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    <title>migration</title>
    <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=185</link>
    <description>Termini dell'indice</description>
    <language>fr</language>
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      <title>Se professionnaliser dans l’exil par la musique. Le cas d’un musicien de l’orchestre Orpheus XXI (Jordi Savall)</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1041</link>
      <description>Orpheus XXI est un orchestre créé par le chef d’orchestre et gambiste catalan Jordi Savall en 2016 grâce à une subvention du programme Europe Créative de l’Union européenne. Cet orchestre s’adresse à des musiciens et musiciennes en situation de migration. Il leur permet de continuer à exercer leur métier d’interprète dans l’exil, et de l’enrichir par une activité de transmission auprès de jeunes et d’enfants rencontrés à l’occasion d’ateliers pédagogiques. Ces ateliers fonctionnent comme des instances de transmission des répertoires musicaux dont ces artistes sont les maîtres. Le projet s’est implanté en France, en Espagne (Catalogne) et en Norvège, de 2016 à 2018. Depuis 2018, des ateliers pédagogiques se développent en Allemagne (Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, NRW) sous le nom d’Orpheus XXI NRW.Cet article étudie le parcours, la biographie et la carrière d’un musicien réfugié de l’orchestre Orpheus XXI NRW, Azad Helez. Ces trois notions sont des outils pour tenter de mettre à jour la manière dont les institutions qu’il rencontre en Allemagne traitent la question de l’altérité. Le parcours s’intéresse aux chemins qu’une personne emprunte dans les espaces privés ou publics qui font la trame de son existence et aux environnements (professionnel, personnel, familial, institutionnel) qu’elle traverse. Cette notion permet de prendre en compte la capacité d’agir du musicien. La carrière ne vise que le monde du travail et analyse le trajet d’une personne dans ce monde. La biographie est la construction d’un récit, l’instauration d’une continuité après coup par la réflexivité de l’acteur à destination d’un public. Il s’agit d’observer, d’une part, comment Azad s’ajuste aux dispositifs de sa société d’accueil et, d’autre part, comment les dispositifs structuraux appréhendent la musique : comme un outil culturel pour la société ? Comme un outil d’inclusion pour les personnes en situation de migration ? Une approche biographique permet de prendre en compte cette articulation entre l’échelle individuelle et les échelles institutionnelles.À partir d’un terrain ethnographique mené auprès de ce musicien, cet article aborde la question du rôle joué par la musique dans la manière dont une personne en situation de migration peut élaborer une carrière professionnelle dans son pays d’accueil. Azad se professionnalise par la musique tout au long de son parcours depuis le Kurdistan syrien et dans son pays d’accueil, l’Allemagne. Comment la musique peut-elle être un vecteur d’inclusion pour des personnes en situation de migration forcée ? En construisant sa biographie – son enfance, l’apprentissage de la musique, les étapes de son exil – et en analysant la façon dont il conduit son existence en Allemagne, nous pouvons faire apparaître les processus qui amènent Azad à développer aujourd’hui ses activités musiciennes, et à faire de la musique un outil d’inclusion professionnelle, dans une tension constante entre intérêts professionnels et préoccupations personnelles pour sa famille proche.Car tout au long de son parcours d’exil, Azad devient musicien. Il enseigne la musique, compose, réalise des projets, participe aux ateliers pédagogiques d’Orpheus XXI NRW, et à ses concerts, joue par ailleurs dans plusieurs groupes. Il reçoit différentes preuves de la reconnaissance de ses pairs, qui lui permettent d’accéder au statut de musicien. Il s’engage dans une pratique musicienne qu’il veut de qualité, et considère aussi ses compétences comme une source de revenus. Il entre en contact avec des dispositifs musicaux sur lesquels il peut s’appuyer, comme l’ensemble Orpheus XXI NRW et la Landesmusikakademie de Cologne où il est en situation d’apprentissage, ainsi que la Musikschule de Bochum et le magasin Salar Music où il enseigne à son tour. Dans le cas d’Azad, la professionnalisation par la musique est un vecteur d’inclusion sociale autant que professionnelle en Allemagne, dans le Land de NRW. D’un autre côté, Azad se heurte à l’instabilité du métier de musicien qui l’amène à réfléchir à d’autres possibilités professionnelles et à renouer avec ses intérêts passés. “Professionalization in Exile through Music. The Case of a Musician in the Orchestra Orpheus XXI (Jordi Savall)”Orpheus XXI is an orchestra founded by Catalan conductor and gambist Jordi Savall in 2016 upon receiving a grant from the European Union’s Creative Europe programme. The orchestra targets migrant musicians. It allows them to continue to practice their profession as performers in exile and they are also mobilized in the framework of workshops where they teach to children and teenagers. These workshops are places of transmission of musical repertoires of which these artists are the masters. The project was implemented in France, Spain (Catalonia) and Norway from 2016 to 2018. Since 2018, pedagogical workshops have spread into Germany under the name Orpheus XXI NRW.This article examines the life course (parcours), biography and career of a refugee musician playing with the Orpheus XXI NRW orchestra, Azad Helez. The three notions evoked above are tools meant to uncover how the German institutions he evolves in deal with the question of alterity. The life course (parcours) pertains to the paths that the person takes in the private or public spaces that make up his or her existence, as well as the environments (professional, personal, familial, institutional) that he or she encounters. The musician’s agency is thus highlighted. The career focuses solely on the work environment and analyses a person’s path within this world. The biography is the construction of a narrative, the establishment of continuity a posteriori by the actor’s reflexivity, for an audience. The issues are thus to observe, on the one hand, how Azad adjusts to the structures of his host society, and on the other hand, how the structures apprehend music: as a cultural device at the service of society? as a device for the inclusion of people who find themselves in a situation of migration? A biographical approach allows us to take into account this articulation between the individual and institutional scales.Based on an ethnographic fieldwork conducted with this musician, this article addresses the role of music in the way a migrant person can build a professional career in his host country. Azad engages in professionalization through music in the different stages of his journey from Syrian Kurdistan to his host country Germany. How can music be a vector of inclusion for people in a situation of forced migration? By constructing his biography – his childhood, the learning of music, the different stages of his exile – and by analysing the way he leads his life in Germany, we can uncover the processes accounting for Azad’s conducting his musical activities today, and for making music a tool for professional inclusion, in a constant tension between professional interests and personal concerns for his family.Indeed, throughout his exile, Azad arises as a musician. He teaches music, composes, carries out projects, participates in the workshops of Orpheus XXI NRW with whom he gives concerts, plays in several ensembles. His peers offer him recognition, which allows him to achieve the status of musician. He is committed to practising highly quality music, and views his skills as a source of income. He engages with musical structures on which he can rely, such as the Orpheus XXI NRW ensemble and the Landesmusikakademie in Cologne, where he has the status of a learner; the Musikschule in Bochum and the Salar Music shop, where he is a teacher. In the case of Azad, professionalization through music is a vector for social and professional inclusion in Germany, in the land of NRW. On the other hand, Azad is confronted with the instability of the profession of musician, which prompts him to ponder over following alternative careers and to rekindle past interests. </description>
      <pubDate>jeu., 15 juin 2023 17:59:40 +0200</pubDate>
      <lastBuildDate>mar., 18 juil. 2023 21:50:08 +0200</lastBuildDate>
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      <title>D’Atacama au Sonora : assemblages d’une inquiétante étrangeté</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=760</link>
      <description>Cet article décrit le désert de Sonora au Mexique comme un lieu-assemblage de mort et de disparition qui peut être caractérisé par la notion freudienne d’inquiétante étrangeté (« unheimlich ») puisque c’est un lieu où le banal et le quotidien coexistent avec une violence extrême. Pour décrire ce désert du côté mexicain, j’ai procédé par une comparaison contrastive présentant le désert d’Atacama et le désert de Sonora, en Arizona, comme deux lieux désertiques et frontaliers semblables au désert de Sonora mexicain : des lieux de mort et de disparition dans le présent et dans le passé. Néanmoins, le désert mexicain a la particularité d’être un lieu où s’imbriquent, de manière accrue, différentes modalités de souveraineté et de pouvoir : celles de l’État, avec ses institutions et ses forces de l’ordre et celles des mafias avec leurs tueurs à gages et contingents, qui ne sont pas moins armées, si ce n’est plus, que l’armée régulière. Un lieu où les pouvoirs économiques, légaux et illégaux, sont difficiles à séparer des pouvoirs politiques. Dans cet assemblage de pouvoirs économiques et politiques se produisent la mort et la disparition d’un grand nombre de personnes, pour la plupart jeunes et pas très fortunées. Celui qui vend de la drogue, celui qui l’achète, celui qui connaît quelqu’un qui en vend, un tueur à gage, une jeune fille achetant des légumes au marché, un garçon en plein milieu d’une fête familiale, un jeune en week-end avec des amis. J’avance que ce lieu, comme assemblage, participe de la production et reproduction de la mort et de la disparition en grand nombre, constituant un paysage politique mortifère (nécropolitique), mais aussi un paysage familier où se tissent, tant bien que mal bien, les vies de ceux et celle qui l’habitent.Mes descriptions se basent sur des observations et entretiens réalisés lors de trois séjours de recherche et de volontariat dans deux associations différentes au Sonora (Colibrí Center for Humain Rights à Tucson et Centro comunitario para ayuda a migrante, CCAM, à Caborca, Mexique) entre 2017 et 2019, sur d’autres entretiens réalisés durant l’année 2020 auprès des familles des personnes disparues au Sonora-Mexique et sur du matériel documentaire collecté sur place ou sur Internet. “From Atacama to Sonora: Uncanny Assemblages” This article describes the Sonora Desert in Mexico as an assemblage-locus of deaths and disappearances that can be characterized with the Freudian notion of the uncanny (“unheimlich”), since it is a place where the mundane and the commonplace coexist along with an extraordinarily extreme violence. To describe this desert from the Mexican side, I resorted to a contrastive comparison presenting the Atacama Desert and the Sonoran Desert, in Arizona, USA, as two deserts and border areas that bear a “family resemblance” with the Mexican Sonora Desert: places of deaths and disappearances in the present and in the past. Nevertheless, the Mexican desert has the peculiarity of being a place where different modalities of sovereignty and power intertwine more acutely: that of the State, with its institutions and law enforcement, and that of the mafias with their hitmen and mercenaries who are no less, if not more, armed than the regular army. A place where it is tricky to disentangle legal and illegal economic powers from political ones. In this meshwork of economic and political powers, a large number of people, mostly young and not quite well-off, die and disappear. One who sells the drugs, one who buys it, one who knows someone who sells it, a hitman, a girl buying vegetables at the market, a boy in the middle of a family party, a youth enjoying a weekend with friends. I argue that this place, as an assemblage, participates in the production and reproduction of death and disappearance in large numbers, constituting a deathly political landscape (necropolitics) but also a familiar landscape where the lives of those who inhabit there are, somehow, interwoven together.My descriptions are based on observations and interviews conducted on occasion of three fieldworks in two different associations in Sonora (Colibrí, Center for Human Rights in Tucson and Centro Comunitario de ayuda al migrante- CCAM, in Caborca, Mexico) between 2017 and 2019, interviews conducted during 2020 with families of the disappeared in Sonora-Mexico and documentary material collected on site and through the internet. «De Atacama a Sonora: ensamblajes de una inquietante extrañeza» Este artículo describe el desierto de Sonora, en México, como un lugar-ensamblaje de muerte y desaparición que puede ser caracterizado por la noción freudiana inquietante extrañeza («unheimlich»), ya que es un lugar donde lo banal y lo cotidiano conviven con la violencia extrema. Para describir este desierto desde el lado mexicano, procedí a una comparación contrastiva presentando el desierto de Atacama y el desierto de Sonora en Arizona como dos lugares desérticos y fronterizos que se asemejan al desierto de Sonora mexicano: lugares de muerte y desaparición en el presente y en el pasado. Sin embargo, el desierto mexicano tiene la particularidad de ser un lugar donde se entrecruzan de manera creciente diferentes modalidades de soberanía y poder: las del Estado, con sus instituciones y sus diferentes cuerpos armados, y las de las mafias con sus sicarios y contingentes, que no están menos armados, si no más, que el ejército regular. Un lugar donde los poderes económicos, legales e ilegales, son difíciles de separar de los poderes políticos. En esta combinación de poderes económicos y políticos, muchas personas, en su mayoría jóvenes y no muy adineradas, mueren y desaparecen. La persona que vende drogas, la persona que compra drogas, la persona que conoce a alguien que vende drogas, un sicario, una chica comprando verduras en el mercado, un chico en medio de una fiesta familiar, un joven en un fin de semana con amigos. Argumento que este lugar, como ensamblaje, participa en la producción y reproducción de la muerte y la desaparición en masa, constituyendo un paisaje político necropolítico, pero también un paisaje familiar donde se entretejen las vidas de quienes lo habitan, además de mal.Mis descripciones se basan en observaciones y entrevistas realizadas durante tres estancias de investigación y voluntariado en dos asociaciones diferentes de Sonora (Centro Colibrí de Derechos Humanos en Tucson y Centro comunitario para ayuda al migrante, CCAM, en Caborca, México) entre 2017 y 2019, en entrevistas realizadas durante el año 2020 con familiares de desaparecidos en Sonora-México, y en material documental recogido in situ o en Internet.  </description>
      <pubDate>mar., 15 mars 2022 22:54:51 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>ven., 18 mars 2022 12:20:37 +0100</lastBuildDate>
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      <title>Fabricar a personas ilegales por medio de la ley</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=122</link>
      <description>En este artículo se explican las diferentes situaciones que ocurren en torno a los demandantes de asilo y refugio en la frontera de México con Estados Unidos. Gracias a un trabajo de campo etnográfico desarrollado en Tijuana en el año 2019 muestro cómo, migrantes y demandantes de protección internacional de distintos países y diversas experiencias, una vez llegados a la frontera, deben enfrentar todo un sistema político y legal antiinmigrante que se ha construido para frenarlos, expulsarlos o confinarlos.Para contextualizar el estudio, el artículo describe la forma en que se ha venido transformando esta región desde los años noventa, mediante la creación de leyes y de infraestructura para reforzar las fronteras y los mecanismos de vigilancia sobre los migrantes. Esta tendencia histórica de cambios, ha provocado la ilegalización de las personas migrantes y su criminalización junto a la de defensores y activistas. Debido a esto, es cada vez más difícil obtener un estatus legal con lo cual la ley se ha transformado en el elemento central y determinante de sus trayectorias y de sus planes migratorios. Luego de estos antecedentes, el artículo revisa con detalle los recientes cambios en las políticas de control migratorio tanto de Estados Unidos como de México, donde en la actualidad los temas de refugio y asilo han llegado a dominar la agenda migratoria. El estudio se detiene en esta parte sobre el sistema de listas que se utilizan en la frontera donde los demandantes de protección internacional se anotan y deben por ello, esperar en México su turno para una cita con un oficial de migración de Estados Unidos. Durante el tiempo de espera, los demandantes de asilo preparan su cita para la Corte de Inmigración en Estados Unidos, ayudados por los defensores de derechos humanos de ambos países, quienes buscan que los migrantes tengan éxito en un sistema que ha sido construido para excluirlos y frenarlos en su intento por llegar a tener un estatus legal. En algunos casos, los defensores recomiendan no solicitar la protección internacional en Estados Unidos cuando consideran que el caso no podrá ser ganado en la corte y aconsejan, entonces, que los migrantes soliciten su condición de refugiado en México.Debido a todos estos cambios, México se ha transformado en la frontera externa de Estados Unidos, cumpliendo su papel como país que debe frenar las migraciones hacia el norte, tal como ocurre en otros continentes y regiones del mundo, como es el caso de Marruecos, Libia y Turquía para las fronteras de Europa.Ayudado de testimonios de activistas, defensores y de migrantes, el artículo explica las estrategias que ellos siguen para hacer frente a las restricciones que la ley y las decisiones políticas les han impuesto. Se describen cinco estrategias seguidas por los migrantes, lo cual demuestra que ellos en ningún caso son sólo víctimas pasivas de esta situación. Contrario a ello, los migrantes actúan, crean alianzas y buscan estrategias con lo cual transforman la frontera en un lugar en constante reconfiguración.El estudio comprueba que la ley ocupa un lugar central en la matriz de exclusión de las personas migrantes. Lejos de ser algo natural y obvio, la ley crea el delito y al hacerlo, transforma a personas en ilegales. La ilegalidad, en este sentido, es una forma de gubernamentalidad que constriñe y limita el proyecto migratorio de cada persona. De acuerdo a lo observado en campo, tendrán éxito en sus procesos de solicitud de protección internacional aquellas personas con más recursos económicos, con familiares que puedan pagar abogados y tramites en Estados Unidos. De esta manera, la ilegalidad migrante es una forma de segregación por medio del estatus legal de las personas y por su lugar de nacimiento. En este sentido, la discriminación y segregación que experimentan las personas por su estatus legal, se une a sus experiencias de pobreza y racismo. En nombre de la seguridad y el orden, el control migratorio de los Estados multiplica sus arbitrariedades y violencias, las cuales llegan a estar inmersas en regímenes que son, paradójicamente, jurídicos e ilegales al mismo tiempo. En una reflexión final, el artículo demuestra que lejos de la imagen de Hobbes de un Estado que se construye a partir de un pacto social para brindar seguridad a los ciudadanos, el gobierno de las migraciones opera mediante la inseguridad económica, política y por sobretodo legal. « Fabriquer des personnes illégales par la loi. Le gouvernement des migrations à la frontière du Mexique avec les États-Unis »Cet article se propose d’expliquer les différentes situations des demandeurs d’asile et des réfugiés à la frontière du Mexique avec les États-Unis. Grâce à un terrain ethnographique mené à Tijuana au cours de l’année 2019, il montre comment, une fois parvenus à la frontière, les migrants et les demandeurs de protection internationale originaires de différents pays et aux expériences plurielles, s’affrontent à un système politique et légal anti-immigration qui s’est construit pour les freiner, les expulser et les confiner.Afin de contextualiser l’étude, l’article décrit la manière dont s’est transformée cette région depuis les années 1990, avec la création de lois et d’infrastructures visant à renforcer les frontières et les mécanismes de vigilance envers les personnes en situation de migration. La tendance historique à l’origine de ces changements a provoqué l’illégalisation et la criminalisation de ces personnes, ainsi que celles de leurs avocats et des militants pour les droits humains. La situation actuelle rend de plus en plus difficile l’obtention d’un statut légal, c’est pourquoi la loi devient l’élément central et déterminant des trajectoires et plans migratoires. Sont ensuite détaillés les changements récents des politiques de contrôle migratoire des États-Unis et du Mexique, où les thèmes du refuge et de l’asile dominent aujourd’hui l’agenda migratoire. L’étude se penche ici sur le système de listes utilisé à la frontière : les demandeurs de protection internationale s’y inscrivent au Mexique et attendent leur tour pour un rendez-vous avec un agent de l’immigration états-unien. Pendant l’attente, les demandeurs d’asile préparent leur rendez-vous auprès du tribunal de l’Immigration des États-Unis avec l’aide de défenseurs des droits humains des deux pays, qui font leur possible pour que les migrants obtiennent gain de cause, dans un système construit pour les exclure et les freiner dans leur tentative d’obtention d’un statut légal. Quand ils considèrent qu’un cas ne pourra pas trouver d’issue favorable auprès de la cour, les défenseurs recommandent de ne pas solliciter la protection internationale aux États-Unis, mais le statut de réfugié au Mexique.Tous ces changements ont transformé le Mexique, devenu la frontière externe des États-Unis, et qui fait office de pays chargé de freiner les migrations vers le nord, comme c’est le cas dans d’autres régions du monde, par exemple au Maroc, en Lybie, en Turquie, aux frontières de l’Europe.En s’appuyant sur les témoignages de militants, défenseurs des droits humains et migrants, l’article explique ensuite les stratégies permettant d’affronter les restrictions imposées par la loi et les décisions politiques. Cinq stratégies suivies par les migrants sont ici décrites, démontrant qu’ils ne sont en aucun cas des victimes passives de cette situation. Bien au contraire, ils agissent, créent des alliances et élaborent des stratégies, par lesquelles ils transforment la frontière et en font un lieu en constante reconfiguration.L’étude confirme que la loi occupe une place centrale dans la matrice d’exclusion des migrants. Loin de suivre un processus naturel et évident, la loi créé le délit et, ce faisant, transforme les migrants en “illégaux”. En ce sens, l’illégalité est une forme de gouvernementalité qui contraint et limite le projet migratoire de chacun. D’après les observations sur le terrain, les personnes dont les demandes de protection internationale aboutissent sont généralement celles qui bénéficient de ressources, grâce à leur famille, qui peut payer les avocats et les démarches aux États-Unis. Ainsi, l’illégalité des migrants est une forme de ségrégation qui s’appuie sur le statut légal des personnes et leur lieu de naissance. La discrimination et la ségrégation que subissent les migrants en raison de leur statut légal s’ajoutent à la pauvreté et au racisme dont ils font l’expérience. Au nom de la sécurité et de l’ordre, le contrôle migratoire des États multiplie les arbitrages et les violences légales, immergeant les migrants dans des régimes qui sont à la fois – et non sans paradoxe – juridiques et illégaux. Enfin, cet article fait apparaître que, loin d’une image hobbesienne de l’État, qui se fonde sur un pacte social permettant d’offrir de la sécurité aux citoyens, le gouvernement des migrations fait régner l’insécurité économique, politique et surtout légale. “Making Illegal People By Means of the Law. The government of Migration on the United States-Mexico Border”This article discusses the various difficulties faced by asylum seekers and refugees along the border between Mexico and the United States. Thanks to ethnographic field work undertaken in Tijuana in 2019, I show that once they have reached the border seeking international protection, migrants and asylum seekers, from different countries and diverse experiences, must face an entire anti-immigrant political and legal system aimed to stop, expel, or confine them.To provide a context for the study, this article describes how this region has been transformed since the 1990s through the passing of laws and the construction of infrastructure in order to strengthen borders and migrant-surveillance mechanisms. These changes have made it increasingly difficult to obtain legal status, thus forcing migrant lives to be largely determined and constrained by laws. Laws, in this sense, have become the central and defining that migrants factor in for their plans and their decision making.These relentless changes have led to the illegalization and criminalization of migrants, similarly affecting human rights advocates and activists. Against this backdrop, the paper then details the recent changes in migration-control policies in both the United States and Mexico, where issues of refuge and asylum now dominate the migration agenda. It further explains the method of compiling lists at the border where international protection seekers sign up and must then wait their turn in Mexico for an appointment with a U.S. immigration official. During the waiting period, asylum seekers prepare their appointment with the Immigration Court in the United States, assisted by human rights advocates from both countries who seek to ensure that migrants achieve their objective in a system that has been built to exclude them and hamper their attempts to gain legal status. In some cases, activists recommend not applying for international protection in the United States when they believe the case cannot be won in court, and thus advise migrants to apply for refugee status in Mexico.Due to these changes, Mexico has become the external border of the United States, fulfilling its role as a country that must halt northward migration, similar to what occurs in other continents and regions of the world, for example, in Morocco, Libya, and Turkey vis-à-vis European borders.Drawing on testimonies, I discuss the strategies that activists, advocates, and migrants follow to address the restrictions enacted through laws and political decisions. Migrants follow five strategies, demonstrating that they are by no means only passive victims of their situation. On the contrary, migrants make decisions, create alliances, and seek strategies that constantly reconfigure the border.This paper demonstrates that laws are at the heart of migrant-based exclusion. Far from being something natural and obvious, laws create the crimes and, in so doing, transform people into illegals. Illegality, in this sense, is a form of governmentality that constrains and limits each individual’s migratory aspirations. My field observations confirm that people with more resources, with family members who can pay for lawyers and procedures in the United States, will be more successful in their application processes for international protection. Thus, immigration illegality is a form of segregation exercised through rulings on people’s legal status and place of birth. Unfortunately, the discrimination and segregation that people experience because of their legal status is reinforced by their poverty and the racism they encounter. In the name of security and order, governments’ migration controls display multiple facets of arbitrariness and violence, which are often embedded in strong legal regimes that can be quite illegal at the same time. In a final reflection, it will be underscored that, far from Hobbes’ image of a state built on the foundations of a social pact geared to providing security to its citizens, migration is governed by economic, political and, above all, legal insecurity. </description>
      <pubDate>mer., 18 nov. 2020 23:14:59 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>mar., 15 déc. 2020 23:22:44 +0100</lastBuildDate>
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