<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0">
  <channel>
    <title>masculinities</title>
    <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1366</link>
    <description>Entrées d’index</description>
    <language>fr</language>
    <ttl>0</ttl>
    <item>
      <title>La plantation selon ses pionniers. Construire et défendre l’ordre agrobiopolitique entre le Brésil et le Paraguay</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1508</link>
      <description>Cet article analyse l’ordre social et agronomique promu par les propriétaires des plantations de soja du Mato Grosso du Sud et leurs relations avec les autochtones kaiowa e guarani qui y vivent. Comprise comme un ordre agronomique de simplification et d’homogénéisation du vivant, la plantation est également une forme spatiotemporelle d’organisation de la production. En tant que concept analytique, elle permet de penser simultanément les conditions écologiques et l’organisation sociale genrée et racialisante qui relègue les populations autochtones à la marge. Cet article propose ainsi de penser les liens entre l’agronomie et un projet sociopolitique où les valeurs masculines héritées des idéaux pionniers produisent une extrême violence. La plantation transfrontalière est marquée par de lourds conflits fonciers liés à la superposition des droits de propriété et du droit territorial des autochtones guarani, contraints de s’installer sur les plantations de soja au risque de violentes représailles. Face à l’impossibilité d’ethnographier les conflits ou la violence, et au refus des propriétaires de communiquer à propos des représentations qu’ils se font des autochtones, cet article souhaite faire de cette contrainte une proposition épistémologique. Son hypothèse centrale est qu’en s’entretenant avec les producteurs à propos de leurs pratiques agronomiques, il doit être possible d’obtenir des renseignements sur leurs représentations sociales. L’ethnographie de ces pratiques, assortie d’entretiens portant sur les choix techniques et sur les trajectoires biographiques, a été complétée par une revue de la littérature locale produite par les pionniers au cours du processus de colonisation brésilienne. À ces documents s’ajoute l’analyse d’un rapport d’enquête du parlement brésilien datant de 2017. Menée auprès des producteurs de cette région, l’enquête donne à entendre les craintes que leur inspirent les autochtones. Ces matériaux hétérogènes permettent de mettre au jour l’ordre social de la plantation, qui repose sur des valeurs pionnières, masculines et bellicistes. La présence guarani est vécue par les producteurs comme une « invasion » faisant peser sur la production agricole une « insécurité juridique ». L’analyse de ces discours ‒ aux tendances victimaires et violentes ‒ et de ceux qui portent sur l’ordre agrobiopolitique, fondé sur la défense de la plantation contre les nuisibles, révèle leurs similitudes et parfois leur confusion. “Pioneers’ Views on the Plantation. Building and Upholding the Agro-Biopolitical Order Between Brazil and Paraguay”This article analyses the masculine construction of soy plantation actors operating between Brazil and Paraguay and their relations with Indigenous Kaiowa e Guarani. This article understands the plantation both as an agronomic order of simplification and homogenization of living organisms, and as a spatio-temporal framework where production is carried out. As an analytical concept, the plantation allows to embrace both its ecological conditions and the gendered, racializing social organization that marginalizes the indigenous populations. This paper explores the links between agronomy and the social and political project in which masculine values inherited from pioneering ideals account for to the extreme brutality observed in the plantation. Cross-border plantations are marked by bitter conflicts around land linked to the overlapping ownership rights of soybean producers and the territorial rights of the Guarani indigenous people, who are forced to settle on the farms, running thus the risk of brutal retaliation. Given the impossibility of ethnography of conflicts or violence, and the refusal of landowners to share their representations of indigenous people, this article proposes to revamp this constraint into an epistemological opportunity. The hypothesis is grounded in the idea that by talking to producers and agronomists of their agronomic practices, one could gather information regarding their social representations. Material collected through the ethnography of agronomic practices, combined with interviews on technical choices and biographical trajectories, was supplemented by a review of the local literature of pioneers and settlers. In addition, I scrutinize a parliamentary inquiry report compiled in Brazil among producers of the South Mato Grosso state in 2017. It offers glimpses into their fears aroused by indigenous people. This heterogeneous material reveals the plantation’s masculine social order, based on pioneering, masculine and war-mongering values. The Guarani presence is perceived by soy producers as a threat in which the natives are “invaders” of the plantation, thus entailing “legal insecurity” to agricultural production. By comparing this social order with the agronomic order, meant to protect the plantation against pests, the collusion between these orders, even their confusion sometimes, is enlightened. </description>
      <pubDate>mer., 29 janv. 2025 17:16:45 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>mer., 29 janv. 2025 17:16:45 +0100</lastBuildDate>
      <guid isPermaLink="true">http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1508</guid>
    </item>
  </channel>
</rss>