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    <title>historical monuments</title>
    <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=745</link>
    <description>Entrées d’index</description>
    <language>fr</language>
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      <title>Disparitions et mémorialisation de l’espace public au Mexique</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=739</link>
      <description>Depuis le début de la « guerre contre le narcotrafic », mise en œuvre par le gouvernement de Felipe Calderón (2006-2012), plus de 94 000 personnes ont disparu au Mexique, selon les chiffres officiels. Face à cette augmentation exponentielle de la violence, qui touche toutes les régions du pays, les familles de disparus et la société civile organisée se sont progressivement mobilisées sur différents fronts. Parallèlement à la demande d’adoption de lois et de mécanismes adéquats pour faire face au phénomène de la disparition, à la recherche des disparus par les familles des victimes elles-mêmes dans des fosses clandestines, parmi beaucoup d’autres actions, nous assistons ces dernières années à toutes sortes de pratiques commémoratives et mémorielles autour de ceux qui ne sont « ni vivants ni morts ». Ces pratiques mémorielles échappent à la relation qui est souvent établie entre la mémoire, le présent et le passé, couramment synthétisée dans un postulat simple et bien connu : le travail de remémoration relève du présent, tandis que l’événement remémoré appartient au passé, même si sa remémoration (ou son oubli) répond aux enjeux du présent. Or, les disparitions qui font l’objet d’une mémorialisation croissante au Mexique n’appartiennent pas à un passé révolu. Il s’agit d’un phénomène massif qui continue de toucher la société mexicaine jour après jour et heure après heure. En d’autres termes, la construction de la mémoire des disparus au Mexique (la création de mémoriaux, l’installation de portraits, la construction d’anti-monuments, etc.) a lieu en même temps que le traumatisme (les disparitions et la violence). Cette simultanéité entre l’« événement » et sa mémorialisation confère aux pratiques mémorielles un caractère particulier, que ce soit par rapport au rôle qu’elles peuvent jouer dans la recherche des disparus ou par rapport aux tensions qu’elles peuvent générer au sein des collectifs qui les mettent en œuvre.Axé sur l’analyse des différentes facettes de ces pratiques mémorielles et des acteurs qui les portent, l’article s’appuie sur l’étude de trois cas récents d’appropriation de l’espace public, caractérisés par la resymbolisation de trois monuments historiques : la place du Torero, aujourd’hui appelée « place des Disparu·e·s », dans la ville de Monterrey ; le rond-point des Enfants Héros, aujourd’hui appelée « rond-point des Disparu·e·s », dans la ville de Guadalajara ; et la Rotonde des personnes illustres du Jalisco, également à Guadalajara. Dans les trois cas, les familles de victimes ou les citoyens qui adhèrent à leur cause ont réussi à marquer les espaces sans aucune autorisation institutionnelle et à y inscrire la mémoire des disparus de manière plus ou moins pérenne, en concurrence avec la mémoire officielle qui y était véhiculée jusqu’alors. Aux visées patrimonialistes des autorités, désireuses de célébrer le passé glorieux, les familles des disparus et leurs soutiens ont opposé le présent douloureux. Par leur action, ils ont perturbé les desseins des monuments et introduit une autre mémoire : celle de la violence contemporaine, celle des milliers de personnes disparues et celle des personnes qui recherchent inlassablement leurs êtres chers, contestant ainsi le monopole de l’État sur ces espaces et exposant son incapacité à assurer la paix publique.Bien que motivées principalement par les anniversaires de la disparition de quatre étudiants (un jeune de dix-huit ans dans le cas de Monterrey, et trois jeunes de vingt à vingt-cinq ans dans le cas de Guadalajara), ces trois actions de mémoire ont dès le départ accueilli la mémoire d’autres personnes disparues avant ou après ces jeunes, et aujourd’hui encore, ces espaces continuent d’accueillir celle de nouvelles victimes (les personnes disparues jour après jour). En d’autres termes, et en reprenant la distinction proposée par Tzvetan Todorov, les collectifs à l’origine de ces pratiques mémorielles font un usage « exemplaire », et non « littéral », de la mémoire : ils ne restent pas enfermés dans le passé, mais l’utilisent au profit du présent, en comparant et en reliant un événement (une disparition spécifique qui a déjà eu lieu) à d’autres (les disparitions qui continuent à se produire et qui font partie du même cycle de violence).En s’exprimant en même temps que se produit le phénomène objet de la mémorialisation, cette mémoire insoumise fonctionne comme un « dispositif de sensibilisation » vis-à-vis de la société et comme un outil de dénonciation à l’égard des pouvoirs publics. La mémoire et les gestes mémoriels (inscription de noms ou de phrases pour les disparus, installation de plaques ou de portraits) sont ainsi utilisés comme un moyen supplémentaire dans le répertoire d’action des familles de victimes. Ainsi, mémoire et mobilisation se nourrissent mutuellement et une double dynamique est établie : entre la mémoire et l’indifférence (se souvenir et nommer pour que le regard se tourne vers les personnes disparues, pour que la société et les autorités publiques prennent les mesures nécessaires pour arrêter la vague de violence), d’une part ; entre la mémoire et l’oubli (se souvenir pour ne pas oublier et même pour ne pas répéter), d’autre part. “Disappearances and Memorialization of Public Space in Mexico”Since the beginning of the “war on drugs”, conducted by the government of Felipe Calderón (2006-2012), more than 94,000 people have disappeared in Mexico, according to official data. Faced with this exponential increase in violence, which affects all regions of the country, the families of the disappeared and organized civil society have been progressively mobilizing on different fronts. Along with the demand for the adoption of laws and adequate mechanisms to deal with the phenomenon of disappearance or the search for the disappeared by the families of the victims themselves in mass graves, among many other actions, there have sprouted, across Mexico, all kinds of commemorative and memorial practices in relation to those who are “neither alive nor dead” in recent years. These practices elude the relationship that is usually established between memory, the present and the past, which is commonly synthesized in a simple and well-known postulate: the work of remembering belongs to the present, while the remembered event belongs to the past, even if its remembering (or forgetting) responds to the challenges of the present. However, the disappearances that are increasingly being memorialized in Mexico do not belong to a past that is in actuality over. On the contrary, they constitute a massive phenomenon that continues to affect Mexican society day after day, and hour after hour. In other words, the memory of the disappeared in Mexico (the setting up of memorials, the hanging of portraits, the construction of anti-monuments, etc.) takes place at the same time as the trauma (disappearances and violence). This simultaneity between the “event” and its memorialization gives memorial practices a particular flavour, whether in terms of the role they can play in searching for the disappeared or in relation to the tensions they can generate within the collectives that implement them.Focusing on the analysis of the different facets of these memorial practices, as well as the actors who perform them, the article is based on the study of three recent cases of appropriation of public space, characterized by the re-signification of three historical monuments: the Square of the Toreador, today known as Square of the Disappeared, in the city of Monterrey; the Boy Heroes Roundabout, today called the Roundabout of the Disappeared, in the city of Guadalajara; and the Rotunda of Illustrious Persons of Jalisco, also in the city of Guadalajara. In all three cases, the families of the disappeared or citizens in solidarity with them managed to appropriate the spaces without any institutional authorization and to establish the memory of the disappeared more or less enduringly, in competition with the official memory ascribed to these places. The families of the disappeared and people in solidarity opposed the painful present to the patrimonialistic objectives of the public authorities, who were eager to celebrate the glorious past. Through their actions they disrupted the meaning of the monuments and introduced another memory: that of contemporary violence, of the thousands of disappeared and of the people who tirelessly search for their loved ones, thus challenging the state’s monopoly over these spaces and exposing its inability to enforce public peace.Although motivated primarily by the anniversaries of the disappearance of four students (one eighteen-year-old in the case of Monterrey, and three twenty- to twenty-five-year-olds in the case of Guadalajara), the three memory initiatives have from the outset welcomed the memory of others who disappeared before or after these youths, and even today these spaces continue to embrace the memory of new victims (those disappearing day after day). In other words, and taking up the distinction proposed by Tzvetan Todorov, the collectives behind these memorial practices make an exemplary use of memory and not a literal one: they do not remain locked in the past, but use it for the benefit of the present, by comparing and connecting one event (a specific disappearance that has already taken place) to others (the disappearances that continue to occur and that are part of the same cycle of violence).By expressing itself at the same time as the phenomenon being memorialized, this insubordinate memory functions as an “awareness-raising device” in relation to society and as a tool for accusing the public authorities. Memory and memorial gestures (inscription of names or phrases for the disappeared, installation of plaques or portraits) are thus used as another means in the repertoire of actions of the families of victims. This way, memory and mobilisation feed each other and a double dynamic is established: on the one hand, between memory and indifference (remembering and naming so that eyes are focused on those who have disappeared, so that society and the public authorities take the necessary measures to stop the wave of violence); on the other hand, between memory and forgetting (remembering so as not to forget and even so as not to repeat). «Desapariciones y memorialización del espacio público en México»Desde el inicio de la «guerra contra el narcotráfico» implementada por el gobierno de Felipe Calderón (2006-2012), más de 94 000 personas han desaparecido en México, según cifras oficiales. Ante este aumento exponencial de la violencia, que afecta todas las regiones del país, las familias de las personas desaparecidas y la sociedad civil organizada se han ido movilizando progresivamente desde distintos frentes. Junto a la exigencia para que se adopten leyes y mecanismos adecuados para hacerle frente al fenómeno de la desaparición o junto a la búsqueda de los desaparecidos por parte de las propias familias de las víctimas en fosas clandestinas, en los últimos años hemos sido testigos en México de todo tipo de prácticas conmemorativas y memorísticas en torno a aquellos que no están «ni vivos ni muertos». Dichas prácticas escapan a la relación que suele establecerse entre memoria, presente y pasado, que comúnmente se sintetiza en un postulado simple y bien conocido: al presente corresponde el trabajo de rememoración, mientras que el acontecimiento rememorado pertenece al pasado, aunque su recuerdo (o su olvido) responda a los desafíos del presente. Ahora bien, las desapariciones que son objeto de una memorialización creciente en México no pertenecen a un pasado realmente terminado. Por el contrario, constituyen un fenómeno masivo que sigue afectando a la sociedad mexicana día tras día y hora tras hora. En otras palabras, la memoria de los desaparecidos en México (la creación de memoriales, la instalación de retratos, la construcción de antimonumentos, etc.) tiene lugar al mismo tiempo que el trauma (las desapariciones y la violencia). Esta simultaneidad entre el «acontecimiento» y su memorialización confiere a las prácticas memorísticas un cariz particular, ya sea en lo concerniente al papel que pueden desempeñar en la búsqueda de las personas desaparecidas o con relación a las tensiones que pueden generar en los propios colectivos que las llevan a cabo.Centrado en el análisis de las diferentes facetas de estas prácticas memorísticas, así como en el de los actores que las realizan, el artículo parte del estudio de tres casos recientes de apropiación del espacio público, caracterizados por la resignificación de tres monumentos históricos: la Plaza del Torero, hoy conocida como Plaza de l@s Desaparecid@s, en la ciudad de Monterrey; la Glorieta de los Niños Héroes, hoy llamada Glorieta de lxs Desaparecidxs, en la ciudad de Guadalajara; y la Rotonda de Jaliscienses Ilustres, también en la ciudad de Guadalajara. En los tres casos, las familias de los desaparecidos o los ciudadanos que con ellas se solidarizan consiguieron apropiarse de los espacios sin ninguna autorización institucional e inscribir la memoria de los desaparecidos de forma más o menos perenne, en competencia con la memoria oficial que allí se vehiculaba hasta entonces. A los objetivos patrimonialistas de las autoridades públicas, deseosas de celebrar el pasado glorioso, las familias de los desaparecidos y las personas solidarias oponen el presente doloroso. Con sus acciones trastocan el sentido de los monumentos e introducen otra memoria: la de la violencia contemporánea, la de los miles de desaparecidos y la de las personas que buscan incansablemente a sus seres queridos, desafiando así el monopolio del Estado sobre dichos espacios y exponiendo su incapacidad para garantizar la paz pública.Aunque motivadas principalmente por los aniversarios de desaparición de cuatro estudiantes (un joven de dieciocho años, en el caso de Monterrey, y tres jóvenes de entre veinte y veinticinco años, en el caso de Guadalajara), las tres acciones de memoria aquí analizadas se caracterizaron desde el inicio por acoger la memoria de otras personas que habían desaparecido antes o después de aquellos jóvenes y, hasta la fecha, en esos espacios se sigue acogiendo la memoria de las nuevas víctimas (las personas que van desapareciendo día con día). En otras palabras, y retomando la distinción propuesta por Tzvetan Todorov, los colectivos que se encuentran detrás de estas prácticas memorísticas hacen un uso ejemplar de la memoria y no un uso literal: no se quedan encerrados en el pasado, antes bien, lo utilizan en beneficio del presente, comparando y relacionando un acontecimiento (una desaparición concreta, ya sucedida) con otros (el resto de las desapariciones que siguen produciéndose y que forman parte del mismo ciclo de violencia).Al expresarse al mismo tiempo que se produce el fenómeno objeto de la memorialización, esta memoria insumisa funciona como un «dispositivo de sensibilización» con respecto a la sociedad y como una herramienta de denuncia con relación a las autoridades públicas. La memoria y los gestos memorísticos (inscripción de nombres o frases por los desaparecidos, instalación de placas o retratos) constituyen, entonces, un medio más del repertorio de acción de los familiares de las víctimas. De esta forma, la memoria y la movilización se alimentan mutuamente y se establece una doble dinámica: una, entre memoria e indiferencia (recordar y nombrar para que la mirada se dirija a los desaparecidos, para que la sociedad y las autoridades públicas tomen las medidas necesarias para detener la ola de violencia); otra, entre memoria y olvido (recordar para no repetir). </description>
      <pubDate>mar., 15 mars 2022 14:45:44 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>ven., 18 mars 2022 11:01:56 +0100</lastBuildDate>
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