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    <title>Varia</title>
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    <category domain="http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=71">Numéros</category>
    <language>fr</language>
    <pubDate>ven., 27 janv. 2023 10:55:19 +0100</pubDate>
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      <title>Les espaces pluriels d’une revue d’anthropologie du politique </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1151</link>
      <pubDate>mer., 28 juin 2023 13:18:54 +0200</pubDate>
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      <title>Les faux-semblants du discours sur l’état de droit : les visages de la paix en Haïti </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1023</link>
      <description>Les justifications de l’ingérence internationale dans les affaires domestiques haïtiennes qui dominent les espaces politiques, médiatiques et diplomatiques prennent le plus souvent la forme de discours portant sur la « construction de la nation », « l’état de droit » et le « maintien de la paix ». Au cours des deux dernières décennies, le vocabulaire de l’État social, de la solidarité, de l’égalité économique, de la justice sociale, a fait place à celui de l’État de droit, de la stabilisation et de la sécurité. Cette logique est claire : la loi garantit l’ordre, l’ordre assure la sécurité, et la sécurité la stabilité ; celle-ci mène à la paix, et la paix facilite la transition vers une nation démocratique, prérequis d’un commerce international avantageux. Cependant, cette rhétorique légitime des pratiques guerrières. En effet, les Nations unies se sont mises à occuper le terrain institutionnel et géographique de ce pays connu pour avoir enduré l’une de forces de maintien de la paix les plus importantes et longues de l’histoire. En adoptant une nouvelle stratégie réglée par le chapitre VII, « Actions en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression » de la Charte des Nations unies, la présence internationale a souvent pris la forme d’offensives militaires contre-insurrectionnelles menées conjointement par la police et l’armée. Dès lors, il semblerait plutôt que, dans les faits, la paix promue ait le visage de la violence. Cet article, rédigé à partir d’une recherche ethnographique sur la relation entre la justice d’État et différentes formes de justice alternative, menée en Haïti entre 2016 et 2021, prend position et vise à faire entendre un autre récit de la violence et de la paix en Haïti. Sa vocation critique consiste à démêler, d’une part, les discours qui justifient des formes de violence spécifiques au nom de la paix et, d’autre part, les discours culturalistes qui dépeignent la violence et l’anarchie en Haïti comme des caractéristiques à la fois culturelles et endémiques. Parce que la souffrance qu’endure la population n’est ni fortuite ni propre à sa culture, et que l’extrême instabilité politique qui mine Haïti aujourd’hui n’est pas accidentelle : elles sont le produit d’une histoire où la communauté internationale est impliquée au plus haut point. “The Fallacy of the Rule of Law Discourse: The Faces of Peace in Haiti”The justifications for international interference in Haitian domestic affairs that dominate political, media and diplomatic spaces most often take the form of a rhetoric about “nation building,” “rule of law” and “peacekeeping.” Over the past two decades, the vocabulary of the social state, of solidarity, of economic equality, of social justice, has given way to that of the rule of law, of stabilization and security. The logic is clear: law guarantees order, order ensures security, and security ensures stability, which leads to peace, and peace facilitates the transition to a democratic nation, a prerequisite for beneficial international trade. However, this rhetoric legitimizes warlike practices. Indeed, the United Nations began to occupy the institutional and geographical terrain of this country, known for having endured one of the largest and longest peacekeeping forces in history. Adopting a new strategy regulated by “Chapter VII: Actions with Respect to Threats to the Peace, Breaches of the Peace, and Acts of Aggression” of the UN Charter, the international presence has taken the form of counterinsurgency military offensives conducted jointly by the police and the army. It would seem, therefore, that in reality, the peace being promoted has the face of violence. This article, based on ethnographic research conducted in Haiti between 2016 and 2021 on the relationship between state and non-state justice, aims to voice an alternative narrative of violence and peace in Haiti. Its critical vocation is to disentangle, on the one hand, the discourses that justify specific forms of violence in the name of peace and, on the other, the culturalist discourses that portray violence and lawlessness in Haiti as both cultural and endemic. Because the suffering that the population endures is neither accidental nor culturally specific, and the extreme political instability that undermines Haiti today is not accidental: it is the product of a history that involves the international community to the greatest extent. </description>
      <pubDate>mar., 06 juin 2023 17:36:08 +0200</pubDate>
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      <title>Le bolsonarisme, une anomalie historique ? Le préjugé progressiste face au vote d’extrême droite </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1035</link>
      <description>Cet article s’intéresse aux causes profondes du vote en faveur de Jair Bolsonaro, leader d’extrême droite devenu président du Brésil en 2018, à la stupéfaction de nombreux commentateurs, et candidat malheureux à sa réélection en 2022. Il repose sur deux enquêtes de terrain, l’une réalisée par les étudiants du Département d’anthropologie de l’Université de Campinas, l’autre, qui portait sur un quartier d’habitat précaire à Rio de Janeiro, par l’auteur. L’article part des hypothèses suivantes, contraires aux convictions progressistes : 1) le bolsonarisme ne se réduit pas à un phénomène transitoire, produit d’une conjoncture économique et politique très particulière, mais plonge ses racines dans l’histoire et la culture politiques brésiliennes ; 2) l’identification du bolsonarisme au fascisme nous empêche de comprendre les raisons du vote en sa faveur. En effet, l’analyse des discours de Bolsonaro et de ses électeurs révèle que ce vote met en œuvre un certain imaginaire démocratique, qui place la liberté au centre de ses valeurs, assigne une signification ethnoculturelle à la notion de majorité et considère l’État interventionniste comme une menace. Comble du paradoxe, cet imaginaire peut inspirer des tentatives de coup d’État et d’installation de régimes autoritaires prétendant protéger la démocratie contre ce qui serait son principal ennemi : le socialisme. L’article souligne enfin la difficulté épistémologique que pose le fait d’approcher un imaginaire politique si contraire aux convictions progressistes que partagent de nombreux anthropologues, pour des raisons personnelles et professionnelles. “Bolsonarism, a Historical Anomaly? Progressive Prejudice Grappling with the Far-Right Vote”This paper focuses on the root causes accounting for the vote for Jair Bolsonaro, the far-right leader who —to the amazement of many commentators— became president of Brazil in 2018 but lost his re-election bid in 2022. The analysis is based on two fieldworks: one carried out by students from the Department of Anthropology of the University of Campinas, the other by the author of this article, which focused on a working-class neighbourhood in Rio de Janeiro. This paper relies on the following assumptions, in opposition to progressive beliefs: 1) Bolsonarism should not be reduced to a transitory phenomenon, deriving from a very particular economic and political situation, since it has its roots in Brazilian political history and culture; 2) the identification of Bolsonarism with fascism is a hindrance to understanding why people cast their ballot for this movement. Indeed, the analysis of Bolsonaro’s speeches and of his voters’ ideas suggests that Bolsonarism mobilizes certain democratic imaginary, which places freedom at the core of its values, assigns an ethnocultural significance to the notion of majority and considers state intervention as an existential threat. And the greatest paradox is this imaginary may very well inspire coups and authoritarian regimes for the sake of safeguarding democracy against its allegedly enemy: socialism. The paper concludes on the epistemological difficulty of approaching this political imaginary so contrary to the progressive beliefs shared by many anthropologists, for personal and professional reasons. </description>
      <pubDate>jeu., 15 juin 2023 17:07:33 +0200</pubDate>
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      <title>La crise socio-sanitaire aux Antilles. Entre défiance généralisée et exacerbation des affirmations identitaires </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1053</link>
      <description>La pandémie mondiale de maladie à coronavirus 2019 (Covid-19) a incontestablement agi aux Antilles comme le révélateur et le catalyseur de malaises profonds. Sur une toile de fond où plusieurs crises et scandales se télescopent, elle a plongé la Guadeloupe et la Martinique dans une situation de crise aux dimensions et aux prolongements multiples. Au-delà des enjeux lui préexistant, elle a contribué à relancer une interrogation récurrente sur le rapport à l’État et à la République, et à exacerber des affirmations identitaires qui tendent désormais à s’imposer comme une forme privilégiée d’expression politique. “The Socio-Health Crisis in the French Antilles. Between General Mistrust and Exacerbation of Identity Affirmations”In the French Antilles, the global pandemic related to Covid-19 has, undoubtedly, worked as an eye-opener and a catalyst of more profound malaises. Against a backdrop of numerous prior crises or scandals, Guadeloupe and Martinique has then undergone a deepening, multi-faceted crisis situation. Unfolding upon pre-existing issues, it has been the driving force in rekindling the questioning around the relationship with the French state and the Republic, as well as exacerbating identity affirmations which are emerging as privileged forms of political expression. </description>
      <pubDate>dim., 18 juin 2023 16:28:57 +0200</pubDate>
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      <title>An Anti-Modern Woman in Power: Giorgia Meloni and the New Right Government in Italy </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1089</link>
      <description>On 25 September 2022, following an unprecedented electoral campaign across the summer, the Italian general election entrusted the government of Italy to Giorgia Meloni, the leader of Fratelli d’Italia, the heir to the political culture of the Italian Social Movement and fascism. The warning against of the threat represented by a new right-wing authoritarianism ascending to power failed to mobilise the electorate, and the victory, widely predicted by the polls and built on a process of legitimisation, brought a right-wing woman to the Presidency of the Council for the first time. This article reconstructs the process, the scenario and the ideological horizon of this political phase. It is the outcome of the decade-long instability of a traditionally rigid political landscape. For years, the “crisis of politics” had led to a strong polarisation that overcame the traditional right-left alignments and manifested itself in an anti-system and anti-European rhetoric (endorsed by Lega and Movimento 5 Stelle). These movements had to reckon with the “national unity” governments in the wake of the Covid-19 crisis, a circumstance that favoured Giorgia Meloni and the post-fascists who remained in the opposition. This “normalisation” of the right, which took over the political legacy of “Berlusconism” that legitimised it, was epitomised in the “Trieste Theses” by highlighting the themes of identitarianism and “European integrationism”: the fight against multiculturalism, the anti-Western philosophies of 1968, the anti-Enlightenment. Another powerful ideological element is the “peopolisation” of Meloni, incarnated in the intimate tone and political emotion of the autobiography Io sono Giorgia, as a mediatised morality tale of a successful “outsider”. A symbolic construction that reached its acme in the inauguration speech where Giorgia Meloni evoked “the piercing of the glass ceiling”, thus instrumentalising feminisms, which was immediately contradicted by her policies and the vision of the “natural family”, promoted by means of in a large anti-gender, anti-abortion and against the so-called “womb for rent” crusade. « Une femme antimoderne au pouvoir : Giorgia Meloni et le gouvernement de la nouvelle droite en Italie »Le 25 septembre 2022 en Italie, au terme d’une campagne estivale sans précédent, les élections générales ont confié le gouvernement de l’Italie à Giorgia Meloni, leader du parti Fratelli d’Italia, dernier héritier de la culture politique du Mouvement social italien et du fascisme. Évoquer le danger d’un nouvel autoritarisme de droite n’a pas mobilisé l’électorat, et la victoire, largement prédite par les sondages et construite par un chemin de légitimation, a porté pour la première fois une femme, de droite, à la présidence du conseil. Cet article reconstitue le processus, le scénario et l’horizon idéologique de cette phase. Le point de départ est l’instabilité, depuis une décennie, d’un paysage politique traditionnellement rigide. Depuis des années, la « crise de la politique » a donné lieu à une forte polarisation, qui l’a emporté sur les alignements traditionnels droite/gauche et s’est manifestée dans une alliance antisystème et anti-européenne (Ligue et Mouvement 5 étoiles). Ces mouvements ont dû composer avec les gouvernements « d’unité nationale » liés à l’urgence créée par le Covid-19, une circonstance qui a favorisé Giorgia Meloni et les postfascistes, qui étaient restés dans l’opposition à l’époque. Cette « normalisation » de la droite, assumant l’héritage politique du « berlusconisme » qui la légitimait, s’est exprimée sur le plan idéologique dans les « thèses de Trieste » qui résumaient les thèmes de l’identitarisme et de l’« intégrationnisme européen » : la lutte contre le multiculturalisme, les philosophies anti-Occident de 1968, l’anti-Lumières. Un autre élément idéologique fort est la « peopolisation » de Meloni, le ton intimiste et l’émotion politique de l’autobiographie Io sono Giorgia, comme conte moral médiatisé, celui d’une « underdog ». Une construction symbolique qui a culminé lors de son entrée en fonctions, au cours de laquelle Giorgia Meloni a évoqué « la rupture du plafond de verre », dans un rapport instrumental avec les féminismes, immédiatement contredit par ses choix politiques et la vision de la « famille naturelle » qu’elle a reprise et relancée dans une vaste croisade antigenre, anti-avortement et contre ce qu’elle nomme l’« utérus à louer ». «Una donna antimoderna al potere: Giorgia Meloni e il nuovo governo di destra in Italia»Il 25 settembre 2022, dopo una campagna elettorale estiva senza precedenti, le elezioni politiche italiane hanno affidato il governo del Paese a Giorgia Meloni, leader del partito Fratelli d’Italia, ultima erede della cultura politica del movimento sociale italiano e del fascismo.L’evocazione del pericolo di un nuovo autoritarismo di destra non è riuscito a mobilitare l’elettorato e la vittoria, ampiamente prevista dai sondaggi e costruita attraverso un percorso di legittimazione, ha portato per la prima volta una donna di destra alla Presidenza del Consiglio. Questo articolo ricostruisce il processo, lo scenario e l’orizzonte ideologico di questa fase. Il punto di partenza è stata la decennale instabilità di un panorama politico tradizionalmente rigido. Per anni, la «crisi della politica» ha portato a una forte polarizzazione che ha superato i tradizionali schieramenti destra-sinistra e si è manifestata in chiave antisistemica e antieuropea (Lega e Movimento 5 Stelle). Questi movimenti hanno dovuto fare i conti con i governi di «unità nazionale» legati all’emergenza Covid-19, circostanza che ha favorto Giorgia Meloni e i post-fascisti rimasti all’opposizione in quel periodo. Questa «normalizzazione» della destra, che raccolse l’eredità politica del «berlusconismo» che la legittimava, ha trovato la sua espressione ideologica nelle «Tesi di Trieste», che riassumono i temi dell’identitarismo e dell’«integrazionismo europeo»: la lotta al multiculturalismo, le filosofie anti-occidentali del 1968, l’anti-illuminismo. Un altro elemento ideologico forte è la «Peopolisation» della Meloni, attraverso il tono intimo e l’emozione politica dell’autobiografia Io sono Giorgia, come racconto morale mediatizzato di una «underdog». Una costruzione simbolica culminata nel discorso di insediamento, durante la quale Giorgia Meloni ha evocato «la rottura del soffitto di cristallo», in un rapporto strumentale con i femminismi, subito contraddetti dalle loro politiche e dalla visione della «famiglia naturale», ripresa e rilanciata in una vasta crociata anti-gender, anti-aborto e contro il cosiddetto «utero in affitto». </description>
      <pubDate>mer., 21 juin 2023 23:53:30 +0200</pubDate>
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      <title>Le Brésil, entre la catastrophe et la nouvelle composition du travail </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1029</link>
      <description>L’article propose un bilan de la situation politique brésilienne, c’est-à-dire de la catastrophe qui a mené Jair Bolsonaro à gagner les élections présidentielles en 2018. L’essor de l’extrême droite au Brésil est analysé dans la perspective de ses dynamiques globales, d’une part, et des facteurs propres au Brésil, d’autre part. Ces deux processus sont vus comme des phases spécifiques de l’émergence générale d’un fascisme de type nouveau. Notre approche consiste donc à situer le débat dans le contexte de deux inflexions majeures : tout d’abord, la dérive qui affecte les conflits sociaux, et ensuite, les transformations de la composition du travail. La société contemporaine est traversée par de profonds processus de fragmentation sociale, dont le moteur est la mise en place de dispositifs de mobilisation du travail qui perpétuent et amplifient la crise du salariat. Un émiettement croissant de la société rend la composition sociale de plus en plus floue. Les clivages traditionnels qui définissent les figures de l’ami et de l’ennemi se brouillent. Mais, loin de disparaître, ces figures circulent et multiplient les conflits dans toutes les directions. La violence qui en découle aboutit, d’une part, à une demande croissante de désignation de l’ennemi et, d’autre part, à une nouvelle dynamique de guerre. Un fascisme de type nouveau se propage sur ce terrain, avec sa capacité à conduire des guerres culturelles, et même réelles. Or, la véritable impasse que connaît le Brésil se trouve du côté des difficultés à appréhender la nouvelle composition du travail. Pour contribuer à renouveler l’effort de compréhension des transformations du travail et de recomposition urgente des politiques d’émancipation, cet article propose de rappeler les termes du débat sur l’énigme de la nouvelle composition du travail. Dans les années 2010, au Brésil, ce débat aujourd’hui oublié s’articulait autour de la notion de « nouvelle classe moyenne ». Nous en analysons les enjeux, notamment du point de vue du rapport entre le travail hors salariat et la distribution du revenu. “Brazil, between the Catastrophe and the New Composition of Labour”The article offers an assessment of the Brazilian political situation, namely the disaster that led to Jair Bolsonaro’s winning the presidential elections in 2018. The rise of the far right in Brazil is analyzed, on the one hand, in the perspective of its global dynamics and, on the other hand, of the specific Brazilian context. Both processes are envisaged as idiosyncratic phases of the emergence of a new type of fascism. The aim is therefore to situate the debate in the context of two major trends: first, the slippery slopes where that social conflicts are evolving and, second, the transformations in the composition of labour. Contemporary society is increasingly impacted by profound processes of social fragmentation, whose driving force is the establishment of labor mobilization mechanisms that perpetuate and amplify the crisis of salaried employment. The growing social fragmentation makes the social composition more and more fuzzy. The traditional divisions that produce the figures of friend and foe are blurred. But, far from disappearing, these figures circulate and prompt the outbreak of multidirectional conflicts. The resulting violence mutates, on the one hand, into a growing demand for who the foe is and, on the other hand, into a new dynamic of warfare. The new type of fascism is growing on this terrain, with its renewed ability to wage culture wars and even real wars. However, the real impasse where Brazil stands lies with the difficulties of apprehending the new composition of labour. A contribution to renewing efforts for understanding the transformations of labour and an urgent recomposition of emancipation policies, the article proposes to reconstruct the debate on the conundrum of the new composition of labour. In the 2010s, in Brazil, this now forgotten debate revolved around the notion of the “new middle class”. We reconstruct the issues at stake, particularly from the point of view of the relationship between non-salaried work and the distribution of revenue. </description>
      <pubDate>mar., 06 juin 2023 18:42:22 +0200</pubDate>
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      <title>Se professionnaliser dans l’exil par la musique. Le cas d’un musicien de l’orchestre Orpheus XXI (Jordi Savall) </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1041</link>
      <description>Orpheus XXI est un orchestre créé par le chef d’orchestre et gambiste catalan Jordi Savall en 2016 grâce à une subvention du programme Europe Créative de l’Union européenne. Cet orchestre s’adresse à des musiciens et musiciennes en situation de migration. Il leur permet de continuer à exercer leur métier d’interprète dans l’exil, et de l’enrichir par une activité de transmission auprès de jeunes et d’enfants rencontrés à l’occasion d’ateliers pédagogiques. Ces ateliers fonctionnent comme des instances de transmission des répertoires musicaux dont ces artistes sont les maîtres. Le projet s’est implanté en France, en Espagne (Catalogne) et en Norvège, de 2016 à 2018. Depuis 2018, des ateliers pédagogiques se développent en Allemagne (Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, NRW) sous le nom d’Orpheus XXI NRW.Cet article étudie le parcours, la biographie et la carrière d’un musicien réfugié de l’orchestre Orpheus XXI NRW, Azad Helez. Ces trois notions sont des outils pour tenter de mettre à jour la manière dont les institutions qu’il rencontre en Allemagne traitent la question de l’altérité. Le parcours s’intéresse aux chemins qu’une personne emprunte dans les espaces privés ou publics qui font la trame de son existence et aux environnements (professionnel, personnel, familial, institutionnel) qu’elle traverse. Cette notion permet de prendre en compte la capacité d’agir du musicien. La carrière ne vise que le monde du travail et analyse le trajet d’une personne dans ce monde. La biographie est la construction d’un récit, l’instauration d’une continuité après coup par la réflexivité de l’acteur à destination d’un public. Il s’agit d’observer, d’une part, comment Azad s’ajuste aux dispositifs de sa société d’accueil et, d’autre part, comment les dispositifs structuraux appréhendent la musique : comme un outil culturel pour la société ? Comme un outil d’inclusion pour les personnes en situation de migration ? Une approche biographique permet de prendre en compte cette articulation entre l’échelle individuelle et les échelles institutionnelles.À partir d’un terrain ethnographique mené auprès de ce musicien, cet article aborde la question du rôle joué par la musique dans la manière dont une personne en situation de migration peut élaborer une carrière professionnelle dans son pays d’accueil. Azad se professionnalise par la musique tout au long de son parcours depuis le Kurdistan syrien et dans son pays d’accueil, l’Allemagne. Comment la musique peut-elle être un vecteur d’inclusion pour des personnes en situation de migration forcée ? En construisant sa biographie – son enfance, l’apprentissage de la musique, les étapes de son exil – et en analysant la façon dont il conduit son existence en Allemagne, nous pouvons faire apparaître les processus qui amènent Azad à développer aujourd’hui ses activités musiciennes, et à faire de la musique un outil d’inclusion professionnelle, dans une tension constante entre intérêts professionnels et préoccupations personnelles pour sa famille proche.Car tout au long de son parcours d’exil, Azad devient musicien. Il enseigne la musique, compose, réalise des projets, participe aux ateliers pédagogiques d’Orpheus XXI NRW, et à ses concerts, joue par ailleurs dans plusieurs groupes. Il reçoit différentes preuves de la reconnaissance de ses pairs, qui lui permettent d’accéder au statut de musicien. Il s’engage dans une pratique musicienne qu’il veut de qualité, et considère aussi ses compétences comme une source de revenus. Il entre en contact avec des dispositifs musicaux sur lesquels il peut s’appuyer, comme l’ensemble Orpheus XXI NRW et la Landesmusikakademie de Cologne où il est en situation d’apprentissage, ainsi que la Musikschule de Bochum et le magasin Salar Music où il enseigne à son tour. Dans le cas d’Azad, la professionnalisation par la musique est un vecteur d’inclusion sociale autant que professionnelle en Allemagne, dans le Land de NRW. D’un autre côté, Azad se heurte à l’instabilité du métier de musicien qui l’amène à réfléchir à d’autres possibilités professionnelles et à renouer avec ses intérêts passés. “Professionalization in Exile through Music. The Case of a Musician in the Orchestra Orpheus XXI (Jordi Savall)”Orpheus XXI is an orchestra founded by Catalan conductor and gambist Jordi Savall in 2016 upon receiving a grant from the European Union’s Creative Europe programme. The orchestra targets migrant musicians. It allows them to continue to practice their profession as performers in exile and they are also mobilized in the framework of workshops where they teach to children and teenagers. These workshops are places of transmission of musical repertoires of which these artists are the masters. The project was implemented in France, Spain (Catalonia) and Norway from 2016 to 2018. Since 2018, pedagogical workshops have spread into Germany under the name Orpheus XXI NRW.This article examines the life course (parcours), biography and career of a refugee musician playing with the Orpheus XXI NRW orchestra, Azad Helez. The three notions evoked above are tools meant to uncover how the German institutions he evolves in deal with the question of alterity. The life course (parcours) pertains to the paths that the person takes in the private or public spaces that make up his or her existence, as well as the environments (professional, personal, familial, institutional) that he or she encounters. The musician’s agency is thus highlighted. The career focuses solely on the work environment and analyses a person’s path within this world. The biography is the construction of a narrative, the establishment of continuity a posteriori by the actor’s reflexivity, for an audience. The issues are thus to observe, on the one hand, how Azad adjusts to the structures of his host society, and on the other hand, how the structures apprehend music: as a cultural device at the service of society? as a device for the inclusion of people who find themselves in a situation of migration? A biographical approach allows us to take into account this articulation between the individual and institutional scales.Based on an ethnographic fieldwork conducted with this musician, this article addresses the role of music in the way a migrant person can build a professional career in his host country. Azad engages in professionalization through music in the different stages of his journey from Syrian Kurdistan to his host country Germany. How can music be a vector of inclusion for people in a situation of forced migration? By constructing his biography – his childhood, the learning of music, the different stages of his exile – and by analysing the way he leads his life in Germany, we can uncover the processes accounting for Azad’s conducting his musical activities today, and for making music a tool for professional inclusion, in a constant tension between professional interests and personal concerns for his family.Indeed, throughout his exile, Azad arises as a musician. He teaches music, composes, carries out projects, participates in the workshops of Orpheus XXI NRW with whom he gives concerts, plays in several ensembles. His peers offer him recognition, which allows him to achieve the status of musician. He is committed to practising highly quality music, and views his skills as a source of income. He engages with musical structures on which he can rely, such as the Orpheus XXI NRW ensemble and the Landesmusikakademie in Cologne, where he has the status of a learner; the Musikschule in Bochum and the Salar Music shop, where he is a teacher. In the case of Azad, professionalization through music is a vector for social and professional inclusion in Germany, in the land of NRW. On the other hand, Azad is confronted with the instability of the profession of musician, which prompts him to ponder over following alternative careers and to rekindle past interests. </description>
      <pubDate>jeu., 15 juin 2023 17:59:40 +0200</pubDate>
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      <title>Catástrofe, azar y culpa. Pensamiento sobre las plagas históricas, incluida la Covid-19 </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1135</link>
      <description>Accidentes nucleares como Chernóbil (1986) y Fukushima (2011), huracanes como el Katrina (2005), maremotos como el del Océano Índico (2004), plagas como el sida (1983), la gripe aviar (1999-2009) o el virus ébola (2014), han puesto en alerta al mundo previamente. A ellos hay que añadir la Covid-19 de 2020. La reciente pandemia Covid-19 nos ha puesto frente al espejo de contingencias olvidadas. El concepto de «entropía» sería fácilmente aplicable a las catástrofes en cuanto creadoras de desorden. La idea de «borde» en teoría de las catástrofes es una metáfora cultural para indicarnos el momento de la ruptura. El alcance del «riesgo» se apoya en la capacidad para proyectar estadísticamente una catástrofe, y trazar una prospectiva.De otra parte, las fuerzas de la Naturaleza fueron consideradas manifestaciones de esa lógica culposa. Evans-Pritchard cuando estudió la brujería entre los azande localizó que aquella era una estructura del mal social que vehiculaba «el odio, la envidia, los celos y la avaricia». De esta forma, la culpa se centró en el pasado en un colectivo marcado por la anomia, por algunos rasgos físicos disonantes, e incluso por ser portadores de enfermedades infecciosas, para convertirlos en chivos expiatorios.Sin lugar a dudas, los libros sagrados en su mayor parte han sido construidos sobre la experiencia de grandes hecatombes. La era del monoteísmo se alzó sobre las fuerzas de la Naturaleza, buscando como explicación a un Deus ex machina. Para las sociedades fundadas en el Antiguo Testamento el concepto de «pecado original» es fundamental para hacer caer la responsabilidad de los desastres en los propios hombres al haber roto el pacto con Dios.Sin embargo, la centralidad del pecado en la historia de las mentalidades significa la importancia paralela de la culpa. Y no está reservada sólo al cristianismo. Raffaele Pettazzoni atribuye a la confesión de los pecados una historia muy antigua. En definitiva, la culpa estaba claramente establecida en el Génesis en el tránsito del estado de inocencia al de civilidad. Según el neokantiano Ernst Cassirer, los ilustrados confirieron a la culpa un carácter preferentemente social y cultural. En Jean-Jacques Rousseau se había abierto paso la idea de que la culpa es cultural. Por su parte, la posición de Voltaire, en contra de la idea del misterio del pecado original consiste en sortear la idea del mal.El movimiento romántico restauraría el pathos en toda su plenitud. La balsa de la Medusa, de Géricault, puso el acento en esa dimensión, poniendo de manifiesto el sufrimiento de quienes padecen un desastre colectivo. Freud, trascendiendo el pathos romántico, daría un nuevo giro al tema de la culpa. En especial profundizará en esa línea en El malestar en la cultura: «La tensión creada el severo superyó y el yo subordinado al mismo lo calificamos de sentimiento de culpabilidad, se manifiesta bajo la forma de necesidad de castigo». Es más, con el retorno a la culpabilidad cultural aparece la responsabilidad colectiva. La diferencia que existiría con las antiguas concepciones de la culpa es que esta procede de un fondo inconsciente, conectado con la moral colectiva. El ethos, terreno en el cual se maneja la Antropología, es el determinante del sentimiento de culpa. Karl Jaspers hablaba de cuatro tipos de culpa: la criminal, la política, la moral y la metafísica. Contemporáneamente, la crisis de Chernóbil frente a otras «catástrofes» actualizó el debate sobre la culpa, bloqueado políticamente. Así lo hizo constar Frédéric Keck que había realizado una investigación etnográfica entre 2007 y 2009 sobre la gripe que golpeaba China, que no fue tenida en cuenta para prever la Covid-19. Quizás lo más importante sea constatar la incapacidad de prever y de trazar una prospectiva o prognosis capaz de aventurar situaciones de crisis. Y es por ello que todo el edificio conceptual del optimismo histórico se nos presenta ahora fundado en una falsa conciencia.Algunos intelectuales achacarían la culpa de la pandemia al derrumbe de la globalización capitalista. En la mayor parte de las ocasiones respondieron con argumentos proféticos. Para compensar este profetismo De Martino nos sitúa en el ámbito de considerar incluso al marxismo dentro de las ideologías apocalípticas.  « Catastrophe, hasard et culpabilité. Réflexion sur les fléaux historiques, et notamment le Covid-19 »Des accidents nucléaires comme Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011), des ouragans comme Katrina (2005), des tsunamis comme celui de l’océan Indien (2004), des fléaux comme le sida (1983), la grippe aviaire (1999-2009) ou le virus Ebola (2014), ont déjà mis le monde en alerte. À cela s’est ajouté le Covid-19 en 2020. La récente pandémie nous a mis face à des contingences oubliées. Le concept d’« entropie » pourrait facilement être appliqué aux catastrophes, en tant qu’elles créent du désordre. L’idée de « bord », dans la théorie des catastrophes, est une métaphore culturelle qui désigne le moment de la rupture. La notion de « risque » repose sur la capacité à prévoir statistiquement une catastrophe et à déduire une perspective.D’autre part, les forces de la nature étaient considérées comme les manifestations d’une certaine logique de culpabilité. Evans-Pritchard, en étudiant la sorcellerie chez les Azandé, a constaté qu’il s’agissait d’une structure de malfaisance sociale qui véhiculait « la haine, l’envie, la jalousie et la cupidité ». La faute en a donc été entièrement imputée par le passé à un groupe marqué par l’anomie, par certains traits physiques dissonants, et même par le fait d’être porteur de maladies infectieuses, pour en faire des boucs émissaires.Il ne fait aucun doute que les livres sacrés ont, pour la plupart, été construits sur l’expérience de grandes catastrophes. C’était l’ère du monothéisme qui s’élevait au-dessus des forces de la nature, cherchant à tout expliquer par un deus ex machina. Pour les sociétés fondées sur l’Ancien Testament, le concept de « péché originel » est essentiel, qui vise à faire porter la responsabilité des catastrophes aux hommes eux-mêmes, pour avoir rompu l’alliance avec Dieu.Cependant, la centralité du péché dans l’histoire des mentalités implique l’importance parallèle de la culpabilité. Et elle n’est pas réservée au christianisme. Raffaele Pettazzoni attribue à la confession des péchés une histoire très ancienne. En somme, la culpabilité a été clairement établie dans la Genèse lors du passage de l’état d’innocence à la civilité. Selon le néokantien Ernst Cassirer, les Lumières ont donné à la culpabilité un caractère principalement social et culturel. Chez Jean-Jacques Rousseau, l’idée que la culpabilité est culturelle a fait son chemin. La position de Voltaire quant à elle, allant contre l’idée du mystère du péché originel, revenait à contourner l’idée du mal.Le mouvement romantique rétablirait le pathos dans toute sa plénitude. Le Radeau de la Méduse de Géricault a mis l’accent sur cette dimension, en plaçant au premier plan la souffrance de ceux qui subissent une catastrophe collective. Freud, transcendant le pathos romantique, va donner un nouveau tour au thème de la culpabilité. Dans Le malaise dans la civilisation, en particulier, il ira plus loin dans ce sens : « La tension qui se crée entre le surmoi sévère et le moi qui lui est subordonné, que nous appelons le sentiment de culpabilité, se manifeste sous la forme du besoin de punition. »En outre, avec le retour à la culpabilité culturelle apparaît la responsabilité collective. La différence avec les anciennes conceptions de la culpabilité est que celle-ci provient d’un arrière-plan inconscient, lié à la moralité collective. L’ethos, le terrain dont traite l’anthropologie, est ce qui détermine le sentiment de culpabilité. Karl Jaspers a parlé de quatre types de culpabilité : criminelle, politique, morale et métaphysique. La crise contemporaine de Tchernobyl, contrairement à d’autres « catastrophes », a donné une nouvelle actualité au débat sur la culpabilité, qui était bloqué sur le plan politique. C’est ce qu’a noté Frédéric Keck, qui a mené une recherche ethnographique entre 2007 et 2009 sur la grippe aviaire qui a frappé la Chine, laquelle n’a pas été prise en compte pour anticiper le Covid-19. Ce qui mérite le plus d’être relevé, c’est peut-être l’incapacité à prévoir et à établir une prospective ou un pronostic qui permette de faire face à des situations de crise. C’est pourquoi tout l’édifice conceptuel de l’optimisme historique semble aujourd’hui reposer sur une fausse conscience.Certains intellectuels rendent responsable de la pandémie l’effondrement de la mondialisation capitaliste. Pour la plupart, ils ont avancé des arguments d’ordre prophétique. Pour répondre à ce prophétisme, De Martino nous amène à considérer le marxisme lui-même comme une idéologie apocalyptique parmi d’autres. “Catastrophe, chance and guilt. Reflections on historical scourges, including Covid-19”Nuclear accidents such as Chernobyl (1986) and Fukushima (2011), hurricanes such as Katrina (2005), tsunamis such as that which rippled across the Indian Ocean (2004), epidemics such as AIDS (1983), bird flu (1999-2009) and the Ebola virus (2014) put the world on its guard. To these let us add Covid-19 that broke out in 2020. The recent Covid-19 pandemic has brought us face to face with forgotten contingencies.The concept of “entropy” could be applied to catastrophes as they spark disorder. The idea of “edge” in catastrophe theory is a cultural metaphor that indicates the breaking point moment. The notion of “risk” relies on the ability to project a catastrophe statistically, and to chart a prospective. On the other hand, the forces of nature used to be considered as manifestations of such a logic of guilt. Evans-Pritchard, when studying witchcraft among the Azande, found that it was a structure of social evil that conveyed “hatred, envy, jealousy and greed”. Blame was thus placed on a group marked by anomie, by certain dissonant physical traits, and even by being carriers of infectious diseases, for the sake of identifying scapegoats.Undoubtedly, the holy books have for the most part been drafted drawing on the experiences of terrible catastrophes. The age of monotheism rose to face the forces of Nature, seeking a Deus ex machine as the explanation. For societies founded on the Old Testament, the concept of “original sin” is fundamental to place the responsibility for disasters on humans themselves for having broken the covenant with God.However, the centrality of sin in the history of mentalities implies the mirroring importance of guilt. And it is no prerogative of Christianity. Raffaele Pettazzoni inscribes the confession of sins in a very ancient history.In short, guilt was clearly established in Genesis in the transition from the state of innocence to the state of civility. According to neo-Kantian Ernst Cassirer, the Enlightenment viewed guilt preferably as a social and cultural character. Jean-Jacques Rousseau is at the origin of perceiving guilt as cultural was acknowledged. Voltaire’s stance, against the idea of the mystery of original sin, consisted in circumventing the idea of evil.The Romantic movement restored pathos fully. Géricault’s Raft of the Medusa emphasised this dimension, highlighting the suffering of the victims of a collective disaster. Freud, transcending romantic pathos, then endowed the theme of guilt with a novel dimension. In particular, in Civilization and Its Discontents, he brought home that very idea: “The tension created by the severe super-ego and the ego subordinated to it, which we call the feeling of guilt, manifests itself in the form of the need for punishment”.Moreover, with the return to cultural guilt collective responsibility returns too. The difference with the old conceptions of guilt is that it stems from an unconscious background, connected with collective morality. Ethos, the terrain in which anthropology operates, is what determines the feeling of guilt. Karl Jaspers spoke of four types of guilt: criminal, political, moral and metaphysical. At the same time, the Chernobyl crisis, as opposed to other “catastrophes”, brought the political stalemate around guilt up to date. This was noted by Frédéric Keck, who conducted ethnographic research between 2007 and 2009 on the influenza that hit China, but has not been taken into consideration in forecasting Covid-19.Perhaps what is most striking is the inability to foresee and to draw up a prospective or prognosis capable of anticipating situations of crisis. And that is why the whole conceptual edifice of historical optimism is now presented to us based on a false consciousness.Some intellectuals would blame the pandemic on the collapse of capitalist globalisation. For the most part, they put forward with prophetic arguments. To respond to this prophetism De Martino argues that Marxism itself is an apocalyptic ideology like any other.  </description>
      <pubDate>mar., 27 juin 2023 11:37:15 +0200</pubDate>
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      <title>Becoming Remote in a Connected World: Reflections on Fieldwork in Sudan since the 1970s </title>
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      <description>Mark Duffield’s essay is concerned with our being and moving in the world, in particular the narrowing opportunities and difficulties associated with autonomous circulation. To illustrate this, Duffield’s mid-1970s anthropological fieldwork completed in Maiurno, a Blue Nile village in Sudan, is compared with the conditions encountered there in two later visits: first, a return to Sudan in 1985 as field director for the British NGO, Oxfam, and then a retrospective visit to Maiurno in 2014, 40 years after first going there. The essay also describes the narrowing of the developmental gap that once separated Maiurno and Duffield’s home-town of Dudley, in the West Midlands in the UK. Between the two, where the life-chance advantage now lies is ambiguous. To frame the essay, the antagonism between circulation and connectivity is used. A tension exists between, on the one hand, the concrete and often unpredictable circulation of people and things and, on the other, the power to technologically connect across what are otherwise abstract geographic and temporal divides. There is an antagonism, at least within modernity, between the concrete space-time of circulation and the abstract space-time of connectivity. Historically, the ability to technologically connect across abstract space-time has functioned as an apparatus of security in relation to free circulation. The three Sudan encounters described in the essay chart the rise to dominance of connectivity. They also suggest that the more connected the world, the less autonomous or free circulation becomes. Illustrated with original photographs, the essay has a biographical dimension. From a circulatory perspective, the 1970s were the tail end of several decades of relative international openness. Not only was it a period of primary immigration to Britain, it was also characterised by unprecedented upward working-class mobility. Getting a research grant and clearance from the Government of Sudan was relatively straightforward. With no telephones in Maiurno, the UK was a five-week, or more, letter cycle. Fieldwork necessitated a level of social immersion that would be difficult, if not impossible, today. In comparison, Duffield’s mid-1980s return to Sudan was a high point of “NGOisation” and a key moment in the shift toward new forms of connectivity. There was a turn away from earlier concrete ways of knowing the world, while also becoming more epistemologically distant from it. Through notions of “complexity” and “famine early warning”, the aid industry naturalised disaster. From events knowable through causal analysis and open to political resolution, disasters became abstract behavioural alerts and data triggers requiring a standardised technical response.By 2014, Sudan and the West had become epistemologically and politically distant. Getting an entry visa and moving outside Khartoum was problematic. Having recently retired, and so able to step outside the now collapsed and highly policed space of academic research, Duffield describes how he was able to return to Maiurno using informal means. Maiurno had grown and, compared to the 1970s, material progress was well in evidence. In comparison, living standards in Dudley had declined. The essay concludes with a brief exploration of the reasons for this drawing together. More widely, it suggests the emergence of a majority world which—perhaps because of the system-changing potential implicit in the growing communality of global experience—is being anxiously divided and rendered remote by the forces of connectivity. « S’éloigner dans un monde connecté. Réflexions sur le terrain au Soudan depuis les années 1970 »L’article de Mark Duffield concerne notre être et sa mobilité dans le monde. Il est notamment question de la réduction de la possibilité de circuler de façon autonome et des difficultés corollaires. L’auteur éclaire la domination croissante de la connectivité en revenant sur trois étapes de sa carrière liées à Maiurno, un grand village sur les rives du Nil Bleu, à 350 kilomètres de Khartoum, où il a effectué son premier terrain dans les années 1970. Il le compare ensuite à ses conditions de travail lors de son retour au Soudan en 1985, en tant que directeur de terrain pour l’ONG britannique Oxfam. Enfin, il évoque sa visite rétrospective à Maiurno en 2014, quarante ans après son tout premier séjour. Il décrit également la réduction de l’écart de développement qui séparait autrefois Maiurno de sa ville natale, Dudley, dans les West Midlands britanniques. Entre ces deux lieux, définir où se situe l’avantage que confère la naissance est désormais moins évident.Cette rétrospective lui permet d’analyser l’antagonisme croissant entre circulation et connectivité. Il existe une tension entre, d’une part, la circulation concrète et souvent imprévisible des personnes et des choses et, d’autre part, le pouvoir de se connecter grâce à la technologie au-delà des divisions géographiques et temporelles rendues abstraites. Le texte postule qu’il existe un antagonisme, au moins au sein de la modernité, entre l’espace-temps concret de la circulation et celui, abstrait, de la connectivité. Historiquement, la capacité de se connecter à travers un espace-temps abstrait, grâce à la technologie, a fonctionné comme un dispositif de sécurité par rapport à la libre circulation. Les trois séjours au Soudan décrits ici illustrent la montée en puissance de la connectivité. Ils suggèrent également que plus le monde est connecté, moins la circulation est autonome ou libre.Illustré de photographies originales, cet article a une dimension biographique. Concernant la circulation, les années 1970 ont marqué la fin de plusieurs décennies de relative ouverture internationale. C’était non seulement une période d’immigration primaire en Grande-Bretagne, mais également une phase de mobilité ascendante sans précédent pour la classe ouvrière. Il était relativement facile d’obtenir une bourse de recherche et une autorisation du gouvernement soudanais. Comme il n’y avait pas de téléphone à Maiurno, il fallait envoyer des lettres au Royaume-Uni qui mettaient cinq semaines à arriver, voire plus. Le travail ethnographique nécessitait un niveau d’immersion sociale qu’il serait difficile, voire impossible d’atteindre aujourd’hui. En comparaison, le retour au Soudan, au milieu des années 1980, a été un point culminant de l’« ONGisation » et un moment décisif de basculement vers de nouvelles formes de connectivité. On s’est alors détourné d’anciennes façons concrètes de connaître le monde, ce qui a entraîné un déplacement épistémologique. Grâce aux notions de « complexité » et d’« alerte précoce en cas de famine », l’industrie de l’aide au tiers monde a naturalisé les catastrophes : d’événements connaissables par une analyse causale appelant une solution politique, les catastrophes sont devenues des alertes comportementales abstraites incitant à la production de données qui requiert une réponse technique standardisée. En 2014, le Soudan et l’Occident s’étaient éloignés l’un de l’autre d’un point de vue épistémologique autant que politique. Obtenir un visa d’entrée et se déplacer hors de Khartoum était devenu difficile. Retraité depuis peu, ce qui lui permet de sortir de l’espace de la recherche universitaire, désormais anéanti et très surveillé, Mark décrit comment il a pu retourner à Maiurno en utilisant des moyens informels. Maiurno s’est développé et, en comparaison des années 1970, les progrès matériels sont bien visibles. En contraste, le niveau de vie à Dudley a baissé. L’article se termine par une brève exploration des raisons de cet actuel rapprochement. Plus largement, il suggère aussi l’émergence d’un monde majoritaire que les forces de la connectivité cherchent avec anxiété à diviser et maintenir éloigné, peut-être en raison du potentiel de changement systémique que sous-tend implicitement la croissante communauté d’expérience globale.  </description>
      <pubDate>mar., 27 juin 2023 17:34:20 +0200</pubDate>
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      <title>Tristes techniques ? Pour une connaissance anthropologique des faits techniques. Entretien avec Andrew Feenberg </title>
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      <description>À l’inverse du naturalisme et du juridisme de la pensée habermassienne, Andrew Feenberg a renouvelé la tradition critique par un examen du réel au plus près des pratiques, attentif aux rapports de force économiques et à la plasticité des objets techniques. Ses concepts d’« intervention démocratique », de « vie sociale de la raison » et le désencastrement entre technique et capitalisme que prône sa philosophie dessinent des capacités d’agir très différentes de celles de La théorie de la justice de John Rawls (1971). Dans cet entretien avec la philosophe Valérie Charolles, Andrew Feenberg revient sur son œuvre et sur la « modernité alternative », titre de son ouvrage de 1995, qu’elle permet de concevoir en particulier au prisme du réchauffement climatique. “For an Anthropological Knowledge of Technological Facts. Interview with Andrew Feenberg”In contrast to the naturalism and legalism of Habermasian thought, Andrew Feenberg has renewed the critical tradition through an examination of reality as it engages with practices, attentive to economic power relations and to the plasticity of technical objects. His concepts of “democratic intervention”, “the social life of reason” and the disengagement between technology and capitalism that his philosophy advocates is quite different from that of John Rawls’ The Theory of Justice (1971). In this interview with the philosopher Valérie Charolles, Andrew Feenberg returns to his work and to the “alternative modernity”, the title of his 1995 book, which we must now conceive in the light of global warming.  </description>
      <pubDate>jeu., 11 mai 2023 13:24:49 +0200</pubDate>
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      <title>Quelle histoire de la Révolution française pour notre temps ? À propos de Claude Mazauric, 1789. Sur la Révolution de France. Compte rendu </title>
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      <pubDate>lun., 05 juin 2023 18:59:57 +0200</pubDate>
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      <title>Russie : des nationalismes au prisme du social. À propos de Karine Clément, Contestation sociale à bas bruit en Russie : critiques sociales ordinaires et nationalismes. Compte rendu </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1015</link>
      <pubDate>mar., 06 juin 2023 14:12:16 +0200</pubDate>
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      <title>Reconnaissance et formes subjectives de résistance à la violence, en habitant le monde des Autres. À propos de Veena Das, Voix de l’ordinaire. L’anthropologue face à la violence. Compte rendu </title>
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      <pubDate>sam., 17 juin 2023 18:06:34 +0200</pubDate>
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      <title>La fatigue d’être jeune. À propos de Claudine Attias-Donfut et Martine Segalen, Avoir 20 ans en 2020 : le nouveau fossé des générations. Compte rendu </title>
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      <pubDate>dim., 18 juin 2023 17:35:35 +0200</pubDate>
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      <title>« À l’écoute du monde : à propos du field recording en anthropologie », table ronde, MSH Paris Nord, 17 mai 2022. Compte rendu </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1080</link>
      <pubDate>mar., 20 juin 2023 13:24:55 +0200</pubDate>
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      <title>5 | 2023 – Varia. Les espaces pluriels d'une revue d'anthropologie du politique / à la Une </title>
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      <pubDate>jeu., 06 juil. 2023 09:03:08 +0200</pubDate>
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