La culture dans les capitales européennes : une utopie concrète ?

Culture in European capitals: a concrete utopia?

Abstracts

A partir de l’étude de quatre capitales européennes, Berlin, Londres, Madrid, Paris depuis 1945, sous l’angle de leur vie et de leurs politiques culturelles est posée ici la question de la progression de l’utopie européenne. La période qui correspond en effet au déploiement du rêve européen, au moins jusqu’en 2004, a donné lieu à un volontarisme repérable sur le territoire des capitales. Dimension culturelle des traités européens, commémorations, spectacles, expositions, label « capitales européennes de la culture », Journées européennes du patrimoine fournissent des objets d’étude intéressants dans ces quatre métropoles. L’article souligne d’emblée la contradiction initiale entre le poids de ces villes qui incarnent l’identité nationale et le rêve européen qui a pour ambition de la transcender. Il mesure cependant le volontarisme européen des instances communautaires et ses incidences sur des territoires majeurs qui ont connu un processus d’ouverture non seulement européen mais mondial, en lien avec les bouleversements technologiques et la multiplication des échanges. Si le rêve européen s’est bien immiscé dans les capitales, son impact dans les progrès d’une plus grande homogénéité culturelle est très relatif comparé aux effets de l’internationalisation des flux culturels et la conscience européenne ne semble pas avoir emporté la partie.

From the study of four European capitals, Berlin, London, Madrid, Paris since 1945, from the angle of their life and their cultural policies, the question of the progression of European utopia is raised here. The period which indeed corresponds to the unfolding of the European dream, at least until 2004, gave rise to a visible voluntarism in the territory of the capitals. Cultural dimension of European treaties, commemorations, shows, exhibitions, label “European capitals of culture”, European Heritage Days provide interesting objects of study in these four metropolises. The article immediately underlines the initial contradiction between the weight of these cities which embody national identity and the European dream which aims to transcend it. However, it measures the European voluntarism of community bodies and its impact on major territories which have experienced a process of opening up not only to Europe but to the world, in connection with technological upheavals and the proliferation of exchanges. If the European dream has crept into the capitals, its impact on the progress of greater cultural homogeneity is very relative compared to the effects of the internationalization of cultural flows and European consciousness does not seem to have won the day.

Index

Mots-clés

Capitales, culture, rêve européen, mondialisation, Journées européennes du patrimoine, capitales européennes de la culture.

Keywords

Capitals, culture, European dream, globalization, European Heritage Days, European capitals of culture.

Outline

Text

Les capitales, situées au sommet de la hiérarchie urbaine, exercent un pouvoir d’attraction et de rayonnement aussi bien symbolique que réel. Sur le plan symbolique, elles représentent la nation à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières. Elles focalisent le sentiment d’appartenance des ressortissants nationaux et sont volontiers perçues dans l’imaginaire des étrangers comme un résumé du pays tout entier. Sur le plan concret, elles disposent d’un réel pouvoir d’attraction sur les hommes et les activités et d’un effet de rayonnement en tant que pôle majeur de diffusion et d’impulsion. Ainsi, constituent-elles des objets de premier choix pour l’histoire culturelle en ce qui concerne les représentations, les pratiques, les productions et les circulations. Berlin, Londres, Madrid, Paris ont donné lieu à un programme de recherche triennal sous notre direction, consacré à l’histoire de leurs politiques et de leur vie culturelle depuis 19451. Celui-ci s’est inscrit dans le prolongement des travaux menés par Christophe Charle et Daniel Roche sur les capitales européennes et la culture, dont l’étude s’interrompt avec la Seconde Guerre mondiale2. Parmi les quatre capitales, retenues pour leur situation géographique et la diversité de leurs régimes politiques, deux, Berlin et Madrid, se distinguent par leur destin politique contrasté. Les charnières de 1975 (mort de Franco) et 1989 (chute du mur de Berlin) constituent des ruptures nationales profondes et des étapes vers une généralisation de la démocratie libérale en Europe. Dans le domaine culturel, cette spécificité n’exclut pas cependant l’existence de points communs entre les quatre villes. En effet, malgré les différences nationales celles-ci ont toutes connu l’installation d’une culture de masse via radio, cinéma, télévision, internet et plus globalement par l’entremise des industries culturelles. Des transferts culturels se sont opérés dans l’espace européen lui-même ouvert aux influences mondiales, sans doute parfois freinés par la guerre froide ou les dictatures. L’examen des temporalités et des contenus -à partir de quelques exemples sectoriels-, ainsi que des facteurs de causalité a rendu possible une recherche sur les ressemblances et les différences.

La construction européenne et la mondialisation fournissent un canevas propice aux ressemblances. Cette histoire culturelle urbaine se déploie en effet en pleine construction européenne, d’abord active uniquement dans la partie occidentale de l’Europe, puis dans sa partie centrale et orientale. Élargissement et approfondissement sont allés de pair avec le triomphe du modèle démocratique et libéral, l’adoption d’une économie de marché, conditions nécessaires à l’adhésion. L’élargissement de 2004 montre encore que tous les espoirs d’une Europe unie sont permis et que la croyance dans l’Europe est encore de mise. Ceux-ci ont cependant été compromis dès l’année suivante par le rejet du traité constitutionnel. Les effets de la crise économique de 2008, celle des migrants consécutive au conflit syrien, ont enclenché un retour des nationalismes et un euroscepticisme caractéristique de la dernière décennie. Le deuxième élément contextuel qui rassemble les capitales dans une évolution commune est la mondialisation. L’ouverture internationale a entraîné une mise en concurrence des villes, suscité une transformation urbaine à travers tout le continent européen3. Restauration des centres villes, revitalisation des espaces en friches, événementiel ont concouru à attirer l’attention des médias, les populations et les activités économiques. Ainsi, ces trente dernières années ont vu se métamorphoser certaines cités en villes-mondes (global city) au sens défini par la sociologue Saskia Sassen4. Avant elle, Fernand Braudel avait lui aussi identifié pour des périodes plus anciennes des « villes-mondes », capables de centraliser richesses et pouvoirs, « sans cesse en compétition les unes avec les autres » ; une « économie-monde » possédant toujours un pôle urbain, une ville au centre de la logistique de ses affaires. »5 Notre propos ne consistera pas ici à vérifier l’analyse braudélienne, à maints égards, très éclairante notamment en ce qui concerne la mise en concurrence urbaine, la concentration inégale des pouvoirs entre villes, ou encore les rapports entre celles-ci et les États. Construction européenne et mondialisation sont compris comme des éléments contextuels majeurs qui ont pu rentrer en contradiction avec les identités nationales, mais aussi l’un avec l’autre. L’ampleur du champ nous contraint dans le présent article à limiter l’approche à l’étude de l’impact du processus d’intégration européenne sur l’évolution culturelle des quatre capitales. Une étude des contenus, notamment des politiques mémorielles, des productions artistiques à teneur européenne devrait, en effet, livrer quelques pistes intéressantes. Dans quelle mesure ces territoires symboliques nationaux ont-ils contribué à diffuser l’utopie européenne et apporté leur concours au développement d’une conscience européenne ? D’emblée, la tension entre échelons national et européen se signale avec évidence, car qu’est-ce que l’utopie européenne sinon la croyance en une Europe unie délivrée des conflits entre nations ? Le terme d’utopie peut se justifier à partir du constat négatif que Julien Benda faisait en 1946 : « Je dis qu’une conscience de l’Europe n’a jamais existé chez les Européens ». Il ajoutait « …Si nous voulons mettre au jour un esprit européen, une conscience européenne, nous n’aurons pas à nous appuyer sur quelque chose qui existât, ne serait-ce que momentanément assoupi et ne demandant qu’à renaître, nous aurons tout à faire »6. C’est bien dans ce « tout à faire » que se niche l’utopie, ce non-lieu, ce non-avenu. « Une rêverie d’inventeur, songe creux, une utopie », écrivait déjà Victor Hugo à propos des États-Unis d’Europe dont il fut l’un des inspirateurs originels. Le rêve européen n’a cessé de s’alimenter pourtant autour de la quête d’une identité européenne par l’activation d’éléments culturels communs. Il parsème les textes officiels des défenseurs de la construction européenne et ceux, dès ses débuts, du Conseil de l’Europe. Les territoires urbains des capitales peuvent peut-être nous apporter une vision de terrain, une preuve par le territoire de l’existence ou non du développement, voire de l’ancrage d’un esprit européen et sans doute aussi de ses limites.

Il conviendra donc tout d’abord de souligner que les capitales sont et demeurent sur le plan culturel des territoires d’affirmation de l’identité nationale ce qui, a priori, a pu gêner l’affirmation d’une utopie européenne. Elles ont cependant plus ou moins joué le jeu du volontarisme politique européen et contribué à alimenter le rêve européen ; nous verrons les formes prises par ce volontarisme. Enfin, l’examen des circulations culturelles à travers quelques exemples choisis pourra peut-être nous dire si celles-ci ont favorisé le développement d’une conscience européenne.

Les capitales, vitrines symboliques face au monde

La vocation d’une capitale sur le plan culturel consiste à exercer un rôle de commandement plus ou moins prégnant, plus ou moins assumé, suivant les modèles politiques, centralisés, fédéraux ou mixtes7 et à optimiser le rayonnement international de la nation qu’elle représente. Elle est en quelque sorte une vitrine nationale face au monde. Christophe Charle définit une capitale culturelle comme « un espace urbain dont suffisamment d’indices convergents permettent d’établir qu’il est, à l’époque considérée, un lieu d’attraction et de pouvoir structurant de tel ou tel champ de production symbolique (voire, pour les plus importantes, comme Paris, Londres, parfois Rome, de la majorité de ces champs) ».8 A l’intérieur comme à l’extérieur, la capitale représente l’État-nation, elle en est le siège institutionnel et symbolique. Si le cas de Berlin peut sembler particulier jusqu’à la réunification, Berlin-Est a cependant le statut de capitale de la RDA et Berlin-Ouest conserve, malgré tout, énormément de prestige symbolique. Le rôle officiel des villes capitales peut ainsi varier d’intensité dans le temps et dans l’espace. Il est très affirmé en France et en Grande-Bretagne. En France, l’État est le produit d’une tradition centralisatrice ayant connu plusieurs aménagements depuis les années 19809. Le système britannique présente une macrocéphalie très prononcée, si l’on en juge par les analyses de l’historien britannique Jeremy Ahearne. Londres concentre au début du XXIe siècle 15 % de la population alors qu’elle reçoit 40 % des fonds de la Loterie nationale, principale source de financement culturel outre-Manche10. La dépense culturelle publique en France est aussi révélatrice. En 2015, le ministère de la Culture et de la Communication et ses opérateurs ont réalisé 3,2 milliards de dépenses culturelles. 67 % de ces dépenses sont allés à la région Ile-de-France qui concentre aussi la plus forte dépense régionale par habitant11. A propos de la dépense étatique, l’ancien ministre de la Culture, Jack Lang a ainsi déclaré : « … entre le Louvre, le centre Pompidou, l’opéra et les autres établissements, l’État finance à lui seul 80 % de la vie culturelle de la capitale ».12

Les cas de Berlin et Madrid paraissent plus complexes car l’une et l’autre ont vu leur domination remise en cause au gré des soubresauts politiques de leur histoire. Ceux-ci sont en effet responsables d’une certaine difficulté à être capitale. Berlin est souvent dépeinte comme « une capitale en pointillés »13 qui n’a été weltstadt (ville-monde) que sous le deuxième Reich et la république de Weimar. Exsangue en 1945, divisée par la guerre froide, Berlin, au temps de la partition, demeure capitale dans l’esprit des Allemands de l’Est, ce qui est moins évident dans la partie Ouest où Bonn est capitale officielle de 1949 à 1990. Cependant, les Alliés s’évertuent pendant la guerre froide à faire de Berlin-Ouest une vitrine sinon nationale du moins occidentale par l’ouverture de musées et d’universités, de salles de théâtre et de concerts, dotant la ville d’un grand nombre de structures artistiques et culturelles. Madrid offre le cas d’une capitale quelque peu stérilisée par la période franquiste14 et qui est dans la quasi-impossibilité d’assumer son rayonnement sur le pays comme à l’extérieur. L’isolement diplomatique, le contrôle et la censure, un nationalisme farouche appauvrissent notamment le théâtre madrilène des années 195015. Madrid est encore un désert en 1975 si l’on en croit le photographe Juan Ramon Yuste : « Il y a eu à l’époque quelques tentatives officielles, notamment au niveau de la peinture et des galeries d’art : une exposition et puis rien… La presse ne s’y intéressait pas encore. »16 La movida va faire sortir la capitale de son « rôle austère de siège du pouvoir franquiste »17. Elle réconcilie les Espagnols avec elle. Si Madrid retrouve un rang de capitale culturelle avec l’après-franquisme, elle demeure néanmoins confrontée à une concurrence interne. La constitution de 1978 rétablit la démocratie, un système semi-fédéral assorti d’une reconnaissance des cultures régionales. Un tel renforcement régional est susceptible de faire de l’ombre à la capitale. Le poids culturel d’une ville comme Barcelone se renforce d’ailleurs au fil des décennies. 1992 est une année faste pour le rayonnement international de l’Espagne. Celle-ci met certes l’accent sur Madrid en tant que capitale européenne de la culture mais bien davantage sur Séville qui accueille l’exposition universelle et Barcelone les Jeux olympiques.

La variété de ces configurations ne doit pas faire oublier que le pouvoir politique quels que soient les périodes et les régimes, investit symboliquement la capitale. Celle-ci porte dans les représentations la charge du passé, par ses monuments, ses musées, plus largement ses lieux de mémoire. Paris et Londres sont aux yeux du monde un condensé de leur nation respective qu’elles représentent dans les imaginaires. Leurs paysages urbains (places, avenues prestigieuses, architecture), leurs monuments, leurs musées sont autant de conservatoires qui parlent au monde entier. Paris au moment des attentats de 2015 se résume aux yeux de la presse internationale à la Tour Eiffel, à ses cafés et c’est bien la vie des cafés parisiens que les terroristes ont décidé d’atteindre. Les périmètres classés UNESCO dans chacune des cités correspondent aux yeux du monde aux territoires représentatifs des villes promues : les quais de Seine à Paris, ceux de la Tamise avec l’abbaye et le palais de Westminster, la Tour de Londres…Berlin avec son île des musées. La particularité madrilène sur ce chapitre profite à l’Escorial18. Les politiques patrimoniales et mémorielles témoignent de l’importance symbolique des quatre territoires. Les musées ont correspondu à partir du XVIIIe siècle à la nécessité pour chaque nation de se doter d’outil de représentation, de manière à nourrir le sentiment d’appartenance nationale19. Le Louvre (1793), remplit cette mission autant que le British Museum (1753) ou le Prado (1819), les cinq musées de l’île au musée Berlin (construits entre 1824 et 1830). Les politiques mémorielles à fort retentissement national prennent aussi le territoire des capitales pour ancrage car celles-ci offrent « à travers la mémoire des pierres » des décors parfaits pour les rituels nationaux20. Le bicentenaire de la Révolution française en 1989 pouvait-il se dérouler ailleurs qu’à Paris et le défilé de Jean-Paul Goude ailleurs que sur l’artère des Champs Élysées21 ? La célébration des 750 ans de la naissance de Berlin au cours de l’année 1987 présente une situation beaucoup moins évidente, en raison de l’organisation d’une célébration nationale de part et d’autre du Mur, par deux systèmes idéologiques opposés. En plein refroidissement international, la partie Ouest choisit d’activer la tradition prussienne, tandis que l’Est célèbre l’histoire du mouvement ouvrier22. Des deux côtés, l’instrumentalisation mémorielle témoigne à la fois de la richesse des imaginaires urbains et politiques liés à Berlin, mais aussi du poids symbolique majeur de ce territoire pour l’histoire nationale autant d’internationale. Une vision par trop nationale du rayonnement culturel des capitales ne peut donc suffire.

La contribution des capitales à l’utopie européenne

En effet, leur sphère d’influence est nationale et internationale. A ce second niveau elles ont diversement apporté leur contribution au rêve européen. Ceci peut se mesurer politiquement et culturellement et l’on constatera que les deux dimensions sont intimement imbriquées. Certes, ces quatre villes n’ont pas été choisies comme capitales de l’Europe, choix qui s’est porté sur Bruxelles et Strasbourg. Paris ou Berlin, capitales de deux États-Nations qui par trois fois ont été responsables d’une guerre ne pouvaient convenir, ni Londres en retrait23 jusqu’en 1973 et encore moins Madrid sous Franco. Ces quatre villes concentrent cependant ambassades, instituts culturels, universités qui animent la coopération culturelle internationale, clé du rapprochement entre États y compris européens. La diffusion des idéaux européens passe aussi par de telles institutions. Ces « ambassades culturelles » que sont les instituts Cervantès, Goethe, British Council, instituts français sont très présentes dans les capitales, beaucoup plus qu’en province. Paris semble aujourd’hui en concentrer le plus grand nombre. Le forum des instituts culturels étrangers créé en 2002 dans la capitale française en recense 55.24 Si l’on ne peut douter de leur rôle dans la promotion des relations bilatérales, leur degré d’investissement en faveur de l’Europe est sans doute moins facile à jauger. Une étude diachronique des programmes de certains d’entre eux serait à cet égard intéressante à mener et plus particulièrement ceux du British Council à Berlin, Madrid et Paris. Les phases de rapprochement et d’éloignement de la Grande-Bretagne vis-à-vis de la Communauté européenne devraient peut-être se vérifier à l’aune des activités de celui-ci.

A ce stade, on peut supposer que l’action culturelle menée par les capitales en faveur de la construction européenne n’est ni linéaire, ni synchrone. Sans doute est-elle conditionnée par les aléas de l’histoire et des facteurs multiples tels que le degré d’investissement des États, variable lui-même dans le temps, les systèmes politiques nationaux, le poids différent des capitales dans leur espace national.

Paris joue un rôle précoce dans le volontarisme européen. Ainsi, la capitale française abrite-t-elle le 9 mai 1950 dans le salon de l’Horloge du Quai d’Orsay la déclaration Schuman. A nouveau Paris sert de cadre à la signature de la Convention culturelle européenne, le 19 décembre 1954, pilotée par le Conseil de l’Europe. Le rôle pionnier et régulier de cette instance dans la promotion d’une Europe de la culture se lit dans la Convention culturelle européenne qui stipule dans son article 1 que « Chaque partie contractante prendra les mesures propres à sauvegarder son apport au patrimoine culturel commun de l’Europe et à en encourager le développement. ». Les articles 3 et 4 de la Convention encouragent « le développement d’activités culturelles d’intérêt européen » et « la circulation et l’échange des personnes ainsi que des objets de valeur culturelle ».25

Le Traité de l’Élysée entre la France et la RFA qui scelle le couple franco-allemand est également signé à Paris, le 22 janvier 1963. Si la culture n’est pas au centre des préoccupations, le traité initie une politique en direction de l’éducation et de la jeunesse. L’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) en est l’émanation directe, créé le 5 juillet de la même année et dont le cinquantenaire est célébré à Paris, en juillet 2013. En revanche, les cinquante ans du Traité de l’Élysée s’ouvrent par une première étape à Ludwigsbourg en septembre 2012, là où le général de Gaulle avait prononcé son discours à la jeunesse. Le président François Hollande fait pour l’occasion le déplacement et c’est ensuite à Berlin qu’il se rend en janvier 2013 pour commémorer la signature proprement dite du Traité de l’Élysée. Le statut de Berlin en tant que capitale a pu souffrir de sa position pendant la guerre froide, statut caduque à l’Ouest, conservé à l’Est sur moins de 45,6 % du territoire. Et pourtant, malgré les ambiguïtés de la partition, ou peut-être à cause d’elles, le Conseil de l’Europe choisit Berlin Ouest en 1984 pour organiser la quatrième conférence européenne des ministres des Affaires culturelles. La conférence aboutit à l’adoption de la Déclaration européenne sur les objectifs culturels, dans laquelle les droits de l’homme sont indissociablement reliés à ce qui s’apparente explicitement aux droits culturels.

« La finalité de nos sociétés est de permettre à chacun de s’épanouir dans la liberté et l’attachement solidaire aux droits de l’homme ; un tel épanouissement passe par la culture qui constitue le facteur essentiel d’un développement harmonieux des sociétés avec les facteurs sociaux, économiques et technologiques ».26

L’histoire tumultueuse du Royaume-Uni avec la communauté européenne n’exclut pas non plus la capitale britannique qui est le siège de manifestations européennes. Ainsi, le Conseil de l’Europe voit-il le jour à Londres, le 5 mai 1949, institué par le Traité de Londres. Le Conseil déploie son activisme culturel avec des expositions européennes d’art. La cinquième se déroule dans la capitale britannique sous l’égide du Conseil de l’Europe entre juillet et septembre 1959 et Londres est pionnière en la matière par rapport aux trois autres capitales. En outre, l’entrée en 1973 du Royaume-Uni dans la Communauté européenne est précédée par l’organisation à Londres entre septembre et novembre 1972 de la quatorzième exposition européenne d’art. Ce n’est sans doute pas une coïncidence. Le Central Saint-Martin College de l’University of arts de Londres est à l’origine de la 28ème exposition, en 2006. En outre, l’historique de ces expositions révèle la participation de Paris à cinq reprises entre 1960 et 1999 ; l’édition de 1989 a été couplée, sans contradiction apparente, avec la célébration du bicentenaire de la Révolution française. Berlin-Ouest l’a accueillie à son tour à six reprises entre 1977 -la décennie 1970 est celle de l’Ostpolitik- et en 2014. Sur ces six éditions, cinq se situent après la réunification. Madrid n’a, en revanche, jamais eu les honneurs de cette exposition. Il est vrai que longtemps synonyme de dictature, la capitale espagnole a dû attendre 1986 pour voir l’Espagne intégrer la CEE. Elle obtient ensuite très symboliquement en 1992 le label de capitale européenne de la culture confirmant ainsi que la chronologie culturelle européenne est bien corrélée à celle du politique.

L’analyse révèle des disparités au niveau de la localisation des activités de coopération culturelle européenne en liaison avec le système politique. Ainsi, un examen de la coopération culturelle franco-allemande confirme le jacobinisme français face au fédéralisme allemand27. Le portail internet franco-allemand qui détaille les différentes institutions mises en place depuis le Traité de l’ Élysée nous renseigne sur leur localisation. Rares sont celles qui sont à la fois situées à Paris et à Berlin (ce qui est le cas de l’Office franco-allemand pour la jeunesse ou du prix franco-allemand du journalisme fondé en 1983). En France, elles sont le plus souvent installées dans la capitale, tandis qu’en Allemagne elles se situent en région comme L’atelier master class à Ludwigsburg (il s’agit d’un programme de formation consacré à la production et à la distribution cinématographique)28, ou Les rendez-vous du cinéma franco-allemand, basés à Hambourg. Au début du XXIe siècle, la création de nouvelles instances se fait néanmoins plus volontiers à Berlin comme en témoignent le fonds franco-allemand pour la musique contemporaine (2009), celui pour l’art contemporain (2014) et Transfabrik destiné aux spectacle vivant (2015).

Le terrain culturel confirme l’hypothèse de départ de chronologies différentes pour ce qu’il en est du rôle de capitale. Après 1975 et la disparition de Franco, après la chute du Mur de Berlin en 1989, les villes de Madrid et Berlin retrouvent en Europe une autre place. Un processus de rattrapage s’est de fait produit avec une effervescence culturelle étonnante qui n’est pas sans parenté avec les deux derniers après-guerres en Europe. On constate en effet une volonté de s’étourdir qui a eu pour nom Movida à Madrid. Berlin affiche une contre-culture très attractive. Les deux capitales étant dès lors en mesure de capter les projecteurs nationaux et internationaux. Les images mentales relatives à ces deux villes ont été, en peu de temps, transformées. De territoires négativement connotés, ils sont devenus des références en matière de créativité une fois la liberté retrouvée. L’attractivité de Berlin capitale artistique est un exemple probant de retour sur la scène nationale plus encore que sur la scène internationale. De même, le Madrid de la Movida a engendré dans le reste de l’Espagne d’autres movidas et un véritable rayonnement international du cinéma espagnol dont Pedro Almodovar a été le plus brillant ambassadeur.

Les capitales se trouvent également directement en première ligne lorsqu’elles portent le label “Ville européenne de la culture après attribution par les ministres de la Culture des États membres de la Communauté européenne.” Apparu en 1985, celui-ci a été renommé « Capitale européenne de la culture » en 1999 et au fil des années s’avère de plus en plus recherché par les villes. Elles y voient notamment la garantie de gagner en notoriété, un élan pour développer leur économie et, à partir des années 1990, une occasion de restaurer certains de leurs quartiers en friches29. Mais la candidature sert-elle le rêve européen ? Certes, si la question vaut pour toutes les villes labélisées, nous la posons ici plus particulièrement pour les capitales nationales. Le label a été attribué à trois des capitales parmi les quatre considérées entre 1988 et 1992, une période d’euro-optimisme. Londres fait exception tandis que Berlin-Ouest l’obtient en 1988, Paris l’année suivante et Madrid en 1992. Les deux Berlin célèbrent le 750e anniversaire de la cité en 1987 à grands renforts d’événements culturels et c’est dans la foulée que Berlin-Ouest va porter le label de « Ville Européenne de la culture », en 1988. Afin de ne pas froisser les autorités de Berlin-Est, on rebaptise l’opération « E 88 »30. L’attribution du label explique la sociologue Janet Merkel visait à démontrer le rayonnement culturel de Berlin-Ouest et à positionner la ville au cœur de l’Europe, « ceci en dépit du provincialisme avéré de sa scène artistique, de son isolement géopolitique et de sa dépendance financière grandissante vis-à-vis du gouvernement Ouest-Allemand31. » La démarche, qui intervient un an avant la chute du mur, est donc européenne plus que berlinoise à n’en pas douter. Paris remporte le label en 1989. « L’opération se résume à une série d’activités estivales », spectacles, expositions, fêtes de l’Europe, « qui passent relativement inaperçues, car Paris en 1989 est bien plus occupée à fêter en grande pompe le bicentenaire de la Révolution française »32, écrivent Matthieu Giroud et Boris Grésillon. En fait, selon eux, pendant cette première période des « villes européennes », seule Berlin-Ouest en 1988, grâce à un budget conséquent, donne du corps à l’événement. Le label est pour Madrid en 1992 une consécration de son rôle de capitale culturelle recouvré au milieu d’une année très riche en événements pour l’Espagne, une consécration de l’Espagne désormais membre de la CEE. 1992 est aussi l’année de la signature du traité de Maastricht.

Le volontarisme européen se manifeste également à travers la création des journées européennes du patrimoine. Initiées en France sous Jack Lang elles ont attiré l’attention de la Commission européenne et ont été importées dans de multiples pays d’Europe. Les Britanniques s’y sont totalement acclimatés, Londres en particulier, avec son

« London Open House ». Les capitales par les lieux de pouvoir et culturels qu’elles abritent sont, chaque année, très concernées par la fréquentation de ce temps fort. La Journée du Patrimoine 2018 a pour devise “Découvrez ce qui nous unit”. Elle se place sous le signe de l’Année européenne du patrimoine culturel dont la devise est « L’HERITAGE EN PARTAGE ». Une sémantique qui en dit long sur les objectifs assignés à ces manifestations par les instances européennes.

Circulations culturelles et utopie européenne dans les capitales européennes

Les capitales sont à la fois de puissants émetteurs et récepteurs de culture. L’accentuation des circulations sur près de soixante-dix années mérite d’être observée dans ses effets, car si un rapprochement culturel s’est opéré, il a peut-être favorisé le rêve européen de l’unité. Les flux culturels ont vraisemblablement conduit à une progression des points communs tant dans les formes que dans les contenus. Les courants artistiques, philosophiques, les modes, les goûts se sont transmis depuis 1945 à travers l’Europe et se transmettent aujourd’hui à grande vitesse d’une extrémité à l’autre du continent.33

Certes, la circulation des idées et des productions culturelles a été encouragée par la construction européenne et son élargissement. Les instances de l’Union européenne ont rencontré une réelle réceptivité de la part des capitales. Cependant, les progrès vers une culture plus homogène en Europe doivent bien davantage aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Cinéma, disque, radio, télévision, cassettes-audio, le numérique ont permis de transgresser les frontières les plus fermées, même au moment les plus sombres de la guerre froide et des dictatures. Ce fut le cas pour Berlin où la diffusion musicale nous montre que le rock et le punk n’ont pas été arrêtés par le Mur. Le concert de David Bowie à Berlin-Ouest, le 6 juin 1987, est emblématique de cette communion des publics ouest et est-allemands dans un même type de musique. Bowie rassemble de part et d’autre du rideau de fer une jeunesse qui communie au même rythme et déjà aux mêmes valeurs. L’effondrement du Mur est proche. La glaciation franquiste n’arrête pas à Madrid les circulations musicales qui contournent la censure. Ainsi, le visuel des pochettes de disques est-il souvent changé pour permettre aux musiques anglo-saxonnes de pénétrer en terre espagnole. La jeunesse espagnole qui se rend à Londres en rapporte les dernières modes musicales. La Beatlemania, phénomène mondial, n’a épargné ni l’Espagne, ni l’Europe de l’Est. Les Beatles commencent à se faire connaître de la jeunesse espagnole par la radio, la presse, le disque. Les premiers concerts de musique rock à Madrid remontent à 1962, ils sont organisés dans le Cirque Pride.34 Les Beatles débarquent à Madrid le 2 juillet 1965. Le prix élevé des places semble avoir limité le nombre de spectateurs à 10 000. Des radios comme radio Iberia, un magazine comme Fonorama les ont fait découvrir dès 1963 à une jeunesse enthousiaste.35 Les quatre chanteurs de Liverpool ont refusé les logiques de guerre froide, comme en témoigne leur disque Back in the USSR sorti en 1968. Leurs disques s’arrachent au marché noir de l’autre côté du rideau de fer.36 La jeunesse et les voyages des jeunes à travers l’Europe ont aussi beaucoup favorisé les circulations des musiques occidentales y compris à Berlin-Est. L’historien américain Richard Ivan Jobs parlent avec justesse des « ambassadeurs à sac à dos »37. Il mentionne le festival international de le jeunesse organisé par les autorités est-allemandes en 1964 à Berlin Est, dans le but de rapprocher les jeunes de part et d’autre du mur. 500 000 jeunes dont certains venus de l’Ouest ont eu droit à trois jours de concerts de musique rock, à des projections de films et à des activités sportives. Le magazine de l’Ouest Der Spiegel résume l’ambiance en titrant : « Sun, sex and socialisme »38. Une radio diffusant de la musique rock est créée pour l’occasion, DT-64, qui poursuivra ses activités plus ou moins régulièrement jusqu’en 1989. Certes, les rythmes de pénétration des influences artistiques et culturelles ont peut-être été plus lents à Berlin et Madrid, les influences se sont tout de même exercées. Ainsi, le retard madrilène peut se vérifier par exemple avec le Pop Art et au retentissement de la visite d’Andy Warhol à Madrid en janvier 1983, venu inaugurer une exposition dans la galerie de Fernando Vijande.

Les transferts musicaux laissent deviner d’autres déséquilibres entre capitales. En effet, il semblerait bien que ce soit Londres qui donne le tempo à l’ensemble de l’Europe. Par l’ancienne capitale de l’empire britannique arrivent notamment la musique jamaïcaine, le reggae qui gagnent ensuite les autres métropoles européennes. La New Wave britannique influence également la « nouvelle vague allemande » (Neue Deutsche Welle) avec notamment pour égérie la provocante Nina Hagen. La Neue Deutsche Welle adhère au mouvement antimilitariste mobilisé contre l’installation des fusées Pershing II de l’OTAN en RFA39. De même le mouvement punk qui émerge aux USA transite par Londres avant de gagner les trois autres capitales. Il n’en va pas de même cependant pour le slam et le raï dont la paternité des banlieues françaises est semble-t-il avérée. Quoi qu’il en soit, la nuance s’impose et il faut bien sûr envisager des va-et-vient entre toutes ces villes. La musique électro particulièrement active à Berlin a pu fertiliser par les circulations de musiciens et les vecteurs de communication les autres scènes musicales.

Les pratiques urbanistiques et patrimoniales qui s’emparent des capitales européennes depuis les années 1980 peuvent être classées, nous semble-t-il, parmi les phénomènes de circulation favorables aux similitudes. Patrimonialisation et gentrification sont allées bon train depuis les années 1980 : les quartiers de Kreuzberg à Berlin, de King’s Cross à Londres40, du Marais, de Belleville, ou de la Goutte d’or à Paris, illustrent ce phénomène41. Ces pratiques identiques qui aboutissent à une rénovation des capitales n’ont cependant rien de strictement européen car le phénomène touche aussi bien le continent américain. Ce n’est donc pas de ce côté que l’idée européenne a pu sortir renforcée mais davantage du côté du patrimoine. L’interrogation peut ainsi s’appliquer aux sites et monuments classés au patrimoine mondial. Bien sûr, les critères qui rentrent en ligne de compte dans le classement sont d’abord mondiaux, mais on s’aperçoit à l’examen des descriptions qu’en donne l’UNESCO, que le critère européen pèse dans la décision. Londres a obtenu le label pour le palais et l’abbaye de Westminster (1987), la Tour de Londres (1988), l’observatoire de Greenwich (1997), les jardins botaniques royaux de Kew (2003). A Paris, le périmètre UNESCO comprend la cathédrale Notre Dame et les rives de la Seine (1979), à Berlin les châteaux et parcs de Postdam et Berlin (1990), l’Île des musées (1999), les cités du modernisme (2008). Concernant Madrid, l’UNESCO englobe des sites éloignés du centre de la capitale tels que l’Escurial (1984), l’université d’Alcala de Henares (1998) situé à 30 km, ou encore le paysage culturel d’Aranjuez (2001). Plusieurs indices signalent que la reconnaissance de leur exceptionnalité patrimoniale repose bel et bien sur leur dimension européenne. Ainsi lit-on sur la fiche du Monastère et site de l’Escurial (Madrid) :

« Critère (vi) : Le Monastère et le site de l’Escurial de Madrid sont directement associés à de très importantes personnalités de l’histoire européenne et mondiale, comme Charles-Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique, et tous ses descendants des Maisons d’Autriche et de la Maison de Bourbon qui ont occupé le trône d’Espagne, en particulier Philippe II ».42

De même, l’UNESCO souligne que le site Maritime Greenwich « témoigne de l’architecture européenne à une période importante de son évolution, illustrée par le travail de grands architectes tels que Inigo Jones et Christopher Wren qui, inspirés par les développements en Europe, ont formé l’évolution architecturale des générations suivantes, tandis que le parc illustre l’interaction de l’homme et de la nature sur une durée de deux siècles43. » On rappellera aussi que le parc royal à Greenwich a été dessiné par André Le Nôtre. Le label UNESCO est donc révélateur des représentations qui s’attachent à un moment donné au patrimoine ; l’espace européen et ses héritages sont mis en avant par cette instance internationale. Force est de constater que l’imaginaire européen ne se construit pas seulement en Europe mais également hors d’Europe et que notre sujet doit s’envisager à toutes les échelles. Enfin, et toujours concernant les pratiques, le succès des Journées européennes du patrimoine promues par le Conseil de l’Europe offre un autre exemple d’une adoption généralisée44. Les capitales, à la fois siège du pouvoir politique (les lieux politiques sont parmi les plus fréquentés lors de ces journées) et sites mémoriels par excellence, attirent lors de ces journées énormément de public. Le rêve européen a bien sûr été moteur, du moins du côté des instances européennes, pourtant, force est de constater qu’en matière de patrimoine le niveau national a pris très vite le dessus. Les célébrations patrimoniales dans les capitales et notamment les Journées européennes du patrimoine sont le plus souvent orientées vers la nation plus que vers l’Europe ou le monde45. De nombreux indices suggèrent en effet une appropriation identitaire de ces journées dédiées davantage à la découverte du patrimoine national et local qu’européen. Le rapport de Susan Williamson rédigé pour le Conseil de l’Europe conclut le 2 novembre 2010 : « Toutefois, malgré le succès des opérations nationales « Portes ouvertes »46, on ne constate pas de renforcement de la dimension européenne : dans l’ensemble, les manifestations sont de nature locale.47 »

Au terme de cette réflexion sur quatre capitales européennes, l’intérêt d’une analyse multi scalaire, nationale, européenne, mondiale est apparu avec force. Il en ressort que mondialisation et/ou européanisation ont entraîné un processus vers davantage d’homogénéité tandis que la dimension nationale s’inscrit -ou tente de s’inscrire- dans une résistance aux deux autres. Il est en effet possible de conclure à une érosion des cultures nationales dans les capitales, où formes, contenus, actions politiques ont contribué à émousser les différences. Cependant, le volontarisme européen guidé par l’utopie de l’unité est sans doute moins la cause de ces mutations que l’ouverture générale des communications et la multiplication des échanges. L’utopie européenne a sans doute moins fait pour le rapprochement des peuples européens que les circulations culturelles elles-mêmes. La tendance à davantage d’homogénéité qui en résulte ne signifie pas pour autant progrès d’une conscience européenne.

Le modèle de ville qui se dessine depuis l945 est encore, mais pour combien de temps, un modèle de type européen principalement fondé sur la richesse patrimoniale du vieux continent, tel est la confirmation par exemple de l’UNESCO. Certaines capitales ont été plus précocement que d’autres ouvertes à la mondialisation et plus précocement cosmopolites notamment dans les pays à la tête d’un empire colonial. Londres et Paris sur ce point paraissent avoir eu une certaine avance, tandis que Berlin et Madrid ont inéluctablement suivi le mouvement de l’ouverture aux flux migratoires. La dimension internationale est un élément qui complexifie en permanence la donne mais n’entre pas toujours en contradiction avec l’identité européenne, elle-même marquée du sceau de la diversité.

Si le rêve européen est devenu à certains moments sur le territoire des quatre capitales une utopie concrète (signature et commémorations de traités, expositions européennes, attribution du label capitale européenne de la culture …), c’est surtout par la volonté politique européenne qui a réussi à s’accorder à celles des nations désireuses d’établir une paix durable sur le continent. Cependant, les capitales n’ont finalement porté que modérément les idéaux européens. Elles demeurent en retrait comparées à des villes comme Bruxelles48 ou Strasbourg, ou encore des villes de taille inférieure labellisées capitales européennes de la culture, comme Lille 2004. Les capitales nationales restent symboliquement identifiées, quoi qu’on fasse, et jusqu’à nouvel ordre, à la nation.

1 Financé par la région Nouvelle Aquitaine, ce programme s’est échelonné de 2016 à 2019 et a bénéficié du soutien du Comité d’Histoire du ministère de

2 Christophe Charle et Daniel Roche (dir.), Capitales culturelles, capitales symboliques, Paris et les expériences européennes XVIIIe-XXe siècle

3 Patrick Le Galès, Le retour des villes européennes. Sociétés urbaines, mondialisation gouvernement et gouvernance, Paris, Presses de Sciences Po

4 Saskia Sassen, La Ville globale: New York, Londres, Tokyo [« The Global City »], Princeton, Princeton Paperbacks, 2001.

5 Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XVe-XVIIIe siècle : Le temps du monde, Tome 3, Paris, Armand Colin, 1979, p. 

6 Julien Benda « L’esprit européen », dans Julien Benda, Georges Bernanos, Karl Jaspers, Stephen Spender, Rencontres internationales de Genève : l’

7 On pourra se référer utilement ici pour ce qui est des politiques culturelles à l’étude de Mario d’Angelo Gouvernance des politiques de la culture

8 Christophe Charle, « Paris, National, International, Transational, Cultural Capital City? 19th-20th Century » in Matthias Middell (ed.), The

9 On rappellera les lois de décentralisation de 1982 et 1983, MAPTAM de 2014 et NOTRE de 2015.

10 Ce constat a été énoncé par Jeremy Ahearne dans le cadre de notre programme de recherche lors de la journée d’étude du 19 juin 2017 qui s’est tenue

Voir aussi François Sergent, « L’argent du loto. La National Lottery, mécène britannique. En Angleterre, le Loto est presque la seule source de

11 https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/67517-atlas-regional-de-la-culture-2017.pdf

12 Michel Feltin-Palas, "Culture : 139 euros pour les Franciliens, 15 euros pour les autres », Le Dossier de L’Express, le 11/06/2019.

13 Boris Grésillon et Dorothée Kohler « Berlin, capitale en attente », Hérodote 2001/2 (N° 101), pages 96 à 121, https://www.cairn.info/revue-herodote

14 Bernard Bessières, Histoire de Madrid, Paris, Fayard, 1996.

15 Communication d’Evelyne Ricci prononcée à Sciences Po Bordeaux le 6 juin 2019, « Théâtre et spectacles à Madrid sous le franquisme (1945-1950)

16 Propos cités dans Magali Dumousseau-Lesquer, La movida. Au nom du père, des fils, et du Todo Vale, Gémenos, Le mot et le reste, 2012, p. 26.

17 Ibidem, p. 21.

On renverra aussi à l’analyse nuancée de Jeanne Moisand, « Tansicion et movida », dans Dominique Kalifa (dir.), Les noms d’époque. De « Restauration »

18 Son statut de capitale reconnu par la Seconde République (1931-1936) est bousculé par la guerre civile. Il est confirmé en 1963 par le franquisme

19 Camille Mazé, « Les musées de l’Europe. Vacillement ou renforcement du modèle de musée national ? », dans De l’imitation dans la création de musées

20 Christophe Charle, « Introduction. Pour une histoire culturelle et symbolique des capitales européennes », dans Christophe Charle et Daniel Roche (

21 Voir sur la commémoration du bicentenaire de la Révolution française, Patrick Garcia, Le bicentenaire de la Révolution française, Pratiques

22 Elisa Goudin, « Les 750 ans de Berlin en 1987, deux fêtes pour un seul anniversaire. Rayonnement culturel et stratégies de différenciation face à l

On renverra aussi aux éditions du journal Le Monde des 31 janvier et 22 février 1987.

23 Churchill en appelle aux États-Unis d’Europe le 19 septembre 1946 dans son discours de Zurich mais n’y inclut pas le Royaume-Uni.

24 Voir le site internet du FICEP, https://www.ficep.info/

Voir également Lluis Agusti, « Les Réseaux des bibliothèques à l’étranger

Les modèles français et espagnol », Lluís Agustí http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2002-05-0055-008

25 Conseil de l’Europe, Convention culturelle européenne, 9 décembre 1954, https://www.coe.int/fr/web/conventions/full-list/-/conventions/rms/

26 Déclaration européenne sur les objectifs culturels, 4e Conférence des ministres européens responsables des Affaires culturelles, Berlin, 1984

27 https://www.france-allemagne.fr/Les-grands-themes,1150.html

28 Il est porté par la Fémis et Filmakademie Baden-Württemberg.

29 Anne-Marie-Autissier, « Capitales européennes de la culture : des priorités contradictoires et une notoriété inégale », Sociétés 2018/2 (n° 140)

30 Janet Merkel, « D’une cité divisée à une ville capitale : les politiques culturelles à Berlin de 1945 à 2015 », Carnet de recherches du Comité d’

31 Ward Rennen, CityEvents: Place Selling in a Media Age, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2007.

32 Matthieu Giroud, Boris Grésillon, « Devenir capitale européenne de la culture : principes, enjeux et nouvelle donne concurrentielle » dans Cahiers

33 On se reportera plus particulièrement aux chapitres 8 à 12 de l’ouvrage Emmanuelle Loyer, Une brève histoire culturelle de l’Europe, Paris

34 Paloma Otaola Gonzalez, « La musique pop passeport pour l’anglais dans l’Espagne des années 60 », article publié par Elodie Pietriga le 07-11-2017

35 Ibidem.

36 Marianne Vourch, « Le communisme s’est noyé dans le Rock’n’ Roll ! », https://www.francemusique.fr/emissions/histoires-de-musique/

37 Richard Ivan Jobs, Backpack Ambassadors: How Youth Travel Integrated Europe, Chicago, University of Chicago Press, 2017.

38 Cité par Richard Ivan Jobs, op. cit, p. 202.

39 Laurent Martin (dir.), Culture, médias, pouvoirs. Etats-Unis et Europe occidentale 1945-1991, op. cit. p. 156

40 Deborah Larue, « Londres : la gentrification de King’s Cross », 21 février 2017, https://www.spanky-few.com/2017/02/21/londres-la-gentrification-de

41 Anne Clerval, « Les dynamiques spatiales de la gentrification à Paris.

Une carte de synthèse », Cybergeo, revue européenne de géographie, 505, 2010. https://journals.openedition.org/cybergeo/23231

42 UNESCO, Monastère et site de l’Escurial (Madrid), http://whc.unesco.org/fr/list/318

43 UNESCO, Maritime Greenwich, http://whc.unesco.org/fr/list/795

44 L’importance accordée par le Conseil de l’Europe au patrimoine se lit dans la Convention-cadre sur la valeur du patrimoine culturelle pour la

45 Françoise Taliano-des Garets, « Le Royaume-Uni et les Journées européennes du patrimoine », dans Hubert Bonin, Françoise Taliano-des Garets

46 Il s’agit du nom originel des Journées européennes du patrimoine, inspiré des « Journées Portes ouvertes des monuments historiques » créées en

47 https://www.nouveautourismeculturel.com/blog/2012/09/14/quel-avenir-pour-les-journees-du-patrimoine/

48 Le cas bruxellois mériterait une étude approfondie, à la fois capitale nationale et européenne.

Bibliography

Bibliographie

Un certain nombre de publications ont vu le jour ou sont en cours :

Françoise Taliano-des Garets, « Les capitales européennes et la culture depuis 1945 : Berlin, Londres, Madrid, Paris », Carnet de recherches du ministère de la Culture et de la Communication, https://chmcc.hypotheses.org/1749

Françoise Taliano-des Garets, Laurent Martin, Capitales européennes et diversité culturelle, Hommes & Migrations, MNHI, n° 1327, octobre-décembre 2019.

Françoise Taliano-des Garets (en collaboration avec Laurent Martin), Culture et politiques dans les capitales européennes depuis 1945 : Berlin, Londres, Madrid, Paris, L’Harmattan (à paraître).

Notes

1 Financé par la région Nouvelle Aquitaine, ce programme s’est échelonné de 2016 à 2019 et a bénéficié du soutien du Comité d’Histoire du ministère de la Culture.

2 Christophe Charle et Daniel Roche (dir.), Capitales culturelles, capitales symboliques, Paris et les expériences européennes XVIIIe-XXe siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 2002 ; Christophe Charle (dir.), Capitales européennes et rayonnement culturel XVIIIe-XXe siècle, Paris, Éditions Rue d’Ulm, 2004 ; Christophe Charle (dir.), Le temps des capitales culturelles XVIIIe-XXe siècles, Seyssel, Époques Champ Vallon, 2009.

3 Patrick Le Galès, Le retour des villes européennes. Sociétés urbaines, mondialisation gouvernement et gouvernance, Paris, Presses de Sciences Po, 2003.

4 Saskia Sassen, La Ville globale: New York, Londres, Tokyo [« The Global City »], Princeton, Princeton Paperbacks, 2001.

5 Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XVe-XVIIIe siècle : Le temps du monde, Tome 3, Paris, Armand Colin, 1979, p. 16-17.

6 Julien Benda « L’esprit européen », dans Julien Benda, Georges Bernanos, Karl Jaspers, Stephen Spender, Rencontres internationales de Genève : l’esprit européen, Tome 1 (1946), Neuchâtel, Editions de la Baconnière, 1947. http://palimpsestes.fr/textes_philo/jaspers/rencontres.pdf

7 On pourra se référer utilement ici pour ce qui est des politiques culturelles à l’étude de Mario d’Angelo Gouvernance des politiques de la culture en Europe, Éditions Idée Europe, collection Innovation & développement, Paris, 2013.

8 Christophe Charle, « Paris, National, International, Transational, Cultural Capital City? 19th-20th Century » in Matthias Middell (ed.), The Practice of Global History, Londres, Londres Bloomsbury, 2019, p. 45-79.

9 On rappellera les lois de décentralisation de 1982 et 1983, MAPTAM de 2014 et NOTRE de 2015.

10 Ce constat a été énoncé par Jeremy Ahearne dans le cadre de notre programme de recherche lors de la journée d’étude du 19 juin 2017 qui s’est tenue au ministère de la Culture. Françoise Taliano-des Garets (en collaboration avec Laurent Martin), Culture et politiques dans les capitales européennes depuis 1945 : Berlin, Londres, Madrid, op.cit.

Voir aussi François Sergent, « L’argent du loto. La National Lottery, mécène britannique. En Angleterre, le Loto est presque la seule source de financement culturel », Libération, 3 décembre 1996.

11 https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/67517-atlas-regional-de-la-culture-2017.pdf

12 Michel Feltin-Palas, "Culture : 139 euros pour les Franciliens, 15 euros pour les autres », Le Dossier de L’Express, le 11/06/2019.

13 Boris Grésillon et Dorothée Kohler « Berlin, capitale en attente », Hérodote 2001/2 (N° 101), pages 96 à 121, https://www.cairn.info/revue-herodote-2001-2-page-96.htm ?try_download =1#

14 Bernard Bessières, Histoire de Madrid, Paris, Fayard, 1996.

15 Communication d’Evelyne Ricci prononcée à Sciences Po Bordeaux le 6 juin 2019, « Théâtre et spectacles à Madrid sous le franquisme (1945-1950), dans Françoise Taliano-des Garets, Transferts, espaces et rayonnement culturels dans les capitales européennes depuis 1945 : Berlin, Londres, Madrid, Paris, (à paraître).

16 Propos cités dans Magali Dumousseau-Lesquer, La movida. Au nom du père, des fils, et du Todo Vale, Gémenos, Le mot et le reste, 2012, p. 26.

17 Ibidem, p. 21.

On renverra aussi à l’analyse nuancée de Jeanne Moisand, « Tansicion et movida », dans Dominique Kalifa (dir.), Les noms d’époque. De « Restauration » à « années de plomb », Paris, Editions Gallimard, 2020, p. 143-162.

18 Son statut de capitale reconnu par la Seconde République (1931-1936) est bousculé par la guerre civile. Il est confirmé en 1963 par le franquisme puis, au retour de la démocratie, par la constitution de 1978. Néanmoins le fédéralisme fragilise sa prééminence.

19 Camille Mazé, « Les musées de l’Europe. Vacillement ou renforcement du modèle de musée national ? », dans De l’imitation dans la création de musées, Paris, L’Harmattan, 2008. https://www.researchgate.net/publication/282662224_Les_musees_de_l’EuropeVacillement_ou_renforcement_du_modele_du_musee_national

20 Christophe Charle, « Introduction. Pour une histoire culturelle et symbolique des capitales européennes », dans Christophe Charle et Daniel Roche (dir.), op.cit.,p. 10-11.

21 Voir sur la commémoration du bicentenaire de la Révolution française, Patrick Garcia, Le bicentenaire de la Révolution française, Pratiques sociales d’une commémoration, Paris, CNRS, 2000.

22 Elisa Goudin, « Les 750 ans de Berlin en 1987, deux fêtes pour un seul anniversaire. Rayonnement culturel et stratégies de différenciation face à l’adversaire. » Communication prononcée lors du colloque des 6 et 7 juin 2019 à Bordeaux, Françoise Taliano-des Garets (dir.), Transferts, espaces et rayonnement culturels dans les capitales européennes depuis 1945 : Berlin, Londres, Madrid, Paris, (à paraître).

On renverra aussi aux éditions du journal Le Monde des 31 janvier et 22 février 1987.

23 Churchill en appelle aux États-Unis d’Europe le 19 septembre 1946 dans son discours de Zurich mais n’y inclut pas le Royaume-Uni.

24 Voir le site internet du FICEP, https://www.ficep.info/

Voir également Lluis Agusti, « Les Réseaux des bibliothèques à l’étranger

Les modèles français et espagnol », Lluís Agustí http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2002-05-0055-008

25 Conseil de l’Europe, Convention culturelle européenne, 9 décembre 1954, https://www.coe.int/fr/web/conventions/full-list/-/conventions/rms/090000168006458c

26 Déclaration européenne sur les objectifs culturels, 4e Conférence des ministres européens responsables des Affaires culturelles, Berlin, 1984, https://rm.coe.int/16806b23f1

27 https://www.france-allemagne.fr/Les-grands-themes,1150.html

28 Il est porté par la Fémis et Filmakademie Baden-Württemberg.

29 Anne-Marie-Autissier, « Capitales européennes de la culture : des priorités contradictoires et une notoriété inégale », Sociétés 2018/2 (n° 140), pages 33-42.

30 Janet Merkel, « D’une cité divisée à une ville capitale : les politiques culturelles à Berlin de 1945 à 2015 », Carnet de recherches du Comité d’histoire du ministère de la Culture, 5 décembre 2016, mis à jour le 29 novembre 2016. L’article fait suite à une communication prononcée au cours du séminaire codirigé par Françoise Taliano-des Garets et Laurent Martin. Cet article est consultable en ligne : https://chmcc.hypotheses.org/2483

31 Ward Rennen, CityEvents: Place Selling in a Media Age, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2007.

32 Matthieu Giroud, Boris Grésillon, « Devenir capitale européenne de la culture : principes, enjeux et nouvelle donne concurrentielle » dans Cahiers de géographie du Québec, Vol 55, Numéro 155, septembre 2011, p. 237-253.

33 On se reportera plus particulièrement aux chapitres 8 à 12 de l’ouvrage Emmanuelle Loyer, Une brève histoire culturelle de l’Europe, Paris, Éditions Flammarion, coll. « Champs histoire », 2017, p. 245-402.

34 Paloma Otaola Gonzalez, « La musique pop passeport pour l’anglais dans l’Espagne des années 60 », article publié par Elodie Pietriga le 07-11-2017, consultable en ligne http://cle.ens-lyon.fr/espagnol/langue/didactique/lenseignement-des-langues-a-letranger/la-musique-pop-passeport-pour-l-anglais-dans-l-espagne-des-annees-60#section-3

35 Ibidem.

36 Marianne Vourch, « Le communisme s’est noyé dans le Rock’n’ Roll ! », https://www.francemusique.fr/emissions/histoires-de-musique/le-communisme-s-est-noye-dans-le-rock-n-roll-76448

37 Richard Ivan Jobs, Backpack Ambassadors: How Youth Travel Integrated Europe, Chicago, University of Chicago Press, 2017.

38 Cité par Richard Ivan Jobs, op. cit, p. 202.

39 Laurent Martin (dir.), Culture, médias, pouvoirs. Etats-Unis et Europe occidentale 1945-1991, op. cit. p. 156

40 Deborah Larue, « Londres : la gentrification de King’s Cross », 21 février 2017, https://www.spanky-few.com/2017/02/21/londres-la-gentrification-de-kings-cross/

41 Anne Clerval, « Les dynamiques spatiales de la gentrification à Paris.

Une carte de synthèse », Cybergeo, revue européenne de géographie, 505, 2010. https://journals.openedition.org/cybergeo/23231

42 UNESCO, Monastère et site de l’Escurial (Madrid), http://whc.unesco.org/fr/list/318

43 UNESCO, Maritime Greenwich, http://whc.unesco.org/fr/list/795

44 L’importance accordée par le Conseil de l’Europe au patrimoine se lit dans la Convention-cadre sur la valeur du patrimoine culturelle pour la société, dite Convention de Faro, signée en 2005, qui énonce principes et objectifs. Celui de développer en Europe le sentiment d’une « communauté patrimoniale » est clairement mis en avant.

45 Françoise Taliano-des Garets, « Le Royaume-Uni et les Journées européennes du patrimoine », dans Hubert Bonin, Françoise Taliano-des Garets, Matthieu Trouvé (dir.), Le Royaume-Uni, l’Europe et le monde, Septentrion, Presses universitaires, 2015, p. 279.

46 Il s’agit du nom originel des Journées européennes du patrimoine, inspiré des « Journées Portes ouvertes des monuments historiques » créées en France en 1984 par le ministère de la Culture Jack Lang.

47 https://www.nouveautourismeculturel.com/blog/2012/09/14/quel-avenir-pour-les-journees-du-patrimoine/

48 Le cas bruxellois mériterait une étude approfondie, à la fois capitale nationale et européenne.

References

Electronic reference

Françoise Taliano-des Garets, « La culture dans les capitales européennes : une utopie concrète ? », Revue d’histoire culturelle [Online],  | 2021, Online since 08 avril 2021, connection on 13 mai 2021. URL : http://revues.mshparisnord.fr/rhc/index.php?id=1255

Author

Françoise Taliano-des Garets

Françoise Taliano-des Garets est professeure d’Histoire contemporaine. Elle enseigne à Sciences Po Bordeaux où elle est responsable du master Management de projets culturels et développement des territoires. Elle est membre permanent du CHS Mondes contemporains Paris 1 Panthéon Sorbonne. Elle est spécialisée en histoire culturelle et a plus particulièrement exploré les territoires urbains des XXe et XXIe siècles dans une approche comparée, en France et en Europe.
f.taliano@sciencespobordeaux.fr