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    <title>disparitions</title>
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    <description>Termini dell'indice</description>
    <language>fr</language>
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      <title>Paysages politiques de la disparition. Introduction</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=809</link>
      <pubDate>ven., 08 avril 2022 10:08:37 +0200</pubDate>
      <lastBuildDate>mer., 28 mai 2025 15:53:23 +0200</lastBuildDate>
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      <title>Pluralité de justices et de réparations : les apports de l’anthropologie juridique à l’analyse des disparitions au Mexique</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=687</link>
      <description>Dans cet article, l’auteure partage ses réflexions théoriques et méthodologiques à partir de trois expériences de recherche engagée ayant accompagné la lutte juridique et/ou politique de femmes indigènes et de familles de personnes disparues au Mexique. L’article rend compte de la manière dont, dans des contextes de violence extrême, ces femmes ont trouvé dans l’organisation collective un moyen de reconstruire le tissu social de leurs communautés et de se confronter aux perspectives hégémoniques sur la justice et la réparation.Forte de vingt-cinq années d’expérience en anthropologie juridique féministe dans des contextes de violences extrêmes à l’encontre des femmes, l’auteure centre sa réflexion sur la nécessité de conserver une perspective critique sur le droit et les droits, sans écarter pour autant les possibilités qu’offre la lutte juridique pour la défense de la vie. L’article documente les apprentissages méthodologiques de l’auteure issus d’échanges de savoirs avec des femmes qui luttent contre les violences extrêmes et avec des collectifs de familles de personnes disparues, confirmant la richesse épistémique qu’implique le fait de mener une recherche selon des méthodologies collaboratives qui se concentrent sur les besoins concrets des acteurs et actrices sociaux avec lesquels nous travaillons.En prenant comme angle d’approche la recherche collaborative réalisée dans trois contextes différents de violences extrêmes, l’auteure réfléchit à l’importance de pluraliser les conceptions de la justice et de la réparation à partir des connaissances et expériences de femmes qui luttent contre de multiples violences et pour la reconstruction du tissu social de leurs communautés.1) La première expérience rapportée concerne le travail de terrain réalisé dans des communautés touchées par la violence militaire et paramilitaire dans les États du Chiapas et du Guerrero, pour la préparation de rapports d’expertise anthropologique présentés devant les tribunaux nationaux et internationaux pour la défense des femmes indigènes. L’analyse de l’usage contre-insurrectionnel de la violence sexuelle et de son impact communautaire, permet à l’auteure de documenter les manières spécifiques de comprendre le préjudice et la justice à partir des épistémologies des personnes concernées.2) La deuxième expérience dont s’inspirent ces réflexions a été la recherche menée avec des familles de personnes disparues de l’organisation « Les Traceuses d’El Fuerte » (Las Rastreadoras d’El Fuerte) dans l’État du Sinaloa, au nord-ouest du Mexique. Cette organisation, comme beaucoup d’autres dans le pays, est principalement composée de mères et d’épouses de disparus qui, face à l’incapacité de l’État mexicain, se sont mises à chercher les restes humains de leurs proches dans des fosses clandestines. À partir de son expérience de recherche collaborative avec cette organisation, l’auteure documente la manière dont « Les Traceuses » se sont approprié les connaissances médico-légales obtenues dans les multiples espaces de confluence et de formation du mouvement des familles de disparus, et comment, en utilisant leurs savoirs locaux au sujet de la géographie de la violence, elles ont déstabilisé les hiérarchies épistémiques des sciences médico-légales, en légitimant leurs propres savoirs. Ces femmes ne cherchent pas uniquement les leurs, mais toutes les personnes disparues, au point que de nombreuses mères qui ont déjà retrouvé leur proche continuent de participer aux recherches. En considérant tous les corps qu’elles trouvent comme des personnes et non comme des restes humains, et en les adoptant comme les leurs, elles rompent avec la « privatisation des morts » et renforcent le sens de la communauté.3) La troisième expérience qui alimente les réflexions de cet article est le travail d’accompagnement d’un collectif de familles de personnes disparues dans l’État du Morelos nommé « Rentrer à la maison Morelos » (Regresando a Casa Morelos). Il s’agit d’une organisation composée de mères, sœurs et épouses de disparus, qui se sont réunies pour dénoncer l’usage criminel des fosses communes de l’État pour cacher les corps de personnes disparues. Les cas des fosses communes de Tetelcingo et Jojutla, où 201 corps ont été retrouvés enterrés de manière irrégulière, sans autopsie et, pour beaucoup d’entre eux, avec des signes de torture, ont une fois de plus mis en évidence la responsabilité de l’État dans la disparition de personnes. Cette expérience permet à l’auteure d’analyser le rôle de l’État dans la reproduction de la pédagogie de la terreur et les violences bureaucratiques auxquelles sont confrontées les familles de disparus.À partir de ces trois recherches collaboratives, l’auteure réfléchit aux déstabilisations épistémiques que produisent les femmes indigènes qui luttent contre les violences militaires et les femmes organisées qui cherchent leurs proches, en s’appropriant les savoirs médico-légaux. Les leçons tirées de ces trois expériences l'amènent à affirmer que la reconnaissance d’autres épistémologies, ainsi que la pluralisation des concepts de justice documentés par l’anthropologie juridique, apportent beaucoup à la recherche de formes plus créatives de compréhension de la réparation et de moyens de guérir les communautés blessées par la violence. “Plurality of Justices and Reparations: The Contributions of Legal Anthropology to the Analysis of Disappearances in Mexico”In this article the author shares her theoretical and methodological reflections from three activist research experiences along the legal and / or political struggle of indigenous women and relatives of disappeared persons in Mexico. The article documents how, in contexts of extreme violence, these women have found in their collective organization a means to rebuild the social fabric of their communities and confront the hegemonic perspectives around justice and reparations.Reviewing her 25-year-long experience of feminist legal anthropology in contexts of extreme violence against women, the author places at the center of her reflection the need to maintain a critical perspective on law and rights, without discarding the possibilities of the legal fight in defense of life. The article examines the methodological lessons of the author drawing on dialogues of knowledge with women who fight extreme violence and with groups of relatives of disappeared persons, claiming that there is high epistemic value to carry out research through collaborative methodologies that place at the centre the specific needs of the social actors with whom scholars work.Taking on as an analytical lens the collaborative research carried out in three different contexts of extreme violence, the author reflects on the importance of pluralizing the conceptions of justice and reparations, based on the knowledge and experiences of women who fight against multiple forms of violence and for the reconstruction of the social fabric of their communities.1) The first experience is that of the field investigation carried out in communities affected by military and paramilitary violence in the states of Chiapas and Guerrero – it was conducted to build anthropological expert opinions presented before national and international courts in the defence of indigenous women. The analysis of the counter-insurgent use of sexual violence and its community impact allows the author to document the specific ways of understanding harm and justice from the epistemologies of the affected people.2) The second experience is the investigation conducted with relatives of disappeared persons from the organization Las Rastreadoras de El Fuerte in the state of Sinaloa, in northwestern Mexico. This organization, like many of its counterparts in the country, is made up mainly of mothers and wives of the disappeared, who, given the incapacity of the Mexican State, have taken on the task of searching for the human remains of their relatives in clandestine graves. Based on her collaborative research experience with this organization, the author documents how Las Rastreadoras have appropriated the forensic knowledge gained in the multiple spaces of convergence and formation of the movement of relatives of the disappeared, by also mobilizing their local knowledge of the geography of violence, thus destabilizing the epistemic hierarchies of forensic sciences and legitimizing their own knowledge. These women are not only searching for their relatives, but for all missing persons, and many of the mothers who have already completed the search for their kin, keep participating in the search. By considering all the bodies they unearth as people and not mere human remains, and by adopting them as their own, they break up with the “privatization of the dead” and reinforce the sense of community.3) The third experience fueling the reflections of this article is the work as a companion for a group of relatives of disappeared persons in the state of Morelos called “Regresando a Casa Morelos”. It is an organization composed of mothers, sisters and wives of the disappeared, who have organized around the accusation of the criminal use of state mass graves to cover up for the bodies of disappeared persons. The cases of the mass graves of Tetelcingo and Jojutla, where 201 bodies have been found buried jaggedly, without autopsies and many of them with marks of torture, once again revealed the state’s responsibility in the disappearance of people. This experience allows the author to reflect on the role of the state in the reproduction of the “pedagogy of terror” and the bureaucratic violence faced by the families of the disappeared.These three collaborative investigations allow the author to reflect on the epistemic destabilizations produced by indigenous women who fight military violence and organized women who seek their relatives by appropriating forensic knowledge. The lessons learned from these three experiences allow the author to argue that the recognition of other epistemologies, as well as the pluralization of the concepts of justice, which legal anthropology has been documenting, can valuably contribute to the search for more creative ways of understanding the law and reparations, and to seek the healing of communities hit by violence. «Pluralidad de justicias y resarcimientos: los aportes de la antropología jurídica al análisis de las desapariciones en México»En este artículo la autora comparte sus reflexiones teóricas y metodológicas a partir de tres experiencias investigación activista acompañando la lucha legal y/o política mujeres indígenas y familiares de personas desaparecidas en México. El artículo documenta como en contextos de violencias extremas estas mujeres han encontrado en la organización colectiva una apuesta para reconstruir el tejido social de sus comunidades y confrontar las perspectivas hegemónicas en torno a la justicia y el resarcimiento.Recuperando su experiencia de 25 años trabajando desde la antropología jurídica feminista en contextos de violencias extremas hacia las mujeres, la autora pone en el centro de su reflexión la necesidad de mantener una perspectiva crítica ante el derecho y los derechos, sin desechar las posibilidades de la lucha jurídica en la defensa de la vida. El artículo documenta los aprendizajes metodológicos de la autora a partir de diálogos de saberes con mujeres que luchan en contra de las violencias extremas y con colectivos de familiares de personas desaparecidas, reivindicando la riqueza epistémica que implica hacer investigación desde metodologías colaborativas que ponen en el centro las necesidades concretas de los y las actoras sociales con quienes se trabaja. Tomando como ventana analítica la investigación colaborativa realizada en tres contextos distintos de violencias extremas, la autora reflexiona sobre la importancia de pluralizar las concepciones de justicia y resarcimiento, a partir de los conocimientos y experiencias de mujeres que luchan contra múltiples violencias y por la reconstrucción del tejido social de sus comunidades.La primera experiencia es la investigación de campo realizada en comunidades afectadas por la violencia militar y paramilitar en los estados de Chiapas y Guerrero, para la realización de peritajes antropológicos presentados ante cortes nacionales e internacionales en la defensa de mujeres indígenas. El análisis del uso contrainsurgente de la violencia sexual y su impacto comunitario, le permite a la autora documentar las formas específicas de entender el agravio y la justicia desde las epistemologías propias de las personas afectadas.La segunda experiencia de la que abrevan estas reflexiones ha sido la investigación con familiares de personas desaparecidas de la organización Las Rastreadoras de El Fuerte en el estado de Sinaloa, en el noroeste de México. Esta organización, como muchas otras en el país está constituida mayoritariamente por madres y esposas de desaparecidos y desaparecidas, que ante la incapacidad del Estado mexicano se han dado a la tarea de buscar los restos humanos de sus familiares en fosas clandestinas. A partir de su experiencia de investigación colaborativa con esta organización, la autora documenta como Las Rastreadoras se han apropiado los conocimientos forenses obtenidos en los múltiples espacios de confluencia y formación del movimiento de familiares de desaparecidos, y utilizando sus saberes locales en torno a la geografía de la violencia, han desestabilizado las jerarquías epistémicas de las ciencias forenses, legitimando sus propios saberes. Estas mujeres no sólo buscan a sus familiares, sino a todas las personas desaparecidas, incluso muchas de las madres que ya han encontrado continúan participando en las búsquedas. Al considerar a todos los cuerpos que encuentran como personas y no solo como restos humanos, y al adoptarlos como propios, rompen con la «privatización de los muertos» y refuerzan el sentido de comunidad.La tercera experiencia que alimenta las reflexiones de este artículo es el trabajo de acompañamiento a un colectivo de familiares de personas desaparecidas en el estado de Morelos llamado «Regresando a Casa Morelos». Se trata de una organización formada por madres, hermanas y esposas de desaparecidos, que se han articulado en torno a la denuncia del uso criminal de las fosas comunes estatales, para ocultar los cuerpos de personas desaparecidas. Los casos de las fosas comunes de Tetelcingo y Jojutla en donde se han encontrado 201 cuerpos enterrados de manera irregular, sin necropsias y muchos de ellos con señales de tortura, puso una vez más en evidencia la responsabilidad estatal en la desaparición de personas. Esta experiencia le permite a la autora reflexionar sobre el papel del Estado en la reproducción de la pedagogía del terror y las violencias burocráticas que enfrentas las familiares de desaparecidos. A partir de estas tres investigaciones colaborativas, la autora reflexiona sobre las desestabilizaciones epistémicas que producen las mujeres indígenas que luchan contra las violencias militares y las mujeres organizadas que buscan a sus familiares apropiándose los saberes forenses. Los aprendizajes de estas tres experiencias llevan a la autora a argumentar que el reconocimiento de otras epistemologías, así como la pluralización de los conceptos de justicias, que ha venido documentando la antropología jurídica, tienen mucho que aportar a la búsqueda de formas más creativas de entender el resarcimiento y buscar la sanación de comunidades lastimadas por la violencia. </description>
      <pubDate>dim., 13 mars 2022 23:15:34 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>mer., 06 avril 2022 17:02:56 +0200</lastBuildDate>
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      <title>Chavirer et revenir au monde. Récit sensible d’une photographe depuis la Ve Brigade nationale de recherche de personnes disparues au Mexique</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=750</link>
      <description>En février 2020, l’auteure, photographe, a pris le chemin du Veracruz, au Mexique, avec l’anthropologue Sabrina Melenotte, pour suivre la Ve Brigade nationale de recherche de personnes disparues.Le nombre de disparitions au Mexique est aujourd’hui officiellement estimé à plus de 96 000 personnes. Deux cents familles se réunissent chaque année dans un État choisi par les collectifs de familles de personnes disparues pour chercher leurs proches. Au-delà de sa valeur témoin, la photographie permet à celles et ceux qui cherchent, comme à celles et ceux qui les observent ou les photographient, de regarder ensemble une même chose, et éventuellement de la commenter ensemble. Elle permet aussi de rendre explicites des phénomènes ou des situations difficiles à raconter avec des mots sans chavirer. Pendant quinze jours, l’auteure a documenté en images ces expériences chargées d’émotions, en dialogue avec l’anthropologue, pour restituer sur un mode sensible les différentes modalités de ces recherches par les familles, « sur le terrain », en campo (fosses clandestines, traces de violences, indices sur les corps, dans les morgues), « en vie », en vida (prisons, centres de détention et de réinsertion), ou lors de campagnes de sensibilisation auprès des populations locales (marches blanches, témoignages, prises de parole sur les places publiques ou lors des messes, collages d’affiches, rencontres dans les écoles et les universités).Derrière chaque disparu.e se trouve une famille qui souffre de l’absence, mais aussi de la présence persistante d’un ou plusieurs fantômes. Chercher un être aimé disparu relève souvent de l’obsession. C’est aussi une quête souvent vaine, mais indispensable­­ puisque personne d’autre ne le fait. Et seule la découverte (en vie, ou mort) de l’être cher disparu apportera une forme de soulagement. À observer celles et ceux qui cherchent, on voit des jambes solidement ancrées dans la terre, des yeux qui la scrutent avec une extrême concentration, des bustes qui se penchent attentivement vers elle, voire des corps entiers qui s’allongent sur elle pour la gratter de tout près, ou d’autres encore qui y plongent sans hésiter pour la creuser avec poigne. Durant ces recherches, les émotions se déclinent sur une grande échelle, allant de l’espoir au désespoir. Ces inlassables chercheurs et chercheuses donnent le sentiment d’être toujours sur le point de chavirer, mais néanmoins reviennent au monde. L’article se compose d’un texte de présentation du terrain et de six photographies principales, chacune accompagnée d’un récit, suivies d’autres images, qui viennent compléter le commentaire (soit 17 photographies au total). Les corps photographiés dévoilent quelques histoires sensibles de familles de personnes disparues : celles de deux parents qui, ensemble et sans faire de bruit, cherchent leur fils sans relâche ; d’un père qui cherche une fosse et y plonge de tout son être en la creusant ; d’une sœur qui « gratouille » en vain la surface de la terre, absente au monde qui l’entoure ; d’un frère qui regarde une fosse refermée, les jambes plantées dans un sol fouillé qu’il ne peut quitter ; d’une personne anonyme à la recherche d’indices minuscules sur un territoire immense ; d’un autre jeune frère, lucide, conscient de la période morbide que traverse son pays. L’auteure les commente dans un récit subjectif composé de ses émotions et des impressions ressenties sur le moment, puis à son retour. Elle cherche à décrire et retracer les contextes et conditions dans lesquels ses photos ont été faites, pour donner à voir ce qui n’est pas sur l’image, ce qu’elle sait déjà de ces personnes, la représentation personnelle construite avant la photographie. Informée au mieux et préparée, elle photographie à l’instinct une fois sur le terrain, pour suivre chaque personne, aller ici plutôt que là, y aller tout de suite ou attendre encore un peu, reculer, changer de point de vue, etc. À son retour en France, après la Brigade, elle a pris le temps de laisser reposer sensations et émotions avant de regarder et d’éditer les images. Pour comprendre aussi pourquoi elle les a faites. Et comme très souvent, elle y a vu alors une foule de choses nouvelles : des détails, des convergences, des environnements communs, des attitudes. Elle a ressenti ce qu’elle avait mis de côté pendant le travail. Elle a lâché prise et presque chaviré à son tour. “Capsizing and Returning to the World. A Photographer’s Sensitive Story since the 5th National Brigade for the Search for Missing Persons in Mexico”In February 2020, photographer Emmanuelle Corne travelled to Veracruz, Mexico, with anthropologist Sabrina Melenotte, to shadow the 5th National Brigade for the Search of Disappeared Persons.The number of disappearances in Mexico is now officially estimated up to 96,000 people. Two hundred families gather up every year, in a chosen state by the collectives of families of missing persons, to search for their loved ones. Beyond its testimonial value, photography allows those who are searching, as well as those who are observing or photographing them, to look at one same thing together, and possibly to comment upon it together. It also makes it possible to make explicit phenomena or situations that are difficult to describe in words without capsizing. For 15 days, with images the photographer documented these heavily-loaded emotional experiences, in dialogue with an anthropologist in the field, in order to render, in a sensitive way, the various search modalities undertaken by the families, “in the field” (en campo) (clandestine graves, traces of violence, body marks, in the morgues), “in life” (en vida) (prisons, detention and rehabilitation centres), or during awareness-raising campaigns among the local population (white marches, testimonies, speeches in public squares or during masses, poster collages, meetings in schools and universities).For every missing person, there is a family suffering from the absence, but also from their enduring presence, as a ghost. Searching for a missing loved one can often turn into an obsession. It is also often a futile, but indispensable, search, since no one else is engaged in it. And only when it is revealed whether the missing loved one is alive or dead that some kind of relief occurs. Observing their bodies, we “see” their legs firmly rooted into the ground, their eyes scrutinizing it thoroughly, carefully bending over it, even bodies lying down scratching the earth, or others diving into the earth to dig with rage. During these searches, emotions range from hope to despair. These tireless “searchers” give us the feeling to be always on the verge of capsizing, but finally returning to the world.The article consists of a text introducing the field, followed by six main photographs and their dedicated narratives. For each one of them, other images complete the commentary (amounting to 17 photographs). The photographed bodies reveal some of the sensitive stories of the families of the missing persons: that of parents who, together and quietly, search for their son without respite; that of a father who searches for a grave and dives into it entirely as he unearths it; that of a sister who “scratches” in vain the surface of the earth, absent to the surrounding world; that of a brother who looks at a pit turned over, his legs deep in the excavated ground unable to lift himself from the soil; that of an anonymous person peering for tiny clues across an immense territory; that of another clearheaded youth, aware of the grim period his country is experiencing.The photographer comments them from a personal and sensitive point of view, drawing on of her emotions and impressions felt at the time they were made, then upon her return. She tries to describe and recall the contexts and conditions in which she made them in order to show what is not visible in the image, what she already knew about these people, what she had already built up as a personal representation before they were photographed. Documented as much as possible and prepared beforehand, she photographs relying on her instinct, once in the field: following one person, setting out here rather than there, leaving straight away or waiting for a little longer, moving back, changing her point of view, etc. When she returned to France, after her stint with the Brigade, it took her some time for her feelings and emotions to settle before returning to and editing the images. And to understand why she took them. And as it often happens, she saw a whole new set of things: details, convergences, common environments, attitudes. She eventually felt what she had set aside during the work. She let go and almost capsized too. «Tambalearse y volver al mundo. El relato sensible de una fotógrafa desde la 5ª Brigada Nacional de Búsqueda de Personas Desaparecidas en México»En febrero de 2020, la fotógrafa Emmanuelle Corne viajó a Veracruz, México, con la antropóloga Sabrina Melenotte, para seguir a la 5a Brigada Nacional de Búsqueda de Personas Desaparecidas. Actualmente, el número de desapariciones en México se estima oficialmente en más de 96 000 personas. Doscientas familias se reúnen cada año, en un estado elegido por los colectivos de familias de desaparecidos, para buscar a sus seres queridos. Más allá de su valor como testigo, la fotografía permite que quienes buscan y quienes los observan o los fotografían miren juntos una misma cosa y, posiblemente, la comenten juntos. También permite explicitar fenómenos o situaciones que son difíciles de describir con palabras sin tambalearse. Durante 15 días y en diálogo con la antropóloga, la autora documentó en imágenes estas experiencias cargadas de emoción para plasmar de forma sensible las diferentes modalidades de estas búsquedas por parte de las familias: «en campo» (fosas clandestinas, huellas de violencia, pistas en los cuerpos, en las morgues), «en vida» (prisiones, centros de detención y rehabilitación) o durante las campañas de sensibilización entre la población local (marchas, testimonios, discursos en plazas públicas o durante las misas, pega de carteles, reuniones en escuelas y universidades).Detrás de cada persona desaparecida hay una familia que sufre la ausencia, pero también la presencia persistente de uno o varios fantasmas. La búsqueda de un ser querido desaparecido es a menudo una obsesión. También es a menudo una búsqueda vana, pero indispensable, ya que nadie más lo hace. Y sólo el descubrimiento del ser querido desaparecido (vivo o muerto) traerá algún tipo de alivio. Si se observa a quienes buscan, vemos piernas firmemente ancladas en la tierra, ojos que la escudriñan con extrema concentración, bustos que se inclinan cuidadosamente sobre ella, incluso cuerpos enteros que se tumban sobre ella para escarbarla de cerca, u otros que se hunden en ella sin dudarlo para cavar con firmeza. Durante estas búsquedas, las emociones van de la esperanza a la desesperación. Dan la sensación de que estos incansables buscadores están siempre a punto de tambalearse, entonces vuelven al mundo.El artículo consta de un texto introductorio sobre el trabajo de campo, seguido de seis fotografías principales y su relato. Después de cada una, otras imágenes completan el comentario (17 fotografías en total). Los cuerpos fotografiados revelan algunas de las sensibles historias de las familias de las personas desaparecidas: las de dos padres que, juntos y en silencio, buscan a su hijo sin descanso; las de un padre que busca una tumba y se sumerge en ella con todo su ser, cavándola; las de una hermana que «araña» en vano la superficie de la tierra, ausente del mundo que la rodea; la de un hermano que mira una fosa cerrada, con las piernas plantadas en el suelo excavado del que no puede salir; la de una persona anónima que busca pequeñas pistas en un territorio inmenso; la de otro hermano joven y lúcido, consciente del periodo mórbido que atraviesa su país.Este texto es un relato subjetivo y sensible, hecho de las emociones e impresiones que la autora sintió y vivió durante la Brigada y a su regreso. Intenta describir y reconstituir los contextos y las condiciones en las que realizó las fotografías para mostrar lo que no está en la imagen, lo que ya sabe de esas personas, la representación personal que ya ha construido antes de la fotografía. Una vez en el campo, lo más informada y preparada posible, fotografió siguiendo su instinto para seguir a cada persona, para ir a un lugar en vez de a otro, para ir enseguida o esperar un poco más, para retroceder, para cambiar de punto de vista, etc. A su regreso a Francia, después de la Brigada, se tomó el tiempo necesario para dejar reposar sus sentimientos y emociones antes de ver y editar las imágenes. También para entender por qué las tomó. Y como suele ocurrir, vio toda una serie de cosas nuevas: detalles, convergencias, entornos comunes, actitudes. Sintió lo que había dejado de lado durante el trabajo. Se dejó llevar y casi se tambaleó a su vez. </description>
      <pubDate>mar., 15 mars 2022 16:52:10 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>mer., 06 avril 2022 07:50:42 +0200</lastBuildDate>
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      <title>Disparitions et mémorialisation de l’espace public au Mexique</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=739</link>
      <description>Depuis le début de la « guerre contre le narcotrafic », mise en œuvre par le gouvernement de Felipe Calderón (2006-2012), plus de 94 000 personnes ont disparu au Mexique, selon les chiffres officiels. Face à cette augmentation exponentielle de la violence, qui touche toutes les régions du pays, les familles de disparus et la société civile organisée se sont progressivement mobilisées sur différents fronts. Parallèlement à la demande d’adoption de lois et de mécanismes adéquats pour faire face au phénomène de la disparition, à la recherche des disparus par les familles des victimes elles-mêmes dans des fosses clandestines, parmi beaucoup d’autres actions, nous assistons ces dernières années à toutes sortes de pratiques commémoratives et mémorielles autour de ceux qui ne sont « ni vivants ni morts ». Ces pratiques mémorielles échappent à la relation qui est souvent établie entre la mémoire, le présent et le passé, couramment synthétisée dans un postulat simple et bien connu : le travail de remémoration relève du présent, tandis que l’événement remémoré appartient au passé, même si sa remémoration (ou son oubli) répond aux enjeux du présent. Or, les disparitions qui font l’objet d’une mémorialisation croissante au Mexique n’appartiennent pas à un passé révolu. Il s’agit d’un phénomène massif qui continue de toucher la société mexicaine jour après jour et heure après heure. En d’autres termes, la construction de la mémoire des disparus au Mexique (la création de mémoriaux, l’installation de portraits, la construction d’anti-monuments, etc.) a lieu en même temps que le traumatisme (les disparitions et la violence). Cette simultanéité entre l’« événement » et sa mémorialisation confère aux pratiques mémorielles un caractère particulier, que ce soit par rapport au rôle qu’elles peuvent jouer dans la recherche des disparus ou par rapport aux tensions qu’elles peuvent générer au sein des collectifs qui les mettent en œuvre.Axé sur l’analyse des différentes facettes de ces pratiques mémorielles et des acteurs qui les portent, l’article s’appuie sur l’étude de trois cas récents d’appropriation de l’espace public, caractérisés par la resymbolisation de trois monuments historiques : la place du Torero, aujourd’hui appelée « place des Disparu·e·s », dans la ville de Monterrey ; le rond-point des Enfants Héros, aujourd’hui appelée « rond-point des Disparu·e·s », dans la ville de Guadalajara ; et la Rotonde des personnes illustres du Jalisco, également à Guadalajara. Dans les trois cas, les familles de victimes ou les citoyens qui adhèrent à leur cause ont réussi à marquer les espaces sans aucune autorisation institutionnelle et à y inscrire la mémoire des disparus de manière plus ou moins pérenne, en concurrence avec la mémoire officielle qui y était véhiculée jusqu’alors. Aux visées patrimonialistes des autorités, désireuses de célébrer le passé glorieux, les familles des disparus et leurs soutiens ont opposé le présent douloureux. Par leur action, ils ont perturbé les desseins des monuments et introduit une autre mémoire : celle de la violence contemporaine, celle des milliers de personnes disparues et celle des personnes qui recherchent inlassablement leurs êtres chers, contestant ainsi le monopole de l’État sur ces espaces et exposant son incapacité à assurer la paix publique.Bien que motivées principalement par les anniversaires de la disparition de quatre étudiants (un jeune de dix-huit ans dans le cas de Monterrey, et trois jeunes de vingt à vingt-cinq ans dans le cas de Guadalajara), ces trois actions de mémoire ont dès le départ accueilli la mémoire d’autres personnes disparues avant ou après ces jeunes, et aujourd’hui encore, ces espaces continuent d’accueillir celle de nouvelles victimes (les personnes disparues jour après jour). En d’autres termes, et en reprenant la distinction proposée par Tzvetan Todorov, les collectifs à l’origine de ces pratiques mémorielles font un usage « exemplaire », et non « littéral », de la mémoire : ils ne restent pas enfermés dans le passé, mais l’utilisent au profit du présent, en comparant et en reliant un événement (une disparition spécifique qui a déjà eu lieu) à d’autres (les disparitions qui continuent à se produire et qui font partie du même cycle de violence).En s’exprimant en même temps que se produit le phénomène objet de la mémorialisation, cette mémoire insoumise fonctionne comme un « dispositif de sensibilisation » vis-à-vis de la société et comme un outil de dénonciation à l’égard des pouvoirs publics. La mémoire et les gestes mémoriels (inscription de noms ou de phrases pour les disparus, installation de plaques ou de portraits) sont ainsi utilisés comme un moyen supplémentaire dans le répertoire d’action des familles de victimes. Ainsi, mémoire et mobilisation se nourrissent mutuellement et une double dynamique est établie : entre la mémoire et l’indifférence (se souvenir et nommer pour que le regard se tourne vers les personnes disparues, pour que la société et les autorités publiques prennent les mesures nécessaires pour arrêter la vague de violence), d’une part ; entre la mémoire et l’oubli (se souvenir pour ne pas oublier et même pour ne pas répéter), d’autre part. “Disappearances and Memorialization of Public Space in Mexico”Since the beginning of the “war on drugs”, conducted by the government of Felipe Calderón (2006-2012), more than 94,000 people have disappeared in Mexico, according to official data. Faced with this exponential increase in violence, which affects all regions of the country, the families of the disappeared and organized civil society have been progressively mobilizing on different fronts. Along with the demand for the adoption of laws and adequate mechanisms to deal with the phenomenon of disappearance or the search for the disappeared by the families of the victims themselves in mass graves, among many other actions, there have sprouted, across Mexico, all kinds of commemorative and memorial practices in relation to those who are “neither alive nor dead” in recent years. These practices elude the relationship that is usually established between memory, the present and the past, which is commonly synthesized in a simple and well-known postulate: the work of remembering belongs to the present, while the remembered event belongs to the past, even if its remembering (or forgetting) responds to the challenges of the present. However, the disappearances that are increasingly being memorialized in Mexico do not belong to a past that is in actuality over. On the contrary, they constitute a massive phenomenon that continues to affect Mexican society day after day, and hour after hour. In other words, the memory of the disappeared in Mexico (the setting up of memorials, the hanging of portraits, the construction of anti-monuments, etc.) takes place at the same time as the trauma (disappearances and violence). This simultaneity between the “event” and its memorialization gives memorial practices a particular flavour, whether in terms of the role they can play in searching for the disappeared or in relation to the tensions they can generate within the collectives that implement them.Focusing on the analysis of the different facets of these memorial practices, as well as the actors who perform them, the article is based on the study of three recent cases of appropriation of public space, characterized by the re-signification of three historical monuments: the Square of the Toreador, today known as Square of the Disappeared, in the city of Monterrey; the Boy Heroes Roundabout, today called the Roundabout of the Disappeared, in the city of Guadalajara; and the Rotunda of Illustrious Persons of Jalisco, also in the city of Guadalajara. In all three cases, the families of the disappeared or citizens in solidarity with them managed to appropriate the spaces without any institutional authorization and to establish the memory of the disappeared more or less enduringly, in competition with the official memory ascribed to these places. The families of the disappeared and people in solidarity opposed the painful present to the patrimonialistic objectives of the public authorities, who were eager to celebrate the glorious past. Through their actions they disrupted the meaning of the monuments and introduced another memory: that of contemporary violence, of the thousands of disappeared and of the people who tirelessly search for their loved ones, thus challenging the state’s monopoly over these spaces and exposing its inability to enforce public peace.Although motivated primarily by the anniversaries of the disappearance of four students (one eighteen-year-old in the case of Monterrey, and three twenty- to twenty-five-year-olds in the case of Guadalajara), the three memory initiatives have from the outset welcomed the memory of others who disappeared before or after these youths, and even today these spaces continue to embrace the memory of new victims (those disappearing day after day). In other words, and taking up the distinction proposed by Tzvetan Todorov, the collectives behind these memorial practices make an exemplary use of memory and not a literal one: they do not remain locked in the past, but use it for the benefit of the present, by comparing and connecting one event (a specific disappearance that has already taken place) to others (the disappearances that continue to occur and that are part of the same cycle of violence).By expressing itself at the same time as the phenomenon being memorialized, this insubordinate memory functions as an “awareness-raising device” in relation to society and as a tool for accusing the public authorities. Memory and memorial gestures (inscription of names or phrases for the disappeared, installation of plaques or portraits) are thus used as another means in the repertoire of actions of the families of victims. This way, memory and mobilisation feed each other and a double dynamic is established: on the one hand, between memory and indifference (remembering and naming so that eyes are focused on those who have disappeared, so that society and the public authorities take the necessary measures to stop the wave of violence); on the other hand, between memory and forgetting (remembering so as not to forget and even so as not to repeat). «Desapariciones y memorialización del espacio público en México»Desde el inicio de la «guerra contra el narcotráfico» implementada por el gobierno de Felipe Calderón (2006-2012), más de 94 000 personas han desaparecido en México, según cifras oficiales. Ante este aumento exponencial de la violencia, que afecta todas las regiones del país, las familias de las personas desaparecidas y la sociedad civil organizada se han ido movilizando progresivamente desde distintos frentes. Junto a la exigencia para que se adopten leyes y mecanismos adecuados para hacerle frente al fenómeno de la desaparición o junto a la búsqueda de los desaparecidos por parte de las propias familias de las víctimas en fosas clandestinas, en los últimos años hemos sido testigos en México de todo tipo de prácticas conmemorativas y memorísticas en torno a aquellos que no están «ni vivos ni muertos». Dichas prácticas escapan a la relación que suele establecerse entre memoria, presente y pasado, que comúnmente se sintetiza en un postulado simple y bien conocido: al presente corresponde el trabajo de rememoración, mientras que el acontecimiento rememorado pertenece al pasado, aunque su recuerdo (o su olvido) responda a los desafíos del presente. Ahora bien, las desapariciones que son objeto de una memorialización creciente en México no pertenecen a un pasado realmente terminado. Por el contrario, constituyen un fenómeno masivo que sigue afectando a la sociedad mexicana día tras día y hora tras hora. En otras palabras, la memoria de los desaparecidos en México (la creación de memoriales, la instalación de retratos, la construcción de antimonumentos, etc.) tiene lugar al mismo tiempo que el trauma (las desapariciones y la violencia). Esta simultaneidad entre el «acontecimiento» y su memorialización confiere a las prácticas memorísticas un cariz particular, ya sea en lo concerniente al papel que pueden desempeñar en la búsqueda de las personas desaparecidas o con relación a las tensiones que pueden generar en los propios colectivos que las llevan a cabo.Centrado en el análisis de las diferentes facetas de estas prácticas memorísticas, así como en el de los actores que las realizan, el artículo parte del estudio de tres casos recientes de apropiación del espacio público, caracterizados por la resignificación de tres monumentos históricos: la Plaza del Torero, hoy conocida como Plaza de l@s Desaparecid@s, en la ciudad de Monterrey; la Glorieta de los Niños Héroes, hoy llamada Glorieta de lxs Desaparecidxs, en la ciudad de Guadalajara; y la Rotonda de Jaliscienses Ilustres, también en la ciudad de Guadalajara. En los tres casos, las familias de los desaparecidos o los ciudadanos que con ellas se solidarizan consiguieron apropiarse de los espacios sin ninguna autorización institucional e inscribir la memoria de los desaparecidos de forma más o menos perenne, en competencia con la memoria oficial que allí se vehiculaba hasta entonces. A los objetivos patrimonialistas de las autoridades públicas, deseosas de celebrar el pasado glorioso, las familias de los desaparecidos y las personas solidarias oponen el presente doloroso. Con sus acciones trastocan el sentido de los monumentos e introducen otra memoria: la de la violencia contemporánea, la de los miles de desaparecidos y la de las personas que buscan incansablemente a sus seres queridos, desafiando así el monopolio del Estado sobre dichos espacios y exponiendo su incapacidad para garantizar la paz pública.Aunque motivadas principalmente por los aniversarios de desaparición de cuatro estudiantes (un joven de dieciocho años, en el caso de Monterrey, y tres jóvenes de entre veinte y veinticinco años, en el caso de Guadalajara), las tres acciones de memoria aquí analizadas se caracterizaron desde el inicio por acoger la memoria de otras personas que habían desaparecido antes o después de aquellos jóvenes y, hasta la fecha, en esos espacios se sigue acogiendo la memoria de las nuevas víctimas (las personas que van desapareciendo día con día). En otras palabras, y retomando la distinción propuesta por Tzvetan Todorov, los colectivos que se encuentran detrás de estas prácticas memorísticas hacen un uso ejemplar de la memoria y no un uso literal: no se quedan encerrados en el pasado, antes bien, lo utilizan en beneficio del presente, comparando y relacionando un acontecimiento (una desaparición concreta, ya sucedida) con otros (el resto de las desapariciones que siguen produciéndose y que forman parte del mismo ciclo de violencia).Al expresarse al mismo tiempo que se produce el fenómeno objeto de la memorialización, esta memoria insumisa funciona como un «dispositivo de sensibilización» con respecto a la sociedad y como una herramienta de denuncia con relación a las autoridades públicas. La memoria y los gestos memorísticos (inscripción de nombres o frases por los desaparecidos, instalación de placas o retratos) constituyen, entonces, un medio más del repertorio de acción de los familiares de las víctimas. De esta forma, la memoria y la movilización se alimentan mutuamente y se establece una doble dinámica: una, entre memoria e indiferencia (recordar y nombrar para que la mirada se dirija a los desaparecidos, para que la sociedad y las autoridades públicas tomen las medidas necesarias para detener la ola de violencia); otra, entre memoria y olvido (recordar para no repetir). </description>
      <pubDate>mar., 15 mars 2022 14:45:44 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>ven., 18 mars 2022 11:01:56 +0100</lastBuildDate>
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