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    <title>Brésil</title>
    <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=454</link>
    <description>Entrées d’index</description>
    <language>fr</language>
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      <title>La plantation selon ses pionniers. Construire et défendre l’ordre agrobiopolitique entre le Brésil et le Paraguay</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1508</link>
      <description>Cet article analyse l’ordre social et agronomique promu par les propriétaires des plantations de soja du Mato Grosso du Sud et leurs relations avec les autochtones kaiowa e guarani qui y vivent. Comprise comme un ordre agronomique de simplification et d’homogénéisation du vivant, la plantation est également une forme spatiotemporelle d’organisation de la production. En tant que concept analytique, elle permet de penser simultanément les conditions écologiques et l’organisation sociale genrée et racialisante qui relègue les populations autochtones à la marge. Cet article propose ainsi de penser les liens entre l’agronomie et un projet sociopolitique où les valeurs masculines héritées des idéaux pionniers produisent une extrême violence. La plantation transfrontalière est marquée par de lourds conflits fonciers liés à la superposition des droits de propriété et du droit territorial des autochtones guarani, contraints de s’installer sur les plantations de soja au risque de violentes représailles. Face à l’impossibilité d’ethnographier les conflits ou la violence, et au refus des propriétaires de communiquer à propos des représentations qu’ils se font des autochtones, cet article souhaite faire de cette contrainte une proposition épistémologique. Son hypothèse centrale est qu’en s’entretenant avec les producteurs à propos de leurs pratiques agronomiques, il doit être possible d’obtenir des renseignements sur leurs représentations sociales. L’ethnographie de ces pratiques, assortie d’entretiens portant sur les choix techniques et sur les trajectoires biographiques, a été complétée par une revue de la littérature locale produite par les pionniers au cours du processus de colonisation brésilienne. À ces documents s’ajoute l’analyse d’un rapport d’enquête du parlement brésilien datant de 2017. Menée auprès des producteurs de cette région, l’enquête donne à entendre les craintes que leur inspirent les autochtones. Ces matériaux hétérogènes permettent de mettre au jour l’ordre social de la plantation, qui repose sur des valeurs pionnières, masculines et bellicistes. La présence guarani est vécue par les producteurs comme une « invasion » faisant peser sur la production agricole une « insécurité juridique ». L’analyse de ces discours ‒ aux tendances victimaires et violentes ‒ et de ceux qui portent sur l’ordre agrobiopolitique, fondé sur la défense de la plantation contre les nuisibles, révèle leurs similitudes et parfois leur confusion. “Pioneers’ Views on the Plantation. Building and Upholding the Agro-Biopolitical Order Between Brazil and Paraguay”This article analyses the masculine construction of soy plantation actors operating between Brazil and Paraguay and their relations with Indigenous Kaiowa e Guarani. This article understands the plantation both as an agronomic order of simplification and homogenization of living organisms, and as a spatio-temporal framework where production is carried out. As an analytical concept, the plantation allows to embrace both its ecological conditions and the gendered, racializing social organization that marginalizes the indigenous populations. This paper explores the links between agronomy and the social and political project in which masculine values inherited from pioneering ideals account for to the extreme brutality observed in the plantation. Cross-border plantations are marked by bitter conflicts around land linked to the overlapping ownership rights of soybean producers and the territorial rights of the Guarani indigenous people, who are forced to settle on the farms, running thus the risk of brutal retaliation. Given the impossibility of ethnography of conflicts or violence, and the refusal of landowners to share their representations of indigenous people, this article proposes to revamp this constraint into an epistemological opportunity. The hypothesis is grounded in the idea that by talking to producers and agronomists of their agronomic practices, one could gather information regarding their social representations. Material collected through the ethnography of agronomic practices, combined with interviews on technical choices and biographical trajectories, was supplemented by a review of the local literature of pioneers and settlers. In addition, I scrutinize a parliamentary inquiry report compiled in Brazil among producers of the South Mato Grosso state in 2017. It offers glimpses into their fears aroused by indigenous people. This heterogeneous material reveals the plantation’s masculine social order, based on pioneering, masculine and war-mongering values. The Guarani presence is perceived by soy producers as a threat in which the natives are “invaders” of the plantation, thus entailing “legal insecurity” to agricultural production. By comparing this social order with the agronomic order, meant to protect the plantation against pests, the collusion between these orders, even their confusion sometimes, is enlightened. </description>
      <pubDate>mer., 29 janv. 2025 17:16:45 +0100</pubDate>
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      <title>Le Brésil, entre la catastrophe et la nouvelle composition du travail</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1029</link>
      <description>L’article propose un bilan de la situation politique brésilienne, c’est-à-dire de la catastrophe qui a mené Jair Bolsonaro à gagner les élections présidentielles en 2018. L’essor de l’extrême droite au Brésil est analysé dans la perspective de ses dynamiques globales, d’une part, et des facteurs propres au Brésil, d’autre part. Ces deux processus sont vus comme des phases spécifiques de l’émergence générale d’un fascisme de type nouveau. Notre approche consiste donc à situer le débat dans le contexte de deux inflexions majeures : tout d’abord, la dérive qui affecte les conflits sociaux, et ensuite, les transformations de la composition du travail. La société contemporaine est traversée par de profonds processus de fragmentation sociale, dont le moteur est la mise en place de dispositifs de mobilisation du travail qui perpétuent et amplifient la crise du salariat. Un émiettement croissant de la société rend la composition sociale de plus en plus floue. Les clivages traditionnels qui définissent les figures de l’ami et de l’ennemi se brouillent. Mais, loin de disparaître, ces figures circulent et multiplient les conflits dans toutes les directions. La violence qui en découle aboutit, d’une part, à une demande croissante de désignation de l’ennemi et, d’autre part, à une nouvelle dynamique de guerre. Un fascisme de type nouveau se propage sur ce terrain, avec sa capacité à conduire des guerres culturelles, et même réelles. Or, la véritable impasse que connaît le Brésil se trouve du côté des difficultés à appréhender la nouvelle composition du travail. Pour contribuer à renouveler l’effort de compréhension des transformations du travail et de recomposition urgente des politiques d’émancipation, cet article propose de rappeler les termes du débat sur l’énigme de la nouvelle composition du travail. Dans les années 2010, au Brésil, ce débat aujourd’hui oublié s’articulait autour de la notion de « nouvelle classe moyenne ». Nous en analysons les enjeux, notamment du point de vue du rapport entre le travail hors salariat et la distribution du revenu. “Brazil, between the Catastrophe and the New Composition of Labour”The article offers an assessment of the Brazilian political situation, namely the disaster that led to Jair Bolsonaro’s winning the presidential elections in 2018. The rise of the far right in Brazil is analyzed, on the one hand, in the perspective of its global dynamics and, on the other hand, of the specific Brazilian context. Both processes are envisaged as idiosyncratic phases of the emergence of a new type of fascism. The aim is therefore to situate the debate in the context of two major trends: first, the slippery slopes where that social conflicts are evolving and, second, the transformations in the composition of labour. Contemporary society is increasingly impacted by profound processes of social fragmentation, whose driving force is the establishment of labor mobilization mechanisms that perpetuate and amplify the crisis of salaried employment. The growing social fragmentation makes the social composition more and more fuzzy. The traditional divisions that produce the figures of friend and foe are blurred. But, far from disappearing, these figures circulate and prompt the outbreak of multidirectional conflicts. The resulting violence mutates, on the one hand, into a growing demand for who the foe is and, on the other hand, into a new dynamic of warfare. The new type of fascism is growing on this terrain, with its renewed ability to wage culture wars and even real wars. However, the real impasse where Brazil stands lies with the difficulties of apprehending the new composition of labour. A contribution to renewing efforts for understanding the transformations of labour and an urgent recomposition of emancipation policies, the article proposes to reconstruct the debate on the conundrum of the new composition of labour. In the 2010s, in Brazil, this now forgotten debate revolved around the notion of the “new middle class”. We reconstruct the issues at stake, particularly from the point of view of the relationship between non-salaried work and the distribution of revenue. </description>
      <pubDate>mar., 06 juin 2023 18:42:22 +0200</pubDate>
      <lastBuildDate>ven., 30 juin 2023 14:32:13 +0200</lastBuildDate>
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      <title>Pour “retarder la fin du monde”</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=452</link>
      <description>La pandémie déclenchée par le nouveau coronavirus, qui a débuté en 2019, est arrivée au Brésil en mars 2020. Face à elle, les peuples autochtones vivant au Brésil, qui ont longtemps été victimes de maladies causées par les projets de développement mis en place par la colonisation, ont lancé un signal d’alarme, indiquant le danger de ce nouveau mal et son potentiel d’extermination. Ce risque d’extermination est encore plus élevé si l’on considère que des peuples comme les Yanomami – un peuple amazonien – sont obligés de vivre à proximité de quelque vingt mille mineurs qui exploitent leur territoire. Aujourd’hui, cette pratique et d’autres pratiques criminelles qui ont longtemps menacé les peuples autochtones en leur apportant la maladie, la violence, la mort et la destruction de l’environnement, font partie du programme politique du nouveau gouvernement qui, depuis 2019, ne fait qu’attaquer l’existence de ces groupes et leurs droits. Au-delà de la pandémie, il y a aussi le grave problème des incendies qui ravagent les forêts un peu partout sur le territoire : il faut brûler les forêts pour gagner du terrain pour le soja ; il faut brûler les forêts pour faire place à l’élevage du bétail. Dans ce scénario, les peuples autochtones confrontés à la mort apportée par les « hommes blancs » (comme ils disent), développent des stratégies de survie inspirées de la sagesse de leurs ancêtres, des êtres enchantés et de la forêt elle-même. Les femmes sont des figures essentielles de cette quête. Ce sont elles qui établissent un lien de communication entre le savoir des anciens et celui des contemporains pour éviter que la maladie ne pénètre dans leurs communautés et ne provoque, comme en d’autres temps, l’extermination. À titre d’exemple, ce texte partagera l’expérience de deux femmes : Maria da Glória, épouse du pajé (chaman) du village tupinambá situé dans la terre indigène tupinambá d’Olivença (État de Bahia) et Cecilia Barbosa, enseignante de l’autre côté du pays, dans l’État d’Amazonas. Elles utilisent leurs connaissances des herbes pour fabriquer des médicaments et faire des bains pour combattre la Covid-19, en précisant que les prières et la « fermeture du corps » effectuées par les chamans sont fondamentales pour le traitement. Le matériel utilisé pour l’analyse provient de divers supports digitaux : de dialogues via l’application WhatsApp, la chaîne YouTube et la revue en ligne de l’Institut Socio-Ambiental (ISA). Pour faire entendre la voix de ces peuples qui résistent, la pensée d’Ailton Krenak, présentée dans son livre Ideias para adiar o fim do mundo, sera également exposée dans ce texte. “To ‘delay the end of the world’”The new coronavirus pandemic, which started in 2019, reached Brazil in March 2020. Under those trying circumstances, the Brazilian indigenous peoples, who have long been victims of diseases in relation to projects developed in the wake of colonization, have sounded the alarm and emphasized the danger represented by this new evil and its potential for extermination. This potential increases considerably if we consider that peoples such as the Yanomami, an Amazonian population, are forced to live in close contact with some twenty thousand miners exploiting their territories’ resources. Today, such criminal practices, which have for long threatened indigenous peoples, causing diseases, violence, deaths and environmental destruction, are part and parcel of the current government’s policy, which, since 2019, has been hellbent on disenfranchising these peoples’ human rights and imperilling their very existence. What’s more, another serious problem is the wildfires devastate the forests in order to expand the soybean fields. Thus, the indigenous peoples confronted with the death brought by the “white men” (in their own words), develop survival strategies drawing on the wisdom of their ancestors, the enchanted beings and the forest itself. In this quest, women are essential figures for they are the ones who establish a communication link between the knowledge of the elders and that of the contemporaries, to prevent the disease from spreading into their communities and lead to extermination, as it happened in the past. This paper will share the experiences of two women: Maria da Glória, the wife of the pajé of the village located in the indigenous Tupinambá land of Olivença, Bahia, and Cecilia Barbosa, a teacher on the other side of the country, in Amazonas. They use their knowledge of herbs to produce medicines and offer baths to combat Covid-19, insisting on the fact that prayers and the “sealing of the body” that shamans perform are key for the treatment. The material for the analysis is extracted from digital media: dialogues via the WhatsApp application, YouTube channel and online magazine of the Socio-Environmental Institute. To make the voice of these peoples who resist heard, Ailton Krenak’s thought will also be introduced through the book “Ideias para adiar o fim do mundo”. </description>
      <pubDate>sam., 17 juil. 2021 22:11:34 +0200</pubDate>
      <lastBuildDate>mer., 25 août 2021 23:14:10 +0200</lastBuildDate>
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