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    <title>Auteurs : Brett Le Saint</title>
    <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=877</link>
    <description>Pubblicazioni Auteurs Brett Le Saint</description>
    <language>fr</language>
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      <title>Recalling Defeats: Notes on Contemporary Interpretations of the Sri Khottabong Legend on the Mekong Riverbanks in Laos and Thailand</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=876</link>
      <description>Compared to its Thai neighbour, Laos has long been—and still is—perceived as the metaphorical little brother in the long-standing rivalry between the two countries the majority of whose populations share many cultural and linguistic features. Since Lao kingdoms had been made vassals of the Siamese kingdom in the eighteenth century, colonised by the French, suffered civil war and American bombings, and—as some say—annexed by Vietnam (another regional “big brother”) in the mid-1970s, the last centuries of its history have shown Laos as the recurring vanquished within its diplomatic and symbolic relationship with Thailand. This relative position is all the more vigorously embodied today since for many Laotian people, and especially border-landers, Thailand constitutes the most local representation (i.e. the most geographically and culturally reachable and desirable) of global capitalist modernity. Somehow, the contemporary symbolic asymmetry between these two brother-states appears as the culmination of a causal chain of past defeats. Although the Laotian master national narrative emphasises the fight of the Laotian people to free themselves from the various invaders—the causal chain remains, but the emphasis is on the consistency of the resistance rather than the repetition of defeat—a 15-month PhD field research on the Thai-Lao borderland shows that other local narratives can make sense of those repeated defeats.Beyond the confrontation of national master narratives, this article aims to question how Thai and Lao border-landers interpret these historical events and the contemporary relative condition of Laos compared to Thailand through the analysis of different versions and interpretations of the Sri Khottabong legend. Featuring a powerful hero coming from the right bank of the Mekong river (today in Thai territory) to save the city of Vientiane from destructive hordes of elephants and who finally curses the Lao kingdom after its king’s betrayal of him, this story is regularly mentioned by Isan (inhabitants of the north-eastern Thai region) and Lao border rural dwellers to explain the inequality of development between the two countries or why Laos has suffered so much from the “Vietnam” war.Drawing on the work of Charles Archaimbault, a French ethnographer, the article shows how the contemporary interpretations of the Sri Khottabong legend by borderland people are part of a larger cycle of reinterpretations and rewritings of the narrative in which this story is repeatedly invoked to embody other major Lao defeats and link historical events with classical Buddha legends through karmic causation.This dialogue between the contemporary interpretation, the different versions reported by Archaimbault, and his own interpretation of the legendary cycle, shows how the contemporary situation is not only perceived as the consequence of a causal chain of defeats but also that defeat is regularly used to recursively invoke—through the legend—a structural position that places the Lao bank as the land of the vanquished. « (Se) rappeler les défaites : notes à propos des interprétations contemporaines de la légende de Sri Khottabong sur les rives du Mékong (Laos, Thaïlande) »Comparé à son voisin thaï, le Laos a longtemps été perçu – et l’est encore – comme le frère cadet métaphorique dans la rivalité de longue date entre deux pays dont les populations partagent, dans leur majorité, nombre de caractéristiques culturelles et linguistiques. Les royaumes lao ont été vassalisés par le Siam au xviiie siècle, colonisés par la France, ils ont souffert de la guerre civile et des bombardements américains, puis – comme certains l’affirment – ont été annexés par le Vietnam (un autre « grand frère » régional) au milieu des années 1970. Les derniers siècles de son histoire ont ainsi concouru à faire du Laos le vaincu récurrent de sa relation diplomatique et symbolique avec la Thaïlande. Cette position relative est d’autant plus vigoureusement incarnée aujourd’hui que pour nombre de Laotiens (en particulier les frontaliers), la Thaïlande constitue la meilleure représentation locale (la plus proche et la plus désirable du point de vue géographique et culturel) de la modernité capitaliste. D’une certaine manière, l’asymétrie symbolique contemporaine entre ces deux États frères apparaît comme l’aboutissement d’un enchaînement causal de défaites passées. Bien que le récit national laotien souligne le combat du peuple pour se libérer de ses différents envahisseurs – l’enchaînement causal demeure, mais l’accent est porté sur la constance de la résistance plutôt que sur la répétition de la défaite –, une recherche de terrain de quinze mois à la frontière thaïe-lao montre que les récits vernaculaires fournissent une interprétation différente de ces défaites répétées. Au-delà de la confrontation des récits nationaux, ce texte interroge la manière dont les frontaliers thaïlandais et laotiens interprètent ces événements historiques et la condition contemporaine du Laos comparé à la Thaïlande qui en résulte, au travers des différentes versions et interprétations de la légende de Sri Khottabong. Mettant en scène un puissant héros de la rive droite du Mékong (aujourd’hui en territoire thaïlandais) venu sauver la ville de Vientiane de hordes destructrices d’éléphants et qui en vint finalement à maudir le royaume lao après la trahison de son roi, cette histoire est régulièrement mentionnée par les frontaliers isan (habitants du Nord-Est thaïlandais) et lao pour expliquer l’inégalité de développement entre les deux États ou les raisons pour lesquelles le Laos a tant souffert de la guerre du « Vietnam ». S’appuyant sur les travaux de l’ethnographe français Charles Archaimbault, cet article montre comment les interprétations actuelles de la légende de Sri Khottabong par les frontaliers s’insèrent dans un cycle plus large de réinterprétations et de réécritures du récit où la légende est invoquée de manière répétitive pour désigner d’autres défaites lao majeures, et qui associent événements historiques et légendes bouddhiques classiques en faisant appel à la causalité karmique. Ce dialogue entre l’interprétation contemporaine, les différentes versions rapportées par Archaimbault et sa propre interprétation du cycle légendaire, montre que la situation présente n’est pas seulement perçue comme la conséquence d’un enchaînement causal de défaites, mais plutôt que la défaite elle-même est régulièrement utilisée pour invoquer – au travers de la légende – une position structurelle qui identifie la rive laotienne comme vaincue. </description>
      <pubDate>mer., 03 août 2022 18:38:37 +0200</pubDate>
      <lastBuildDate>jeu., 04 août 2022 10:54:50 +0200</lastBuildDate>
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