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    <title>photographie</title>
    <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=301</link>
    <description>Termini dell'indice</description>
    <language>fr</language>
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      <title>Chavirer et revenir au monde. Récit sensible d’une photographe depuis la Ve Brigade nationale de recherche de personnes disparues au Mexique</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=750</link>
      <description>En février 2020, l’auteure, photographe, a pris le chemin du Veracruz, au Mexique, avec l’anthropologue Sabrina Melenotte, pour suivre la Ve Brigade nationale de recherche de personnes disparues.Le nombre de disparitions au Mexique est aujourd’hui officiellement estimé à plus de 96 000 personnes. Deux cents familles se réunissent chaque année dans un État choisi par les collectifs de familles de personnes disparues pour chercher leurs proches. Au-delà de sa valeur témoin, la photographie permet à celles et ceux qui cherchent, comme à celles et ceux qui les observent ou les photographient, de regarder ensemble une même chose, et éventuellement de la commenter ensemble. Elle permet aussi de rendre explicites des phénomènes ou des situations difficiles à raconter avec des mots sans chavirer. Pendant quinze jours, l’auteure a documenté en images ces expériences chargées d’émotions, en dialogue avec l’anthropologue, pour restituer sur un mode sensible les différentes modalités de ces recherches par les familles, « sur le terrain », en campo (fosses clandestines, traces de violences, indices sur les corps, dans les morgues), « en vie », en vida (prisons, centres de détention et de réinsertion), ou lors de campagnes de sensibilisation auprès des populations locales (marches blanches, témoignages, prises de parole sur les places publiques ou lors des messes, collages d’affiches, rencontres dans les écoles et les universités).Derrière chaque disparu.e se trouve une famille qui souffre de l’absence, mais aussi de la présence persistante d’un ou plusieurs fantômes. Chercher un être aimé disparu relève souvent de l’obsession. C’est aussi une quête souvent vaine, mais indispensable­­ puisque personne d’autre ne le fait. Et seule la découverte (en vie, ou mort) de l’être cher disparu apportera une forme de soulagement. À observer celles et ceux qui cherchent, on voit des jambes solidement ancrées dans la terre, des yeux qui la scrutent avec une extrême concentration, des bustes qui se penchent attentivement vers elle, voire des corps entiers qui s’allongent sur elle pour la gratter de tout près, ou d’autres encore qui y plongent sans hésiter pour la creuser avec poigne. Durant ces recherches, les émotions se déclinent sur une grande échelle, allant de l’espoir au désespoir. Ces inlassables chercheurs et chercheuses donnent le sentiment d’être toujours sur le point de chavirer, mais néanmoins reviennent au monde. L’article se compose d’un texte de présentation du terrain et de six photographies principales, chacune accompagnée d’un récit, suivies d’autres images, qui viennent compléter le commentaire (soit 17 photographies au total). Les corps photographiés dévoilent quelques histoires sensibles de familles de personnes disparues : celles de deux parents qui, ensemble et sans faire de bruit, cherchent leur fils sans relâche ; d’un père qui cherche une fosse et y plonge de tout son être en la creusant ; d’une sœur qui « gratouille » en vain la surface de la terre, absente au monde qui l’entoure ; d’un frère qui regarde une fosse refermée, les jambes plantées dans un sol fouillé qu’il ne peut quitter ; d’une personne anonyme à la recherche d’indices minuscules sur un territoire immense ; d’un autre jeune frère, lucide, conscient de la période morbide que traverse son pays. L’auteure les commente dans un récit subjectif composé de ses émotions et des impressions ressenties sur le moment, puis à son retour. Elle cherche à décrire et retracer les contextes et conditions dans lesquels ses photos ont été faites, pour donner à voir ce qui n’est pas sur l’image, ce qu’elle sait déjà de ces personnes, la représentation personnelle construite avant la photographie. Informée au mieux et préparée, elle photographie à l’instinct une fois sur le terrain, pour suivre chaque personne, aller ici plutôt que là, y aller tout de suite ou attendre encore un peu, reculer, changer de point de vue, etc. À son retour en France, après la Brigade, elle a pris le temps de laisser reposer sensations et émotions avant de regarder et d’éditer les images. Pour comprendre aussi pourquoi elle les a faites. Et comme très souvent, elle y a vu alors une foule de choses nouvelles : des détails, des convergences, des environnements communs, des attitudes. Elle a ressenti ce qu’elle avait mis de côté pendant le travail. Elle a lâché prise et presque chaviré à son tour. “Capsizing and Returning to the World. A Photographer’s Sensitive Story since the 5th National Brigade for the Search for Missing Persons in Mexico”In February 2020, photographer Emmanuelle Corne travelled to Veracruz, Mexico, with anthropologist Sabrina Melenotte, to shadow the 5th National Brigade for the Search of Disappeared Persons.The number of disappearances in Mexico is now officially estimated up to 96,000 people. Two hundred families gather up every year, in a chosen state by the collectives of families of missing persons, to search for their loved ones. Beyond its testimonial value, photography allows those who are searching, as well as those who are observing or photographing them, to look at one same thing together, and possibly to comment upon it together. It also makes it possible to make explicit phenomena or situations that are difficult to describe in words without capsizing. For 15 days, with images the photographer documented these heavily-loaded emotional experiences, in dialogue with an anthropologist in the field, in order to render, in a sensitive way, the various search modalities undertaken by the families, “in the field” (en campo) (clandestine graves, traces of violence, body marks, in the morgues), “in life” (en vida) (prisons, detention and rehabilitation centres), or during awareness-raising campaigns among the local population (white marches, testimonies, speeches in public squares or during masses, poster collages, meetings in schools and universities).For every missing person, there is a family suffering from the absence, but also from their enduring presence, as a ghost. Searching for a missing loved one can often turn into an obsession. It is also often a futile, but indispensable, search, since no one else is engaged in it. And only when it is revealed whether the missing loved one is alive or dead that some kind of relief occurs. Observing their bodies, we “see” their legs firmly rooted into the ground, their eyes scrutinizing it thoroughly, carefully bending over it, even bodies lying down scratching the earth, or others diving into the earth to dig with rage. During these searches, emotions range from hope to despair. These tireless “searchers” give us the feeling to be always on the verge of capsizing, but finally returning to the world.The article consists of a text introducing the field, followed by six main photographs and their dedicated narratives. For each one of them, other images complete the commentary (amounting to 17 photographs). The photographed bodies reveal some of the sensitive stories of the families of the missing persons: that of parents who, together and quietly, search for their son without respite; that of a father who searches for a grave and dives into it entirely as he unearths it; that of a sister who “scratches” in vain the surface of the earth, absent to the surrounding world; that of a brother who looks at a pit turned over, his legs deep in the excavated ground unable to lift himself from the soil; that of an anonymous person peering for tiny clues across an immense territory; that of another clearheaded youth, aware of the grim period his country is experiencing.The photographer comments them from a personal and sensitive point of view, drawing on of her emotions and impressions felt at the time they were made, then upon her return. She tries to describe and recall the contexts and conditions in which she made them in order to show what is not visible in the image, what she already knew about these people, what she had already built up as a personal representation before they were photographed. Documented as much as possible and prepared beforehand, she photographs relying on her instinct, once in the field: following one person, setting out here rather than there, leaving straight away or waiting for a little longer, moving back, changing her point of view, etc. When she returned to France, after her stint with the Brigade, it took her some time for her feelings and emotions to settle before returning to and editing the images. And to understand why she took them. And as it often happens, she saw a whole new set of things: details, convergences, common environments, attitudes. She eventually felt what she had set aside during the work. She let go and almost capsized too. «Tambalearse y volver al mundo. El relato sensible de una fotógrafa desde la 5ª Brigada Nacional de Búsqueda de Personas Desaparecidas en México»En febrero de 2020, la fotógrafa Emmanuelle Corne viajó a Veracruz, México, con la antropóloga Sabrina Melenotte, para seguir a la 5a Brigada Nacional de Búsqueda de Personas Desaparecidas. Actualmente, el número de desapariciones en México se estima oficialmente en más de 96 000 personas. Doscientas familias se reúnen cada año, en un estado elegido por los colectivos de familias de desaparecidos, para buscar a sus seres queridos. Más allá de su valor como testigo, la fotografía permite que quienes buscan y quienes los observan o los fotografían miren juntos una misma cosa y, posiblemente, la comenten juntos. También permite explicitar fenómenos o situaciones que son difíciles de describir con palabras sin tambalearse. Durante 15 días y en diálogo con la antropóloga, la autora documentó en imágenes estas experiencias cargadas de emoción para plasmar de forma sensible las diferentes modalidades de estas búsquedas por parte de las familias: «en campo» (fosas clandestinas, huellas de violencia, pistas en los cuerpos, en las morgues), «en vida» (prisiones, centros de detención y rehabilitación) o durante las campañas de sensibilización entre la población local (marchas, testimonios, discursos en plazas públicas o durante las misas, pega de carteles, reuniones en escuelas y universidades).Detrás de cada persona desaparecida hay una familia que sufre la ausencia, pero también la presencia persistente de uno o varios fantasmas. La búsqueda de un ser querido desaparecido es a menudo una obsesión. También es a menudo una búsqueda vana, pero indispensable, ya que nadie más lo hace. Y sólo el descubrimiento del ser querido desaparecido (vivo o muerto) traerá algún tipo de alivio. Si se observa a quienes buscan, vemos piernas firmemente ancladas en la tierra, ojos que la escudriñan con extrema concentración, bustos que se inclinan cuidadosamente sobre ella, incluso cuerpos enteros que se tumban sobre ella para escarbarla de cerca, u otros que se hunden en ella sin dudarlo para cavar con firmeza. Durante estas búsquedas, las emociones van de la esperanza a la desesperación. Dan la sensación de que estos incansables buscadores están siempre a punto de tambalearse, entonces vuelven al mundo.El artículo consta de un texto introductorio sobre el trabajo de campo, seguido de seis fotografías principales y su relato. Después de cada una, otras imágenes completan el comentario (17 fotografías en total). Los cuerpos fotografiados revelan algunas de las sensibles historias de las familias de las personas desaparecidas: las de dos padres que, juntos y en silencio, buscan a su hijo sin descanso; las de un padre que busca una tumba y se sumerge en ella con todo su ser, cavándola; las de una hermana que «araña» en vano la superficie de la tierra, ausente del mundo que la rodea; la de un hermano que mira una fosa cerrada, con las piernas plantadas en el suelo excavado del que no puede salir; la de una persona anónima que busca pequeñas pistas en un territorio inmenso; la de otro hermano joven y lúcido, consciente del periodo mórbido que atraviesa su país.Este texto es un relato subjetivo y sensible, hecho de las emociones e impresiones que la autora sintió y vivió durante la Brigada y a su regreso. Intenta describir y reconstituir los contextos y las condiciones en las que realizó las fotografías para mostrar lo que no está en la imagen, lo que ya sabe de esas personas, la representación personal que ya ha construido antes de la fotografía. Una vez en el campo, lo más informada y preparada posible, fotografió siguiendo su instinto para seguir a cada persona, para ir a un lugar en vez de a otro, para ir enseguida o esperar un poco más, para retroceder, para cambiar de punto de vista, etc. A su regreso a Francia, después de la Brigada, se tomó el tiempo necesario para dejar reposar sus sentimientos y emociones antes de ver y editar las imágenes. También para entender por qué las tomó. Y como suele ocurrir, vio toda una serie de cosas nuevas: detalles, convergencias, entornos comunes, actitudes. Sintió lo que había dejado de lado durante el trabajo. Se dejó llevar y casi se tambaleó a su vez. </description>
      <pubDate>mar., 15 mars 2022 16:52:10 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>mer., 06 avril 2022 07:50:42 +0200</lastBuildDate>
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      <title>L’observation photographique. Auto-analyse d’une enquête sur les gilets jaunes</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=506</link>
      <description>L’auto-analyse d’une enquête « photo-ethnographique » menée pendant un an sur le mouvement des gilets jaunes permet d’interroger les conditions de production des images, leurs statuts et les usages sociologiques qu’il est possible d’en faire. La première partie de l’article montre que l’utilisation de la photographie dans un cadre scientifique pose des problèmes relativement analogues aux autres méthodes dédiées à la production de matériel empirique. L’analyse de l’outil et de la pratique photographiques rappelle la double illusion d’une « neutralité » de l’observateur et d’une réalité prétendument « transparente » : le type d’appareil utilisé, les choix techniques qui précèdent la prise de vue et la relation nouée entre le photographe et le photographié façonnent sans doute autant le matériau produit que les hypothèses de l’enquêteur et les conditions de la rencontre avec les enquêtés. Les contraintes du photographe, qu’elles soient pratiques, intellectuelles, morales, ne sont pas pour autant des obstacles à la connaissance. La photographie peut aussi ouvrir des opportunités pour accéder aux agents les moins disposés à jouer le jeu de l’enquête, et atténuer l’asymétrie de la relation enquêteur/enquêté. Surtout, parce que la production des images est toujours inscrite dans des rapports sociaux, les « mises en scène » conscientes ou inconscientes offertes au photographe peuvent être envisagées comme des révélateurs des ressources dont disposent les agents pour se valoriser et comme des indices de l’ethos qu’ils mettent en œuvre dans leur connaissance pratique du monde social. Ainsi, le cadre de la rencontre avec les gilets jaunes et la manière dont le photographe est perçu sont propices à la mise en lumière de certains enjeux de la mobilisation et de certains invariants de la culture des classes populaires mobilisées : la quête de respectabilité, le primat accordé à la vie collective, la centralité de la famille, ou encore la valorisation des valeurs de la virilité et de la force physique.Contre certaines mystifications de la pratique photographique, l’article défend ensuite l’idée que la construction d’un corpus d’images pertinentes dépend peut-être moins des aptitudes du photographe sur « le terrain » que de son implication dans le travail d’editing, défini ici comme la phase de sélection, de développement et d’organisation des images. Souvent laissée dans l’ombre, cette partie du travail photographique occupe une place décisive dans la construction visuelle et sociologique de l’objet : la confrontation à l’ensemble du matériau apparaît comme le moment privilégié pour prendre conscience de la relation d’enquête et des prénotions que le photographe investit malgré lui dans la réalité étudiée. Les opérations relatives au choix et au développement des photographies sont l’occasion d’infirmer ou de confirmer ses hypothèses, d’en générer de nouvelles et d’élaborer une « grammaire » de l’image potentiellement ajustée à sa vision de l’objet, aux publics visés et aux finalités de son travail. En ce sens, l’editing rappelle aussi l’aporie de l’opposition entre esthétique et sociologie. Pour approfondir la connaissance des déterminations de la pratique photographique et maîtriser l’inconscient historique, esthétique et académique que le « sociologue-photographe » engage inévitablement dans sa pratique, l’article plaide en conclusion en faveur d’une sociologie des sociologues, des photographes et de leurs publics. “Photographic Observation. Self-Analysis of a Fieldwork around the Yellow Vests”The self-analysis of a “photo-ethnographic” fieldwork carried out for one year around the Yellow Vests movement allows to question the conditions of production of images, their status and the sociological uses that can be made of them. At first, the article shows that the use of photography in a scientific setting poses problems relatively similar to other methods applied the production of empirical material. Analyzing the device and the photographic practice urges to avoid falling into the trap of a twofold illusion: the observer’s “neutrality” and the so called “transparent” reality. The type of camera used, the technical choices preceding the shooting and the relationship established between the photographer and the photographed person undoubtedly shape the material produced as much as the hypotheses of the investigator or the conditions of the encounter with the respondents. The constraints put on the photographer, whether practical, intellectual or moral, are by no means obstacles to knowledge. Photography can also open up opportunities for access to actors who are less willing to play the game of the inquiry as well as mitigate the asymmetry of the interviewer/respondent relationship. Above all, given that the production of images is always rooted in social relationships, the conscious or unconscious “staging”, which the photographer captures, can be seen as resources that actors may use to empower themselves. They are also clues to comprehend the ethos they employ in the social world. Thus, the framework of the encounter with the Yellow Vests and how the photographer is perceived are conducive to highlighting certain issues of the mobilization and certain invariants of the culture of the mobilized working classes: the quest for respectability, the priority given to collective life, the centrality of the family, or the value placed on of virility and physical strength.In opposition to certain photographic practice mystifications of, the article proceeds by considering that the construction of a corpus of relevant images depends perhaps less on the photographer’s abilities in the “field” than on his or her involvement in the work of editing, defined here as the phase of selecting, developing and organizing the images. Often overlooked, this part of the photographic work occupies a decisive place in the visual and sociological object’s construction. The confrontation with the whole material appears to be the privileged moment to become aware of the investigative relationship and of the preconceived notions that the photographer unwillingly mobilizes when scrutinizing the reality. The operations related to the choice and the development of the photographs are the occasion to invalidate or confirm hypotheses, to put forward new ones and to elaborate a “grammar” of the images potentially adjusted to the vision of the object, to the targeted public and to the work’s objectives. In this sense, the editing also recalls the aporia of the opposition between aesthetics and sociology. In order to deepen our knowledge of photographic practice’s determinations and to master the historical, aesthetic and academic unconscious that the “sociologist-photographer” inevitably mobilizes in his or her practice, the article concludes by advocating a sociology of sociologists, photographers and their audiences. </description>
      <pubDate>ven., 23 juil. 2021 16:24:37 +0200</pubDate>
      <lastBuildDate>lun., 23 août 2021 09:32:58 +0200</lastBuildDate>
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      <title>Gilets jaunes : la force des images</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=494</link>
      <description>L’arrivée récente des vidéos live, réalisées grâce aux smartphones puis diffusées en direct sur les réseaux sociaux marque une étape fondatrice dans les luttes populaires. Cette évolution technique, susceptible de faire des images de véritables armes, est concomitante de l’émergence du mouvement des gilets jaunes. Ainsi prend forme une coévolution sociale, technique, culturelle dont les images occupent le cœur.Parallèlement se déroule, au sein même du plan de l’image, une véritable bataille. Elle oppose d’un côté les vitrines brisées, les voitures et les poubelles incendiées ; de l’autre, les humiliations, les blessures et les mutilations humaines. Les images des caméras de surveillance, des drones et des caméras embarquées entrent en conflit avec la multitude active des vidéos amateurs distribuées sur les réseaux sociaux.Quelles qu’aient été leurs modalités de création, les images produites ont souvent été utilisées comme preuves, jouant, dans les scènes de violence, le rôle de témoin en faveur des uns ou des autres. Ces usages ont donné lieu à de multiples controverses, détournements et retournements. Le mouvement, défini par certains militants comme une « guerre contre les grands médias », ouvre la voie d’une prise de conscience collective d’une aptitude de tous à la création, la multiplication et la diffusion des images ; soit celle de l’émergence d’un nouveau pouvoir – celui des images – dont il serait désormais possible de s’emparer en toute lucidité. “Yellow Vests: The Power of Images”Live streaming, which has been popularized by means of smartphones and social media, represents a major landmark in social movements. This recent development, which transforms images into actual weapons, coincides with the emergence of the yellow vests movement. Thus, a social, technical, cultural co-evolution has taken shape, where images are central. At the same time, a battle is taking place within the image itself. It stages the opposition between, on one side, the shattered windows, the torched cars and garbage cans; on the other, humiliations, injuries and mutilations suffered by people. CCTV, drone and body camera footage collide with the multitude of amateur videos posted on social media.Regardless of their creative process, the images produced were often used as evidence, playing the role of testimonies in favor of either of the two sides. These uses have given rise to many controversies, reinterpretations, and inversions. The movement, defined by some as a “war on the mainstream media”, paves the way for a collective awareness of anyone’s ability to create, multiply, and disseminate images, that is to say the emergence of a new power – that of images – which one, from now on, could embrace with a clear conscience. </description>
      <pubDate>mer., 21 juil. 2021 21:50:59 +0200</pubDate>
      <lastBuildDate>jeu., 29 juil. 2021 22:34:31 +0200</lastBuildDate>
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      <title>La BD photographique, un objet de narration sensible pour documenter les prémices de la colère des gilets jaunes</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=300</link>
      <description>Vincent Jarousseau est photographe documentaire. Depuis plusieurs années, il a entrepris de s’installer dans différents territoires en déprise démographique et marqués par la désindustrialisation. À partir de l’automne 2016, ce travail de documentation l’a notamment mené à Denain, une petite ville du Nord parmi les plus pauvres de France, située à côté de Valenciennes. Pendant deux ans, il y a suivi le quotidien de plusieurs familles populaires. Il a voulu interroger la place de la mobilité dans leur vie. Pour mener à bien ce travail, il s’est associé au Forum Vies Mobiles qui l’a accompagné et soutenu dans sa démarche. Par ses observations, il a cherché à nuancer la représentation mécaniquement positive qui est faite de la mobilité dans le contexte du début du quinquennat d’Emmanuel Macron. Il en est sorti un livre, plus précisément une BD photographique, Les Racines de la colère, deux ans d’enquête dans une France qui n’est pas en marche (Paris, Les Arènes). Cet ouvrage sorti en mars 2019, quelques mois après le début du soulèvement des gilets jaunes, nous invite à nous départir d’une vision morale surplombante de la mobilité géographique. Il nous ouvre les yeux sur l’espace de celles et ceux qui vivent pleinement les tensions et les risques du marché du travail. “The Photographic Comic Book, a Sensitive Narrative Object to Document the Presages of the Yellow Vests’ Anger”Vincent Jarousseau is a documentary photographer. For several years, he has taken on to exploring various territories in decline demographically and marked by deindustrialization. Starting in the autumn of 2016, his documentation work has led him to Denain, a small town in the North of France, one of the poorest in the country and located near Valenciennes. For two years, he followed the daily life of several working-class families who lived there. He intended to question the place of mobility in the lives of these families. To carry out this work, he joined the Forum Vies Mobiles, which accompanied and supported him in his work. Through his observations, he sought to nuance the mechanically positive representation of mobility in the context of the beginning of Emmanuel Macron’s five-year term. The result was a book, a photographic comic book to be precise, Les Racines de la colère (“Roots of Wrath”): it presents his two-year investigation in the France that does not “move forward”. This volume, published in March 2019, a few months after the beginning of the yellow vests’ uprising, invites to relinquish the moral vision overhanging geographical mobility. It is eye-opening regarding the territories of those whose lives are fully ensnared in the tensions and risks of the labour market.  </description>
      <pubDate>lun., 14 déc. 2020 12:38:13 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>mer., 16 déc. 2020 14:23:36 +0100</lastBuildDate>
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