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    <title>experience</title>
    <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=491</link>
    <description>Termini dell'indice</description>
    <language>fr</language>
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      <title>Désordre et traces. Dire l’expérience de l’insurrection en Égypte (1977-2011)</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=922</link>
      <description>Comment rendre compte de la révolution comme expérience vécue ? Cet article propose une réflexion à partir de deux récits portant sur le soulèvement de janvier 1977 en Égypte et traversés par la révolution de 2011. Il interroge les manières de rendre compte du caractère sensible de ce qu’Auerbach appelait « l’existence physique de l’homme et la joie qu’il en éprouve », en l’occurrence l’excitation des manifestations, le frisson de l’engagement militant ou la puissance ressentie dans l’action collective lors d’une insurrection. Comment restituer l’expérience vécue quand les récits de l’insurrection de 1977 sont dominés par un mode narratif qui laisse peu de place au caractère sensible de cette expérience ? La survalorisation des canons du texte écrit comme médiation de l’histoire transparaît dans la plupart des témoignages collectés, écrits ou oraux, à propos du soulèvement de 1977. Les principales mises en mémoire de l’événement sont communistes et soulignent l’immaturité des insurgés, répondant ainsi à un certain « historicisme », une conception téléologique de l’histoire selon laquelle les sociétés postcoloniales apparaissent en retard dans des processus politiques connus par avance et forgés dans l’histoire européenne.Le propos tenu dans cet article s’appuie sur deux récits de militants des années 1970, qui dissonent fortement avec cette tendance globale. Ce sont des récits pétris d’oralité, dépourvus de prétention explicative et qui font fi de la chronologie. Je les présente, l’un après l’autre, en les confrontant à des témoignages qui répondent au canon de la mise en mémoire communiste du soulèvement de 1977, afin de montrer pourquoi, dissonants, ils font désordre. En analysant chaque cas pour lui-même, l’enjeu est de réfléchir à la façon dont ce désordre dans le récit peut nous informer sur l’expérience de la révolte. La première partie de l’article décrypte en quoi certains récits relèvent du conte et du registre épique, en contraste avec la tonalité journalistique et dramatique de la plupart des témoignages de communistes. Il montre une historicité subalterne, analysée dans un second temps. Imprégné de l’actualité révolutionnaire, il met en avant l’importance de savoirs nés de l’expérience dans les traditions muettes de résistance.L’article se fonde sur l’idée que le désordre temporel dans la source peut manifester celui de l’événement révolutionnaire, fait d’ouverture des possibles, d’émotions fortes, de diversification des acteurs politiques, d’une modification du rapport commun au temps et à l’ego. Il se confronte au problème de « l’incohérence globale de la transmission » de l’expérience politique, et du poids relatif qu’y prennent les récits militants, un enjeu clé des recherches sur l’expérience sensible du politique. En d’autres termes, une homologie formelle lierait la chose, l’expérience insurrectionnelle, à la manière de la raconter. Les récits qui « font désordre », apparaissent ainsi comme des traces d’historicités subalternes : des manières non-historicistes d’être dans le temps et de vivre la révolte. Dans ces historicités subalternes affleurent les corps. Les récits présentés ici, chacun à sa façon, donnent à voir combien la révolution est aussi une aventure vécue dans la chair, une expérience qui se transmet par le faire et non par le dire. “Disorder and Traces. Telling the Experience of Insurrection in Egypt (1977-2011)”How can one tell the revolution as a lived experience? This article offers a reflection based on two accounts of the January 1977 uprising in Egypt intersected by the 2011 revolution. This paper interrogates how to tell the sensitive nature of what Auerbach called “the physical existence of man and the joy he experiences from it”, in this case the thrill of taking part in demonstrations, of militant commitment or the forcefulness felt in carrying out collective action during an insurrection. How may the lived experience be reconstructed when the accounts of the 1977 insurrection are burdened by a narrative mode that leaves little space for the sensitive dimension of the lived experience? The overemphasis placed on conforming to the canons of the written text as mediation for the historical account can be observed in most of the testimonies collected, written or oral, around the 1977 uprising. The event is mainly remembered through the works of communists that emphasize the immaturity of the insurgents, thus implementing to a certain “historicism”, a teleological conception of history according to which postcolonial societies appear to be lagging behind in terms of political processes that at first unfolded were forged in European history.This article draws on two activist narratives from the 1970s that are in stark contrast to this general trend. These narratives are shaped by orality, and are deprived of causality and chronology frameworks. I introduce both tales, successively, in the light of the classic canon of the communist memorialization of the 1977 uprising, in order to show their dissonant feature. By analyzing each case thoroughly, one can glimpse how disorder in the narrative can shed light on the experience of the revolt. The first part of the article analyzes the epic register of such narratives, in contrast to the journalistic and dramatic tone of most communist testimonies. It unveils the existence of a subaltern historicity which is analyzed in the second part. Rooted in revolutionary actuality, it highlights the importance of knowledge from experience in the traditions of silent resistance.This paper is based on the assumption that temporal disorder in the source may evidence temporal disorder of the revolutionary event whose stuff is made of an opening of possibilities, powerful emotions, diversification of political actors, a alteration of the relation to time and to the ego. In other words, a formal homology allegedly connects the insurrectionary experience to how it is told. Disorderly accounts thus appear as traces of subaltern historicities: non-historical postures of being within the time and living the revolt. In these subaltern historicities, bodies emerge. The narratives presented in this paper, each in their own way, show that a revolution is also an adventure lived in the flesh, an experience transmitted by doing and not by saying. </description>
      <pubDate>mer., 17 août 2022 17:52:50 +0200</pubDate>
      <lastBuildDate>mar., 13 sept. 2022 16:09:34 +0200</lastBuildDate>
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      <title>“Des actes et des durées”. Une dramaturgie des gilets jaunes</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=484</link>
      <description>Cet article part d’une expérience concrète – la mise en place de rencontres autour et en soutien du mouvement des gilets jaunes – pour analyser la dimension proprement expérimentale d’un mouvement en lutte avec la représentation. Cette lutte fut autant énoncée par les personnes mobilisées, qui ne voulaient pas de représentant, qu’actée par la stratégie policière et médiatique qui, prétendant « cerner » le mouvement, en annulait la perception et l’épaisse composition. Mais le combat fut surtout incarné par l’esthétique même du mouvement, notamment dans sa capacité à reprendre et redistribuer les coordonnées de l’expérience que sont l’espace et le temps. Faisant imploser le régime de la représentation, cette esthétique du mouvement des gilets jaunes est venue toucher en son cœur le théâtre expérimental de Nanterre-Amandiers où l’auteure de l’article est dramaturge associée depuis 2018. C’est avec tout ce que le théâtre fait et permet de penser, c’est avec les puissances du theatron (le lieu d’où l’on voit) et non l’autorité de la theoria (qui, elle, veut faire voir) que ces rencontres furent inventées et composées. Il ne s’agissait donc pas d’y inviter des experts – sociologues, philosophes, analystes politiques... – afin qu’ils partagent, du haut de la scène, leurs analyses des gilets jaunes conçus comme une identité bloc, mais plutôt d’y rassembler les différentes composantes qui en ont fait l’expérience comme la teneur expérimentale. Selon le philosophe Spinoza, l’expérience repose sur la « composition des rapports entre éléments hétérogènes » et c’est cette articulation qui a façonné la dramaturgie de ces quatre rencontres du cycle dédié et nommé non par hasard : « Des actes et des durées ». Il s’agissait donc tout autant de convier les différentes actrices et acteurs du mouvement que de rendre visible l’articulation de ses espaces-temps divers et ne tenant pas dans l’unicité de l’identité ni dans celle de l’événement réduit aux « actes » du samedi.Prenant place les dimanches, à la suite des marches et comme en prolongement de ce que ces dernières portaient dans l’espace public défiguré par sa policiarisation, les rencontres proposées par un théâtre public, s’attachaient tout autant à rendre visible, sensible, perceptible ce qui se jouait les samedis et tous les jours de la semaine dans les diverses assemblées des gilets, qu’à œuvrer, se faisant, à la réappropriation du « public ». Partout mis à mal dans les lieux que l’adjectif est censé qualifier – des places aux rues, en passant par les parcs – ce « public » pouvait être autrement soigné ou retrouvé en cet assemblage des hétérogénéités. La dramaturge y veillait « en dramaturge », c’est-à-dire en tenant sur ce qui distingue la dramaturgie des gilets jaunes de sa dramatique imposée par la représentation. Au drama entendu comme action finie, s’ajoutait le petit ergon qui implique mouvement, création et supplément. L’explosion de la représentation dramatique se faisait à la fois dans la convocation de ces actrices et acteurs qui ne « cadrent » pas avec le costume approprié de l’acteur politique – un ensemble de n’importe qui distincts des militants habituels ont en effet composé ce mouvement des gilets jaunes –, mais aussi dans le fait d’ajouter toujours « plus » à ce qui en constituait la communauté attendue. Le hall du théâtre où se passaient les rencontres permettait à ces dernières « d’interrompre » le trajet prévu de spectateurs multiples qui ne venaient pas pour assister à ces échanges, mais pour voir une pièce de théâtre choisie, avec des acteurs « normaux ». Pas plus que ces spectateur ne s’apparentaient aux communautés militantes qui suivaient depuis des mois le mouvement, leur écoute accidentelle des voix qui le composaient ne correspondait à l’identification imposée par la représentation. Les femmes, hommes et jeunes gens qui s’exprimaient ces dimanches-là échappaient au « bloc » imagé et sombre du black block qui terrifiait, mais traçaient des lignes de fuite et de liaison avec ces « autres » qui s’en pensaient éloignés. Les enjeux politiques de ce conflit esthétique ou l’esthétique de cette nouvelle conflictualité politique qui dépasse le jeu binaire de l’opposition entre mouvement et police sont observés et développés tout au long de l’article.  “‘Acts and Durations’. A dramaturgy of the Yellow Vests”This article latches on a concrete experience – the setting up of meetings around and in support of the Yellow Vest movement – in order to analyze the utterly experimental dimension of a movement struggling with the issue of representation. This was expressed as much by those mobilized who dismissed any representative of the movement, as it was sanctioned by the police and the media who, although claiming to “grasp” the movement, annihilated its perception and its thick composition. But the struggle was above all embodied in the very aesthetics of the movement itself, in particular by its capacity to reclaim and redistribute the coordinates of the experience that are space and time. By shattering the inside’s regime of representation, the Yellow Vests’ aesthetic has struck a chord with the experimental theater performed at Nanterre-Amandiers where the author of this article has been an associate dramatist since 2018. The encounters were created and composed alongside everything that the theater does and allows to think, i.e. with the powers of the theatron (the place from which one sees) and not with the authority of the theoria (which is hellbent on showing). This was no room for inviting the experts – sociologists, philosophers, political analysts ... – who would have shared, from the top of the stage, their analyses of the “Yellow Vests” conceived as a block identity, but rather to bring together the different actors that experienced the movement and shaped its experimental content. According to Spinoza, the experience is based on “the composition of the relations between heterogeneous elements” and it is this articulation that has shaped the dramaturgy of the four meetings of the dedicated season that was, quite purposefully, named: “Acts and durations”. What was therefore at stake was as much inviting the various actresses and actors of the movement as making visible how it articulates various spaces and times, thus evading the uniqueness of identity on one side, as well as the reduction to the “Acts” taking place on Saturdays on the other side.The meetings were held on Sundays, following the marches and as an extension of what these marches carried in a public space defaced by “policiarization”. On these occurrences, the state-funded theater was attached to making visible, sensitive, perceptible what had played out on Saturdays (and every day of the week in the various assemblies of the Yellow Vests), but it was also trying, by doing so, to engage in a reappropriation of what is “public”. Threatened as it is in all the places that this adjective is supposed to qualify – from squares to streets and parks – the “public” could be dealt with differently or rediscovered in this assemblage of heterogeneities. The dramatist played “her role of dramatist”, that is to say took into account what distinguishes the dramaturgy of the Yellow Vests from its drama imposed by the performance. To the drama that refers to a completed action, was added the little ergon which implies movement, creation and supplement. The shattering of the dramatic performance occurred both in the wake of the invitation of those actresses and actors who did not “fit” the appropriate costume of the Political Actor – the people wearing the vests looked more like a set of anybodies than like the usual activists – but also because of always adding “more” to what constituted the expected community. The theater lobby, where the encounters took place, allowed for disrupting the “safe” route of many spectators who had not come to attend these exchanges but to attend a play performed by “normal” actors. Nor were they part of the militant communities that had followed the movement for months, their accidental understanding of the voices that composed this movement corresponded to the identification imposed by the performance. The women, men and young people who spoke up on these occasions evaded the fantasmatic and dark “block” of the terrifying black block, and initiated convergence lines as well as new links reaching out to these “others” who thought they were distant from them. The political stakes of this aesthetic conflict or the aesthetics of this new political conflict which overcomes the binary opposition at play between the movement and the police are observed and developed throughout the article. </description>
      <pubDate>lun., 19 juil. 2021 18:02:38 +0200</pubDate>
      <lastBuildDate>ven., 20 août 2021 16:42:01 +0200</lastBuildDate>
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