<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0">
  <channel>
    <title>emotions</title>
    <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=314</link>
    <description>Termini dell'indice</description>
    <language>fr</language>
    <ttl>0</ttl>
    <item>
      <title>Israeli Jews against the Wall: (Anti-)Colonial Narratives of Defeat </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=860</link>
      <description>This paper deals with Jewish-Israeli activists who join Palestinian demonstrations in the occupied West Bank against the Separation Wall, the 800-kilometre-long, eight-metre-high wall that separates Palestinians and Israeli settlers. Jewish-Israeli activists who join the Palestinian-led struggle are placed in a challenging and unique position: they are members of the settler–colonial oppressor collective and benefit from this colonisation. Israelis who join the Palestinian protests against the wall are portrayed by the state and the majority as traitors who have crossed national boundaries to turn against Israel. While these activists fully accept the framing of the demonstrations as Palestinian-led, their unique position results in multidirectional implications for their narratives and feelings in relation to the struggle’s outcomes. As part of their solidarity, they construct a narrative based on the success or failure of the Palestinian struggle. As the Palestinian struggle is perceived as failed, Israeli activists also join this narrative of defeat. By combining theories of social movement outcomes, particularly on failure and defeat, along with a scholarly analysis of the joint struggle of Palestinians and Jewish-Israelis, I seek to shed light on how the sense of double defeat is constructed through activism. In particular, I investigate the ways in which they add their own contributions to the Palestinian narrative, both in relation to the Palestinian struggle and to their positionality within the protest. Specifically, I scrutinise the two aspects of the Israeli activists’ sense of defeat, losing to the power of the occupation and the disintegration of solidarity, and investigate how these created rifts in Israeli mobilisation for demonstrations against the wall. However, I also demonstrate that the sense of defeat does not override all mobilisation and show the ways in which many of the activists continue to take part in the struggle against the occupation and oscillate between a sense of defeat and the moral obligation to persist, creating both micro and macro dilemmas about practices of activism, identity, participation and solidarity. I show that many other possibilities for resistance exist, and they all illustrate the extent of the agency Israeli activists possess even in the face of political losses. The variety of political actions that are available to Israeli activists are the result of their social position. While the Palestinians lack options for action, Jewish-Israeli activists, despite the failure of the demonstrations against the wall, have the privilege of choosing new courses of action. The material stems from the fieldwork I conducted at the above-mentioned Palestinian demonstrations between 2015 and 2017. My aspiration to provide a comprehensive account of Jewish-Israeli anti-apartheid activists’ experiences during the weekly Palestinian protests called for an in-depth qualitative study. I chose qualitative methods of data collection, primarily participant observation and in-depth semi-structured interviews, due to their appropriateness for understanding the dynamic and unstable nature of the phenomena being studied. « Les Juifs israéliens contre le mur : récits (anti)coloniaux de la défaite »Cet article traite des militants juifs israéliens qui se joignent aux manifestations palestiniennes contre le mur de séparation en Cisjordanie occupée, un mur de 800 kilomètres de long et de 8 mètres de haut, dressé entre les Palestiniens et les colons israéliens. Les militants juifs israéliens qui se joignent à la lutte menée par les Palestiniens sont placés dans une position difficile et singulière : ils sont membres du collectif oppresseur que constituent les colons et bénéficient de cette colonisation. Les Israéliens qui participent aux manifestations palestiniennes contre le mur sont dépeints comme des traîtres par l’État et la majorité de la population, comme des citoyens qui ont franchi les frontières nationales pour se retourner contre Israël. Bien que ces activistes acceptent pleinement que l’encadrement des manifestations soit dirigé par des Palestiniens, leur position singulière oriente de diverses manières leurs récits et leurs sentiments concernant les résultats de la lutte. Parce qu’ils sont solidaires de la lutte palestinienne, ils construisent un récit fondé sur son succès ou son échec. Dans la mesure où la lutte palestinienne est perçue comme un échec, les activistes israéliens se font aussi l’écho de ce récit de la défaite. En combinant les théories sur les résultats des mouvements sociaux, en particulier sur l’échec et la défaite, avec une analyse savante de la lutte commune des Palestiniens et des Juifs israéliens, je cherche à faire la lumière sur la façon dont l’activisme construit ce sentiment de double défaite. En particulier, j’étudie de quelles façons ces militants israéliens ajoutent au récit palestinien leurs contributions, qui concernent à la fois la lutte palestinienne et leur propre position au sein de la protestation. Plus précisément, j’examine les deux aspects du sentiment de défaite des activistes israéliens, c’est-à-dire la défaite face au pouvoir de l’occupation et la désintégration de la solidarité, et j’étudie comment ils ont créé des failles dans la mobilisation israélienne pour prendre part aux manifestations contre le mur. Cependant, je démontre aussi que le sentiment de défaite ne l’emporte pas totalement sur la mobilisation et je montre comment de nombreux militants continuent à prendre part à la lutte contre l’occupation et oscillent entre un sentiment de défaite et l’obligation morale de persister, créant ainsi des dilemmes à petite et grande échelle au sujet des pratiques d’activisme, de l’identité, de la participation et de la solidarité. Je montre que de nombreuses autres possibilités de résistance existent, illustrant toute l’étendue de l’agentivité que possèdent les activistes israéliens, même lorsqu’ils sont confrontés à des échecs politiques. La variété d’actions politiques dont disposent les militants israéliens résulte de leur position sociale. Alors que les Palestiniens manquent d’options pour agir, les activistes juifs israéliens, malgré l’échec des manifestations contre le mur, ont le privilège de pouvoir choisir de nouvelles lignes d’action. Ces matériaux de recherche sont issus du travail de terrain que j’ai mené lors des manifestations palestiniennes déjà mentionnées, qui ont eu lieu entre 2015 et 2017. Mon ambition de dresser un panorama complet des expériences des militants juifs israéliens anti-apartheid lors des manifestations palestiniennes hebdomadaires a nécessité une étude qualitative approfondie. J’ai choisi des méthodes qualitatives de collecte de données, principalement l’observation participante et les entretiens semi-structurés approfondis en raison de leur pertinence pour comprendre la nature dynamique et instable des phénomènes analysés. </description>
      <pubDate>mar., 02 août 2022 17:28:26 +0200</pubDate>
      <lastBuildDate>mar., 02 août 2022 22:01:21 +0200</lastBuildDate>
      <guid isPermaLink="true">http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=860</guid>
    </item>
    <item>
      <title>Vivre ensemble face à la contagion émotionnelle</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=582</link>
      <description>Dans ce texte écrit pendant le premier confinement du printemps 2020, je tente de comparer le stress extrême ressenti par certains individus aux angoisses éprouvées en différents lieux du monde par les patients du chamanisme. Alors que l’on a longtemps cru que cette pratique étudiée par les anthropologues était le seul fait des sociétés dites « exotiques », elle pourrait se révéler de manière inattendue utile aux sociétés « modernes » en leur offrant une aide psychologique inespérée. Tomber en transe ou parvenir à un état de conscience modifié pourrait-il aider à traverser les crises aiguës de nos sociétés contemporaines ? Tandis que certains eurent l’impression de vivre un mauvais rêve éveillé, chez d’autres, la peur du coronavirus s’est accompagnée de l’angoisse d’être marginalisé, hospitalisé, asphyxié, d’une hantise de la mort amplifiée par la litanie quotidienne du nombre de victimes. Ils ont été submergés par leurs angoisses, se sont sentis perdus, furent atteint d’insomnie et multiplièrent les cauchemars. Dans les formes les plus extrêmes, les sujets ont connu des états seconds qui semblent avoir eu in extremis une fonction de régulateur émotionnel. À Palerme (Italie), les jeunes animèrent les quartiers en improvisant depuis leurs balcons des concerts diffusés à l’aide de puissantes enceintes. Ces explosions irrépressibles de spontanéité intervenant au cœur d’un confinement vécu comme particulièrement oppressant, sont à rapprocher des manifestations exubérantes survenant à la fin de rituels chamaniques qui exigent une rigoureuse maîtrise de soi. Par ailleurs, le début de l’épidémie de Covid-19 fut marqué par une masse considérable d’individus gagnés par une peur irrépressible, au point de se demander si, sans le confinement, la panique qu’il a engendrée ne serait pas devenue aussi dangereuse que le virus lui-même. Après plusieurs semaines, les médias et une partie de la population s’en sont pris aux plus démunis, jeunes ou prolétaires. Leur conviction était que n’ayant rien à perdre, ils ne pouvaient qu’entraver la discipline collective. Des boucs émissaires étaient trouvés. En Sicile, la période de Pâques est traditionnellement un moment festif de grande convivialité. Lors de ce printemps 2020, les autorités avaient cependant décidé de montrer aux yeux de toute l’Italie que les Méridionaux ne se laisseraient pas déborder par leur légendaire indiscipline. Mais les habitants du Sperone, l’un des quartiers les plus déshérités de la ville, voulurent profiter d’une terrasse collective en haut de leur immeuble pour se retrouver autour de quelques grillades. Cet évènement insignifiant eut un retentissement démesuré, au point de devenir un scandale répercuté par tous les médias à l’échelle nationale. Le groupe fut traité comme s’il s’agissait de terroristes. Une cohorte de militaires en armes fut envoyée sur le lieu du délit, appuyée par deux hélicoptères de combat et se déplaçant prudemment en ligne indienne, rasant les murs, pour atteindre les fameux « insurgés »… La joyeuse bande de riverains prit la fuite précipitamment. “Living Together While Facing Emotional Contagion” This essay, written during the first lockdown in spring 2020, aims to compare the extreme stress experienced by some individuals with the anxiety experienced by patients of shamanism in different places of the world. Although it has been long considered that this practice, investigated by anthropologists, was circumscribed to the so-called “exotic” societies, it may turn out to be useful to “modern” societies by providing unexpected psychological help. May indeed falling into a trance or reaching an altered state of consciousness help us get through our contemporary societies’ acute crises? While some may have had the impression of living a bad daydream, others the fear of the coronavirus led to the anguish of being marginalized, hospitalized, asphyxiated: a fear of death that the grim daily count of victims intensified. They were indeed overwhelmed with anxiety, felt lost, suffered from insomnia and subjects of recurring nightmares. In the most extreme of cases, the subjects experienced a form of trance, which, in extremis, seems to have had an emotional regulating function. In Palermo (Italy), young people organized impromptu concerts from their balconies, with powerful speakers, in various neighborhoods. These irrepressible explosions of spontaneity during lockdown, perceived as particularly oppressive, may well be compared with the exhilarating manifestations occurring at the end of shamanic rituals that require strict self-control.In addition, the Covid-19 pandemic, at its outset, was marked by a mass of individuals overwhelmed with a terrible scare, to the point that one may wonder if, without the enforcement of the lockdown, their sense of panic would not have proven to be as dangerous as the virus. After several weeks, the media and a part of the population started lashing out at the poorest, the young and the proletarians. The belief was that, since they had nothing to lose, they were liable to undermine collective discipline. They were the perfect scapegoats. In Sicily, the Easter holiday is traditionally a festive moment when families reunite. This spring 2020, however, the authorities wanted to make a point regarding the Southerners’ alleged indiscipline. The residents of Sperone, though – one of the city’s most deprived neighborhoods – took advantage of a shared terrace at the top of their building to meet up around a barbecue. This unimportant event was so widely covered in the media that it was wound up into a national scandal. They were treated as if they were terrorists. Armed soldiers were dispatched to the crime scene, supported by two combat helicopters: they proceeded cautiously in a single file, keeping a low profile to surreptitiously reach the “insurgents”... Presently, the merry gang scurried away. </description>
      <pubDate>lun., 03 janv. 2022 20:32:24 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>lun., 21 mars 2022 18:33:21 +0100</lastBuildDate>
      <guid isPermaLink="true">http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=582</guid>
    </item>
    <item>
      <title>Des “cortèges de tête” aux gilets jaunes, transformation des pratiques et des usages de la violence dans les manifestations marseillaises</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=249</link>
      <description>Cet article, fondé sur une enquête ethnographique de longue durée centrée sur la ville de Marseille, menée dans le cadre d’une thèse de doctorat, propose une analyse anthropologique de deux formes de mobilisation qui modifient les pratiques des manifestations revendicatives : l’apparition et la persistance des « cortèges de tête » depuis 2016, et les manifestations gilets jaunes de 2018 et 2019. Les deux espaces de mobilisation collective étudiés ont rompu avec la pratique domestiquée des manifestations, notamment des manifestations syndicales : absence de communication avec la préfecture de police, imprévisibilité des parcours, refus d’un service d’ordre, rejet d’une hiérarchisation des participants, acceptation de pratiques violentes à différents degrés. Ces deux phénomènes sont traités ici dans leur capacité à transformer les individus qui y participent, notamment en ce qui concerne leur rapport à la violence. Les acteurs de ces deux espaces, très hétérogènes en genre et en âge, affirment clairement leur indépendance vis-à-vis des syndicats et des partis politiques dans ce contexte. Ils se distinguent cependant par leurs socialisations politiques. Les participants aux « cortèges de tête », en dehors des lycéens, sont coutumiers des manifestations et se revendiquent de gauche, d’extrême gauche ou d’ultragauche. Les protagonistes des manifestations de gilets jaunes ont pour un certain nombre d’entre eux vécu leur première expérience de mobilisation collective dans ce cadre et se déclarent de sensibilités politiques diverses. Les manifestants interviewés ont conscience de rompre avec les pratiques des manifestations syndicales, qu’ils considèrent comme inefficaces, car n’ayant pas permis d’aboutir ces dernières décennies à une prise en compte des revendications portées par différents mouvements sociaux. Ils souhaitent questionner la société de manière globale et affirment clairement leur volonté de ne pas se limiter à ce qui est autorisé par l’État pour lutter. Ces formes de mobilisation renouent avec des pratiques comme l’émeute et sont pensées par les acteurs qui en font le choix comme un outil politique, ultime moyen de se faire entendre par les dirigeants.Les transformations des techniques de maintien de l’ordre depuis les mobilisations de 2016, notamment par la « militarisation » des forces qui y sont dévolues et la mobilisation lors des manifestations d’unités de police non spécialisées, participent à une montée en tension de ces espaces. Les acteurs faisant face à ces méthodes (gazage systématique, nasse, tir de Flash-Ball, charge, intimidation verbale, interpellation musclée) se sentent injustement agressés, ce qui va contribuer à créer de la solidarité au sein de ces groupes pourtant très hétérogènes et conduire certains manifestants à accepter des pratiques violentes. La prise en compte des émotions ressenties dans le cadre de ces mobilisations, notamment lors de moments de face à face entre manifestants et forces de l’ordre, est donc nécessaire pour comprendre l’engagement processuel des participants à ces deux espaces. “From ‘head processions’ to Yellow Vests, transformation of the practices and uses of violence in demonstrations in Marseille”As part of the doctoral thesis I have conducted, this anthropological article makes use of a long-term ethnographic analysis centered on the city of Marseille to address two types of rallies that affect protest demonstration practices: the appearance and persistence of leading protest groups (cortèges de tête) since 2016, and the Yellow Vest demonstrations of 2018 and 2019. These two areas of collective mobilization under scrutiny are distinct from other domestic demonstration practices, in particular trade unions demonstrations. They tend not to establish prior contact with the police, engage in unpredictable routes, provide no security volunteers and reject any form of hierarchy among the participants, as well as a notable tolerance for varying degrees of violence. These two phenomena are analyzed in their capacity to affect the behavior of participants, in particular vis-à-vis violence.The participants in these two protest spaces, who are heterogeneous in gender and age, clearly assert their independence vis-à-vis trade unions and political parties within this framework. However, they stand out by their political socializations. Apart from high school students, the participants in these cortèges de tête are experienced demonstrators and claim to belong to the left, the far left or the “extreme left”. The Yellow Vest demonstrators experienced their first collective mobilization within this framework, and claim to belong to various political sensitivities.The interviewees are well aware that they have broken away from the practices of trade unions demonstrations, which they consider to be ineffective. This is because, over the past few decades, these demonstrations have failed to take into account the demands and goals set out by various social movements. Instead, they aim to question society in a holistic way and clearly affirm their will not to limit their struggle to what is authorized by the state. These forms of mobilization are thus connected with such practices as rioting, and are conceived by the participants as a political tool whose ultimate goal is to win over political leaders’ attention.Since the mobilizations of 2016, the developments in policing techniques, in particular the “militarization” of forces assigned for this purpose, and the mobilization of non-specialized police units, have contributed to rising tensions for these two spaces of demonstration. Participants, who have faced methods such as systematic tear gassing, entrapment techniques, flash-balls, charging, verbal intimidation, and police brutality, feel unfairly assaulted. These methods have helped to foster solidarity among some of the participants within these very heterogeneous groups, but also the acceptance of violence for others. It is therefore necessary to take into account all of the emotions experienced within the framework of these mobilizations, especially when demonstrators and law enforcement clash directly, in order to understand the participants’ procedural commitments in these two spaces of protest. </description>
      <pubDate>mer., 02 déc. 2020 22:12:46 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>mar., 15 déc. 2020 22:57:33 +0100</lastBuildDate>
      <guid isPermaLink="true">http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=249</guid>
    </item>
  </channel>
</rss>