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    <title>« Hot Music » et dakou : appropriations mineures de la musique étrangère à Taïwan et en Chine</title>
    <link>https://revues.mshparisnord.fr/ethnographie/index.php?id=1747</link>
    <description>À deux époques différentes, dans deux territoires sinophones aux régimes politiques opposés mais autoritaires, la musique étrangère, et plus particulièrement anglo-américaine, s’est diffusée de manière pirate sur une grande partie du territoire. À Taïwan tout d’abord, durant la dictature militaire du Parti nationaliste chinois (Kuomintang, KMT), des vinyles pirates du top 50 américain, surnommés « Hot Music » (remen yinyue 熱門音樂), ont inondé le marché local et du sud-est asiatique à partir des années 1950, aidés en cela par la présence de GIs américains stationnés dans l’île. Quelques décennies plus tard, dans une Chine communiste alors en pleine ouverture économique post-Tiananmen, des CDs et cassettes invendus de l’industrie du disque occidentale arrivaient par cargo dans le sud de la Chine pour y être recyclés. Au lieu d’être détruits, ces albums alors introuvables en Chine ont été vendus sur le marché noir des principales villes chinoises. Ces CDs et cassettes étaient au préalable poinçonnés à leurs extrémités par les agents des douanes afin d’empêcher leur utilisation – d’où leur nom, dakou 打口, « faire une encoche » – c’était sans compter le fait qu’un CD se lit de son centre à sa périphérie, ainsi seule la dernière chanson était inécoutable. Cet article vise à expliquer comment, dans des contextes politiques, sociaux et culturels très différents, de la musique étrangère alors prohibée a pu pénétrer les marchés noirs taïwanais et chinois, et comment les jeunesses locales s’en sont emparées pour créer leurs propres musiques et communautés sous-culturelles. In two different eras, across two Chinese-speaking regions with opposing yet authoritarian political regimes, foreign music—and more specifically Anglo-American music—was widely distributed through pirated channels across much of the territory. First in Taiwan, during the military dictatorship of the Chinese Nationalist Party (Kuomintang, KMT), pirated vinyl records of the American Top 50, nicknamed “Hot Music” (remen yinyue 熱門音樂), flooded the local and Southeast Asian markets starting in the 1950s, aided by the presence of American GIs stationed on the island. A few decades later, in Communist China, then in the midst of post-Tiananmen economic liberalization, unsold CDs and cassettes from the Western music industry arrived by cargo ship in southern China to be recycled. Instead of being destroyed, these albums—which were then unavailable in China—were sold on the black market in major Chinese cities. These CDs and cassettes had previously been punched at their edges by customs officials to prevent their use—hence their name, dakou 打口, “to make a notch”—but this failed to account for the fact that a CD reads from the center to the edge, so only the last song was unplayable. This article aims to explain how, in very different political, social, and cultural contexts, foreign music that was once banned managed to find its way into the black markets of Taiwan and China, and how local youth embraced it to create their own music and subcultural communities. </description>
    <category domain="https://revues.mshparisnord.fr/ethnographie/index.php?id=72">Numéros</category>
    <category domain="https://revues.mshparisnord.fr/ethnographie/index.php?id=1672">Industries et scènes musicales en Asie : transfert...</category>
    <category domain="https://revues.mshparisnord.fr/ethnographie/index.php?id=1746">Partie II: Les œuvres comme vecteurs d'engagement ...</category>
    <language>fr</language>
    <pubDate>ven., 16 janv. 2026 15:21:40 +0100</pubDate>
    <lastBuildDate>jeu., 04 juin 2026 16:14:30 +0200</lastBuildDate>
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