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    <title>chamanisme</title>
    <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=585</link>
    <description>Termini dell'indice</description>
    <language>fr</language>
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      <title>Vivre ensemble face à la contagion émotionnelle</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=582</link>
      <description>Dans ce texte écrit pendant le premier confinement du printemps 2020, je tente de comparer le stress extrême ressenti par certains individus aux angoisses éprouvées en différents lieux du monde par les patients du chamanisme. Alors que l’on a longtemps cru que cette pratique étudiée par les anthropologues était le seul fait des sociétés dites « exotiques », elle pourrait se révéler de manière inattendue utile aux sociétés « modernes » en leur offrant une aide psychologique inespérée. Tomber en transe ou parvenir à un état de conscience modifié pourrait-il aider à traverser les crises aiguës de nos sociétés contemporaines ? Tandis que certains eurent l’impression de vivre un mauvais rêve éveillé, chez d’autres, la peur du coronavirus s’est accompagnée de l’angoisse d’être marginalisé, hospitalisé, asphyxié, d’une hantise de la mort amplifiée par la litanie quotidienne du nombre de victimes. Ils ont été submergés par leurs angoisses, se sont sentis perdus, furent atteint d’insomnie et multiplièrent les cauchemars. Dans les formes les plus extrêmes, les sujets ont connu des états seconds qui semblent avoir eu in extremis une fonction de régulateur émotionnel. À Palerme (Italie), les jeunes animèrent les quartiers en improvisant depuis leurs balcons des concerts diffusés à l’aide de puissantes enceintes. Ces explosions irrépressibles de spontanéité intervenant au cœur d’un confinement vécu comme particulièrement oppressant, sont à rapprocher des manifestations exubérantes survenant à la fin de rituels chamaniques qui exigent une rigoureuse maîtrise de soi. Par ailleurs, le début de l’épidémie de Covid-19 fut marqué par une masse considérable d’individus gagnés par une peur irrépressible, au point de se demander si, sans le confinement, la panique qu’il a engendrée ne serait pas devenue aussi dangereuse que le virus lui-même. Après plusieurs semaines, les médias et une partie de la population s’en sont pris aux plus démunis, jeunes ou prolétaires. Leur conviction était que n’ayant rien à perdre, ils ne pouvaient qu’entraver la discipline collective. Des boucs émissaires étaient trouvés. En Sicile, la période de Pâques est traditionnellement un moment festif de grande convivialité. Lors de ce printemps 2020, les autorités avaient cependant décidé de montrer aux yeux de toute l’Italie que les Méridionaux ne se laisseraient pas déborder par leur légendaire indiscipline. Mais les habitants du Sperone, l’un des quartiers les plus déshérités de la ville, voulurent profiter d’une terrasse collective en haut de leur immeuble pour se retrouver autour de quelques grillades. Cet évènement insignifiant eut un retentissement démesuré, au point de devenir un scandale répercuté par tous les médias à l’échelle nationale. Le groupe fut traité comme s’il s’agissait de terroristes. Une cohorte de militaires en armes fut envoyée sur le lieu du délit, appuyée par deux hélicoptères de combat et se déplaçant prudemment en ligne indienne, rasant les murs, pour atteindre les fameux « insurgés »… La joyeuse bande de riverains prit la fuite précipitamment. “Living Together While Facing Emotional Contagion” This essay, written during the first lockdown in spring 2020, aims to compare the extreme stress experienced by some individuals with the anxiety experienced by patients of shamanism in different places of the world. Although it has been long considered that this practice, investigated by anthropologists, was circumscribed to the so-called “exotic” societies, it may turn out to be useful to “modern” societies by providing unexpected psychological help. May indeed falling into a trance or reaching an altered state of consciousness help us get through our contemporary societies’ acute crises? While some may have had the impression of living a bad daydream, others the fear of the coronavirus led to the anguish of being marginalized, hospitalized, asphyxiated: a fear of death that the grim daily count of victims intensified. They were indeed overwhelmed with anxiety, felt lost, suffered from insomnia and subjects of recurring nightmares. In the most extreme of cases, the subjects experienced a form of trance, which, in extremis, seems to have had an emotional regulating function. In Palermo (Italy), young people organized impromptu concerts from their balconies, with powerful speakers, in various neighborhoods. These irrepressible explosions of spontaneity during lockdown, perceived as particularly oppressive, may well be compared with the exhilarating manifestations occurring at the end of shamanic rituals that require strict self-control.In addition, the Covid-19 pandemic, at its outset, was marked by a mass of individuals overwhelmed with a terrible scare, to the point that one may wonder if, without the enforcement of the lockdown, their sense of panic would not have proven to be as dangerous as the virus. After several weeks, the media and a part of the population started lashing out at the poorest, the young and the proletarians. The belief was that, since they had nothing to lose, they were liable to undermine collective discipline. They were the perfect scapegoats. In Sicily, the Easter holiday is traditionally a festive moment when families reunite. This spring 2020, however, the authorities wanted to make a point regarding the Southerners’ alleged indiscipline. The residents of Sperone, though – one of the city’s most deprived neighborhoods – took advantage of a shared terrace at the top of their building to meet up around a barbecue. This unimportant event was so widely covered in the media that it was wound up into a national scandal. They were treated as if they were terrorists. Armed soldiers were dispatched to the crime scene, supported by two combat helicopters: they proceeded cautiously in a single file, keeping a low profile to surreptitiously reach the “insurgents”... Presently, the merry gang scurried away. </description>
      <pubDate>lun., 03 janv. 2022 20:32:24 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>lun., 21 mars 2022 18:33:21 +0100</lastBuildDate>
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