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    <title>catégories populaires du politique</title>
    <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=282</link>
    <description>Entrées d’index</description>
    <language>fr</language>
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      <title>Lorsque les “sans-parts” se rallient au “pouvoir vivre”. Ethnographie des associations des gilets jaunes sur les ronds-points de l’Oise</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=237</link>
      <description>Vaste mouvement de reprise de parole de la société, le soulèvement des gilets jaunes s’est accompagné d’une situation de déprise intellectuelle des sciences sociales. Inédit dans ses formes comme dans sa durée, ce soulèvement fut abondement décrit à partir des catégories préconstruites du populisme, ou comme une simple expression des rapports sociaux, alors que le dépassement des catégories idéologiques préétablies et des valeurs préalablement distribuées dans l’espace politique constituait une des propriétés émergentes de ce mouvement. Dans ce contexte, l’article décrit les ronds-points de l’Oise comme un soulèvement des « sans-parts », c’est-à-dire de ceux dont les voix et les actes étaient devenus inaudibles dans l’espace public. Sociologiquement fluide, trans-sectoriel et transcatégoriel, le mouvement y est décrit sous l’angle d’une redéfinition du corps social, en ce sens que les statuts préalablement distribués, qui légitimaient la domination se sont trouvés contestés par un « être ensemble » dont le sens réside dans une prise de conscience de la part des gilets jaunes de leur condition d’invisibles et d’inaudibles, une condition partagée consistant à faire partie de « ceux qui ne sont rien ». Cette redéfinition étaye l’hypothèse d’une resocialisation du politique, dans la mesure où la situation de reprise de parole et d’affrontement autour de la taxe carbone a créé les conditions sociologiques d’un surgissement de la politique, autant que d’une forme d’autonomie citoyenne se revendiquant comme résolument inclassable et délibérément irrécupérable.La description de trois ronds-points du département de l’Oise (Senlis, Beauvais et Bois de Lihus) saisis dans la chronologie du soulèvement et envisagés dans le passage de « construits » – représentés par l’agrégation d’individus se soulevant dans des ralliements – à des « ensembles populationnels cohérents » – associations s’identifiant à un rond-point (ou une assemblée) –, donne à voir le sens politique du rond-point. L’ethnographie des ralliements à Senlis décrit l’enchâssement des répertoires de mobilisation et d’action dans le quotidien des gilets jaunes. Couramment associés aux formes de résistance intériorisées, ces répertoires sont devenus, de façon inédite, dans le partage des expériences, des ralliements et des ronds-points, les énoncés d’un affrontement et d’une révolte extériorisée, autrement dit, de possibles politiques. En ce sens, le partage des vies sur les ronds-points éclaire les modalités d’une resocialisation du politique à partir de catégories de sens commun (« la famille », « la fraternité »). Puisant dans le quotidien et dans les relations résonnantes, ces catégories ont forgé des valeurs partagées sur les ronds-points, une scène commune émancipée des cadres politiques préexistants. Dans la durée, ces valeurs ont coalisé des « ensembles populationnels cohérents », comme le montre l’histoire d’Allonne (deuxième exemple), où le sens politique résulte autant des sociabilités construites sur les ronds-points que d’une réflexivité sur les énoncés politiques des gilets jaunes. Plus avant, elles forment le socle à partir duquel ont émergé des revendications inclusives sur le « pouvoir vivre », qui rassemblent à la fois des exigences sociales, l’exercice du droit à une expression citoyenne et l’exigence d’un « contre-pouvoir ». Enfin, le rond-point du Bois de Lihus (troisième exemple) esquisse une expérimentation sociale et politique qui prend sa source dans la revendication initiale de « dignité » des gilets jaunes. La description de l’organisation quotidienne du rond-point montre que la reprise de parole, comme principe inclusif du mouvement, a pu prendre des modalités multiples. La reconnaissance en acte de l’utilité sociale de chacun explique, d’une certaine manière, l’absence de participation des gilets de l’Oise aux pratiques d’assemblée. Ces trois exemples mettent en lumière différents modes de subjectivation des frontières politiques observés dans le mouvement des ronds-points. “When the ‘Sans-Parts’ rally Behind the ‘Living Power’. Ethnography of the Yellow Vests Associations on the ‘Round-Abouts’ in the Oise district”Being a powerful movement for society to take back the floor, the uprising of the Yellow Vests has underlined the intellectual shortcomings of the social sciences. Unprecedented in its forms as in its duration, this uprising was abundantly described by means of pre-constructed categories of populism, or as a mere expression of “social relations”, whereas the overcoming the pre-established ideological categories and the values ​​previously distributed in the political space were two of the emerging features of the movement.In this context, the article describes the “round-abouts” in the Oise district as an uprising of the “Sans-parts” (“Those Who Have No-Part”), i.e. those whose voices and actions had become inaudible in the public space. Sociologically fluid, trans-sectorial and trans-categorial, the movement is presented through the prism of a redefinition of the social order, in the sense that the social statuses, which legitimized domination, have been challenged by the Yellow Vests “being together” which has entailed that in a fresh consciounsness of their condition of being invisible and inaudible, of belonging to “those who are nothing”. This redefinition upholds the hypothesis of a re-socialization of politics insofar as the situation of taking back the floor and the confrontation arising around the carbon tax created the sociological conditions for the emergence of politics as much as a form of citizen autonomy proclaiming to be unclassifiable and radically impossible to reclaim by other political movements.Set the chronological unfolding of the uprising, evidence of the political meaning is provided by the presentation of three round-abouts in the district of Oise (Senlis, Beauvais and the Bois de Lihus), described through the process of “constructions”, ranging from the aggregation of individuals revolting in rallies, to “coherent population groups” – associations identifying themselves with one round-about (or an assembly). The ethnography of the rallying in Senlis describes the embedding of the “repertoires” of mobilizations and actions in the daily life of the Yellow Vests. Commonly associated with forms of interiorized resistance, these “repertoires” have, quite unprecedentedly, been turned, by the sharing of experiences, of rallies and on the roundabouts, into statements of an open confrontation and of an externalized riot. In this sense, the sharing of personal experiences on roundabouts sheds light on the modalities of a re-socialization of politics from categories of common sense (“family”, “fraternity”). Drawing on everyday life and resonating relationships, these categories forged shared values ​​on the “round-about”, a common scene freed from pre-existing political and ideological frameworks. Over time, these values ​​have united “coherent population groups”, as the story of Allonne shows (second example), where the political sense results as much from the sociality built on the round-about as from a reflexivity on the political statements of the Yellow Vests. Furthermore, they form the basis from which inclusive demands of “living power” have emerged, which refer to social demands, citizens’ rights to expression and the demand for “counter power”. Finally, Bois de Lihus (third example) outlines a social and political experiment that has its source in the initial demand for “dignity” expressed by the Yellow Vests. The description of the daily organization of the roundabout shows that taking back the floor, as an inclusive principle of the movement, has taken on many forms. Recognition in action of the social usefulness of all members accounts, in a way, for the lack of participation of these Yellow Vest in assembly practices. In doing so, these three examples highlight different modes of subjectivation of political boundaries observed in the movement. </description>
      <pubDate>lun., 30 nov. 2020 21:42:52 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>mer., 16 déc. 2020 15:14:26 +0100</lastBuildDate>
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