824, p. 158-166.

73 Robert Beck, « Sortir au théâtre selon le journal de Franz Caspar Krieger, maître passementier bavarois (1821-1872) », dans Pascale Goetschel, Jean-Claude Yon, Au théâtre. La sortie au spectacle, XIXe-XXIe siècles, Paris, Publications de la Sorbonne, 2014, p. 220-222.

74 TB, 9 juillet 1825 ; 26 juillet 1825.

75 TB, 25 janvier 1827.

76 TB, 7 mai 1823.

77 TB, 26 novembre 1821.

78 TB, 24 février 1829.

79 TB, 1er juillet 1839.

80 TB, 4 novembre 1821.

81 TB 26 juin 1821.

82 TB, 12 décembre 1822.

83 TB, 31 janvier 1831.

84 TB, 18 novembre 1823.

85 TB, 3 décembre 1821.

86 Deux hypothèses, pour expliquer cette connaissance de F. C. Krieger de la langue française, peuvent être avancées : soit parce qu’il est compagnon passementier dans la région lyonnaise, soit parce qu’il occupe une fonction militaire pendant l’occupation de la France, à laquelle participe l’armée bavaroise.

87 Auguste Cabrié, op. cit., f. 112. Il semble s’agir de la version « pool » du billard, joué avec 11 ou 15 billes.

88 TB, 7 avril 1822.

89 Landshuter Wochenblatt, 29 juin 1834.

90 TB, 24 décembre 1821.

91 TB, 21 février 1822.

92 TB, 22 janvier 1832.

93 « Hahnenschlagen ». Voir Theo Herzog, op. cit., p. 95.

94 Exemples : 28 octobre 1821 ; 25 juillet 1835.

95 TB, 28 août 1840.

96 Martin Scheutz, op. cit.

97 Corinne Legoy, L’Enthousiasme désenchanté. Éloge du pouvoir sous la Restauration, Paris, Société des études robespierristes, 2010, p. 217-222.

98 Arch. Munic. Landshut. Kgl. Regierung von Niederbayern, “Wirthshaus =Ordnung für Niederbayern”, 12 janvier 1853.

99 TB, 15 août 1848.

100 Jean-Pierre Hirsch, op. cit., p. 96.

101 Robert Beck, « Sortir au théâtre… », op. cit., p. 222.

102 Ce que nous avons cherché à démontrer à travers l’exemple de l’évolution de la vie dominicale en France et dans les pays allemands : Robert Beck, « Auf der Suche nach dem verlorenen Tag. Eine vergleichende Geschichte des Sonntags in Frankreich und Deutschland im 18. und 19. Jahrhundert », Francia, t. 27/3, 2000, p. 1-23.

103 Andreas Kraus, Geschichte Bayerns von den Anfängen bis zur Gegenwart, Munich, C.H. Beck, 1983, p. 475-481. La libéralisation de 1847 s’explique par la destitution du gouvernement conservateur et clérical, opposé aux liaisons amoureuses du monarque avec la danseuse Lola Montès, par Louis Ier.

104 La ville est connue comme un bastion de la monarchie bavaroise. Theo Herzog, op. cit., p. 179.

105 Marita Krauss, op. cit., p. 359.

106 Auguste Cabrié, op. cit., f. 31.

107 Joffre Dumazedier, Vers une civilisation du loisir ?, Paris, Éditions du Seuil, 1962.

References

Electronic reference

Robert Beck, « Un exemple de loisirs masculins : la vie des tavernes en Bavière dans la première moitié du XIXe siècle », Revue d’histoire culturelle [Online],  | 2021, Online since 01 octobre 2021, connection on 28 novembre 2021. URL : http://revues.mshparisnord.fr/rhc/index.php?id=682

Author

Robert Beck

Maître de conférences habilité en histoire contemporaine à l’université de Tours, Robert Beck a publié des travaux sur la construction du temps libre (Histoire du dimanche en France, de 1700 à nos jours, Paris, Éd. de l’Atelier, 1997), des loisirs (avec Anna Madouf, dir., Divertissements et loisirs dans les sociétés urbaines à l’époque moderne et contemporaine, Tours, PUFR, 2005), de l’histoire politique en France et en Bavière, ainsi qu’une étude d’un artisan bavarois (Dieu, le roi et la bière. Un artisan bavarois, 1821-1872, Tours, PUFR, 2019) robert.beck@univ-tours.fr