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    <title>écologie</title>
    <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1325</link>
    <description>Termini dell'indice</description>
    <language>fr</language>
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    <item>
      <title>Contre la fin : esquisse d’une politique préfigurative restitutionniste chez des militantes « alterféministes » (France, 2013-2018) </title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1507</link>
      <description>À rebours de l’idée selon laquelle le catastrophisme est dépolitisant, cet article interroge la manière dont l’annonce et l’expérience de la fin, associées ici à la catastrophe écologique, engendrent un processus de création politique. Il montre que l’« inquiétude environnementale » qui accompagne les changements écologiques révèle une politisation des questions de genre irréductible au progressisme. En effet, les corps ne sont pas affectés indifféremment par la « contamination du monde ». D’une part, l’expérience corporelle, vécue ou présumée à venir, des conséquences d’expositions aux polluants, remet en question la dimension émancipatrice de la technique ; d’autre part, les évolutions technologiques et médicales des dernières décennies ont rendu possible une transformation des caractères phénotypiques et hormonaux définissant le sexe. Concomitamment, la politisation des questions de genre a remis en cause non seulement la hiérarchisation des catégories binaires de masculin et de féminin, mais leur principe même, soulevant des inquiétudes. Cette ouverture des possibles suscite une réaction très vive de la part de groupes conservateurs. Selon ces derniers, la poursuite de l’égalité de genre se traduit par l’indifférenciation des sexes et des identités. La « fin du genre », comme système de domination fondé sur les différences perçues entre les sexes, signerait ainsi la fin d’un ordre anthropologique sexué immuable. Il s’agirait donc d’un effondrement de la civilisation fondée sur la complémentarité des sexes, perçu comme la fin d’un monde où les identités étaient stabilisées par leur fondement biologique. Les mobilisations contre le mariage civil des couples de même sexe ou, plus récemment, contre la reconnaissance des identités non binaires, ont donné à voir cette réaction conservatrice. Dans son sillage et contre la « fin du genre » annoncée, au printemps 2013, des collectifs non mixtes et des femmes revendiquant une identité politique féminine entendent formuler un projet politique autour de la nature et des identités sexuées. Les Antigones surgissent ainsi dans l’espace public pour contrer les féministes des FEMEN. Marianne Durano, alors étudiante en philosophie et engagée dans le groupe des Veilleurs contre la loi Taubira, propose quelques années plus tard une phénoménologie du féminin s’appuyant sur la pensée chrétienne, sous le nom de « féminisme intégral ». Appréhendés comme des mouvements de réaction aux politiques d’égalité, ces engagements féminins participent d’une défense de l’ordre symbolique, social et politique fondé sur la différence des sexes, indissociable d’une écologie politique conservatrice. Ils ne sont pas tant « antigenre » qu’opposés à la fin de cet ordre du genre, et partant, à la théorisation des inégalités et des rapports de domination fondés sur le genre. Cette formulation théorique ne relève pas simplement de l’opposition : elle se déploie aussi selon une logique intrinsèque qui puise dans des références culturelles et philosophiques inhérentes à ce courant pour définir en des termes jugés adéquats le sujet politique féminin des temps présents et à venir. Les données collectées dans le cadre d’entretiens approfondis, d’observations in situ réalisées entre 2014 et 2019, auxquelles s’ajoutent des publications en ligne (site Web, chaîne YouTube et réseaux sociaux), sont analysées de manière qualitative pour rendre compte des schèmes de représentation de la « fin » et du projet politique restitutionniste y répondant. Cette contribution éclaire ainsi l’eschatologie de ces femmes ou de ces groupes, d’inspiration chrétienne ou néopaïenne, qui apportent des réponses à une inquiétude environnementale différentes de celles de leurs contemporaines écoféministes et des conservateurs. “Against the End: Sketch of a Prefigurative Restitutionist Policy among ‘Alterfeminist’ Activists (France, 2013-2018)”Contrary to the idea that catastrophism entails de-politicization, this article examines how the forecasting and experiencing of “the end”, associated with the environmental catastrophe, give birth to a process of political innovativeness. It shows that “environmental anxiety” goes along with ecological change and reveals a politicization of gender issues irreducible to progressivism. Indeed, bodies are not homogeneously affected by the “contamination of the world”. On the one hand, the bodily experience of the consequences of exposure to pollutants calls into question the emancipatory dimension of technology. On the other hand, the recent technological and medical developments have made it possible to transform the phenotypic and hormonal characteristics that define gender. At the same time, the politicization of gender issues has called into question not only the hierarchical binary categories of masculine and feminine, but their very foundations, which has been raising concerns. This opening-up of possibilities has provoked conservative groups’ reaction. In their view, the pursuit of gender equality translates into the dissolution of sexes and identities. This allegedly entails the collapse of a civilization founded on the complementarity of the sexes, perceived as the end of a world where identities would be stabilized in biology. Mobilizations against same-sex marriage, and more recently against the recognition of non-binary identities, have shed light on this reactionary opposition. In their wake, and with the aim to resist the prediction of the “end of gender”, women-only collectives and women identifying with a feminine political agenda stepped forward, in the spring of 2013, to advocate a political project around nature and gendered identities. The Antigones, thus, emerged in the public space to counter the FEMEN feminists; Marianne Durano, then a philosophy student committed to the Veilleurs movement against the Taubira (same-sex) law, proposed, a few years later, a phenomenology of the feminine based on Christian thought called “integral feminism”. Framed as reactionary movements opposing equality policies, these movements take part in defending the symbolic, social and political order based on gender differences, and inseparable from a conservative political environmentalism. They are not so much “anti-gender” as they repel the end of a gender-based social and symbolic order, hence they reject the theorization of gender-based inequalities and relations of domination. Their environmentalism is not merely reactionary: it also unfolds among an intrinsic rationale that draws on cultural and philosophical references internal to its groups so that the female political subject of the present and the future be adequately conceived. Data collected through in-depth interviews, in situ observations carried out between 2014 and 2019, and online publications (websites, YouTube channels and social networks in compliance with the current legislation on personal data) are analyzed qualitatively to account for the representational frameworks of the “end” and the “restitutionist” political project meant to respond to it. This paper sheds light on the eschatology of these Christian- or neo-pagan-inspired groups or women, who provide responses to environmental anxiety that differ from their eco-feminist and conservative contemporaries. </description>
      <pubDate>mer., 29 janv. 2025 17:14:03 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>mar., 15 avril 2025 14:19:00 +0200</lastBuildDate>
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      <title>Des visions contrastées de l’effondrement. Le cas d’une zone à défendre</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1506</link>
      <description>L’article porte sur les grammaires temporelles et écologiques de la zone à défendre (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes (Bretagne, France), une lutte environnementale emblématique concernant un projet d’autonomie politique. Cette ZAD est née d’un processus de résistance à la création d’un aéroport. D’abord animée par des élus locaux et une association de riverains, elle fut ensuite rejointe, en 2010, par de nouveaux occupants issus pour la plupart des mouvances autonomes anarchistes. L’occupation s’est étendue de 2012 à 2018. Elle incluait une soixantaine de « bases de vie », c’est-à-dire des résidences collectives installées dans un milieu fragile, à préserver. La résistance et l’autodéfense continues ont amené les pouvoirs publics à abandonner le projet d’aéroport en 2018. L’étude menée ici ne concerne pas l’histoire de cette lutte, ni l’organisation sociale de la ZAD, mais un questionnement sur les différentes représentations temporelles et écologiques qui sont à l’œuvre dans cette quête d’émancipation. La ZAD traduit en effet, à travers une série de valeurs et d’émotions, une préoccupation sur les fins et sur la survie du monde qui croise la critique du capitalisme, des institutions et, plus généralement, la critique sociale. L’analyse s’appuie sur une hypothèse théorique concernant les grammaires temporelles qui sous-tendent ce type d’expérience autonome. La particularité de cette expérimentation est d’évacuer l’imaginaire utopique et les grands récits révolutionnaires pour s’ancrer dans l’« ici et maintenant » et, simultanément, de valoriser le temps présent, conçu comme un temps fini, celui de l’effondrement, où peuvent naître des subjectivités radicales. Notre hypothèse est ici nourrie par le concept d’exode que l’on trouve en philosophie politique dans les travaux du philosophe Giorgio Agamben. Elle s’articule avec une observation sociologique montrant qu’au-delà de points d’appui communs, une grande disparité caractérise les pratiques des acteurs. Si les autonomes anarchistes sont liés par la tentative de mettre en place des espaces-temps auto-institués, séparés de l’extérieur, et par une quête commune d’émancipation, la ZAD apparaît comme une communauté aux valeurs contrastées, autant dans les rapports au temps, à l’habitabilité qu’à l’économie. Cela ressort de la seconde partie de notre analyse, qui concerne la partie Est de la ZAD, où le rapport à l’environnement est le plus intégral. Dans un troisième temps, ce sont ceux qu’entretiennent les collectifs (ou les individus) avec les activités productives qui seront examinés, à la lumière de leurs conceptions temporelles visant un exode plus ou moins symbolique. Au finale, il apparaît que l’effondrement, en tant que préoccupation des fins, donne lieu à des engagements écologiques divers, allant de l’autonomie à l’écologie intégrale confinant à l’ascèse. La crise climatique détient donc un potentiel émancipateur, individuel et collectif, qui transforme l’écologie elle-même.  “Contrasting Visions on Collapsing and Struggles for Land. The Case of a Zone to Defend”This article examines the temporal and ecological grammars of the zone à défendre in Notre-Dame-des-Landes (Brittany, France), an emblematic environmentalist struggle and a project of political autonomy that spanned between 2012 and 2018. The zone à défendre, or Zone to Defend (ZAD) refers to the resistance movement to the building of an airport. Initially led by local elected officials and a local residents’ association, the ZAD was joined by new occupiers in 2010, most of them from the autonomous anarchist movement. The occupation lasted from 2012 until 2018 and included around sixty collective dwellings set up in a fragile environment to be preserved. Continued resistance and self-defence led public authorities to abandon the airport project in 2018. Our study does not deal with the history of the struggle or the ZAD’s social organization, but rather questions the different temporal and ecological representations at work in this quest for emancipation. Through the mobilization of an array of values and emotions, the ZAD expressed preoccupation with ultimate endings and the survival of the world, which intersected with a critique of capitalism and institutions, and more generally with social critique. The study sets out with a theoretical hypothesis concerning the temporal grammars likely to be at work in this kind of autonomous experiment. Its particularity is that it gets past the utopian imaginary and the great revolutionary narratives, and anchors itself in the “here and now”, giving maximum value to this present as finite time of collapsing within which radical subjectivities can be born. My hypothesis feeds in particular on the concept of exodus as developed in political philosophy. It is linked to a sociological observation which shows that, beyond certain commonalities, there is a wide variety in the actors’ practices. While the autonomous anarchist actors were united in their attempt to create self-instituted time-spaces separated from the outside world and in their common quest for emancipation, the ZAD appeared as a community of contrasting values, as the actors’ relationships to time, habitability and economy showed. This arises from the second part of the analysis, which focuses on the eastern sector of the ZAD, where the relationship with the environment was the most comprehensive. The third section examines the relationship between the collectives (or inhabitants) and productive activities, in the light of their temporal conceptions of a more or less symbolic exodus. Eventually, it appears that the collapsing, as the preoccupation with ultimate ending, gives rise to diverse ecological commitments, ranging from autonomy to extreme environmentalism bordering on asceticism. The climate crisis, therefore, has the potential to emancipate individuals and communities and to transform environmentalism itself. </description>
      <pubDate>mer., 29 janv. 2025 17:12:41 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>mer., 29 janv. 2025 17:12:41 +0100</lastBuildDate>
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      <title>Repenser la géographie des techniques : la notion de technologie appropriée et sa promotion durant les années 1970</title>
      <link>http://revues.mshparisnord.fr/chcp/index.php?id=1503</link>
      <description>L’intérêt croissant pour les low-tech découle de préoccupations écologiques et du désir de développer des objets techniques simples, fiables et économes en ressources (Bihouix, 2014). Ce retour aux « technologies basses » est vu comme une nécessité par les partisans de la sobriété. Les low-tech s’inscrivent dans la continuité des recherches sur les énergies alternatives et les technologies appropriées des années 1970, notamment aux États-Unis. Durant cette période, ingénieurs et bricoleurs ont encouragé le développement de techniques accessibles à tous. Les technologies appropriées étaient promues dans les publications contre-culturelles après le premier choc pétrolier de 1973. Introduit par Ernst F. Schumacher en 1963, ce concept vise des alternatives aux techniques occidentales industrialisées, en favorisant des technologies adaptées aux contextes locaux. L’objectif était de créer des emplois locaux et de favoriser l’autonomie communautaire. Cependant, l’expression « technologie appropriée » est tombée en désuétude dans les années 1980. Les low-tech correspondent aujourd’hui essentiellement à des techniques simples, mais la notion de technologie appropriée visait à décrire une relation plus intégrée entre la technique et son contexte social, politique et écologique.Cet article explore les raisons pour lesquelles certaines technologies des années 1970 étaient qualifiées d’« appropriées » et se penche sur leur nature. Il se concentre sur les technologies solaires, considérées comme des exemples typiques de technologies appropriées. Dans les années 1970, des plans de chauffe-eau solaires simples étaient largement diffusés dans les revues alternatives. Ces chauffe-eau, dont la fabrication ne nécessitait que des matériaux de base et des connaissances techniques limitées, répondaient à un besoin clair et offraient une alternative crédible aux chauffe-eau fossiles.Les promoteurs des technologies appropriées mettaient l’accent sur la décentralisation énergétique, opposée à la gestion centralisée promue par des projets industriels coûteux et complexes, comme celui de la NASA visant à utiliser des satellites pour transmettre l’énergie solaire à la Terre. Ces projets étaient critiqués pour leur inefficacité et leur coût élevé, quand des solutions simples et locales étaient disponibles. Les arguments en faveur de l’autonomie et de la décentralisation des systèmes énergétiques étaient également politiques. Il s’agissait d’échapper au contrôle des grands groupes industriels et de porter un regard critique sur les programmes nucléaires. Les ingénieurs et inventeurs de cette époque prônaient des techniques adaptées aux ressources locales et aux spécificités du climat. Des atlas, comme celui du Center for Maximum Potential Building Systems, publié au Texas en 1978, illustraient cette ambition en cartographiant les ressources locales et en recommandant des techniques appropriées qui leur correspondaient. Comme le montrent ces travaux, bien qu’elle fût difficile à évaluer culturellement, l’appropriation des techniques pouvait être objectivement définie en termes géographiques et climatiques. En conclusion, bien que le concept de « technologie appropriée » ait été remplacé par celui de « low-tech », les débats des années 1970 sur l’énergie solaire et les technologies adaptées restent pertinents, car ils s’intéressent à une approche intégrée et contextuelle des solutions techniques. “Rethinking the Geography of Technology: The Notion of Appropriate Technology and Its Promotion in the 1970s”The growing interest in low-tech stems from environmentalist concerns and the willingness to develop technical objects that would be simple, reliable, and resource-efficient. This return to low technologies is viewed as a necessity by the proponents of energy conservation. Low-tech inscribes itself in the lineage of research on alternative energies and appropriate technologies launched the 1970s, notably in the United States. In that decade, engineers and do-it-yourself enthusiasts advocated techniques accessible to all. Appropriate technologies were promoted in countercultural publications following the 1973 oil crisis. Introduced by Ernst F. Schumacher in 1963, this concept refers to alternatives to industrialized Western techniques, promoting technologies adapted to local contexts. The aim was to create jobs at the local level and foster communities’ autonomy. However, the term “appropriate technology” fell out of favour in the 1980s. Low-tech today references unsophisticated techniques, whereas the concept of appropriate technology ambitioned to give birth to a more integrated relationship between techniques and their social, political, and ecological context.This article explores and probes the reasons why certain 1970s technologies were deemed appropriate. It focuses on solar technologies, considered as the epitome of appropriate technologies. In the 1970s, uncomplicated solar water heater designing instructions were widely disseminated in alternative journals. These water heaters, relying on basic materials and limited technical knowledge, responded undeniably to a need and provided a credible alternative to fossil fuel heaters. Advocates of appropriate technologies emphasized decentralized energy, opposing the centralized management promoted by costly and complex industrial projects, such as NASA’s proposal to use satellites to transmit solar energy to Earth. These projects were criticized for their inefficiency and high costs, when easily accessible, local solutions were available. The autonomy and decentralization of energy systems were also upheld for political reasons, with a view to escaping the control of large industrial groups and criticizing nuclear schemes.Engineers and inventors of that era advocated techniques adapted to local resources and specific climates. Atlases like that of the Center for Maximum Potential Building Systems in Texas, published in 1978, illustrated this ambition by mapping local resources and recommending appropriate techniques best suited to exploit them. These works show that, although it proved culturally challenging to appraise, the appropriation of techniques could well be objectively defined in geographical and climatic terms.In conclusion, while the concept of “appropriate technology” has been replaced by “low-tech”, the debates of the 1970s on solar energy and suitable technologies remain relevant, thus highlighting an integrated and contextual approach to technical solutions. </description>
      <pubDate>mer., 29 janv. 2025 17:00:40 +0100</pubDate>
      <lastBuildDate>mer., 29 janv. 2025 17:00:40 +0100</lastBuildDate>
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