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    <title>Covid-19</title>
    <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=584</link>
    <description>Termini dell'indice</description>
    <language>fr</language>
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      <title>Catástrofe, azar y culpa. Pensamiento sobre las plagas históricas, incluida la Covid-19</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1135</link>
      <description>Accidentes nucleares como Chernóbil (1986) y Fukushima (2011), huracanes como el Katrina (2005), maremotos como el del Océano Índico (2004), plagas como el sida (1983), la gripe aviar (1999-2009) o el virus ébola (2014), han puesto en alerta al mundo previamente. A ellos hay que añadir la Covid-19 de 2020. La reciente pandemia Covid-19 nos ha puesto frente al espejo de contingencias olvidadas. El concepto de «entropía» sería fácilmente aplicable a las catástrofes en cuanto creadoras de desorden. La idea de «borde» en teoría de las catástrofes es una metáfora cultural para indicarnos el momento de la ruptura. El alcance del «riesgo» se apoya en la capacidad para proyectar estadísticamente una catástrofe, y trazar una prospectiva.De otra parte, las fuerzas de la Naturaleza fueron consideradas manifestaciones de esa lógica culposa. Evans-Pritchard cuando estudió la brujería entre los azande localizó que aquella era una estructura del mal social que vehiculaba «el odio, la envidia, los celos y la avaricia». De esta forma, la culpa se centró en el pasado en un colectivo marcado por la anomia, por algunos rasgos físicos disonantes, e incluso por ser portadores de enfermedades infecciosas, para convertirlos en chivos expiatorios.Sin lugar a dudas, los libros sagrados en su mayor parte han sido construidos sobre la experiencia de grandes hecatombes. La era del monoteísmo se alzó sobre las fuerzas de la Naturaleza, buscando como explicación a un Deus ex machina. Para las sociedades fundadas en el Antiguo Testamento el concepto de «pecado original» es fundamental para hacer caer la responsabilidad de los desastres en los propios hombres al haber roto el pacto con Dios.Sin embargo, la centralidad del pecado en la historia de las mentalidades significa la importancia paralela de la culpa. Y no está reservada sólo al cristianismo. Raffaele Pettazzoni atribuye a la confesión de los pecados una historia muy antigua. En definitiva, la culpa estaba claramente establecida en el Génesis en el tránsito del estado de inocencia al de civilidad. Según el neokantiano Ernst Cassirer, los ilustrados confirieron a la culpa un carácter preferentemente social y cultural. En Jean-Jacques Rousseau se había abierto paso la idea de que la culpa es cultural. Por su parte, la posición de Voltaire, en contra de la idea del misterio del pecado original consiste en sortear la idea del mal.El movimiento romántico restauraría el pathos en toda su plenitud. La balsa de la Medusa, de Géricault, puso el acento en esa dimensión, poniendo de manifiesto el sufrimiento de quienes padecen un desastre colectivo. Freud, trascendiendo el pathos romántico, daría un nuevo giro al tema de la culpa. En especial profundizará en esa línea en El malestar en la cultura: «La tensión creada el severo superyó y el yo subordinado al mismo lo calificamos de sentimiento de culpabilidad, se manifiesta bajo la forma de necesidad de castigo». Es más, con el retorno a la culpabilidad cultural aparece la responsabilidad colectiva. La diferencia que existiría con las antiguas concepciones de la culpa es que esta procede de un fondo inconsciente, conectado con la moral colectiva. El ethos, terreno en el cual se maneja la Antropología, es el determinante del sentimiento de culpa. Karl Jaspers hablaba de cuatro tipos de culpa: la criminal, la política, la moral y la metafísica. Contemporáneamente, la crisis de Chernóbil frente a otras «catástrofes» actualizó el debate sobre la culpa, bloqueado políticamente. Así lo hizo constar Frédéric Keck que había realizado una investigación etnográfica entre 2007 y 2009 sobre la gripe que golpeaba China, que no fue tenida en cuenta para prever la Covid-19. Quizás lo más importante sea constatar la incapacidad de prever y de trazar una prospectiva o prognosis capaz de aventurar situaciones de crisis. Y es por ello que todo el edificio conceptual del optimismo histórico se nos presenta ahora fundado en una falsa conciencia.Algunos intelectuales achacarían la culpa de la pandemia al derrumbe de la globalización capitalista. En la mayor parte de las ocasiones respondieron con argumentos proféticos. Para compensar este profetismo De Martino nos sitúa en el ámbito de considerar incluso al marxismo dentro de las ideologías apocalípticas.  « Catastrophe, hasard et culpabilité. Réflexion sur les fléaux historiques, et notamment le Covid-19 »Des accidents nucléaires comme Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011), des ouragans comme Katrina (2005), des tsunamis comme celui de l’océan Indien (2004), des fléaux comme le sida (1983), la grippe aviaire (1999-2009) ou le virus Ebola (2014), ont déjà mis le monde en alerte. À cela s’est ajouté le Covid-19 en 2020. La récente pandémie nous a mis face à des contingences oubliées. Le concept d’« entropie » pourrait facilement être appliqué aux catastrophes, en tant qu’elles créent du désordre. L’idée de « bord », dans la théorie des catastrophes, est une métaphore culturelle qui désigne le moment de la rupture. La notion de « risque » repose sur la capacité à prévoir statistiquement une catastrophe et à déduire une perspective.D’autre part, les forces de la nature étaient considérées comme les manifestations d’une certaine logique de culpabilité. Evans-Pritchard, en étudiant la sorcellerie chez les Azandé, a constaté qu’il s’agissait d’une structure de malfaisance sociale qui véhiculait « la haine, l’envie, la jalousie et la cupidité ». La faute en a donc été entièrement imputée par le passé à un groupe marqué par l’anomie, par certains traits physiques dissonants, et même par le fait d’être porteur de maladies infectieuses, pour en faire des boucs émissaires.Il ne fait aucun doute que les livres sacrés ont, pour la plupart, été construits sur l’expérience de grandes catastrophes. C’était l’ère du monothéisme qui s’élevait au-dessus des forces de la nature, cherchant à tout expliquer par un deus ex machina. Pour les sociétés fondées sur l’Ancien Testament, le concept de « péché originel » est essentiel, qui vise à faire porter la responsabilité des catastrophes aux hommes eux-mêmes, pour avoir rompu l’alliance avec Dieu.Cependant, la centralité du péché dans l’histoire des mentalités implique l’importance parallèle de la culpabilité. Et elle n’est pas réservée au christianisme. Raffaele Pettazzoni attribue à la confession des péchés une histoire très ancienne. En somme, la culpabilité a été clairement établie dans la Genèse lors du passage de l’état d’innocence à la civilité. Selon le néokantien Ernst Cassirer, les Lumières ont donné à la culpabilité un caractère principalement social et culturel. Chez Jean-Jacques Rousseau, l’idée que la culpabilité est culturelle a fait son chemin. La position de Voltaire quant à elle, allant contre l’idée du mystère du péché originel, revenait à contourner l’idée du mal.Le mouvement romantique rétablirait le pathos dans toute sa plénitude. Le Radeau de la Méduse de Géricault a mis l’accent sur cette dimension, en plaçant au premier plan la souffrance de ceux qui subissent une catastrophe collective. Freud, transcendant le pathos romantique, va donner un nouveau tour au thème de la culpabilité. Dans Le malaise dans la civilisation, en particulier, il ira plus loin dans ce sens : « La tension qui se crée entre le surmoi sévère et le moi qui lui est subordonné, que nous appelons le sentiment de culpabilité, se manifeste sous la forme du besoin de punition. »En outre, avec le retour à la culpabilité culturelle apparaît la responsabilité collective. La différence avec les anciennes conceptions de la culpabilité est que celle-ci provient d’un arrière-plan inconscient, lié à la moralité collective. L’ethos, le terrain dont traite l’anthropologie, est ce qui détermine le sentiment de culpabilité. Karl Jaspers a parlé de quatre types de culpabilité : criminelle, politique, morale et métaphysique. La crise contemporaine de Tchernobyl, contrairement à d’autres « catastrophes », a donné une nouvelle actualité au débat sur la culpabilité, qui était bloqué sur le plan politique. C’est ce qu’a noté Frédéric Keck, qui a mené une recherche ethnographique entre 2007 et 2009 sur la grippe aviaire qui a frappé la Chine, laquelle n’a pas été prise en compte pour anticiper le Covid-19. Ce qui mérite le plus d’être relevé, c’est peut-être l’incapacité à prévoir et à établir une prospective ou un pronostic qui permette de faire face à des situations de crise. C’est pourquoi tout l’édifice conceptuel de l’optimisme historique semble aujourd’hui reposer sur une fausse conscience.Certains intellectuels rendent responsable de la pandémie l’effondrement de la mondialisation capitaliste. Pour la plupart, ils ont avancé des arguments d’ordre prophétique. Pour répondre à ce prophétisme, De Martino nous amène à considérer le marxisme lui-même comme une idéologie apocalyptique parmi d’autres. “Catastrophe, chance and guilt. Reflections on historical scourges, including Covid-19”Nuclear accidents such as Chernobyl (1986) and Fukushima (2011), hurricanes such as Katrina (2005), tsunamis such as that which rippled across the Indian Ocean (2004), epidemics such as AIDS (1983), bird flu (1999-2009) and the Ebola virus (2014) put the world on its guard. To these let us add Covid-19 that broke out in 2020. The recent Covid-19 pandemic has brought us face to face with forgotten contingencies.The concept of “entropy” could be applied to catastrophes as they spark disorder. The idea of “edge” in catastrophe theory is a cultural metaphor that indicates the breaking point moment. The notion of “risk” relies on the ability to project a catastrophe statistically, and to chart a prospective. On the other hand, the forces of nature used to be considered as manifestations of such a logic of guilt. Evans-Pritchard, when studying witchcraft among the Azande, found that it was a structure of social evil that conveyed “hatred, envy, jealousy and greed”. Blame was thus placed on a group marked by anomie, by certain dissonant physical traits, and even by being carriers of infectious diseases, for the sake of identifying scapegoats.Undoubtedly, the holy books have for the most part been drafted drawing on the experiences of terrible catastrophes. The age of monotheism rose to face the forces of Nature, seeking a Deus ex machine as the explanation. For societies founded on the Old Testament, the concept of “original sin” is fundamental to place the responsibility for disasters on humans themselves for having broken the covenant with God.However, the centrality of sin in the history of mentalities implies the mirroring importance of guilt. And it is no prerogative of Christianity. Raffaele Pettazzoni inscribes the confession of sins in a very ancient history.In short, guilt was clearly established in Genesis in the transition from the state of innocence to the state of civility. According to neo-Kantian Ernst Cassirer, the Enlightenment viewed guilt preferably as a social and cultural character. Jean-Jacques Rousseau is at the origin of perceiving guilt as cultural was acknowledged. Voltaire’s stance, against the idea of the mystery of original sin, consisted in circumventing the idea of evil.The Romantic movement restored pathos fully. Géricault’s Raft of the Medusa emphasised this dimension, highlighting the suffering of the victims of a collective disaster. Freud, transcending romantic pathos, then endowed the theme of guilt with a novel dimension. In particular, in Civilization and Its Discontents, he brought home that very idea: “The tension created by the severe super-ego and the ego subordinated to it, which we call the feeling of guilt, manifests itself in the form of the need for punishment”.Moreover, with the return to cultural guilt collective responsibility returns too. The difference with the old conceptions of guilt is that it stems from an unconscious background, connected with collective morality. Ethos, the terrain in which anthropology operates, is what determines the feeling of guilt. Karl Jaspers spoke of four types of guilt: criminal, political, moral and metaphysical. At the same time, the Chernobyl crisis, as opposed to other “catastrophes”, brought the political stalemate around guilt up to date. This was noted by Frédéric Keck, who conducted ethnographic research between 2007 and 2009 on the influenza that hit China, but has not been taken into consideration in forecasting Covid-19.Perhaps what is most striking is the inability to foresee and to draw up a prospective or prognosis capable of anticipating situations of crisis. And that is why the whole conceptual edifice of historical optimism is now presented to us based on a false consciousness.Some intellectuals would blame the pandemic on the collapse of capitalist globalisation. For the most part, they put forward with prophetic arguments. To respond to this prophetism De Martino argues that Marxism itself is an apocalyptic ideology like any other.  </description>
      <pubDate>mar., 27 juin 2023 11:37:15 +0200</pubDate>
      <lastBuildDate>mar., 04 juil. 2023 14:54:07 +0200</lastBuildDate>
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      <title>Vivre ensemble face à la contagion émotionnelle</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=582</link>
      <description>Dans ce texte écrit pendant le premier confinement du printemps 2020, je tente de comparer le stress extrême ressenti par certains individus aux angoisses éprouvées en différents lieux du monde par les patients du chamanisme. Alors que l’on a longtemps cru que cette pratique étudiée par les anthropologues était le seul fait des sociétés dites « exotiques », elle pourrait se révéler de manière inattendue utile aux sociétés « modernes » en leur offrant une aide psychologique inespérée. Tomber en transe ou parvenir à un état de conscience modifié pourrait-il aider à traverser les crises aiguës de nos sociétés contemporaines ? Tandis que certains eurent l’impression de vivre un mauvais rêve éveillé, chez d’autres, la peur du coronavirus s’est accompagnée de l’angoisse d’être marginalisé, hospitalisé, asphyxié, d’une hantise de la mort amplifiée par la litanie quotidienne du nombre de victimes. Ils ont été submergés par leurs angoisses, se sont sentis perdus, furent atteint d’insomnie et multiplièrent les cauchemars. Dans les formes les plus extrêmes, les sujets ont connu des états seconds qui semblent avoir eu in extremis une fonction de régulateur émotionnel. À Palerme (Italie), les jeunes animèrent les quartiers en improvisant depuis leurs balcons des concerts diffusés à l’aide de puissantes enceintes. Ces explosions irrépressibles de spontanéité intervenant au cœur d’un confinement vécu comme particulièrement oppressant, sont à rapprocher des manifestations exubérantes survenant à la fin de rituels chamaniques qui exigent une rigoureuse maîtrise de soi. Par ailleurs, le début de l’épidémie de Covid-19 fut marqué par une masse considérable d’individus gagnés par une peur irrépressible, au point de se demander si, sans le confinement, la panique qu’il a engendrée ne serait pas devenue aussi dangereuse que le virus lui-même. Après plusieurs semaines, les médias et une partie de la population s’en sont pris aux plus démunis, jeunes ou prolétaires. Leur conviction était que n’ayant rien à perdre, ils ne pouvaient qu’entraver la discipline collective. Des boucs émissaires étaient trouvés. En Sicile, la période de Pâques est traditionnellement un moment festif de grande convivialité. Lors de ce printemps 2020, les autorités avaient cependant décidé de montrer aux yeux de toute l’Italie que les Méridionaux ne se laisseraient pas déborder par leur légendaire indiscipline. Mais les habitants du Sperone, l’un des quartiers les plus déshérités de la ville, voulurent profiter d’une terrasse collective en haut de leur immeuble pour se retrouver autour de quelques grillades. Cet évènement insignifiant eut un retentissement démesuré, au point de devenir un scandale répercuté par tous les médias à l’échelle nationale. Le groupe fut traité comme s’il s’agissait de terroristes. Une cohorte de militaires en armes fut envoyée sur le lieu du délit, appuyée par deux hélicoptères de combat et se déplaçant prudemment en ligne indienne, rasant les murs, pour atteindre les fameux « insurgés »… La joyeuse bande de riverains prit la fuite précipitamment. “Living Together While Facing Emotional Contagion” This essay, written during the first lockdown in spring 2020, aims to compare the extreme stress experienced by some individuals with the anxiety experienced by patients of shamanism in different places of the world. Although it has been long considered that this practice, investigated by anthropologists, was circumscribed to the so-called “exotic” societies, it may turn out to be useful to “modern” societies by providing unexpected psychological help. May indeed falling into a trance or reaching an altered state of consciousness help us get through our contemporary societies’ acute crises? While some may have had the impression of living a bad daydream, others the fear of the coronavirus led to the anguish of being marginalized, hospitalized, asphyxiated: a fear of death that the grim daily count of victims intensified. They were indeed overwhelmed with anxiety, felt lost, suffered from insomnia and subjects of recurring nightmares. In the most extreme of cases, the subjects experienced a form of trance, which, in extremis, seems to have had an emotional regulating function. In Palermo (Italy), young people organized impromptu concerts from their balconies, with powerful speakers, in various neighborhoods. These irrepressible explosions of spontaneity during lockdown, perceived as particularly oppressive, may well be compared with the exhilarating manifestations occurring at the end of shamanic rituals that require strict self-control.In addition, the Covid-19 pandemic, at its outset, was marked by a mass of individuals overwhelmed with a terrible scare, to the point that one may wonder if, without the enforcement of the lockdown, their sense of panic would not have proven to be as dangerous as the virus. After several weeks, the media and a part of the population started lashing out at the poorest, the young and the proletarians. The belief was that, since they had nothing to lose, they were liable to undermine collective discipline. They were the perfect scapegoats. In Sicily, the Easter holiday is traditionally a festive moment when families reunite. This spring 2020, however, the authorities wanted to make a point regarding the Southerners’ alleged indiscipline. The residents of Sperone, though – one of the city’s most deprived neighborhoods – took advantage of a shared terrace at the top of their building to meet up around a barbecue. This unimportant event was so widely covered in the media that it was wound up into a national scandal. They were treated as if they were terrorists. Armed soldiers were dispatched to the crime scene, supported by two combat helicopters: they proceeded cautiously in a single file, keeping a low profile to surreptitiously reach the “insurgents”... Presently, the merry gang scurried away. </description>
      <pubDate>lun., 03 janv. 2022 20:32:24 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>lun., 21 mars 2022 18:33:21 +0100</lastBuildDate>
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