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    <title>Beyond Political Anthropology</title>
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    <category domain="http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=71">Numéros</category>
    <language>fr</language>
    <pubDate>jeu., 01 juil. 2021 17:13:28 +0200</pubDate>
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      <title>Au-delà de l’anthropologie politique. Introduction </title>
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      <pubDate>ven., 20 août 2021 11:16:50 +0200</pubDate>
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      <title>Beyond Political Anthropology. Introduction </title>
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      <pubDate>ven., 20 août 2021 12:23:55 +0200</pubDate>
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      <title>Reflections on the Scope and Practice of Political Anthropology </title>
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      <pubDate>ven., 16 juil. 2021 16:01:15 +0200</pubDate>
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      <title>Concepts of the Political </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=406</link>
      <pubDate>ven., 16 juil. 2021 18:14:01 +0200</pubDate>
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      <title>Field-defying Political Anthropologies </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=418</link>
      <pubDate>ven., 16 juil. 2021 22:22:41 +0200</pubDate>
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      <title>Power and the Politics of Anthropology </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=439</link>
      <pubDate>sam., 17 juil. 2021 18:53:48 +0200</pubDate>
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      <title>Pour “retarder la fin du monde” </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=452</link>
      <description>La pandémie déclenchée par le nouveau coronavirus, qui a débuté en 2019, est arrivée au Brésil en mars 2020. Face à elle, les peuples autochtones vivant au Brésil, qui ont longtemps été victimes de maladies causées par les projets de développement mis en place par la colonisation, ont lancé un signal d’alarme, indiquant le danger de ce nouveau mal et son potentiel d’extermination. Ce risque d’extermination est encore plus élevé si l’on considère que des peuples comme les Yanomami – un peuple amazonien – sont obligés de vivre à proximité de quelque vingt mille mineurs qui exploitent leur territoire. Aujourd’hui, cette pratique et d’autres pratiques criminelles qui ont longtemps menacé les peuples autochtones en leur apportant la maladie, la violence, la mort et la destruction de l’environnement, font partie du programme politique du nouveau gouvernement qui, depuis 2019, ne fait qu’attaquer l’existence de ces groupes et leurs droits. Au-delà de la pandémie, il y a aussi le grave problème des incendies qui ravagent les forêts un peu partout sur le territoire : il faut brûler les forêts pour gagner du terrain pour le soja ; il faut brûler les forêts pour faire place à l’élevage du bétail. Dans ce scénario, les peuples autochtones confrontés à la mort apportée par les « hommes blancs » (comme ils disent), développent des stratégies de survie inspirées de la sagesse de leurs ancêtres, des êtres enchantés et de la forêt elle-même. Les femmes sont des figures essentielles de cette quête. Ce sont elles qui établissent un lien de communication entre le savoir des anciens et celui des contemporains pour éviter que la maladie ne pénètre dans leurs communautés et ne provoque, comme en d’autres temps, l’extermination. À titre d’exemple, ce texte partagera l’expérience de deux femmes : Maria da Glória, épouse du pajé (chaman) du village tupinambá situé dans la terre indigène tupinambá d’Olivença (État de Bahia) et Cecilia Barbosa, enseignante de l’autre côté du pays, dans l’État d’Amazonas. Elles utilisent leurs connaissances des herbes pour fabriquer des médicaments et faire des bains pour combattre la Covid-19, en précisant que les prières et la « fermeture du corps » effectuées par les chamans sont fondamentales pour le traitement. Le matériel utilisé pour l’analyse provient de divers supports digitaux : de dialogues via l’application WhatsApp, la chaîne YouTube et la revue en ligne de l’Institut Socio-Ambiental (ISA). Pour faire entendre la voix de ces peuples qui résistent, la pensée d’Ailton Krenak, présentée dans son livre Ideias para adiar o fim do mundo, sera également exposée dans ce texte. “To ‘delay the end of the world’”The new coronavirus pandemic, which started in 2019, reached Brazil in March 2020. Under those trying circumstances, the Brazilian indigenous peoples, who have long been victims of diseases in relation to projects developed in the wake of colonization, have sounded the alarm and emphasized the danger represented by this new evil and its potential for extermination. This potential increases considerably if we consider that peoples such as the Yanomami, an Amazonian population, are forced to live in close contact with some twenty thousand miners exploiting their territories’ resources. Today, such criminal practices, which have for long threatened indigenous peoples, causing diseases, violence, deaths and environmental destruction, are part and parcel of the current government’s policy, which, since 2019, has been hellbent on disenfranchising these peoples’ human rights and imperilling their very existence. What’s more, another serious problem is the wildfires devastate the forests in order to expand the soybean fields. Thus, the indigenous peoples confronted with the death brought by the “white men” (in their own words), develop survival strategies drawing on the wisdom of their ancestors, the enchanted beings and the forest itself. In this quest, women are essential figures for they are the ones who establish a communication link between the knowledge of the elders and that of the contemporaries, to prevent the disease from spreading into their communities and lead to extermination, as it happened in the past. This paper will share the experiences of two women: Maria da Glória, the wife of the pajé of the village located in the indigenous Tupinambá land of Olivença, Bahia, and Cecilia Barbosa, a teacher on the other side of the country, in Amazonas. They use their knowledge of herbs to produce medicines and offer baths to combat Covid-19, insisting on the fact that prayers and the “sealing of the body” that shamans perform are key for the treatment. The material for the analysis is extracted from digital media: dialogues via the WhatsApp application, YouTube channel and online magazine of the Socio-Environmental Institute. To make the voice of these peoples who resist heard, Ailton Krenak’s thought will also be introduced through the book “Ideias para adiar o fim do mundo”. </description>
      <pubDate>sam., 17 juil. 2021 22:11:34 +0200</pubDate>
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      <title>Gilets jaunes : la force des images </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=494</link>
      <description>L’arrivée récente des vidéos live, réalisées grâce aux smartphones puis diffusées en direct sur les réseaux sociaux marque une étape fondatrice dans les luttes populaires. Cette évolution technique, susceptible de faire des images de véritables armes, est concomitante de l’émergence du mouvement des gilets jaunes. Ainsi prend forme une coévolution sociale, technique, culturelle dont les images occupent le cœur.Parallèlement se déroule, au sein même du plan de l’image, une véritable bataille. Elle oppose d’un côté les vitrines brisées, les voitures et les poubelles incendiées ; de l’autre, les humiliations, les blessures et les mutilations humaines. Les images des caméras de surveillance, des drones et des caméras embarquées entrent en conflit avec la multitude active des vidéos amateurs distribuées sur les réseaux sociaux.Quelles qu’aient été leurs modalités de création, les images produites ont souvent été utilisées comme preuves, jouant, dans les scènes de violence, le rôle de témoin en faveur des uns ou des autres. Ces usages ont donné lieu à de multiples controverses, détournements et retournements. Le mouvement, défini par certains militants comme une « guerre contre les grands médias », ouvre la voie d’une prise de conscience collective d’une aptitude de tous à la création, la multiplication et la diffusion des images ; soit celle de l’émergence d’un nouveau pouvoir – celui des images – dont il serait désormais possible de s’emparer en toute lucidité. “Yellow Vests: The Power of Images”Live streaming, which has been popularized by means of smartphones and social media, represents a major landmark in social movements. This recent development, which transforms images into actual weapons, coincides with the emergence of the yellow vests movement. Thus, a social, technical, cultural co-evolution has taken shape, where images are central. At the same time, a battle is taking place within the image itself. It stages the opposition between, on one side, the shattered windows, the torched cars and garbage cans; on the other, humiliations, injuries and mutilations suffered by people. CCTV, drone and body camera footage collide with the multitude of amateur videos posted on social media.Regardless of their creative process, the images produced were often used as evidence, playing the role of testimonies in favor of either of the two sides. These uses have given rise to many controversies, reinterpretations, and inversions. The movement, defined by some as a “war on the mainstream media”, paves the way for a collective awareness of anyone’s ability to create, multiply, and disseminate images, that is to say the emergence of a new power – that of images – which one, from now on, could embrace with a clear conscience. </description>
      <pubDate>mer., 21 juil. 2021 21:50:59 +0200</pubDate>
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      <title>L’observation photographique. Auto-analyse d’une enquête sur les gilets jaunes </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=506</link>
      <description>L’auto-analyse d’une enquête « photo-ethnographique » menée pendant un an sur le mouvement des gilets jaunes permet d’interroger les conditions de production des images, leurs statuts et les usages sociologiques qu’il est possible d’en faire. La première partie de l’article montre que l’utilisation de la photographie dans un cadre scientifique pose des problèmes relativement analogues aux autres méthodes dédiées à la production de matériel empirique. L’analyse de l’outil et de la pratique photographiques rappelle la double illusion d’une « neutralité » de l’observateur et d’une réalité prétendument « transparente » : le type d’appareil utilisé, les choix techniques qui précèdent la prise de vue et la relation nouée entre le photographe et le photographié façonnent sans doute autant le matériau produit que les hypothèses de l’enquêteur et les conditions de la rencontre avec les enquêtés. Les contraintes du photographe, qu’elles soient pratiques, intellectuelles, morales, ne sont pas pour autant des obstacles à la connaissance. La photographie peut aussi ouvrir des opportunités pour accéder aux agents les moins disposés à jouer le jeu de l’enquête, et atténuer l’asymétrie de la relation enquêteur/enquêté. Surtout, parce que la production des images est toujours inscrite dans des rapports sociaux, les « mises en scène » conscientes ou inconscientes offertes au photographe peuvent être envisagées comme des révélateurs des ressources dont disposent les agents pour se valoriser et comme des indices de l’ethos qu’ils mettent en œuvre dans leur connaissance pratique du monde social. Ainsi, le cadre de la rencontre avec les gilets jaunes et la manière dont le photographe est perçu sont propices à la mise en lumière de certains enjeux de la mobilisation et de certains invariants de la culture des classes populaires mobilisées : la quête de respectabilité, le primat accordé à la vie collective, la centralité de la famille, ou encore la valorisation des valeurs de la virilité et de la force physique.Contre certaines mystifications de la pratique photographique, l’article défend ensuite l’idée que la construction d’un corpus d’images pertinentes dépend peut-être moins des aptitudes du photographe sur « le terrain » que de son implication dans le travail d’editing, défini ici comme la phase de sélection, de développement et d’organisation des images. Souvent laissée dans l’ombre, cette partie du travail photographique occupe une place décisive dans la construction visuelle et sociologique de l’objet : la confrontation à l’ensemble du matériau apparaît comme le moment privilégié pour prendre conscience de la relation d’enquête et des prénotions que le photographe investit malgré lui dans la réalité étudiée. Les opérations relatives au choix et au développement des photographies sont l’occasion d’infirmer ou de confirmer ses hypothèses, d’en générer de nouvelles et d’élaborer une « grammaire » de l’image potentiellement ajustée à sa vision de l’objet, aux publics visés et aux finalités de son travail. En ce sens, l’editing rappelle aussi l’aporie de l’opposition entre esthétique et sociologie. Pour approfondir la connaissance des déterminations de la pratique photographique et maîtriser l’inconscient historique, esthétique et académique que le « sociologue-photographe » engage inévitablement dans sa pratique, l’article plaide en conclusion en faveur d’une sociologie des sociologues, des photographes et de leurs publics. “Photographic Observation. Self-Analysis of a Fieldwork around the Yellow Vests”The self-analysis of a “photo-ethnographic” fieldwork carried out for one year around the Yellow Vests movement allows to question the conditions of production of images, their status and the sociological uses that can be made of them. At first, the article shows that the use of photography in a scientific setting poses problems relatively similar to other methods applied the production of empirical material. Analyzing the device and the photographic practice urges to avoid falling into the trap of a twofold illusion: the observer’s “neutrality” and the so called “transparent” reality. The type of camera used, the technical choices preceding the shooting and the relationship established between the photographer and the photographed person undoubtedly shape the material produced as much as the hypotheses of the investigator or the conditions of the encounter with the respondents. The constraints put on the photographer, whether practical, intellectual or moral, are by no means obstacles to knowledge. Photography can also open up opportunities for access to actors who are less willing to play the game of the inquiry as well as mitigate the asymmetry of the interviewer/respondent relationship. Above all, given that the production of images is always rooted in social relationships, the conscious or unconscious “staging”, which the photographer captures, can be seen as resources that actors may use to empower themselves. They are also clues to comprehend the ethos they employ in the social world. Thus, the framework of the encounter with the Yellow Vests and how the photographer is perceived are conducive to highlighting certain issues of the mobilization and certain invariants of the culture of the mobilized working classes: the quest for respectability, the priority given to collective life, the centrality of the family, or the value placed on of virility and physical strength.In opposition to certain photographic practice mystifications of, the article proceeds by considering that the construction of a corpus of relevant images depends perhaps less on the photographer’s abilities in the “field” than on his or her involvement in the work of editing, defined here as the phase of selecting, developing and organizing the images. Often overlooked, this part of the photographic work occupies a decisive place in the visual and sociological object’s construction. The confrontation with the whole material appears to be the privileged moment to become aware of the investigative relationship and of the preconceived notions that the photographer unwillingly mobilizes when scrutinizing the reality. The operations related to the choice and the development of the photographs are the occasion to invalidate or confirm hypotheses, to put forward new ones and to elaborate a “grammar” of the images potentially adjusted to the vision of the object, to the targeted public and to the work’s objectives. In this sense, the editing also recalls the aporia of the opposition between aesthetics and sociology. In order to deepen our knowledge of photographic practice’s determinations and to master the historical, aesthetic and academic unconscious that the “sociologist-photographer” inevitably mobilizes in his or her practice, the article concludes by advocating a sociology of sociologists, photographers and their audiences. </description>
      <pubDate>ven., 23 juil. 2021 16:24:37 +0200</pubDate>
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      <title>“Des actes et des durées”. Une dramaturgie des gilets jaunes </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=484</link>
      <description>Cet article part d’une expérience concrète – la mise en place de rencontres autour et en soutien du mouvement des gilets jaunes – pour analyser la dimension proprement expérimentale d’un mouvement en lutte avec la représentation. Cette lutte fut autant énoncée par les personnes mobilisées, qui ne voulaient pas de représentant, qu’actée par la stratégie policière et médiatique qui, prétendant « cerner » le mouvement, en annulait la perception et l’épaisse composition. Mais le combat fut surtout incarné par l’esthétique même du mouvement, notamment dans sa capacité à reprendre et redistribuer les coordonnées de l’expérience que sont l’espace et le temps. Faisant imploser le régime de la représentation, cette esthétique du mouvement des gilets jaunes est venue toucher en son cœur le théâtre expérimental de Nanterre-Amandiers où l’auteure de l’article est dramaturge associée depuis 2018. C’est avec tout ce que le théâtre fait et permet de penser, c’est avec les puissances du theatron (le lieu d’où l’on voit) et non l’autorité de la theoria (qui, elle, veut faire voir) que ces rencontres furent inventées et composées. Il ne s’agissait donc pas d’y inviter des experts – sociologues, philosophes, analystes politiques... – afin qu’ils partagent, du haut de la scène, leurs analyses des gilets jaunes conçus comme une identité bloc, mais plutôt d’y rassembler les différentes composantes qui en ont fait l’expérience comme la teneur expérimentale. Selon le philosophe Spinoza, l’expérience repose sur la « composition des rapports entre éléments hétérogènes » et c’est cette articulation qui a façonné la dramaturgie de ces quatre rencontres du cycle dédié et nommé non par hasard : « Des actes et des durées ». Il s’agissait donc tout autant de convier les différentes actrices et acteurs du mouvement que de rendre visible l’articulation de ses espaces-temps divers et ne tenant pas dans l’unicité de l’identité ni dans celle de l’événement réduit aux « actes » du samedi.Prenant place les dimanches, à la suite des marches et comme en prolongement de ce que ces dernières portaient dans l’espace public défiguré par sa policiarisation, les rencontres proposées par un théâtre public, s’attachaient tout autant à rendre visible, sensible, perceptible ce qui se jouait les samedis et tous les jours de la semaine dans les diverses assemblées des gilets, qu’à œuvrer, se faisant, à la réappropriation du « public ». Partout mis à mal dans les lieux que l’adjectif est censé qualifier – des places aux rues, en passant par les parcs – ce « public » pouvait être autrement soigné ou retrouvé en cet assemblage des hétérogénéités. La dramaturge y veillait « en dramaturge », c’est-à-dire en tenant sur ce qui distingue la dramaturgie des gilets jaunes de sa dramatique imposée par la représentation. Au drama entendu comme action finie, s’ajoutait le petit ergon qui implique mouvement, création et supplément. L’explosion de la représentation dramatique se faisait à la fois dans la convocation de ces actrices et acteurs qui ne « cadrent » pas avec le costume approprié de l’acteur politique – un ensemble de n’importe qui distincts des militants habituels ont en effet composé ce mouvement des gilets jaunes –, mais aussi dans le fait d’ajouter toujours « plus » à ce qui en constituait la communauté attendue. Le hall du théâtre où se passaient les rencontres permettait à ces dernières « d’interrompre » le trajet prévu de spectateurs multiples qui ne venaient pas pour assister à ces échanges, mais pour voir une pièce de théâtre choisie, avec des acteurs « normaux ». Pas plus que ces spectateur ne s’apparentaient aux communautés militantes qui suivaient depuis des mois le mouvement, leur écoute accidentelle des voix qui le composaient ne correspondait à l’identification imposée par la représentation. Les femmes, hommes et jeunes gens qui s’exprimaient ces dimanches-là échappaient au « bloc » imagé et sombre du black block qui terrifiait, mais traçaient des lignes de fuite et de liaison avec ces « autres » qui s’en pensaient éloignés. Les enjeux politiques de ce conflit esthétique ou l’esthétique de cette nouvelle conflictualité politique qui dépasse le jeu binaire de l’opposition entre mouvement et police sont observés et développés tout au long de l’article.  “‘Acts and Durations’. A dramaturgy of the Yellow Vests”This article latches on a concrete experience – the setting up of meetings around and in support of the Yellow Vest movement – in order to analyze the utterly experimental dimension of a movement struggling with the issue of representation. This was expressed as much by those mobilized who dismissed any representative of the movement, as it was sanctioned by the police and the media who, although claiming to “grasp” the movement, annihilated its perception and its thick composition. But the struggle was above all embodied in the very aesthetics of the movement itself, in particular by its capacity to reclaim and redistribute the coordinates of the experience that are space and time. By shattering the inside’s regime of representation, the Yellow Vests’ aesthetic has struck a chord with the experimental theater performed at Nanterre-Amandiers where the author of this article has been an associate dramatist since 2018. The encounters were created and composed alongside everything that the theater does and allows to think, i.e. with the powers of the theatron (the place from which one sees) and not with the authority of the theoria (which is hellbent on showing). This was no room for inviting the experts – sociologists, philosophers, political analysts ... – who would have shared, from the top of the stage, their analyses of the “Yellow Vests” conceived as a block identity, but rather to bring together the different actors that experienced the movement and shaped its experimental content. According to Spinoza, the experience is based on “the composition of the relations between heterogeneous elements” and it is this articulation that has shaped the dramaturgy of the four meetings of the dedicated season that was, quite purposefully, named: “Acts and durations”. What was therefore at stake was as much inviting the various actresses and actors of the movement as making visible how it articulates various spaces and times, thus evading the uniqueness of identity on one side, as well as the reduction to the “Acts” taking place on Saturdays on the other side.The meetings were held on Sundays, following the marches and as an extension of what these marches carried in a public space defaced by “policiarization”. On these occurrences, the state-funded theater was attached to making visible, sensitive, perceptible what had played out on Saturdays (and every day of the week in the various assemblies of the Yellow Vests), but it was also trying, by doing so, to engage in a reappropriation of what is “public”. Threatened as it is in all the places that this adjective is supposed to qualify – from squares to streets and parks – the “public” could be dealt with differently or rediscovered in this assemblage of heterogeneities. The dramatist played “her role of dramatist”, that is to say took into account what distinguishes the dramaturgy of the Yellow Vests from its drama imposed by the performance. To the drama that refers to a completed action, was added the little ergon which implies movement, creation and supplement. The shattering of the dramatic performance occurred both in the wake of the invitation of those actresses and actors who did not “fit” the appropriate costume of the Political Actor – the people wearing the vests looked more like a set of anybodies than like the usual activists – but also because of always adding “more” to what constituted the expected community. The theater lobby, where the encounters took place, allowed for disrupting the “safe” route of many spectators who had not come to attend these exchanges but to attend a play performed by “normal” actors. Nor were they part of the militant communities that had followed the movement for months, their accidental understanding of the voices that composed this movement corresponded to the identification imposed by the performance. The women, men and young people who spoke up on these occasions evaded the fantasmatic and dark “block” of the terrifying black block, and initiated convergence lines as well as new links reaching out to these “others” who thought they were distant from them. The political stakes of this aesthetic conflict or the aesthetics of this new political conflict which overcomes the binary opposition at play between the movement and the police are observed and developed throughout the article. </description>
      <pubDate>lun., 19 juil. 2021 18:02:38 +0200</pubDate>
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      <title>Deux ou trois choses que je sais d’eux : les “mauvais” gilets jaunes du Lensois (Pas-de-Calais) </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=505</link>
      <description>Jusqu’à présent, la mobilisation des gilets jaunes du territoire de Lens-Hénin, dans le Nord de la France, a été principalement décrite et scrutée au prisme de deux éléments : le poids électoral du Rassemblement national au niveau local et la prétendue instrumentalisation ou récupération des groupes du secteur par ce parti. Tout en tenant compte de l’environnement politico-institutionnel où se déploie cette mobilisation, l’enquête présentée dans cet article propose de prendre à contre-pied cette lecture, à la fois biaisée et réductrice, pour explorer les dynamiques propres de la contestation : la complexité de son histoire, de sa géographie et de son fonctionnement interne, observé de l’intérieur et sur une longue durée. En partant de l’analyse des prises de position publiques de certains « porte-parole », en les insérant dans un cadre plus large incluant les « simples » gilets jaunes, l’auteure invite le lecteur à mesurer la difficulté qu’il y a à interpréter les comportements et les positionnements de l’ensemble des participants. En effet, l’observateur peut être amené à considérer ces prises de position comme partagées et leur expression comme légitime, et en tirer des conclusions hâtives sur les revendications prioritaires au sein des collectifs, comme sur les opinions de leurs membres. L’article montre qu’il est aussi nécessaire d’interroger le cadre dans lequel se déroulent ces prises de parole et de tenter d’appréhender la valeur et les fonctions de différentes formes de réunions publiques du point de vue des participants, de désacraliser en quelque sorte l’« espace de l’apparaître » qui domine notre conception de l’espace politique. Les mécanismes qui, en coulisse, régissent la représentation et les relations de subordination parmi les gilets jaunes se révèlent bien plus complexes que les images renvoyées à l’extérieur du mouvement ne le laissent croire. Les résultats de l’enquête invitent à relativiser la représentativité et le pouvoir de la figure du « leader », pour montrer que les tensions au sein des collectifs semblent moins se focaliser sur des luttes pour le leadership, que sur l’« encadrement » et le réglage constant des formes de représentation et de hiérarchie. La vie collective des groupes étudiés et les relations entre leurs membres paraissent en effet guidées par un « principe d’horizontalité » tout aussi fragile que réel : les prétendus leaders doivent composer avec ce principe, qui puise ses origines dans des valeurs anciennes des mondes ouvriers, mais aussi dans certains aspects plus contemporains – sans être nouveaux – du monde du travail subalterne et des frontières sociales qui traversent la société locale. Dans la dernière partie, l’auteure propose de prendre du recul par rapport à une vision « QG-centrique » et localisée de la mobilisation, pour explorer un aspect du mouvement encore très peu documenté : celui des circulations des gilets jaunes à l’échelle locale, mais aussi régionale et nationale. À travers le portrait d’un binôme de gilets jaunes qui se définit comme « nomade », l’article propose de prendre en compte les enjeux et les caractéristiques d’un engagement itinérant répandu au sein du mouvement, mais comme occulté par l’omniprésence de références aux occupations de ronds-points et aux groupes locaux. Ce qui émerge de ce portrait est non seulement une pratique alternative du mouvement, mais aussi la vigueur et la richesse de sa dimension transterritoriale. “Two or Three Things I know about them: the ‘Bad’ Yellow Vests of Lens, Northern France”Until now, the mobilization of the Yellow Vests in the Lens-Hénin area of northern France has been mainly described and scrutinized through the prism of two elements: the electoral weight of the National Rally at the local level and the alleged instrumentalization or recuperation of groups in the area by this party. While taking into account the political and institutional environment in which this mobilization is taking place, the investigation presented in this article proposes to take oppose this biased and reductive reading, in order to explore the dynamics of the protest itself: the complexity of its history, its geography and its internal functioning, observed from the inside and over a long period of time.By analyzing the public positions of certain “spokespersons” and placing them in a broader framework that includes the “simple” yellow vests, the author invites the reader to measure the difficulty of interpreting the behavior and positions of all participants. Indeed, the observer can be led to consider these positions as shared and their expression as legitimate, and thus draw hasty conclusions about the main claims within the collectives, as well as about the opinions of their members. The article shows that it is also necessary to question the framework in which these speeches take place and to try to understand the value and the functions of different forms of public meetings from the point of view of the participants, to desacralize, as it were, the “space of appearance” which dominates our conception of political space. The mechanisms that, behind the scenes, govern representation and relations of subordination among the Yellow Vests turn out to be much more complex than the image sent of the movement would have us believe. The results of the survey invite us to relativize the representativeness and power of the figure of the “leader”, to show that the tensions within the collectives seem to focus less on struggles for leadership, than on the “framing” and constant adjustment of forms of representation and hierarchy. The collective life of the groups studied and the relations between their members seem to be guided by a “principle of horizontality” that is as fragile as it is real: the so-called leaders have to deal with this principle, which has its origins in the ancient working-class values, but also in certain more contemporary – though not new – aspects of the world of menial work and the social boundaries that run through local society.In the last part, the author proposes to step back from a “HQ-centric” and localized vision of the mobilization, to explore an aspect of the movement that is still very little documented: the circulation of the yellow vests at a local, but also regional and national scale. Through the portrait of a pair of yellow vests who define themselves as “nomads”, the article proposes to take into account the stakes and characteristics of an itinerant commitment that is widespread within the movement, but that is obscured by the omnipresence of references to traffic circle occupations and local groups. What emerges from this portrait is not only an alternative practice of the movement, but also the strength and richness of its transterritorial dimension. </description>
      <pubDate>jeu., 22 juil. 2021 23:35:43 +0200</pubDate>
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      <title>Retrouver sa propre radicalité : démobilisation, remobilisation et cohabitation jaunes </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=510</link>
      <description>Cet article repose sur une enquête ethnographique au sein d’un petit collectif de gilets jaunes qui résiste encore deux ans après son éclatement et malgré le déclin général du mouvement. Il présente dans un premier temps l’entrée sur le terrain et le dispositif d’enquête, en analysant la démobilisation comme un processus révélateur des recompositions militantes, qui ne sont pas moins fidèles aux gilets jaunes que ce qui a eu lieu pendant les mois de novembre et décembre 2018. Ce faisant, il expose aussi le rapport évolutif aux « intellectuels » et à les représentations qu’en ont les militants dans un contexte de déclin objectif de la mobilisation où ceux-ci peuvent être perçus comme des alliés pour le mouvement, en quête de dignification ou publicisation.L’article met ensuite en lumière les stratégies du collectif pour essayer de freiner le désengagement et rester visible, passant par l’organisation de barbecues ou de pique-niques, d’actions ou de meetings qui donneront une bonne image du mouvement. Dans sa quête de respectabilité, ce collectif de gilets jaunes reste particulièrement attaché au fait de diffuser cette « bonne image » (ne pas passer pour des « alcoolos » ou des « cas soc’ ») dans les médias locaux, mais aussi vis-à-vis de la petite bourgeoisie locale attachée à des valeurs écologistes. Enfin, cet article explore la manière dont le collectif se recompose au moment de l’enquête, autour d’individus issus du haut des milieux populaires qui se caractérisent par une socialisation militante plus intense (à gauche). Cette sociographie présente une problématique peu abordée par la sociologie des mouvements sociaux et négligée lors des premières enquêtes sur les gilets jaunes, en faisant apparaître le mouvement des gilets jaunes comme une instance de remobilisation pour des individus socialisés à l’engagement, mais qui, désenchantés, s’étaient écartés des mobilisations qui avaient eu lieu ces dernières années. Ce faisant, l’article explore aussi, au croisement du genre, de l’espace et du politique, les raisons qui pourraient expliquer cette désinhibition des dispositions politiques et la persistance dans un engagement qui semble libérer une parole radicale. En dernier lieu, parallèlement au démantèlement du rond-point et aux contrôles policiers, cette enquête montre comment se produisent des formes tendues de cohabitation, qui ont aussi des effets socialisateurs, se reflétant dans la mise en tension des habitus, des rapports à la politique ou à l’espace et aux modes d’action. Les gilets jaunes souvent plus précaires, autochtones ou situés politiquement à droite privilégient, malgré tout, la visibilité sur le rond-point, alors que les autres accordent plus d’importance à la manifestation, à la défense du RIC (référendum d’initiative citoyenne), aux conférences, aux assemblées générales ou au ralliement à d’autres mouvements sociaux. “Rediscovering One’s Own Radicality: Yellow Demobilisation, Remobilisation, and Cohabitation”This article is based on an ethnographic survey within a small collective of yellow vests who, despite the general decline of the movement, are still active two years after the movement was initiated. First, the paper introduces to the modalities of entry into the field and the research devices developed, by analysing demobilisation as a process of political recomposition that is as enlightening regarding the yellow vests as the events of November or December 2018. In doing so, it also exposes the evolving relationship to the “intellectuals” and their representations in a context of objective decline of the movement, since they can be perceived as strategic in the quest for dignity or publicisation.Then, the paper highlights the collective’s strategies to try to hold back disengagement and remain visible, through the organisation of barbecues, picnics, good-cause events and actions, and rallies meant to shed a good light on them for the public opinion. In this search for respectability, this collective of yellow vests remains very attached to conveying a good image of themselves (keeping at bay the image of their being “drunkards” or “losers”) through the local media, but also towards the local middle classes and their ecological values. The article explores the way the collective recomposes itself at the time of the survey, especially around individuals belonging to the upper working class endowed with a more intense militant socialisation (on the left). This sociography investigates an issue little addressed in the sociology of social movements and neglected in the first studies of yellow vests: it is as an instance of remobilisation for individuals socialised to activism but who have been sidelined and disillusioned by mobilisations in recent years. In doing so, the paper also explores, at the crossroads with gender, space or politics, the reasons that could account for the disinhibition of political dispositions and the persistent engagement that seems to give free rein to their radical discourses. Finally, alongside the dismantling of roundabouts occupations and police monitoring, this research highlights how tense forms of cohabitation arise, which are reflected in the building up of tensions around various habituses, relationships to politics or space and modes of action, but which enable processes of socialization too. Those yellow vests more precarious, autochthonous or right-wing-leaning seek to be, at all cost, visible on the roundabout, while those mentioned above favour demonstrations, defense of the RIC (Citizen’s Initiative Referendum), conferences, general assemblies or the rallying to other social movements. </description>
      <pubDate>mar., 27 juil. 2021 12:29:14 +0200</pubDate>
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      <title>Le baraquement comme espace de résistance du mouvement des gilets jaunes </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=524</link>
      <description>Au cours du mouvement social des gilets jaunes, initié au mois de novembre 2018, sont apparues, aux abords de ronds-points sur l’ensemble du territoire français, des cabanes construites de bric et de broc. Cet article restitue une recherche ethnographique exploratoire réalisée par des doctorants géographes et sociologues sur cinq cabanes situées à Laon (Aisne), Carcassonne (Aude), Rennes (Ille-et-Vilaine), Molsheim (Bas-Rhin) et Pérignat-lès-Sarliève (Puy-de-Dôme) environ six mois après le début du mouvement. À partir d’observations et d’une vingtaine d’entretiens individuels et collectifs, il s’intéresse à l’évolution et à l’inscription dans le temps et l’espace de ces baraquements et s’interroge sur leur rôle dans la résistance du mouvement des gilets jaunes. Si les termes sont nombreux pour désigner ces cabanes, celui de « baraquement » a été préféré en raison de son caractère hybride, renvoyant à la fois à une infrastructure précaire destinée à l’habitat, et à un espace de résistance, dans sa définition institutionnelle militaire.L’observation de plusieurs sites nous a permis d’envisager différentes manières d’être gilet jaune et de « faire baraquement ». Les baraquements apparaissent sur les territoires comme des espaces de vie bricolés et aménagés de manière collective pour se protéger des intempéries et des destructions extérieures. La participation active des militantes et militants et la négociation, qu’elle soit institutionnelle ou informelle, sont essentielles au maintien du baraquement. La production d’œuvres d’arts et de symboles militants révolutionnaires dans les baraquements et autour d’eux participe par ailleurs à la persistance de la visibilité du mouvement dans l’espace, ainsi qu’à son ancrage dans l’histoire des luttes sociales à l’échelle locale et nationale.Le baraquement est un détournement de l’espace du rond-point, qui devient ainsi une proposition faite à celles et ceux qui ne faisaient que le traverser, de s’interroger, s’arrêter, échanger et soutenir le mouvement en cours (par des dons et des klaxons, par exemple). Lieu de vie et d’expérimentation citoyenne, le baraquement se transforme selon les saisons, le calendrier politique (les manifestations du samedi, les réformes étatiques), les évènements festifs ou d’autoformation politique organisés par les militants : jour de l’an, anniversaire du mouvement, soirées électorales, visionnage de films sur les mouvements sociaux, etc. L’expérience du baraquement témoigne à la fois d’une volonté d’inscrire dans le temps un mouvement contestataire, subversif, « extra-ordinaire » et de renouer avec un ensemble de pratiques ordinaires d’habiter, de sociabilité et de solidarité. Dès lors, l’ancrage des baraquements dans le paysage social et dans le quotidien des individus semble associé au développement de sociabilités et convivialités dépassant largement le cadre de la mobilisation citoyenne. Les baraquements sont des refuges, des lieux de (re)socialisation et (re)politisation de toutes et tous, où l’on vient pour partager sa colère, parfois sa solitude, et lutter pour un monde meilleur. Enfin, nous émettons l’hypothèse que le baraquement comme répertoire d’action des gilets jaunes matérialise l’engagement citoyen « rhizome » dans l’espace et dans le temps : il peut disparaître d’un territoire, puis renaître spontanément, ou encore se transformer en « QG mobile ». Le baraquement comme lieu d’organisation politique, mais aussi de vie quotidienne, dépasse les revendications des premiers jours et s’installe dans les répertoires des luttes actuelles pour devenir le symbole d’une convergence de tous les « gilets » en lutte (écologistes, sans-papiers, cheminots). “The ‘Shack’ as a Locus of Resistance in the Yellow Vests Movement”During the French social movement called « les Gilets jaunes » (the Yellow vests), shacks were built on the outskirts of several roundabouts where the protests began, on November 17th, 2018. This article recounts the ethnographic and exploratory research, conducted by geographers and sociologists, on those precarious constructions. In order to question their social and spatial characteristics, we studied five of those shacks, across the national territory. The fieldwork took then place in Laon (Aisne), Carcassonne (Aude), Rennes (Ille-et-Vilaine), Molsheim (Bas-Rhin), and Pérignat-lès-Sarliève (Puy-de-Dôme) six months into the movement. We chose to describe those buildings as shacks (« baraquements »), as it refers, especially in French, to a roughly-built cabin for residential purposes, as well as to a military construction, thereby underlining its role as a locus of resistance.As we observed a multiplicity of sites, we came to understand several ways to define oneself as a Gilet jaune and to ensure community-building in the shacks. First, we examine how it was built collectively and secured against the weather and dismantlement by police force. Through negotiation and active participation of all members, the shacks gained the (uncertain) right to remain. Then, we identify the functions of the shacks and try to define them. The shack is an organising space for political action; civic experiments are carried out. It became a home for demonstrators, to ensure a daily reception point and to keep the mobilisation alive over time. Graphic creations, militant symbols soon covered the shacks and their whereabouts, ensuring their visibility, which contributed to the entrenchment of the shacks in the (material and political) landscapes, as landmarks embodying the fight for social justice.The Gilets jaunes altered the function of roundabouts by building political shacks on their outskirts. By doing so, they transformed a place one would merely pass by, into a space with strong political and cultural identity. They blended their protest and their subversive practices into the revival of local, ordinary yet warm-hearted socialisation customs. Thus, the shack takes root in the local, and makes local and national history, through the use of references and the bonding of a diverse community of people. For most of them, the shack grew into a refuge, where people who face the same problems, share a same anger would gather. They would therefore find empathy, understanding and strength there, to address their daily struggles, in this common sense of injustice.The complexity of the effects of this phenomenon on the individuals who took part in the Gilets jaunes movement, as well as on the French activism’s landscape lead us to suggest that the shack works as a rhizome for political engagement. Within a national network of shacks, the Gilets jaunes have discussed the construction of a new society. Depending on spatial and political opportunities, the shacks move and transform themselves, disappear and crop up again in other social movements. </description>
      <pubDate>mar., 27 juil. 2021 20:58:16 +0200</pubDate>
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      <title>Taking the Risk – and its Afterlife. Collaboration, Seduction and Danger in Ethnography with Contemporary Neo-Fascist Movement </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=474</link>
      <description>This article discusses the multiple difficulties an anthropologist encounters when taking the risk of engaging in ethnography with contemporary neo-fascist activists. Based on my ethnographic experience with self-declared third millennium fascist activists in Rome in 2010 and the afterlife of that ethnographic encounter (2015-2018), this article seeks to give an ethnographically driven contribution to debates about the consequences of collaborating, the dangers of encountering fascist violence, and the epistemological reflections social sciences face when agreeing to taking the risk of fieldwork encounters. The article develops its argument in dialogue with existing literature on similar ethnographic relations, thereby showing continuities and divergences between ethnography with xenophobic and nationalist parties, on the one hand, and with explicitly neo-fascist activists, on the other. Meanwhile, it critically discusses the epistemological consequences of collaboration with neo-fascist activists, interrogating the nature of the public that anthropologists may engage with as their paramount concern. The first part of the article recounts the multiple difficulties I encountered when I first moved to Rome for my PhD ethnography with the neo-fascist movement CasaPound (CPI). It describes my encounter with fascist activists and emotional negotiations around the “empathy wall” as often driven by fear. Fear emerges as a dominant emotion in fieldwork encounters of this kind, as confirmed by literature on similar subjects. Nonetheless, ethnographic relations showed that it was possible to break through the empathy wall and foster an emic understanding of contemporary fascist activism. However, my informants’ proposal that I collaborate with them in writing my dissertation was not an option but a threat, opening the way for an ethnographic grasp of the violent attitude of fascist activists. The multiple difficulties and dangers I faced during my fieldwork are narrated from a distance and give an example of the various risks an anthropologist may face while conducting ethnography in violent contexts. The second part of the article discusses the afterlife of ethnography through a narration of the social life of my book in dialogue with contemporary literature (Di Nunzio and Toscano, 2011; Teitelbaum, 2019). This account raises issues about the epistemological consequences of specific methodological choices during fieldwork. It critically addresses the consequences of collaborating during fieldwork, challenging the idea that researchers can ever be neutral when writing about the fascist presence in contemporary society, and interrogating the specific public that anthropologists engage with as their paramount concern. Should this public be the activists themselves? Or the public Didier Fassin describes when discussing the afterlife of ethnography? Through the narration of a significant episode that occurred in northern Italy in 2016 when presenting my book at a public library, I show how fascist violence resurfaced during the afterlife of ethnography, shedding light on the multiple facets and dimensions of this presence and, again, the risks involved in ethnographically encountering contemporary manifestation of fascism.Taking the risk is an invitation for the anthropological community to critically reflect on the epistemological and political consequences of collaborating with radical right activists on the premise that such collaboration entails not only purely moral concerns, but also political issues that stem directly from the specific history of contemporary European democracies. « Prendre le risque et au-delà. Collaboration, séduction et danger de l’ethnographie avec un mouvement néo-fasciste contemporain. »Cet article traite des multiples difficultés que peut rencontrer un anthropologue quand il prend le risque de s’engager dans l’ethnographie avec les activistes néo-fascistes contemporains. Basé sur mon expérience ethnographique avec les autoproclamés activistes fascistes du troisième millénaire à Rome en 2010, et sur les suites de cette rencontre ethnographique (2015-2018), cet article se propose d’apporter une contribution, axée sur l’ethnographie, aux débats portant sur les conséquences de la collaboration, sur le danger d’être confronté à la violence fasciste, et sur les réflexions épistémologiques auxquelles doivent faire face les sciences sociales lorsqu’elles acceptent de prendre le risque des rencontres de terrain.L’article développe son argumentation dans un dialogue avec la littérature existante portant sur des relations ethnographiques similaires, montrant ainsi les continuités et les divergences entre l’ethnographie menée avec les partis xénophobes et nationalistes, d’une part, et celle menée avec les activistes explicitement néo-fascistes, d’autre part. Parallèlement, l’article propose une critique des conséquences épistémologiques de la collaboration avec les activistes néo-fascistes, posant la question de la nature du public avec lequel les anthropologues peuvent collaborer comme une préoccupation essentielle.La première partie de cet article fait part des multiples difficultés que j’ai rencontrées lorsque je me suis installée à Rome pour effectuer, dans le cadre de ma thèse, une ethnographie avec le mouvement CasaPound (CPI). Elle décrit ma rencontre avec les activistes fascistes et les négociations autour du « mur de l’empathie » souvent motivées par la peur. La peur apparaît comme l’émotion dominante des rencontres de terrain de cette nature, ce que confirme la littérature sur des sujets similaires. Néanmoins, les relations ethnographiques ont montré qu’il était possible d’aller au-delà du « mur de l’empathie » et d’élaborer une compréhension émique de l’activisme fasciste contemporain. Pour autant, les propositions de mes informateurs de collaborer avec eux à l’écriture de ma thèse n’étaient pas une option, mais une menace, ouvrant la voie à une compréhension ethnographique de l’attitude violente des activistes fascistes. Les multiples difficultés et dangers auxquels j’ai dû faire face pendant mon travail de terrain sont relatés avec du recul et offrent un exemple des différents risques auxquels un anthropologue est confronté quand il conduit une ethnographie dans un contexte violent.La seconde partie de cet article traite des suites d’une ethnographie à travers le récit de la vie sociale de mon livre dans un dialogue avec la littérature contemporaine (Di Nunzio et Toscano, 2011 ; Teitelbaum, 2019). Ce récit soulève le problème des conséquences épistémologiques de choix méthodologiques spécifiques pendant le travail de terrain. Il offre une approche critique des conséquences de la collaboration lors du travail de terrain, contestant l’idée que les chercheurs puissent être neutres quand ils écrivent sur la présence fasciste au sein de la société contemporaine, et pose la question de la spécificité du public avec lequel l’anthropologue entre en collaboration comme une préoccupation primordiale. Les activistes eux-mêmes peuvent-ils constituer ce public ? Ou s’agit-il du public que Didier Fassin décrit quand il raconte les suites de l’ethnographie ? À travers la narration d’un épisode significatif qui s’est produit dans le nord de l’Italie en 2016, lors d’une présentation de mon livre dans une bibliothèque publique, je montre comment la violence fasciste a refait surface dans les suites de l’ethnographie, dévoilant les multiples facettes et dimensions de cette présence et, à nouveau, les risques qu’implique la rencontre ethnographique avec la manifestation contemporaine du fascisme.« Prendre le risque » est une invitation adressée à la communauté anthropologique à s’interroger sur les conséquences épistémologiques et politiques de la collaboration avec les activistes de la droite radicale, en partant de cette prémisse qu’une telle collaboration ne constitue pas uniquement un problème moral mais également un problème politique qui découle directement de l’histoire spécifique des démocraties européennes contemporaines. </description>
      <pubDate>lun., 19 juil. 2021 11:43:36 +0200</pubDate>
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      <title>Une nouvelle revue pour l’anthropologie publique. À propos de Public Anthropologist, vol. 1, issue 1 (Jan 2019) </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=365</link>
      <pubDate>mer., 14 juil. 2021 16:34:07 +0200</pubDate>
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      <title>Anthropological Knowledge on Political Violence. Interview with Orin Starn </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=379</link>
      <pubDate>mer., 14 juil. 2021 22:30:53 +0200</pubDate>
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      <title>2 | 2021 – Rubrique spéciale : Beyond Political Anthropology / à la Une </title>
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      <pubDate>mer., 18 août 2021 11:54:20 +0200</pubDate>
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