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    <title>ciencia forense</title>
    <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=684</link>
    <description>Termini dell'indice</description>
    <language>fr</language>
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      <title>Disparaître au cœur de l’État : l’effacement de l’identité des cadavres dans le gouvernement médico-légal des morts de la capitale du Mexique</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=674</link>
      <description>Cet article montre comment les institutions médico-légales du Mexique effacent l’identité des cadavres qu’elles ont retrouvés et perdent les corps que les familles des personnes disparues recherchent à l’heure de la guerre contre la drogue. À partir d’une enquête ethnographique aux côtés des spécialistes en identification humaine de la morgue de Mexico, j’analyse le rôle des pratiques ordinaires, des routines bureaucratiques et des attitudes morales de ces agents de l’État dans la disparition administrative des cadavres au cœur du gouvernement des morts de la capitale du pays. L’article s’ouvre sur une vignette ethnographique qui montre comment les expertes du service d’identification de la morgue de Mexico ne permettent pas à la fille d’un manutentionnaire d’un marché populaire de récupérer le cadavre de son père retrouvé par la police dans la rue en tant que « cadavre inconnu » (cadáver desconocido). Bien que sa fille l’ait identifié, les expertes arguent que, sans carte d’identité qui atteste de leur relation de parenté, elle ne peut pas réclamer son corps. Ce dernier sera donc conduit à la fosse commune du cimetière de Mexico. En effet, l’ensemble de l’article explore l’hypothèse selon laquelle le pouvoir discrétionnaire dont disposent les « street-level bureaucrats » du gouvernement des morts (notamment les experts que l’on appelle « peritos ») sur le sort des cadavres rend possible leur « deuxième disparition », en démontrant par ailleurs que les morgues du Mexique fonctionnent comme des « espaces de disparition bureaucratique ». Après une description des infrastructures matérielles et des ressources humaines de la morgue de Mexico, qui rend compte de son processus de modernisation récente, la première partie de l’article souligne qu’une grande partie des « cadavres inconnus » qui y arrivent pour être identifiés ont pourtant déjà un prénom et un nom de famille. En restituant les trajectoires post-mortem des morts jusqu’à la morgue et les interactions bureaucratiques dont leurs familles font l’expérience afin de les retrouver, je montre que la condition d’anonymat dans laquelle se retrouvent ces corps est notamment la conséquence des pratiques normalisées de violence institutionnelle résultant de l’idée que les « cadavres non réclamés » appartiennent par définition à l’État mexicain. Dans une deuxième partie, l’article porte une attention particulière aux pratiques d’écriture et de circulation de documents qui rythment le travail des fonctionnaires du service d’identification de la morgue de Mexico ainsi que leurs relations avec d’autres institutions en charge de retrouver les personnes disparues. Cette partie met en lumière le fait que ces travailleurs assignent aux familles des personnes disparues l’obligation morale de se rendre constamment à la morgue si elles veulent véritablement connaître le sort de leurs proches puisque, dans le « gouvernement par la paperasse » qu’exercent les institutions médico-légales du Mexique, la priorité des experts en identification humaine est de satisfaire à des exigences administratives plutôt que d’identifier les cadavres inconnus. La conclusion de cet article pose la question anthropologique de savoir où se trouve l’identité d’une personne après sa mort, en faisant l’hypothèse que ce sont les relations sociales qui accompagnent le cadavre jusqu’à sa sépulture définitive qui déterminent si le défunt sera nommé. À travers l’observation empirique des pratiques informelles de classification des cadavres au sein de la morgue de Mexico, où l’on traite ceux qui sont accompagnés par leurs proches différemment de ceux qui sont envoyés par la police de la ville, cette conclusion s’inscrit dans le prolongement des pistes ouvertes par l’ethnologue Robert Hertz, pour qui les rites funéraires apparaissent comme un processus de transition où les morts se transforment selon la manière dont les prennent en charge les personnes en deuil et la société.  “Disappearing in the Mesh of the State: the Erasure of Corpses’ Identities in Mexico City’s Forensic Government of the Dead”This article shows how Mexico’s forensic institutions erase the identities of the corpses they recover and dispose of the bodies that the families of the disappeared seek during the Drug War. Based on ethnographic fieldwork among human identification specialists at the Mexico City morgue, I analyze the role of ordinary practices, bureaucratic routines, and moral attitudes in the administrative disappearance of corpses at the heart of the government of the dead in the country’s capital. The article opens with an ethnographic vignette that shows how experts at the Identification Department of the Mexico City morgue do not allow the daughter of a warehouseman in a working-class market to retrieve her father’s body which the police had found on the street-side and had designated an “unknown corpse” (cadáver desconocido). Even though the daughter identified her father, the experts argued that unless she could prove their relationship in the eyes of the State by producing an identity card, she could not claim his body. His corpse would thus finish in the potter’s field of the main public cemetery of Mexico City. Indeed, the entire article explores the hypothesis that the discretionary power that “street-level bureaucrats” of the government of the dead (experts called “peritos”) exercise over the fate of corpses makes their “second disappearance” possible, demonstrating thus that Mexico’s morgues function as “spaces of bureaucratic disappearance”. After an introductory note describing the recent modernization process of the material infrastructure and human resources of Mexico City morgue, the first section highlights the fact that a large number of “unknown corpses” that arrive for identification are already known by their first and last name. By reconstructing the post-mortem trajectories of the dead down to the morgue and the bureaucratic interaction that families experience in order to find them, I show that the condition of anonymity in which these bodies end up is, among other things, the result of the normalized practices of institutional violence that result from the idea that unclaimed corpses belong to the Mexican State by definition. In the second section, the article pays particular attention to the writing practices and documentary circulation that punctuate the work of experts at the Identification Department of Mexico City morgue as well as their relationship with other institutions in charge of looking for missing persons. This section highlights the practices whereby these workers assign the families of the disappeared a moral obligation to constantly visit the morgue if they truly wish to be informed of the fate of their loved ones, for relying on the “government of paper” exercised by Mexico’s forensic institutions, the priority of human identification experts is to fulfill administrative requirements rather than to identify unknown corpses. In conclusion, the article poses the anthropological question of where a person’s identity lies after death, proposing the hypothesis that it is the social relations accompanying the corpse to its final resting place that ultimately determine whether the deceased will be named. Through the empirical observation of the informal practices of classification of corpses inside Mexico City morgue, where bodies accompanied by their relatives are treated differently from those sent in by the city police, this conclusion follows the trail opened by ethnologist Robert Hertz, for whom mortuary rites appear as a transitional process by which the dead are transformed according to the care provided by the bereaved and society at large. «Desaparecer en la malla del Estado: cómo se borra la identidad de los cadáveres en el gobierno forense de la Ciudad de México»Este artículo muestra cómo las instituciones forenses de México borran la identidad de los cadáveres que han recuperado y pierden los cuerpos que las familias de los desaparecidos buscan durante la guerra contra el narcotráfico. A partir de un trabajo de campo etnográfico entre especialistas en identificación humana en la morgue de la Ciudad de México, analizo el papel de las prácticas ordinarias, las rutinas burocráticas y las actitudes morales en la desaparición administrativa de los cadáveres en el corazón del gobierno de los muertos en la capital del país. El artículo comienza con una viñeta etnográfica que muestra cómo los peritos del Departamento de Identificación de la morgue de la Ciudad de México no permiten a la hija de un cargador de un mercado recuperar el cuerpo de su padre que la policía había encontrado en la calle y que había clasificado como cadáver desconocido. Aunque la hija logró identificar a su padre en la morgue, los expertos argumentaron que, a menos que pudiera demostrar su relación a los ojos del Estado presentando una identificación oficial, no podría reclamar su cuerpo. Su cadáver terminaría entonces en la fosa común del principal cementerio público de la Ciudad de México. A lo largo de todo el artículo exploro la hipótesis de que el poder discrecional que los «burócratas de calle» del gobierno de los muertos (llamados «peritos») ejercen sobre el destino de los cadáveres hace posible su «segunda desaparición», demostrando así que las morgues de México funcionan como «espacios de desaparición burocrática». Tras una nota introductoria en la que se describe el reciente proceso de modernización de la infraestructura material y de los recursos humanos de la morgue de la Ciudad de México, la primera sección del artículo subraya que un gran número de «cadáveres desconocidos» que llegan allí para ser identificados ya son, sin embargo, conocidos por su nombre y apellido. Al reconstruir las trayectorias post-mortem que siguen los cuerpos hasta la morgue y la interacción burocrática que experimentan las familias para encontrarlos, muestro que la condición de anonimato en la que terminan estos cadáveres es, entre otras cosas, el resultado de las prácticas normalizadas de violencia institucional que resultan de la idea de que los «cadáveres no reclamados» pertenecen al Estado mexicano por definición. En la segunda sección, el artículo presta especial atención a las prácticas de escritura y circulación documental que marcan el trabajo de los peritos del Departamento de Identificación de la morgue de la Ciudad de México, así como su relación con otras instituciones encargadas de la búsqueda de personas desaparecidas. En este apartado se destacan las prácticas mediante las cuales estos expertos asignan a los familiares de los desaparecidos la obligación moral de visitar constantemente la morgue si realmente desean conocer el destino de sus seres queridos, pues, a los ojos del «gobierno de papel» que ejercen las instituciones forenses de México, la prioridad de los peritos en identificación humana es cumplir con los requisitos administrativos antes que identificar cadáveres desconocidos. En conclusión, el artículo plantea la pregunta antropológica de dónde queda la identidad de una persona después de su muerte, proponiendo la hipótesis de que son las relaciones sociales que acompañan al cadáver hasta su última morada las que determinan, en última instancia, que el difunto sea nombrado. A través de la observación empírica de las prácticas informales de clasificación de cadáveres dentro de la morgue de la Ciudad de México, donde los cuerpos acompañados por sus familiares son tratados de manera diferente a los enviados por la policía de la ciudad, la conclusión sigue la pista abierta por el etnólogo Robert Hertz, para quien los ritos mortuorios aparecen como un proceso transicional en el que los muertos se transforman según los cuidados que les brindan los deudos y la sociedad. </description>
      <pubDate>dim., 13 mars 2022 22:11:18 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>ven., 18 mars 2022 17:11:41 +0100</lastBuildDate>
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