Cultures-Kairós http://revues.mshparisnord.org/filigrane/favicon.ico Revue Filigrane http://revues.mshparisnord.org/filigrane/ 32 32 https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos Cultures-Kairós, revue d'anthropologie des pratiques corporelles et des arts vivants fr Les horizons prothétiques prochains et lointains : vers quels degrés d’incorporation pour quelles définitions de l’humain ? https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1777 Ce numéro de Cultures-Kairós propose d’interroger le concept de prothèse au travers de quelques-uns de ses usages et de ses acceptions1. Il ne s’agira pas d’en épuiser la signification mais bien d’en souligner la polysémie. S’il reste au prime abord ramené à un référent médical, il demeure cependant un objet polymorphe que les sciences sociales et en particulier l’anthropologie n’ont eu de cesse de questionner de manière plus ou moins directe afin de creuser de manière plus large les relations entre corps, environnement et technique. Le terme « prothèse » nous renvoie en effet d’emblée à une incertitude. Il traduit tout autant un imaginaire social des usages du corps que des discours technologiques le concernant. Ne parle-t-on pas de manière parfois excessive de « prothèse greffée » à l’oreille afin de signifier l’usage intensif du Smartphone ? L’utilisation d’un véhicule (de la voiture, à la trottinette, au vélo à assistance électrique en passant par un gyropode…) peut-elle être considérée comme le recours à une « prothèse de transport » visant à pallier une carence physiologique par un gain de vitesse et d’efficacité ? Un dispositif de Réalité Virtuelle peut-il être vu comme une « prothèse perceptive » permettant l’immersion dans un univers virtualisé ? Une poche de stomie comblant une fonction défaillante d’un-e patient-e ayant subi une intervention viscérale peut-elle être appréhendée comme une « prothèse digestive » palliative2 ? Ces robots-serveurs, pilotés de chez eux dim., 29 sept. 2019 00:00:00 +0200 https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1777 Appréhender la vie après l’amputation : expériences corporelles, prothétiques et du handicap https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1783 Dans cet article, il sera question de l’expérimentation d’un dispositif cinématographique menée au sein de l’Association de Défense et d’Études des Personnes Amputées (ADEPA) au cours d’une recherche en anthropologie sur les expériences et récits de vie post-amputation des personnes amputées et appareillées des membres inférieurs en France. Dans le cadre d’une enquête ethnographique, deux films ont été coréalisés par des personnes amputées de l’association et l’ethnologue sur les diverses expériences corporelles, de l’appareillage et du handicap suite à une amputation. Ce travail de coréalisation suscite différents questionnements, analyses et réflexions féconds au regard de l’anthropologie. Cet article abordera la manière dont les données ethnographiques ont été produites au travers d’un travail de collaboration avec les personnes concernées. Puis, les analyses de ces données s’axeront sur l’étude du « paradoxe du moignon » et les degrés d’incorporation de la prothèse, ainsi que sur les expériences prothétiques et leurs retentissements sur les situations de handicap vécues. In this article, we will discuss the experimentation of a cinematographic apparatus carried out within the French Association for the Defense and Study of Amputees (ADEPA) during an anthropological research on the experiences and post-amputation life stories of lower extremity amputees in France. As part of an ethnographic study, a team composed of an ethnologist and amputees from the ADEPA association made two films on the latter’s various bodily experiences, their experiences with prosthetic fitting and with disability, following an amputation. This work of co-creation raises various questions, analyses and fruitful reflections with regard to anthropology. This article will discuss how ethnographic data were produced through film collaboration with the people concerned. Then, the analysis of these data will focus on the study of the « stump paradox », the degrees of incorporation of the prosthesis, prosthetic experiences and their repercussions on the situations of disability that are experienced by lower extremity amputees. dim., 29 sept. 2019 00:00:00 +0200 https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1783 Une femme et une chienne : de la relation prothétique à l’expérience esthétique. Quelques réflexions philosophiques à partir d’un récit auto-ethnographique. https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1805 À partir d’une enquête auto-ethnographique, il s’agit d’interroger la notion de « prothèse vivante » utilisée pour désigner un chien guide. En tant que femme, philosophe et aveugle, j’explore la relation que j’entretiens avec ma chienne guide et propose quelques réflexions pour questionner les présupposés cachés derrière cette compagnie inter-espèce. Je suis non seulement amenée à mettre en évidence les rapports de pouvoir qui traversent cette expérience, mais aussi à mettre en œuvre des stratégies de subversion des stigmates. Cette démarche me permet de redéfinir le rapport que j’entretiens avec le corps, le langage, la société, l’environnement et de transformer une expérience de critique des normes structurelles en expérience de création de normes nouvelles. C’est l’enjeu d’une entreprise somaesthétique : prendre conscience des corps engagés dans cette relation prothétique et ouvrir le champ des possibles. C’est aussi le sens d’une écologie corporelle : comprendre l’inscription des corps dans leur milieu et saisir la force créatrice qui peut naître de leur interaction. From a self-ethnographic investigation data, my aim is here to question the notion of “living prosthesis” used to designate guide dogs. As a woman, philosopher and blind, I explore the relationship I have with my guide bitch and propose some thoughts to question the assumptions behind this inter-species company. I would like to highlight the mechanisms of domination that go through this experience and to implement strategies that subvert stigmas. This approach allows me to redefine the relationship I have with body, language, society, environment and to transform an experience of criticizing structural norms into an experience of creating new standard ones. This is the challenge of a somaesthetics perspective : raising consciousness about bodies’ involvement in this prosthetic relationship and openning a field of possibilities. This is also the meaning of a body ecology : understanding the inscription of the bodies in their environment and grasping the creative force that can arise from their interaction. dim., 29 sept. 2019 00:00:00 +0200 https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1805 La love doll au Japon : une prothèse de couple pour célibataire ? https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1815 Le Japon est le pays pionnier dans la production des love dolls, poupées à taille humaine vendues comme partenaires sentimentales. Prenant appui sur l’idée que leurs corps s’inscrivent dans une économie de biens symboliques autorisant leurs propriétaires à user d’elles comme d’outils pour construire à la fois leur image et leur identité, j’aimerais proposer l’hypothèse suivante : que les poupées peuvent être assimilées à des prothèses. Plus précisément des prothèses affectives. En étudiant la façon dont elles sont élaborées – autant par les concepteurs que par les acheteurs – je questionnerai la notion usuelle de la prothèse comme instrument pour suppléer ou corriger une déficience. Les love dolls, en effet, ne sont pas utilisées pour masquer l’absence d’un-e partenaire. Ni pour combler un vide. S’il s’agit de prothèses, quel rôle jouent-elles ? Japan is the pioneer country in the production of love dolls, human-sized artefacts sold as sentimental partners. Starting out from the idea that their bodies are part of an economy of symbolic goods that allow their owners to use them as tools to build both their image and their identity, I would like to propose the following hypothesis : that dolls can be likened to prostheses. To be more precise, affective prostheses. By studying how they are developed - both by the designers and by the buyers - I will question the usual notion of the prosthesis as an instrument to hide or correct a deficiency. Love dolls, in fact, are not used to hide the absence of a partner. Nor to fill a void. If they are prostheses, what role do they have ? dim., 29 sept. 2019 00:00:00 +0200 https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1815 La Mécanique des corps. Entretien avec le réalisateur Matthieu Chatellier https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1834 Affiche La mécanique des corps (© Matthieu CHATELLIER, 2016) Entretien conduit par Paul-Fabien Groud, doctorant en anthropologie (Laboratoire Environnement, Ville, Société - UMR 5600 - Université de Lyon / CNRS) et ATER à l’Université Claude Bernard Lyon 1 (S2HEP - EA 4148). Matthieu Chatellier est le réalisateur du documentaire La mécanique des corps. La mécanique des corps est un documentaire réalisé par Matthieu Chatellier sorti en salle en mars 2016. Dans ce film tourné au Centre de Rééducation Le Normandy, le réalisateur filme des femmes et des hommes amputés qui réapprennent sans relâche à marcher à l’aide de prothèse se substituant désormais à la partie manquante de leur corps. Page d’information du film : http://www.nottetempo.fr/mdc/indexmdc.html Ce documentaire a été projeté et a été suivi d’une table-ronde lors du séminaire interdisciplinaire Corps et prothèses sur le thème « Rééducation fonctionnelle et technologies d’assistances au corps » qui s’est déroulé à la Faculté de médecine Lyon-Est en mars 2017. Cet entretien s’inscrit dans la continuité des échanges développés lors de cette table ronde. Le documentaire peut être visionné, à titre privé, via ce lien : https://vimeo.com/146611553 Un mot de passe est cependant nécessaire pour le visionner. Vous pouvez l’obtenir en faisant la demande par mail à l’adresse suivante contact@corps-protheses.org Paul-Fabien Groud : Tout d’abord, peux-tu te présenter rapidement et évoquer ton parcours jusqu’à la réalisation du dim., 29 sept. 2019 00:00:00 +0200 https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1834 De la performance artistique prothétique au buzz médiatique. Entretien avec le tatoueur JC Sheitan https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1833 JC Sheitan (© Lynn’Art photographer, 2016) JC Sheitan est un tatoueur qui vit et travaille à Lyon au sein du salon Bad Grass Tatto Galery. En 2016, une vidéo postée sur les réseaux sociaux (disponible en suivant ce lien) le montre en train de tatouer de son bras droit amputé muni d’une prothèse artistique sur laquelle un dermographe a été installé. Cette vidéo a été abondamment relayée sur les réseaux sociaux, faisant de JC Sheitan le premier tatoueur-cyborg. En avril, 2018, JC Sheitan a été invité à témoigner et à échanger sur ce buzz médiatique au Musée des Confluences de Lyon lors du colloque interdisciplinaire Corps et prothèses intitulé Du proche au lointain : les horizons prothétiques contemporains. Cet entretien s’inscrit dans la continuité de son intervention et des échanges développés avec les intervenants et publics lors de cette séance. L’entretien a été conduit par Évelyne Lasserre (MCF en anthropologie - Université Claude Bernard Lyon 1 ; Laboratoire Environnement, Ville, Société - UMR 5600 - Université de Lyon /CNRS) ; Axel Guïoux (MCF en anthropologie ; Laboratoire Environnement, Ville, Société - UMR 5600 - Université de Lyon /CNRS) ; et Paul-Fabien Groud (Doctorant en anthropologie ; Laboratoire Environnement, Ville, Société - UMR 5600 - Université de Lyon / CNRS & ATER à l’Université Claude Bernard Lyon 1 - S2HEP - EA 4148) Evelyne Lasserre : Tout d’abord, peux-tu te présenter, ton histoire… JC Sheitan : Je suis JC Sheitan, je suis tatoueur. Il y a de ça deu dim., 29 sept. 2019 00:00:00 +0200 https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1833 (In)visibilité de la prothèse de membre et valeurs d’usage : de l’outil fantôme à l’accessoire cyborgique https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1835 Cet article propose d’analyser l’apport non-fonctionnel que peuvent avoir les dispositifs prothétiques dans la vie des personnes amputées. Dans le champ de la réadaptation, une prothèse est communément conçue comme un outil dont l’efficacité fonctionnelle est la valeur première. Son efficacité symbolique n’est que rarement prise en compte et sa valeur esthétique est bien souvent sous-estimée. L’objectif de cette contribution est de montrer que l’apparence esthétique d’une prothèse est une valeur d’usage de premier ordre dans le processus de réadaptation fonctionnelle, identitaire et sociale. Par son efficacité symbolique réelle, la prothèse peut être en soi un obstacle ou un facilitateur d’acceptation de soi et de participation sociale. À travers quelques exemples anthropologiques, nous mettrons en lumière l’importance fondamentale de l’apparence de la prothèse, le sens que les individus concernés lui donnent (à travers les dynamiques de passing, d’empowerment, etc.), et les conséquences qu’elle peut avoir sur l’identité sociale de la personne amputée (stigmatisation, acceptation de soi, etc.). This article proposes to analyse the non-functional benefits of prosthetic devices in the amputees’ daily life. In the field of rehabilitation, a prosthesis is commonly designed as a tool, and its functional efficiency is considered as the primary value. Its symbolic efficiency is rarely taken into account and its aesthetic value is often underestimated. The aim of this contribution is to point out the aesthetic appearance of a prosthesis as a key use value in the functional, identity and social rehabilitation process. Through its very symbolic effectiveness, the prosthesis can be in itself a barrier or facilitator for self-acceptance and social participation. By means of some anthropological examples, we will highlight the fundamental importance of the prosthesis device’s appearance, but also the meaning that the individuals give to it (through dynamics of passing, empowerment, etc.), and the consequences it can have on the amputees’ social identity (stigmatization, se-f acceptance, etc.). dim., 29 sept. 2019 00:00:00 +0200 https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1835 Repenser les subalternités : des Subaltern Studies aux animalités https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1719 L’objet de cet article est de repenser les subalternités en les extirpant du cadre historiographique et sociologique auxquelles elles sont souvent assignées ; par-là même, de concevoir l’hégémonie dans une perspective qui inclut tous les modes de domination basés sur une hiérarchisation arbitraire mais naturalisée : la race, la classe, le genre, la caste, la religion, mais aussi l’âge, la condition physique, la taille, le lieu d’habitation, la localisation géographique, l’éducation, la langue, et enfin l’espèce. Nous nous interrogerons ainsi sur les « diverses modalités d’être au monde » (Chakrabarty 2000) en nous intéressant aux langages et aux univers sémiotiques non-humains, dans un but à la fois militant et de défi épistémologique : face au plus « autrui des autrui » (Levi-Stauss, 1973) qu’est l’animal, qu’il soit domestique, d’élevage ou sauvage, quelle est la limite de l’hégémonie de l’espèce humaine, perçue comme opprimante par de nombreux mouvements antispécistes ? Un tel détournement de la question subalterne, spécifique à l’oppression de classe et l’oppression coloniale, est-il légitime dans le cas de la question de l’espèce, comme elle fut légitimée, bien que de manière marginale, dans le cas de la question du genre ? Comment, enfin, mener une réflexion où la question du langage est cruciale dans un contexte où les langages sont inintelligibles, où le subalterne peut certes parler mais ne peut pas être compris ? En d’autres mots, jusqu’où peut-on concevoir la subalternité et penser la différence ? The purpose of this article is to rethink subalternities by removing them from the historiographical and sociological framework to which they are often assigned ; thereby, to consider hegemony in a perspective that includes all modes of domination based on a naturalized hierarchy : race, class, gender, caste, religion, but also age, physical condition, size, place of residence, geographical location, education, language, and even species. We will thus examine the "multiple ways of being in the world" (Chakrabarty, 2000) by focusing on non-human semiotic languages and universes, with a both militant and epistemological purpose : regarding animal, that Levi-Stauss (1973) defined as the “most other between the others”, where are the limits of human’s hegemony, perceived as oppressive by many antispecies movements ? Can such an appropriation of the subaltern question, theorized by the Subaltern Studies, be legitimate in the case of the species’ issue, as it has been legitimized, albeit marginally, regarding the gender’s issue ? How, finally, is it possible to elaborate such a reflection where the question of language is crucial, in a context where languages are unintelligible, where the subaltern can certainly speak but cannot be understood ? In other words, how far can one conceive subalternity and think difference ? mar., 11 déc. 2018 00:00:00 +0100 https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1719 Les subalternes, peuvent-elles/ils (parler) être écouté-e-s ? https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1713 Le présent dossier comprend une partie des résultats des travaux, des débats et des réflexions développées lors des séminaires organisés par le groupe de recherche FIRA – Frontières identitaires et Représentations de l’altérité à la MSH Paris Nord de 2015 à 2017. Ceux-ci avaient été suivis par l’organisation de la Journée d’étude du 15 juin 2017 – Les subalternes, peuvent-elles/ils (parler) être écouté-e-s qui est à l’origine de ce dossier. Cette Journée d’étude visait, dans un premier temps, la mise en perspective et l’approfondissement de la réflexion avancée dans le projet de recherche du groupe FIRA. Elle s’appuyait sur le courant théorique critique latino-américaine de la décolonialité pour proposer, dans le sens d’Anibal Quijano (2000, 2007), d’Enrique Dussel (1977) et de Walter Mignolo (2011) : la décolonisation de toutes les perspectives de connaissance eurocentrées afin de s’ouvrir vers une « géopolitique des connaissances » et de toutes les dimensions de la conscience. D’après ces auteurs, la « différence épistémique coloniale » permet de faire émerger le lieu d’énonciation, des narratives historiques et culturelles, de la pensée et de la production du savoir afin de déconstruire en restituant et en reconstruisant une approche critique alternative capable d’être actualisée et/ou [re]élaborée dans les différents domaines de la vie et de la recherche en sciences sociales. Walter Mignolo écrit : The process of colonial expansion that began in the sixteenth century run mar., 11 déc. 2018 00:00:00 +0100 https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1713 La construction des discours sur la ville, entre production urbaine et subalternité interne https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1732 Dans cet article, j’explore l’articulation entre des constructions discursives relevant d’une subalternisation de sujets internes à la société et la production des métropoles contemporaines. Mon analyse d’une condition de « subalternité métropolitaine », issue de mes recherches de doctorat, s’insère dans la réflexion des études postcoloniales et subalternes. Dans le processus de production hégémonique de la ville, les pratiques populaires sont utilisées par les groupes dominants comme argument de délégitimation des populations pauvres. Le récit étant l’un des instruments indispensables de ce que j’ai appelé « urbanisme de la globalisation », c’est à travers celui-ci que le discours sur la ville se propage et prend sa force délégitimante. J’analyse cette version urbaine d’une domination de type orientaliste, et comment ce discours, qui se veut universel, se heurte aux pratiques et aux appropriations « par le bas » des groupes subalternes. La « condition subalterne » révèle une assignation identitaire exogène, attribuée à une minorité par une majorité dominante. Cependant, l’optique orientaliste nous apprend que c’est justement l’existence de cette minorité qui remet en cause l’universalisme de la condition dominante. Dans ce sens, les pratiques des groupes subalternes peuvent être lues comme les signes d’une production « postcoloniale » de la ville, qui fait pression sur l’urbanisme dominant. In this paper, I explore the articulation between discursive constructions related to a subalternization of subjects internal to society and the production of contemporary metropolises. My analysis of a condition of "metropolitan subalternity", resulting from my doctoral research, fits into postcolonial and subaltern studies. In the process of hegemonic production of the city, the dominant groups use popular practices as an argument of delegitimization of the poor. Since the narrative is an essential instrument of what I have called "globalised urban planning", it is through this that the discourse on the city spreads and takes its delegitimizing force. I analyse this urban version of an orientalist type of domination, and how this universal discourse faces the practices and appropriations "from below" by subaltern groups. The "subaltern condition" reveals an exogenous identity assignment attributed to a minority by a dominant majority. However, the orientalist theory argues that it is precisely the existence of this minority that challenges the universalism of the dominant condition. In this sense, the practices of subaltern groups can be read as signs of a "postcolonial" production of the city, which puts pressure on the dominant town planning. mar., 11 déc. 2018 00:00:00 +0100 https://revues.mshparisnord.fr:443/cultureskairos/index.php?id=1732