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    <title>Condition humaine / Conditions politiques</title>
    <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp</link>
    <language>fr</language>
    <item>
      <title>Modes de production de l’anthropologie marxiste française : héritages, critiques et perspectives contemporaines</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1645</link>
      <description>Antonio Gramsci pensait au marxisme comme à une « philosophie de la praxis », une pensée qui ne peut pas être séparée de l’activité pratique dans le monde. Cela signifiait, dans une perspective révolutionnaire, que la pensée ne pouvait que se réaliser dans l’action, en s’incarnant dans l’histoire ; mais cela signifiait aussi, d’un point de vue épistémologique, que la philosophie de la praxis pouvait faire elle-même l’objet de sa propre analyse, car elle représentait, elle aussi, une phase de l’histoire de la pensée, destinée à être dépassée par d’autres philosophies sollicitées par les transformations du monde actuel, voire par l’émergence des mondes de demain. Si l’on enlève la dimension strictement « politique » de l’intention révolutionnaire, certaines considérations faites par Gramsci à propos de la philosophie de la praxis pourraient s’adapter aussi à l’anthropologie, ne serait-ce que pour l’importance du rapport entre théorie et pratique, ou pensée et expérience, mais aussi pour l’historicité même des théories et des discours anthropologiques sur le monde et leur lien avec les transformations qui lui sont contemporaines : un rapport quelques fois organique avec l’esprit du temps, mais bien souvent un rapport décalé, l’anthropologie pouvant être une pensée inactuelle, un reflet critique du présent, ou une anticipation de futurs possibles, ou encore les trois à la fois. Pour cette raison, l’anthropologie elle aussi est inextricablement une forme de pensée et de pratique q</description>
      <pubDate>jeu., 11 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>L’invention de l’anthropologie marxiste française</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1564</link>
      <description>Au début des années 1950, les sciences sociales françaises connaissent une véritable renaissance, d’abord empirique puis conceptuelle. Sous le terme plus général d’anthropologie, l’ethnologie s’aligne de plus en plus sur les problématiques de l’anthropologie sociale et culturelle anglo-saxonne. Au tournant de ces mêmes années s’enclenche, après la mort de Staline, le mouvement complexe de la déstalinisation qui conduit à une révision idéologique mais aussi théorique de l’usage du marxisme.Quatre chercheurs vont symboliser cette révolution paradigmatique, Claude Meillassoux, Maurice Godelier, Pierre-Philippe Rey et Emmanuel Terray, mais d’autres chercheurs moins portés sur la théorie contribuent aussi à ce courant. Les différences entre leurs conceptions théoriques et politiques sont cependant très importantes, provoquant de nombreuses polémiques et excommunications réciproques. Certains insistent sur une forme de retour, plus ou moins imaginatif, à Marx, d’autres se contentent d’innover le registre des explications conceptuelles en insistant sur tel ou tel concept marxiste, voire en inventant des modes de production inédits ou allant jusqu’à élaborer une dynamique d’articulation entre ces derniers.L’auteur, qui se considère à la fois comme un contributeur et comme un témoin de ce mouvement, soulève toutefois une question qui semble largement absente des préoccupations de ce courant. En effet, le marxisme s’est toujours défini à la fois comme un point de vue théorique sur l’analyse du monde social et comme un moyen d’action politique au service des classes dominées. L’auteur insiste sur la chronologie des publications et des polémiques soulevées par ces travaux et révèle le caractère circonscrit dans le temps de ce mouvement, qui s’éteint dans les années 1980 mais qui a manifesté une forte influence sur l’anthropologie britannique puis américaine dans les décennies suivantes et même jusqu’à aujourd’hui. L’auteur présente les différentes thématiques de ses recherches sur le demi-siècle qui va de la fin des années 1960 aux années 2010 qui ont porté sur la confrérie islamique mouride du Sénégal, les classes ouvrières africaines, l’État postcolonial et la configuration des opérations de développement. Il insiste sur l’importance des rapports avec les chercheurs africains et des Suds et sur la prise en compte d’une troisième mondialisation de l’anthropologie.   French social sciences underwent à true renaissance in the early 1950’, both at an empirical and at a conceptual level. Ethnology became at last anthropology, much influenced in the beginning by the British and American traditions of social and cultural anthropology. During those same years the death of Staline in 1953 gave way to the phenomenon of destalinisation. It provoked a profound reevaluation of the so-called marxist understanding of history, especially the dogmatic and unilinear definition of social and historical evolution. This reflection led to a growing interest for anthropological topics reviewed through an expansion of the concept of mode of production to all precapitalist societies.Symbolically this exploration was conducted by four anthropologists, each of them inventing, to a certain extent, a specific marxist theorisation within anthropology: Claude Meillassoux, Maurice Godelier, Pierre-Philippe Rey and Emmanuel Terray. Of course, quite a number of anthropologists were seduced by this theoretical orientation, including the author of the paper. These differences led sometimes to heated confrontations and polemics. One must not forget the more or less explicit political dimension of marxism, some researchers being still linked to the French communist party, others being more leftists or trotskystes. Theoretical attitudes were contrasted: some were led to re-interpret the original texts of Marx and Engels and tried to build new concepts whereas others suggested new global conceptions such as that of an articulation of the modes of production either between precapitalist modes or between these and the capitalistic one. But if one is to understand marxism as both a scientific endeavour and a political commitment (no longer towards revolution though) one has to consider the intimacy of such a choice which can be understood either as a simple partisan position or as a more professional involvement in the political definition of anthropology itself.The author presents this overall movement in a chronological and thematic way. French marxist anthropology disappears, so to speak, in the 1980’ but had quite an influence on British and American traditions. Lastly the author presents a picture of his own research which has dealt with the Mourid muslim brotherhood of Senegal, the African working classes, the African postcolonial state and the anthropological making of development programs and operations. He insists on the building of a strong relationship between western researchers and researchers of the Global South and thus calls for a new making of the image of Anthropology. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>L’anthropologie à l’épreuve du marxisme</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1570</link>
      <description>Les années 1960 et 1970 ont été particulièrement riches en débats, controverses et engagements divers pour les anthropologues. Marxisme, structuralisme, études féministes étaient alors au cœur des polémiques. Cet article ne prétend pas à l’exhaustivité. Il relate la portée heuristique du recours à un marxisme revisité, notamment, en ce qui concerne les mécanismes du pouvoir, le symbolique, l’essentialisme, les changements sociaux, les rapports de genre, en s’appuyant sur les travaux d’anthropologues marxistes. Parallèlement il fait état des effets de la conjoncture idéologique sur les recherches menées par l’auteure sur les migrations soninkés, en France et au Mali ; la manière dont elle s’est alors située théoriquement et pratiquement. The 1960s and 70s were a fertile period for debates, controversies, and diverse engagements among anthropologists. Marxism, structuralism, feminist studies were at the center of these debates. This article does not claim to be comprehensive. It discusses the heuristic value of employing a reinterpreted Marxism, particularly concerning mechanisms of power, symbolism, essentialism, gender and social changes, drawing on the works of Marxist anthropologists. Concurrently, it examines the impact of this ideological context on the author’s research on Soninké migration in France and Mali, and how it was situated both theoretically and practically. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>« Faire du musée un champ de batailles »</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1580</link>
      <description>Dans ce livre, Françoise Vergès dessine la topographie d’une mise à l’épreuve critique du modèle du musée occidental, dans la perspective de sa décolonisation. Le lisant ici dans une visée agonistique, ce sont au moins trois opérations contribuant à son désarmement que l’on peut y repérer et dont il est possible de s’équiper dans la visée de la destitution de ce dispositif. D’abord l’introduction de nouvelles entités au sein de l’espace de véridiction du musée européen, lieu de présence d’êtres contenus, parmi lesquels les personnes racisées et précarisées, dans des rapports de subordination et de domination, de visibilité et d’invisibilité. Ensuite une attention portée aux mécanismes de la destitution de la puissance politique des œuvres et de l’esthétisation du décolonial, aux motifs d’un antiracisme néolibéral, d’un multiculturalisme pacificateur. Enfin la critique du fonctionnement du musée en régime d’objet, cadre épistémique inscrivant les vies dominées dans l’appareillage narratif des dominants. In this book, Françoise Vergès outlines the topography of a critical testing of the Western museum model, with a view to its decolonization. Reading it here with an aim for agonistic, at least three operations, contributing to its disarmament, can be identified and be used to depose this dispositive. First, the introduction of new entities within the space of veridiction of the European museum, a place of presence of beings, including racialized and precarious people, contained in relationships of subordination and domination, of visibility and invisibility. Then, attention is paid to the mechanisms of the destitution of the political power of works, and of the aestheticization of the decolonial, at the reason of neoliberal anti-racism, of a pacifying multiculturalism. Finally, the critique of the museum as operating in an regime of object, an epistemic framework inscribing dominated lives within the narrative apparatus of the dominant. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Anthropologie et marxisme : années 1950-1970</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1593</link>
      <description>Cet article retrace la tentative de l’auteur de réconcilier engagement politique et recherche scientifique durant les années 1950-1970. Son éveil politique pendant la décolonisation, notamment la guerre d’Algérie, suscita un désir de rupture avec sa société bourgeoise d’origine, tandis que sa formation intellectuelle le conduisit vers l’anthropologie par l’œuvre de Lévi-Strauss. Il se trouva ainsi partagé entre un marxisme politique et un structuralisme académique. Son projet central consista à unifier ces positions en cernant les limites du structuralisme : matérialisme transcendantal, réduction de la pratique au discours, exclusion de la production matérielle et des rapports de pouvoir – soit précisément les domaines où Marx situait le changement historique. Les apports de Georges Balandier sur le conflit et le désordre, la reconceptualisation althussérienne du marxisme comme analyse de totalités complexes, et l’analyse balibarienne des rapports de production fournirent les outils théoriques d’une anthropologie marxiste. L’auteur dresse un bilan critique de l’échec de cette synthèse dans l’université française, qu’il attribue tant à l’application théorique défaillante qu’à l’abandon du marxisme par les intellectuels français après 1975. Il conclut en prédisant une redécouverte du pouvoir analytique marxiste, la convergence entre engagement politique et recherche anthropologique demeurant selon lui possible et nécessaire. This article recounts the author’s attempt to reconcile political engagement with scientific inquiry during the 1950s-70s. His political awakening during decolonization, particularly the Algerian War, created a desire to break with the bourgeois society from which he came, while his intellectual formation led him to anthropology through Lévi-Strauss’s work. This created an uncomfortable split between being a Marxist politically and a structuralist academically. His central project became unifying these positions by identifying structuralism’s limitations: its transcendental materialism, reduction of practice to discourse, and exclusion of material production and power relations–precisely where Marx located historical change. Georges Balandier’s work on conflict and disorder, Louis Althusser’s reconceptualization of Marxism as analyzing complex totalities, and Étienne Balibar’s analysis of production relations provided theoretical tools for developing a Marxist anthropology. The author critically assesses this synthesis’s ultimate failure in French academia, attributing it to inadequate theoretical application and the broader abandonment of Marxism by French intellectuals after 1975. He concludes by predicting Marxism’s eventual rediscovery, arguing that the convergence of political engagement and anthropological inquiry remains both possible and necessary. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Anthropologie de la libération : du marxisme au communisme libertaire</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1602</link>
      <description>Pendant dix-huit siècles, la succession des trois monothéismes a utilisé la transcendance divine pour promouvoir un nouveau message, l’égale dignité de tous les hommes. À partir du xiiie siècle, cette promotion s’est interrompue et s’y est substituée une confrontation entre le rationalisme exporté par l’islam et les deux premiers monothéismes. Celle-ci explique toute l’histoire de la philosophie jusqu’à la fin du xviiie siècle et aussi l’histoire tout court, car 1) en renversant la transcendance divine, la rationalité a libéré les forces, principalement celles de la paysannerie, opprimées par les pouvoirs qui s’appuyaient sur cette transcendance, ce qui a culminé dans la Révolution française et 2) en renversant le message universaliste, elle a promu le capitalisme, qui a peu à peu annulé tout ce que les peuples avaient gagné. Après que l’espoir mis dans les révolutions « prolétariennes » s’est effondré, il reste celui du communisme libertaire, qui ne peut se réaliser qu’à partir d’une paysannerie puissante reconquérant son autonomie. Ce qui nous y mènera est l’autodépassement de la théologie de la libération en anthropologie de la libération. For 18 centuries, the succession of three monotheistic religions used divine transcendence to promote a new message: the equal dignity of all human beings. From the 13th century onwards, this promotion was interrupted and replaced by a confrontation between the rationalism exported by Islam and the first two monotheistic religions. This explains the entire history of philosophy until the end of the 18th century, and also History itself, because 1) by overturning divine transcendence, rationality liberated forces, mainly those of the peasantry, oppressed by the powers that relied on this transcendence, culminating in the French Revolution, and 2) by overturning the universalist message, it promoted capitalism, which gradually undid everything that the people had gained. After the hope placed in the “proletarian” revolutions collapsed, what remains is that of libertarian communism, which can only be achieved by a powerful peasantry regaining its autonomy. What will lead us there is the self-transcendence of Liberation Theology into Liberation Anthropology. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>La subsistance. Entretien avec Geneviève Pruvost </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1614</link>
      <description>L’entretien a été proposé à Geneviève Pruvost à la suite de la parution de son dernier ouvrage, La subsistance au quotidien, consacré à la question de la subsistance et à la politique du quotidien. Ce livre, publié en 2024, constitue le deuxième tome d’un vaste projet entamé avec Quotidien politique (La Découverte, 2021). Alors que ce premier volume adoptait une approche plus théorique et analytique, interrogeant les outils conceptuels permettant de penser la politisation du quotidien et la critique du productivisme, La subsistance au quotidien déplace le regard vers l’expérience concrète des pratiques ordinaires : cultiver, réparer, échanger, habiter, prendre soin.Sociologue au CNRS, Geneviève Pruvost s’est d’abord illustrée par ses recherches sur le genre, les institutions policières et la violence. Ses premiers travaux, notamment Profession : policier. Sexe : féminin (Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2007) et, avec Coline Cardi, Penser la violence des femmes (La Découverte, 2012), ont marqué la sociologie du genre et du travail en interrogeant la présence féminine dans des milieux traditionnellement masculins et la fabrique de la violence légitime en tension entre normes de genre et pratiques professionnelles.Avec Quotidien politique (La Découverte, 2021) puis La subsistance au quotidien (La Découverte, 2024), elle poursuit une réflexion au long cours sur les formes de vie sobres, écologiques et égalitaires, envisagées comme autant de pratiques politiques discrètes mais puissantes. En articulant sociologie, écologie et critique féministe, elle met au jour les manières dont la subsistance peut être comprise non comme une simple nécessité matérielle, mais comme un champ d’expérimentation politique et existentiel.C’est dans cette perspective que nous avons souhaité dialoguer avec elle, afin de revenir sur la genèse de ce projet, sur ses continuités avec ses recherches antérieures et sur la portée critique et émancipatrice qu’elle confère à la notion de subsistance. The interview was proposed to Geneviève Pruvost following the publication of her latest book, La subsistance au quotidien, devoted to the question of subsistance and the politics of everyday life. Published in 2024, this book is the second volume of a vast project that began with Quotidien politique (La Découverte, 2021). While the first volume took a more theoretical and analytical approach, examining the conceptual tools used to think about the politicization of everyday life and the critique of productivism, La subsistance au quotidien shifts the focus to the concrete experience of ordinary practices: cultivating, repairing, exchanging, inhabiting, caring.A sociologist at the CNRS, Geneviève Pruvost first made a name for herself with her research on gender, police institutions, and violence. Her early work, notably Profession : policier. Sexe : féminin (Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2007) and, with Coline Cardi, Penser la violence des femmes (La Découverte, 2012), made their mark on the sociology of gender and work by questioning the presence of women in traditionally male-dominated environments and the construction of legitimate violence in the tension between gender norms and professional practices.With Quotidien politique and then La subsistance au quotidien, she continues her long-term reflection on sober, ecological, and egalitarian ways of life, considered as discreet but powerful political practices. By articulating sociology, ecology, and feminist criticism, she reveals the ways in which subsistance can be understood not as a simple material necessity, but as a field of political and existential experimentation.It is from this perspective that we wanted to talk to her, in order to revisit the genesis of this project, its continuities with her previous research, and the critical and emancipatory significance she attaches to the notion of subsistence. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Encounters with Organic Intellectuals in Nicaragua and Indonesia: An Anthropology of Political Practice</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1616</link>
      <description>This article proposes a conceptual framework for anthropologists who wish to study everyday political practice. The authors develop this framework based on their encounters with their favourite interlocutors, whom they consider to be “organic intellectuals” in Gramsci’s sense, deeply rooted in their communities. The three components of the analytical framework–Eigensinn, empathy, and strategy–enable them to understand politics wherever people engage critically with oppressive power structures. The two authors experiment with a form of ethnographic writing that allows them to bring their field experiences into dialogue, one in Nicaragua and the other in Indonesia. They are drawn to the capacity of their interlocutors in using their reason to conduct analysis exposing the causes of injustice and to their efforts to bring about change. This everyday political practice is particularly courageous in contexts such as Indonesia and Nicaragua, where critics are isolated and persecuted, and where spaces for developing critical analysis through discussion are closed. Cet article propose un cadre conceptuel aux anthropologues qui souhaitent étudier la pratique du politique au quotidien. Les autrices le développent à partir de leurs rencontres avec leurs interlocuteurs privilégiés, qu’elles considèrent comme des « intellectuels organiques » au sens de Gramsci, profondément ancrés dans leurs communautés. Les trois volets du cadre analytique – l’Eigensinn, l’empathie et la stratégie – leur permettent d’appréhender la politique partout où les gens s’engagent de manière critique contre les structures oppressives du pouvoir. Les deux autrices expérimentent une forme d’écriture ethnographique qui leur permet de mettre en dialogue leurs expériences de terrain, l’une au Nicaragua et l’autre en Indonésie. Elles sont attirées par la capacité de leurs interlocuteurs d’utiliser leur raison pour mener une analyse exposant les causes de l’injustice et par leurs efforts pour apporter des changements. Cette pratique politique quotidienne est particulièrement courageuse dans des contextes comme l’Indonésie et le Nicaragua, où les critiques sont isolées et persécutées, et où les espaces permettant de développer une analyse critique par la discussion sont fermés. </description>
      <pubDate>lun., 01 déc. 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>Introduction</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1548</link>
      <description>La prise de conscience progressive de la crise environnementale globale, dans les contextes les plus divers, motive des mobilisations politiques aux nuances parfois dissonantes. La détérioration de la planète pousse en effet les contemporains à l’action, selon des modalités qui, cependant, s’éloignent parfois de l’écologie politique telle qu’elle s’est structurée dans les institutions. Loin d’être unanimement progressistes, les mobilisations observées peuvent surprendre par les solutions qu’elles tentent d’apporter à la dégradation de l’environnement et aux problèmes qui en découlent. L’inquiétude se manifeste de manière variée, et les réponses politiques élaborées par les différents acteurs divergent. Les articles de la série « Angoisses environnementales et radicalités politiques », réunis dans ce numéro de varia par Catherine Neveu et Michela Fusaschi, que nous avons ensuite édités, décrivent tous des imaginaires politiques imprégnés d’inquiétude environnementale, voire d’éco-anxiété, et sont animés par la volonté d’y fournir des réponses concrètes. Le changement climatique, la pénurie d’énergie consécutive à la reprise économique post-Covid, la perte de biodiversité : l’ensemble de ces crises, qui se cumulent, diffuse une appréhension vague, une sensation pénible de malaise, une conscience trouble d’un danger indéfini, qui nourrit un profond sentiment d’impuissance. La peur, alimentée, d’un côté, par le spectacle médiatique des catastrophes environnementales et, de l’autr</description>
      <pubDate>mar., 25 mars 2025 00:00:00 +0100</pubDate>
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      <title>L’antropologia femminista nella tormenta. Perché il genere rimane una categoria analitica necessaria</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1399</link>
      <description>L’articolo ricostruisce la recente controversia nata in occasione della conferenza annuale dell’American Anthropological Association (AAA) e della Canadian Anthropology Society (CASCA), tenutasi a Toronto nel novembre del 2023. Nell’imminenza dell’evento, le due associazioni avevano annullato un panel, in precedenza accettato, proposto da cinque studiose – tre statunitensi, una canadese e una spagnola –, autodefinitesi femministe gender-critiche, le quali affermavano che solo la categoria di sesso, e non quella di genere, è da ritenersi adeguata a definire le “vere donne” nella ricerca sul campo. L’articolo ricostruisce poi la polarizzazione delle reazioni a questa cancellazione: da una parte quelle in favore delle paneliste, che denunciavano una censura in relazione alla libertà di espressione; dall’altra quelle delle due associazioni, che motivavano in realtà la soppressione per tutelare, tra le altre, le persone transgender che si erano sentite minacciate, anche alla luce delle vicende che avevano già coinvolto le studiose, ritenute razziste, sessiste e portatrici di tesi antiscientifiche. L’articolo riflette inoltre su più punti. Il primo è quello dell’uso del termine “femminismo” in antropologia, che andrebbe, stante queste vicende, sempre aggettivato, in considerazione dei rischi di una sua strumentalizzazione politica in questo particolare momento storico. Il secondo è quello dei pericoli delle visioni fondate su un rigido binarismo sessuale, già storicamente confutato tanto dalle scienze biologiche quanto da quelle sociali, in primis l’antropologia di genere e femminista. Infine, respingendo tutti gli essenzialismi, l’articolo evidenzia come un’antropologia – e un’etnografia – critica e politica di genere (critical and political anthropology of gender), che incorpori il posizionamento femminista e queer sulle sessualità studiando le asimmetrie di potere, costituisca una netta presa di distanza da un’antropologia che critica e nega il genere (critical anthropology on gender). « L’anthropologie féministe dans la tourmente. Pourquoi le genre reste une catégorie analytique nécessaire »Cet article revient sur la récente dispute qui a éclaté lors de la conférence annuelle de l’American Anthropological Association (AAA) et de la Société canadienne d’anthropologie (CASCA) qui s’est tenue à Toronto en novembre 2023. Avant l’événement, les deux associations avaient annulé une table ronde, qui avait été précédemment acceptée, proposée par cinq universitaires – trois États-uniennes, une Canadienne et une Espagnole – se qualifiant elles-mêmes de féministes critiques du genre. Dans leur présentation, elles affirmaient que seule l’utilisation de la catégorie de sexe, et non celle de genre, était adéquate pour définir les « vraies femmes ». Ce texte reconstruit également la polarisation des réactions à cette annulation : les unes en faveur des panélistes qui ont dénoncé la censure s’exerçant à l’encontre de la liberté d’expression ; les autres venant des deux associations, qui ont justifié la suppression par la volonté de protéger, entre autres, les personnes transgenres qui s’étaient senties menacées, prenant en compte d’autres événements auxquels s’étaient déjà trouvées mêlées ces panélistes réputées racistes, sexistes et porteuses de thèses contraires à la science.Cet article se penche enfin sur plusieurs questions. La première concerne l’utilisation du terme « féminisme » en anthropologie, qui devrait toujours être qualifié, compte tenu des risques d’instrumentalisation politique qui lui sont liés dans ce moment historique particulier. La seconde porte sur les dangers que font courir des visions basées sur un binarisme sexuel rigide déjà historiquement démenti par les sciences biologiques comme par les sciences sociales, notamment l’anthropologie du genre. Enfin, rejetant tous les essentialismes, ce texte montre comment l’anthropologie et l’ethnographie critiques et politiques du genre qui intègrent les positionnements féministe et queer sur les sexualités, c’est-à-dire l’étude des asymétries de pouvoir, constituent une rupture claire avec une anthropologie qui critique et nie le genre (anthropologie critique à l’égard du genre). “Feminist Anthropology in the Storm. Why Gender Remains a Necessary Analytic Category” This paper reconstructs the controversial debate that sparked off at an annual meeting of the American Anthropological Association and the Canadian Anthropological Association in Toronto held in November 2023. In the run-up to the event, the two associations cancelled a previously accepted panel that was chaired by five scholars. The panellists were three Americans, one Canadian, and one Spanish scholar who self-identified as gender-critical feminists. The panellists were to argue that only the category of sex, not gender, was adequate to define who the “real women” were to be studied in the field. The article also reconstructs the polarisation of responses to this cancellation: on the one hand, those who stood up for the panellists, and decried the censorship they had been subjected to, by mobilising freedom of expression; on the other, from the members of the two associations who upheld the calling off in order to protect, among others, transgender people who felt threatened by previous facts that had implicated the panellists, which had led them to be accused of being racist, sexist and anti-scientific. The article concludes with some observations. The first remark concerns the use of the term feminism in anthropology, which, given the situation under scrutiny, ought to always be adjectival, given the risks of its political instrumentalisation in this moment of history. The second observation concerns the perils linked to visions based on a rigid sexual binarism. These visions have been historically refuted by both biological and social sciences, especially by gender anthropology. Finally, rejecting all essentialisms, the article highlights how a critical and political anthropology and ethnography of gender that incorporates feminist and queer perspectives on sexualities, and thus studies asymmetric power relations, constitutes a clear departure from an anthropology that critiques and denies gender (gender-critical anthropology). </description>
      <pubDate>mer., 25 sept. 2024 00:00:00 +0200</pubDate>
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